‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 33 sur 149 · SYMPTOMES DU CHANCRE INFECTANT : SON SIEGE G · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DU CHANCRE INFECTANT : SON SIEGE G

])as inoculable au sujet qui le porte; il n'est pas autoinoculable, en sorte qu'il n'a pas de tendance à se reproduire à côté de l'ulcère primitif comme cela a lieu pour le chancre mou. C'est là, Messieurs, un fait extrêmement important dans l'histoire de celte lésion. Nous y reviendrons bientôt à propos du diagnostic des deux espèces de chancres et vous verrez que, dans les cas embarrassants, l'inoculation du pus chancreux sur le sujet qui est atteint du chancre, est un des meilleurs moyens de diagnostic. Si, en effet, l'inoculation est suivie d'un résultat positif et si elle donne an chancre mou, on est certain d'avoir affaire a du pus de chancre mou; si l'inoculation échoue, on est sûr de ne pas avoir devant les yeux un chancre mou.

Les variations d'aspect du chancre infectant sont nombreuses en ce sens qu'il peut être plus ou moins induré, plus ou moins étendu, unique ou multiple. Ainsi, depuis l'érosion ou la petite écorchure siégeant sur une base papuleuse à peine parcheminée, érosion qui dure peu et qui passe tout à fait inaperçue, jusqu'à l'ulcération à base nodulaire comme cartilagineuse, d'une étendue assez considérable, comme une pièce d'un franc, par exemple, et qui s'accompagne d'un œdème volumineux des grandes et petites lèvres ou du prépuce, il existe une série d'intermédiaires. Le chancre infectant peut être extrêmement petit (chancre nain, Fournier), il peut, au contraire, être très-grand; il peut se présenter sous forme de plaques ressemblant à de l'herpès (chancre herpéliforme, Dubuc).

Le siège de beaucoup le plus ordinaire est la région génitale. Les chancres extra-génitaux sont rares, plus rares toutefois chez l'homme que chez la femme.

Chez l'homme, le siège le plus habituel des chancres des organes génitaux est le gland, la face interne du prépuce et surtout la rainure glando-préputiale et le frein. C'est là qu'on observe les trois quarts des chancres. Il y en a quelquefois sur la peau de la verge, au méat urinaire, au scrotum, aux aines, sur la muqueuse uréthrale. Le chancre de l'urèthre a joué un rôle assez important dans la discussion entre les identistes et les dualistes. La constatation du chancre de l'urèthre explique, en effet, la transmission de la syphilis par des hommes qui, en apparence, n'avaient qu'une simple blennorrhagie, tandis qu'en réalité ils portaient un chancre uréthral déterminant un écoulement.

Chez la femme, les grandes lèvres sont le siège le plus commun des chancres génitaux ; viennent ensuite la fourchette, les petites lèvres, le clitoris, la peau du pubis ou les plis inguinaux, le col de l'utérus, etc.

Il est douteux qu'on ait jamais observé un seul chancre infectant du vagin, et cependant ce canal est assurément la partie la plus exposée à la contagion. On s'est naturellement demandé quelle était la cause de cette immunité. Je vous propose comme explication, la structure spéciale de la muqueuse vaginale. Cette muqueuse présente, en effet, des couches épaisses de cellules d'épithélium pavimenteux comme la peau, mais ce qui la rend très-vraisemblablement plus résistante encore à l'entrée du virus, c'est l'absence absolue d'orifices glandulaires sur toute sa surface. La muqueuse vaginale, en effet, possède des papilles et des saillies villeuses, mais pas de glandes.

Les chancres extra-génitaux sont beaucoup plus communs chez la femme que chez l'homme, surtout chez les clientes de Saint-Lazare ; ce qui s'explique sans peine. Cependant, il ne faudrait pas croire que tous les chancres de

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