‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 32 sur 149 · SYMPTOMES DU CHANCRE INFECTANT ! SA RÉPARATION · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DU CHANCRE INFECTANT ! SA RÉPARATION

L'induration du chancre infectant n'est pas seulement très-variable, avec des degrés infinis, mais encore elle peut manquer, dans des cas très-rares à la vérité, mais admis comme incontestables par tous les syphiliographes. M. Vidal a publié tout récemment deux faits de ce genre. Aussi n'est-ce pas un caractère absolu et constant et je crois, pour mon compte, que l'induration est un signe moins important du chancre infectant que l'ensemble des caractères de l'érosion et de l'état de la surface du chancre, surtout si l'on y joint l'état des ganglions, la pléiade de ganglions indurés, indolores, et hypertrophiés.

Habituellement l'induration ne dure pas plus de trois à quatre semaines, et le chancre lui-même se répare en cinq ou six semaines ; mais le noyau induré, lorsqu'il était primitivement considérable et ligneux, peut persister et être encore reconnaissable au bout de quatre, cinq ans et même, suivant M. Ricord, au bout de quinze années.

La réparation du chancre se fait très-facilement et trèsrapidement d'elle-même; la perte de substance, en effet, est très-minime, presque nulle ; ni le corps papillaire ni le derme n'ont été détruits : il suffit que le corps papillaire et le derme se débarrassent, soit par une élimination qui se fait à la surface exulcérée , soit par résorption à l'aide des vaisseaux lymphatiques, des cellules migratrices qui y sont infiltrées, et que les couches épidermiques superficielles se reforment et reprennent leur solidité. Comme il y a rarement une perte de substance réelle, une ulcération proprement dite à la surface, il n'y a pas non plus un véritable tissu cicatriciel à la place occupée par le chancre, mais simplement un épaississement de la peau à son niveau et une teinte d'un rouge obscur ou cuivré ou

CORNIL. S

foncée qui peut disparaître vite ou, au contraire, persister pendant quelques semaines ou plus longtemps lont en diminuant progressivement.

Le chancre induré peut se transformer in situ en une plaque muqueuse et même en des végétations ainsi que nous le verrons bientôt. Cette transformation, qui a été bien étudiée par MM. Davasse et Deville, a joué un grand rôle dans la discussion relative à l'inoculation des accidents secondaires. Lorsque, en effet, on produisait des faits cliniques probants de la transmission de la syphilis par des plaques muqueuses, M. Ricord ne manquait pas de dire que la plaque muqueuse, regardée comme étant le point de départ de la contagion, pouvait bien être un chancre transformé de telle sorte que la base chancreuse de la plaque muqueuse était, en réalité, l'agent de la contagion. Vous savez aujourd'hui ce qu'il faut penser de ces discussions qui n'ont plus actuellement pour nous qu'un intérêt historique.

Le chancre induré est le plus souvent unique, trois fois sur quatre, d'après le relevé de M. Fournier. Dans le quart des cas où il est multiple, on a le plus souvent affaire à deux chancres ayant débuté en même temps et contemporains, se conduisant de même l'un et l'autre au point de vue de la marche, de l'induration, etc. Quelquefois on trouve trois, quatre ou un plus grand nombre de chancres ; ainsi, dans les leçons de M. Ricord sur le chancre, recueillies et publiées par M. Fournier, celui-ci rapporte en note une observation de syphilis où il y avait sur les organes génitaux 19 chancres, tous indurés et contemporains.

Les chancres infectants multiples ont tous débuté à la même époque, car l'accident primitif de la syphilis n'est

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