‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 83 sur 149 · TUBERCULES CUTANÉS SYPHILITIQUES S · texte numérisé non relu

TUBERCULES CUTANÉS SYPHILITIQUES S

fondes, n'atteignant que le derme dans sa totalité, respectant le tissu sous-culané et donnant lieu à une infiltration moins abondante de cellules.

Les syphilid.es tuberculeuses représentent une papule énormément grossie et plus profonde et sont l'intermédiaire entre la papule et la gomme. Elles viennent par boutons isolés, aplatis, déterminant une induration de toute la peau, depuis les couches les plus superficielles de l'épiderme jusqu'aux couches les plus profondes du derme; les tubercules sont tantôt isolés, tantôt groupés, peu nombreux ou au contraire ils envahissent la plus grande partie du corps.

Leur siège d'élection est à la face, aux ouvertures des muqueuses, au nez, aux oreilles, au front, sur le dos, sur le cou, aux extrémités inférieures, surtout aux jambes.

On en distingue deux variétés : la variété sèche ou syphilide tuberculeuse sèche, et la syphilide tuberculeuse ulcéreuse.

M. A. Fournier les décrit sous le nom de gommes de la peau et il a raison en ce sens que leur lésion hislologique est la même que celle des gommes, si bien qu'on pourrait nommer ces dernières tubercules profonds du tissu conjonctif. Nous conservons néanmoins le mot de tubercule avec la signification que Willan lui a donnée, d'après son siège, dans la classification des lésions élémentaires de la peau.

La syphilide tuberculeuse sèche se caractérise le plus souvent par une couleur cuivrée analogue à celle des papules: les groupes de tubercules aplatis et épais qu'elle détermine forment des segments de grands cercles ou des cercles complets : elle se recouvre de squames épaisses, presque croûteuses, bien qu'il n'y ait pas d'ulcération de

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la peau et elle peut guérir sans ulcération en s'accompagnant d'une cicatrice blanche ou pigmentée. Les phénomènes d'infiltration profonde par des cellules rondes, de destruction partielle du tissu conjonctif transformé en tissu cicatriciel, qui se passent à ciel ouvert dans l'ulcération, peuvent, en effet, s'effectuer sous un corps papillaire et un épidémie intact ou simplement enflammé. On comprend quelle est la longue durée d'un pareil processus.

Les syphilides tuberculo-ulcéreuses sont plus graves en raison do l'abondance de la suppuration qu'elles déterminent. Elles sont isolées ou groupées, ce qui est le cas habituel. Elles peuvent s'étendre alors à des parties considérables de la peau, sur le crâne, sur la face, le front, le nez, les joues, la lèvre, les oreilles, la partie postérieure du dos, le tronc et les membres, sur la vulve.

J'ai examiné au microscope une partie d'une plaque de tubercules syphilitiques élevée sur une de nos malades. Tout le tissu dermo papillaire était bourré de cellules rondes et les papilles étaient hypertrophiées et bourgeonnantes. La surface des papilles était recouverte dans ce cas de cellules épithéliales et de globules de pus. Les cellules du corps muqueux et de l'épiderme corné présentaient les lésions sur lesquelles nous avons insisté à propos de plaques muqueuses, l'état cavitaire, les déformations, les prolongements rameux, etc.

Les tubercules, ceux de la face notamment, sont tellement saillants parfois, avec une coloration rouge vineuse ou violacée, et ils épaississent tellement toute la peau du visage que l'éruption mérite le nom de léontasis. Les oreilles peuvent être déformées comme dans l'érysipèle.

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