SYPHILIS TERTIAIRE DES AMYGDALES ET DU PHARYNX
palais observé par M. le D>- Bernutz; M. Hanot a publié l'examen iiistologiquo d'une observation analogue, recueillie par M. Isambert. M. Spiellmann a réuni et analysé dans sa thèse tous les faits de ce genre publiés en France et à l'étranger. L'histoire pathologique des tubercules du voile n'est pas encore suffisamment tracée pour que nous puissions y trouver les éléments d'un diagnostic exact.
Syphilis tertiaire des amygdales et de la paroi postérieure du pharynx. — Les amygdales et la paroi postérieure du pharynx sont quelquefois atteintes de syphilides tuberculoulcéreuses et de gommes, qui ne diffèrent pas des mêmes lésions dans tout autre siège. L'orifice postérieur des fosses nasales, la paroi postérieure du voile, le pourtour de la trompe d'Euslache, qui sont altérés plus souvent même que l'amygdale et que la paroi postérieure du pharynx, doivent être examinés par la rhinoscopie, chaque fois qu'on soupçonne la syphilis en face d'un mal de gorge chronique. M. Fournier, pour examiner la face postérieure du voile du palais, le saisit entre les doigts et le relève tout simplement, mais il est souvent nécessaire aussi de faire usage du miroir.
La paroi postérieure du pharynx, bien qu'elle ne soit pas un lieu d'élection de la syphilis, peut être atteinte de néoplasmes gommeux saillants développés entre l'apophyse basilaire et la muqueuse et qui acquièrent un volume considérable. Tel est le cas d'une tumeur énorme prise pour un cancer qui, opérée d'abord par Blandin, puis récidivée, fut considérée comme incurable. Le malade fut, en cette qualité, envoyé à Bicêtre où M. Maisonneuve le guérit par l'iodure de potassium.
Les pertes de substance, les ulcérations végétantes lors-
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qu'elles se réparent, sont, dans certains cas, très-nom^ breuseset étendues au sommet du pharynx. Il peut y avoir alors des adhér ences établies entre les plaies bourgeonnantes de la paroi postérieure du pharynx et celles de la paroi postérieure du voile du palais. Celui-ci vient, en effet, dans l'inspiration au voisinage de la voûte pharyngienne tapissée également par des bourgeons charnus et l'adhésion s'effectue. H en résulte alors que le pharynx est séparé en deux cavités, l'une supérieure située au-dessus du voile du palais relevé et adhérent au pharynx, cavité qui communique avec les fosses nasales; l'autre, inférieure, limitée en haut par le voile du palais et ouverte directement dans la bouche. Si le voile n'est pas lui-même perforé, la respiration ne peut plus se faire que par la bouche. Presque toutes les lésions de ce genre sont dues à la syphilis. M. Julius Paul, de Breslau, a réuni 30 faits d'adhésion du voile au pharynx dans un mémoire qui a été traduit par M. Verneuil, et inséré dans les Archives de médecine. Sur ces 30 observations, 26 se rapportent à des sujets syphilitiques.
Dans presque tous ces cas graves de syphilis tertiaire, les os sont altérés par l'ostéite, parla nécrose, et il y a des séquestres qui sont éliminés. Ce ne sont pas seulement les os de la face, ceux qui constituent la charpente du nez, mais aussi des fragments de l'apophyse basilaire du maxillaire inférieur, etc., qui sont nécrosés et éliminés. L'ostéite gommeuse, développée en pareil cas, peut également, par Pintermédiaire du sphénoïde et de l'ethmoïde ou de l'apophyse basilaire, gagner la surface interne du crâne.
Le diagnostic général de ces cas doit se faire surtout avec les scrofulides des muqueuses.
L'examen direct de la lésion ne donne pas toujours des