ROSÉOLE. — VARIATIONS SUIVANT LE SIEGE
forme ia lésion élémentaire, et les vaisseaux sanguins ne s'y vident pas complètement par la pression.
La roséole papuleuse (roséole orliée de Fournier) coexiste habituellement avec la roséole maculeuse et elle se montre alors de préférence au niveau de la région épigastrique, sur le ventre, le dos et les cuisses. La couleur de la roséole papuleuse est tout à fait caractéristique (couleur de jambon ou de cuivre rouge).
Les papules rubéoliques se transforment au niveau de la peau des mains en raison de l'épaisseur de l'épiderme corné ; à leur surface, les couches les plus superficielles de l'épiderme corné tombent en laissant à nu la surface lisse de la papule. L'épiderme s'arrêtant au bord, la papule lui forme une collerette épidermique mince, cornée et dure.
La syphilide érythémateuse est de toutes les syphilides la plus fréquente et la plus constante, c'est la première manifestation de la syphilis à la peau. L'apparition des macules et des papules est successive, et elle se fait par poussées. Elle peut être très-légère et fugace, si bien que les malades ne s'en aperçoivent pas toujours; au contraire, elle peut être répandue sur tout le corps et trèsintense; elle est alors papuleuse et elle dure un, deux ou trois mois.
Avec l'érythème syphilitique, on trouve presque constamment de petites papules ou vésico-pustules croûteuses au cuir chevelu, à la racine des cheveux, en avant ou à la nuque, soit sur la face, dans le siège d'élection des syphilides, au front, au pourtour des ailes du nez, au pourtour des lèvres, au menton. Cette modification apparente de l'éruption, suivant le siège, est due à la structure différente des parties. Nul doute que le cuir chevelu, qui secrète autour des poils, à l'état normal, une grande
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quantité de liquide sébacé, n'ait la propriété de sécréter un liquide sébacé qui se transforme en croûtes brunes lorsqu'il est enflammé par une syphilide. C'est un phénomène du môme ordre que la transformation d'un bouton de roséole papuleuse en papule suintante, en plaque muqueuse à l'orifice de la bouche ou de la vulve.
Il existe très-souvent aussi une ou plusieurs grandes papules plates, lenticulaires à la région postérieure du cou, sur les épaules ou sur le front, en même temps que l'éruption de la roséole.
Rien n'est plus simple, Messieurs, que de diagnostiquer une éruption de roséole syphilitique : la roséole simple, la roséole causée par l'usage du copahu, la roséole due à l'impression de l'air, la rougeole, les piqûres d'insectes, etc., qui pourraient s'en rapprocher en tant qu'élément éruptir, seront vite éliminés si vous examinez le malade avec soin, si vous constatez la multiplicité des lésions élémentaires, si vous recherchez les ganglions, les plaques muqueuses, et enfin si vous tenez compte de la couleur spéciale des papules qui accompagnent presque constamment l'érythème.
2° Syphilide papuleuse. — Elle présente à considérer deux variétés : la syphilide papuleuse à petites papules et la syphilide à larges papules.
La première variété a reçu le nom de syphilide papuleuse, lichénoïde, miliaire, conique, papulo-granuleuse, etc. Ces différentes dénominations répondent aux différents aspects des boutons qui sont petits, formant une élevure superficielle tantôt plate, tantôt conique. La couleur de ces papules est tout à fait caractéristique de la couleur jaunâtre ou cuivrée, plus ou moins foncée, de la syphilis. Cependant., lorsque les éruptions sont coniques et
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acuminées, à sommet pointu, et qu'elles commencent à être modifiées parle traitement mercuriel, elles sont pâles, delà couleur de la peau. Je vous ai montré plusieurs fois une malade qui présentait un type très-net de cette forme conique et chez laquelle vous avez pu suivre la marche rétrograde de l'éruption. Les papules pointues siégeant eu particulier à la face, au menton, au pourtour des narines, où elles sont toujours si caractéristiques, étaient, chez elle, mélangées à de la roséole papuleuse et circinée; il y avait aussi de petites pustules acnéïques au sommet de certaines papules. Aujourd'hui, tout a disparu, et il ne reste plus que de petites taches miliaires .grises ecchymotiques.
L'élevure de la peau est due, dans ces petites papules, à un épaississement du réseau papillaire et des couches épidermiques; mais au sommet de la papule et sur tout le plateau qu'elle forme, les couches les plus superficielles de l'épiderme corné sont desquammées, tandis qu'elles existent au bord de la papule, où elles se continuent avec l'épiderme de la peau saine périphérique. La ligne circulaire où s'arrête cet épiderme forme une collerette ou liséré mince tout à fait caractéristique des papules de la syphilis (liséré de Bielt).
Voyons maintenant quelle est l'anatomie pathologique de ces petites papules.
J'ai pu, dans une autopsie faite il y a quatre ans, enlever et conserver des papules syphilitiques petites, et peu saillantes, contemporaines de la roséole. Il faut savoir où elles étaient pendant la vie, il faut marquer leur place en quelque sorte pour les reconnaître après la mort, car ces papules, qui pendant la vie s'effacent à moitié sous la pression du doigt, sont à peine reconnaissables après la
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morl; les petits vaisseaux des papules sont moins gorgés de sang, les couches épidermiques modifiées sont moins transparentes, et la saillie que faisait la papule est moindre et passerait facilement inaperçue.
Cependant, l'examen microscopique de ces papules lorsqu'on les a reconnues après la mort, donne des signes' très-nets d'inflammation et même d'inflammation beaucoup plus profonde qu'on ne pourrait au premier abord le supposer.
Lorsqu'on examine des sections minces de la peau au niveau de ces papules, on voit que la surface de la papule présente une légère saillie. A ce niveau, l'épidémie superficiel est tantôt augmenté d'épaisseur, tantôt, au contraire, il est desquammé en partie, les couches de cellules les plus superficielles faisant défaut.
Autour de la partie saillante de la papule, privée ainsi de son épiderme superficiel, les couches épidermiques sont conservées dans leur totalité.
Ainsi, clans la figure 2 (pl. IV), dessinéeà 80 diamètres, l'épiderme superficiel e, e, s'arrête à la base de la saillie papuleuse et le sommet acuminédela papule présente à sa surface une couche d'épiderme corné réduite à la moitié de son épaisseur. La couche de Malpighi est un peu épaissie. Si, au lieu d'examiner une section perpendiculaire à la surface, vous examiniez l'ensemble de la papule de face, le rebord épidermique, conservé autour de la papule, formerait un cercle à arête saillante, le liséré de Biett.
Sous le corps muqueux, on trouve les vaisseaux papillaires b, gorgés de sang. Ces vaisseaux ne sont donc pas absolument vidés, comme le dit Rindfleisch, par l'action de la pression des muscles cutanés qui se rétractent après la mort. Les vaisseaux capillaires v, qui entourent les glan-