GOMMES DU VOILE ET DE LA VOUTE DU PALAIS
Une perforation complète, pouvu qu'elle soit petite, ne s'accompagne pas toujours d'accidents persistants et n'empêche pas la déglutition.
Les malades s'habituent à déglutir de façon à ce que les aliments passent bien par l'isthme da gosier sans revenir par le nez.
Dans le plus grand nombre des cas, la perforation et les délabrements dus à des gommes du voile et de la voûte palatine occasionnent des désordres fonctionnels incurables, le nasonnement, les difficultés delà déglutition, l'impossibilité même de ces actes sans des obturateurs et des appareils prothétiques.
La luette peut être détruite par une gomme ou par des ulcérations tertiaires profondes ; le voile du palais peut se déchirer en deux par suite de la contraction musculaire après une perte de substance assez considérable. 11 en résulte ce que M. Fournier appelle un voile en forme de rideaux.
Les gommes de la voûte palatine sont encore plus redoutables en raison des lésions osseuses qui les accompagnent, de la perte de plusieurs fragments d'os appartenant au maxillaire supérieur, au sphénoïde, aux cornets, aux os propres du nez, etc., car la syphilide tertiaire du palais peut s'étendre à une portion plus ou moins considérable des tissus voisins. L'effondrement de la charpente osseuse du nez détermine alors ces enfoncements du nez qui sont assez communs à un degré plus ou moins prononcé, dans la syphilis tertiaire.
Les formes graves de cette syphilis des fosses nasales et du palais, les pertes de substance, les ostéites et les nécroses des os de la face, la suppuration interminable, l'ozène, les récidives ou la propagation des gommes et ulcères syphilitiques, les larges perforations qui font com-
muniquer la bouche et le nez, la bouche et le pharynx, et leurs suites anatomiques et fonctionnelles sont peut être ce qu'il y a de plus dégoûtant et de plus long dans la syphilis.
Les lésions syphilitiques du voile du palais et de la voûte palatine sont en général faciles à diagnostiquer, surtout lorsqu'on a pu suivre leur évolution. 11 n'y aura pas de doute à avoir lorsque, par exemple, on assistera au début de la période de crudité et au ramollissement d'une gomme du voile ou de la voûte du palais. Mais il n'en est pas de même lorsque les malades se présentent à vous pour la première fois avec des pertes de substance considérables de la muqueuse, des os, avec des perforations faisant communiquer le nez et la bouche. Le lupus, en effet, qu'on distinguera bien lorsqu'il est à son début ou qu'il montrera encore l'une de ses formes caractéristiques à la face, le lupus est souvent térébrant et il atteint et perfore la voûte osseuse du palais et la muqueuse elle-même. Il serait à peu près impossible de distinguer la syphilis d'avec le lupus si l'on ne tenait compte que de l'examen des lésions de la bouche et du pharynx. M. Th. Williams a décrit aussi un ulcère perforant du palais qui ne se laisserait pas distinguer de la gomme syphilitique; mais tout porte à croire qu'il s'agit là bien réellement d'ulcères de nature syphilitique observés chez des personnes qui niaient la vérole ou qui ne savaient pas l'avoir eue, ou chez de jeunes sujets qui pouvaient avoir tardivement des manifestations de la syphilis héréditaire.
En faisant ce diagnostic il faut aussi, Messieurs, vous rappeler que le voile du palais est quelquefois, très-rarement il est vrai, atteint de tubercules. J'ai eu l'occasion de faire l'examen d'un des cas de tuberculose du voile du