‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 96 sur 149 · CAUSES DES LÉSIONS OSSEUSES SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

CAUSES DES LÉSIONS OSSEUSES SYPHILITIQUES

douleurs ostéoscopcs, et un grand nombro de névralgies, de douleurs siégeant dans les jointures et dans les gaines tendineuses reconnaissent pour cause des modifications matérielles des parties qui en sont le siège. Nous en avons eu plusieurs fois la preuve, M. Ranvier et moi, pour ce qui concerne les os, pendant que régnait le choléra de 18015- 1866 : à cette époque on nous apporta plusieurs fois les os d'individus morts accidentellement du choléra pendant qu'ils étaient en puissance de la syphilis secondaire, et nous avons constaté de l'ostéite caractérisée par un état fœtal et gélaliniforme de la moelle enflammée.

Les faits d'ostéite et d'ostéo-périostite syphilitique, développées chez les adulles pendant la période secondaire, sont bien moins graves que ceux qu'on observe plus lard et qui s'accompagnent, non- seulement de gommes sous-pé riosliques et osseuses, mais encore d'ostéite condensante et de nécrose. Les malades peuvent guérir s'ils sont soumis à temps au traitement par l'iodure de potassium et par le mercure; les accidents peuvent même disparaître sans laisser de traces bien manifestes, tandis que, le pins souvent, les os atteints dans les périodes anciennes de la syphilis conservent la trace des périostites et des ostéites marquée par des exostoses et des hyperostoses permanentes.

Dans la syphilis tertiaire, comme dans la syphilis secondaire, la cause déterminante de la lésion osseuse et de son siège consiste le plus ordinairement clans des contusions, dans des frottements répétés, dans des traumalismes qui, pour être habituellement légers, n'en sont pas moins redoutables lorsqu'ils sont fréquents et, répétés au même point. C'est pour cette raison que les os découverts et

siégeant immédiatement sous la peau, comme le frontal, la clavicule, le sternum, le bord interne du cubitus et le radius, le tibia surtout, tous exposés à des chocs journaliers, sont aussi le siège de prédilection de la syphilis. Je ne parle, en ce moment, que de l'étiologie des lésions osseuses de l'adulte; car les contusions ne sauraient être invoquées pour les faits de syphilis infantile se rapportant à la vie intra-utérine : mais à cette époque les manœuvres de l'accouchement et surtout l'activité du développement des os expliquent suffisamment la détermination du siège de la syphilis. Pour ce qui est des adultes, je crois avec Virchow que la plupart des lésions osseuses, pour ne pas dire toutes, proviennent de contusions, que la syphilis osseuse qui consiste dans une inflammation spéciale, se localise clans les points qui y sont prédisposés par l'action d'agents irritants. Ainsi il est despériostoses et des exostoses syphilitiques professionnelles. Par exemple j'ai observé des gonflements syphilitiques du périoste des clavicules aux points où passaient les courroies avec les quelles un commissionnaire portait toute la journée des fardeaux sur son dos. Un maître d'armes sera atteint de tuméfaction syphilitique du sternum et des côtes dans les points où il est plastronné toute la journée par les coups de pointe des fleurets boutonnés des élèves. Il surviendra des périostoses du bord interne du cubitus chez un individu qui s'appuiera sur le rebord saillant d'une table. Quant aux os du crâne et au tibia qui sont incontestablement les plus fréquemment atteints par la syphilis, ce sont aussi ceux qui sont le plus exposés aux contusions. Il suffit de marcher sans précaution dans une pièce encombrée de chaises et de bancs comme celle-ci. pour se heurter le bord antérieur des tibia.

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