SYMPTOMES DU CHANCRE INFECTANT SON SIEGE
l'anus chez la femme indiquent des relations contre nature : l'anus est, en effet, placé de façon à ce que, dans le décubitus dorsal, les liquides qui baignent la vulve coulent sur l'orifice anal et le contaminent.
Le siège des chancres extra- génitaux est à l'anus, à la bouche, aux lèvres, à la langue, à la luette, au voile du palais, aux amygdales, à la joue, etc., au mamelon.
Le chancre céphalique est presque toujours un chancre induré infectant, cependant il ne faudrait pas croire que la peau de la face et de la tête soitréfractaire au chancre mou. On a pu en effet l'y inoculer aussi facilement que partout ailleurs. Si le chancre mou ne se montre pas ou s'il se montre à titre de rarissime exception aux lèvres ou à la face, c'est très-vraisemblablement parce qu'il est plus facile à voir que le chancre infectaut, parce qu'il est caractérisé par un ulcère si manifeste que sa vue inspire une prudente réserve.
Le chancre infectant, lorsqu'il siège à la peau, est recouvert d'une croûte : s'il siège en partie sur la peau, en partie sur une surface humide et muqueuse comme par exemple sur la lèvre, la portion du chancre située sur la peau est recouverte d'une croûte, tandis que la portion humide présente la couleur gris-jaunâtre et la pseudo-membrane dont nous avons déjà parlé.
Le chancre infectant est rare à Lourcine : c'est à peine si j'en ai vu une vingtaine depuis deux ans et demi que je dirige un service de cet hôpital; aussi beaucoup de mes collègues qui m'y ont précédé, disent-ils, comme MM.Cusco et Lancereaux, que le chancre n'est pas la porte d'entrée nécessaire delà syphilis. Il est vrai que M. Fournier soutient le contraire, et le raisonnement, la logique imposent cette conclusion que la vérole de la femme ne diffère pas de celle
de rhomme; que, chez l'homme, on observe toujours un chancre au début delà syphilis, et que de môme la syphilis de la femme doit toujours aussi débuter par un chancre, que celui-ci ait. ou non passé inaperçu.
Symptômes d'd Chancre mou. — Je décrirai rapidement, Messieurs, les symptômes du chancre mou. Les détails dans lesquels je suis entré à propos de sonanatomie vous sont présents et il est inutile de les répéter. Après avoir débuté par une rougeur et une vésico-pustule ou môme par une petite bulle qui se crèvent rapidement, il présente une ulcération cratériforme et suppurante. Cette ulcération est douloureuse, prurigineuse ; le pus qui suinte en assez grande quantité est inoculable sur le malade lui-même et l'auto-inoculation réussit toujours dans la période du début et dans la période d'état de chancre; aussi le malade s'inocule-t-il assez souvent à luimême parmégarde ou malpropreté des chancres autour du premier en date et le chancre simple est souvent multiple.
A la période d'état, ses bords sont décollés et relevés, taillés à pic : le tissu voisin est enflammé, pâteux, atteint d'une inflammation œdémateuse avec rougeur de la peau voisine, sans qu'il y ait d'induration comparable à celle du chancre infectant.
Lorsque les ganglions sont pris , ce qui n'est pas constant, il peut y avoir, si le malade s'est fatigué, s'il n'a pas été bien soigné au début, un véritable bubon suppuré. Dans ce cas, un ganglion inguinal se tuméfie, devient trèsvolumineux: la peau rougit à son niveau et bientôt on sent de la fluctuation superficielle due à du pus formé dans le tissu cellulo-adipeux qui entoure le ganglion. Lorsqu'on a ouvert cet abcès, le ganglion suppure lui-même dans cer