‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 35 sur 149 · SYMPTOMES DU CHANCRE MOU · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DU CHANCRE MOU

tains cas : l'abcès revêt la forme anfractueuse et présente la suppuration sanieuse du chancre simple : la peau qui en forme les bords est décollée, rouge, enflammée autour de l'ouverture cralériforme.

Ces abcès ganglionnaires, de même que le chancre luimême, deviennent quelquefois phagédéniques. C'est là Messieurs, comme vous le savez, une complication redoutable qui s'observe à peu près exclusivement dans le chancre mou. Elle est longue, interminable, elle détermine des pertes de substance, des délabrements des tissus, et elle peut même se terminer d'une façon funeste lorsque la gangrène arrive et s'étend profondément.

La durée du chancre mou est donc très- variable : tantôt très-bénin, surtout s'il est bien soigné, il évolue en trois, quatre ou cinq semaines ; d'autres fois il dure plusieurs mois et parfois, s'il devient phagédénique, une ou plusieurs années.

Le chancre mou, lorsqu'il se répare, présente des bourgeons charnus rosés qui végètent de la base de l'ulcération, viennent se mettre de niveau avec la peau saine, et se recouvrent bientôt d'épiderme. Si l'ulcération a été profonde et étendue, il se fait un tissu cicatriciel qui reste dur pendant un certain temps, et qui remplace la portion du derme qui a été détruite; la place occupée par le chancre est marquée par une cicatrice dure, blanche à sa surface, gaufrée un peu saillante ou déprimée relativement à la peau voisine.

Fréquence relative du chancre infectant et du chancre simple. — D'après les statistiques de l'Hôpital du Midi, le chancre mou paraît beaucoup plus rare qu'il ne l'était il y a quelques années. Ainsi d'après les statistiques de

M. Puche portant sur le nombre considérable de dix mille chancres, il y avait un chancre induré pour quatre chancres simples; MM. Fournier, Cullerier, d'après les statistiques de faits observés au Midi, donnaient à peu près autant des uns que des autres; M. Clerc, d'après les faits de Saint-Lazare, M. Labarlhe suivant les observations du service de M. Simonnet, ont trouvé un chancre induré pour deux chancres mous. Les faits plus récents analysés par M. Mauriac à l'Hôpital du Midi lui ont donné une proportion inverse et il semble prouvé d'après mon excellent collègue et ami que le chancre mou diminue et tend à disparaître. Mais il faut bien savoir que le chancre mou est très-variable dans sa fréquence suivant les couches sociales qu'on observe. Il est beaucoup plus fréquent que le chancre infectant, par exemple, chez les prostituées de bas étage et âgées, parce que ces femmes ont eu, depuis longtemps déjà, pour la plupart, un chancre syphilitique, et qu'elles sont syphilitiques, c'est-à-dire garanties contre un nouvel accident primitif infectant, tandis qu'elles peuvent être indéfiniment contaminées par le chancre mou.

Cet accident est aussi assez fréquent dans l'armée par la raison que les soldats s'adressent généralement à la catégorie de femmes qui précède. Ainsi d'après la dernière statistique de l'armée qui se rapporte à l'année 1875, sur 1000 entrées à l'hôpital, il y avait 11 cas de chancre mou et 22 de syphilis ; sur 1000 entrées à l'infirmerie on a noté 17 chancres mous, 16 syphilis et 127 uréthrites. Comme il entre à peu près les deux tiers de l'effectif par an à l'infirmerie et à l'hôpital on aurait environ 19 chancres mous et 26 chancres infectants par 1000 hommes de l'effectif, à supposer que tous ceux qui sont atteints entrent à l'hôpital ou à l'infirmerie. C'est une proportion assuré-

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