‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 98 sur 149 · STRUCTURE ET DÉVELOPPEMENT DES OS · texte numérisé non relu

STRUCTURE ET DÉVELOPPEMENT DES OS

seux s'effectuent entre le périoste et l'os, ces osléophyles, devenues plus compactes et s'étanl soudées à l'os primitif, sont appelées du nom de périostoses ou d'exostoses. Leur forme est variable ainsi que nous le verrons bientôt. Tantôt elle est saillante et l'exostose parait surajoutée à l'os comme une tumeur ou comme l'épiphyse d'un os long, de telle sorte qu'on lui a donné le nom (l'exostose épiphi/saire. Ailleurs, dans le tissu osseux qui a été le siège d'une ostéite, de nouvelles lamelles osseuses se produisent à la surface des canaux de Havers, et alors on a une éburnation, une densification de l'os par suite de la production nouvelle de lamelles qui s'ajoutent aux lamelles préexistantes. Telle est l'ostéite condensante ou productive, l'éburnation de l'os, et la production exubérante de ces lamelles peut mériter le nom d'exostoseparenchymaleuse.

Dans d'autres cas, consécutivement à l'ostéite, lorsqu'elle arrive à intéresser le canal médullaire central des os lono-s, il peut survenir une ossification nouvelle dans l'intérieur de ce canal ; c'est ce qu'on appelle une enostose.

Ces variétés de productions osseuses nouvelles consécutives à l'ostéite et à la périostite, les ostéophytes, les exostoses épiphysaires, les exostoses parenchymateuses, les énostoses, l'éburnation de l'os constituent des accidents consécutifs communs à toutes les formes d'ostéite syphilitique dont nous venons de donner l'énumération.

Je suppose, messieurs, que la constitution des os vous est connue ainsi que leur développement. La structure des os est simple; ils sont formés d'une charpente calcaire constituée elle-même par des systèmes de lamelles osseuses contenant des ostéoplastes et disposées régulièrement autour des canaux de Havers, canaux qui contiennent à

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l'état normal les vaisseaux nourriciers de l'os et la moelle osseuse. La moelle normale est formée de petites cellules rondes analogues aux cellules lymphatiques (médullocèles de Robin), de cellules plus volumineuses à un ou à plusieurs noyaux ovoïdes (myéoloplaxes de Robin) et d'une assez grande quantité de gouttelettes de graisse. La trame de la moelle est surtout formée par les vaisseaux et par quelques fibrilles très-fines et très-rares du tissu conjonctif.

Les ostéoplastes contenus dans les lamelles osseuses sont de petites cellules emprisonnées dans une cavité qui communique par des canalicules multiples avec les cavités voisines du même système de Havers.

Le développement des os et l'ossification s'effectuent par deux procédés distincts suivant qu'il s'agit de leur développement aux dépens du cartilage d'ossification ou aux dépens du périoste.

Dans le premier cas, les cellules cartilagineuses se disposent en séries longitudinales qui se transforment en un canal parcouru bientôt par une anse capillaire accompagnée par des cellules embryonnaires provenant de la prolifération des cellules cartilagineuses. Ces cellules, en s'appliquant contre la paroi du canal, deviennent des ostéoblastes, éléments aplatis par compression réciproque qui s'entourent de substance calcaire et forment les ostéoplastes au milieu d'une couche de substance osseuse qui se dépose ainsi contre la paroi du canal creusé dans le cartilage ; telle est l'origine d'un canal de Havers.

L'ossification aux dépens du périoste s'effectue d'une façon analogue par l'incrustation calcaire d'ostéoblastes qui ne sont autres que des cellules embryonnaires. Ces ostéoblastes accompagnent les fibres de Scharpey, fibres

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de tissu conjonctif qui s'infléchissent du périoste dans le cartilage d'ossification, ces fibres qui s'incrustent elles^ mêmes de sels calcaires, déterminent par leur direction le sens de l'ossification au-dessous du périoste.

Tels sont, en résumé, les faits essentiels que je vous rappelle très -brièvement en vous conseillant de les revoir en détail dans notre manuel d'histologie pathologique (1) ou mieux dans le traité technique de mon excellent ami, M. Ranvier, qui a étudié si consciencieusement, avec la structure du tissu osse,ux, tous les détails de l'ossiticalion (Traité technique d'histologie, p. 297 à 325 et p. 428 à 462).

L'ostéo-périostite simple consiste uniquement, au point de vue histologique, dans le retour à l'état embryonnaire de la moelle de l'os et des cellules qui se trouvent entre Tos et le périoste. La disparition de la graisse à l'intérieur des canaux de Havers, la grande abondance des petites cellules médullaires, placent l'os enflammé dans les mêmes conditions que les os en voie de développement. Aussi, ne vous étonnerez-vous pas que les cellules médullaires nouvelles jouissent de la même propriété que les mêmes éléments dans les premiers âges de la vie et que les plus rapprochées de la paroi des canaux de Havers et de la surface de l'os sous le périoste deviennent des osléoblastes et concourrent à la néo-formation de lamelles osseuses. Ce sont ces lamelles qui constituent les exostoses sur lesquelles nous reviendrons bientôt en détail.

(1) Manuel d'histologie pathologique de Corail et Ranvier, p. M à 23.

2° A un degré plus élevé de l'inflammation, on a atïaire à une ostéile rarélianle. L'inflammation sous-périostique se continue dans les canaux de Havers ; la moelle souspériostique et la moelle osseuse présentent une quantité considérable de petites cellules en même temps que des globules rouges épanchés. Ces éléments sont libres, presque tous les uns par rapport aux autres dans une petite quantité de substance unissante granuleuse. Dans cette

Fùj. A. Ostéite ssytfjiJjîuj|{,« : 1, Travées o-seuses échaucrées et dentelées à.leurs bords, dans lesquelles on voit dès corpuscules osseux à un seul ou à plusieurs noyaux 2; 4 tissu médulliiire ; 5, vaisseaux don,! les lumières sont parfaitement libres. A la partie supérieure de la figure les cellules s'atrophient et deviennent caséeuses.

inflammation, lorsqu'elle est plus intense, la formation trèsabondaritë des cellules s'accompagne bientôt d'une lésion delà substance osseuse, qui est ramollie, érodée et détruite par places â' la surface interne des cavités de Havers. En examinant au microscope des sections minces de pièces qui ont été placées dans l'acide chromique ou dans l'acide picrique et qui ont été décalcifiées de manière à permettre

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leur section, puis colorées au picro-carinin, on peut étudier à la fois les travées osseuses et la moelle contenue dans les canaux vasculaires. Ces derniers sont plus larges qu'à l'étal normal ; les travées osseuses fpii en forment le cadre, au lieu d'être régulières et de montrer sur une section des lamelles osseuses à bords exactement parallèles, présentent des encoches hémisphériques, ovalaires ou irrégulières au niveau desquelles les lamelles osseuses manquent absolument (1, Fig. 4). Ces encoches sont remplies par des cellules rondes et petites et même dans certains cas par une ou deux grandes cellules mères à noyaux multiples comme celles qui sont figurées dans les figures 7 et 8 de la planche VI. La destruction des latnelles osseuses par les éléments de la moelle enflammée est telle que souvent tous les canaux de Havers présentent des encoches et des pertes de substance plus ou moins grandes ; certaines des travées osseuses peuvent être si altérées qu'elles sont complètement détruites en quelques points et alors un canal de Havers communique à travers Une travée osseuse détruite avec un canal voisin.

La substance osseuse est ainsi remplacée plus Ou moins complètement par de là moelle enflammée. Le squelette de l'os primitif est érodé ou presque détruit. Cette lésion qui s'observe si fréquemment dans la maladie des phalanges et des os courts qu'on appelle le spina-ventosa existe assez souvent aussi dans la syphilis.

Lorsque, sous l'influence du traitement approprié; par l'iodure de potassium et par le mercure, ou par suite de la marche naturelle de la maladie, l'inflammation s'éteint et que le mal rétrograde, on observe une réparation de l'os malade et partiellement détruit. Ces mêmes cellules embryonnaires de la moelle enflammée qui, lorsqu'elles

étaient exubérantes et libres, concouraient à l'usure de l'os et à la formation des encoches creusées au milieu des lamelles, ces mêmes cellules, devenues moins nombreuses, s'appliquent contre la paroi irrégulière des canaux de Havers et deviennent des ostéoblastes, avec la propriété de former des lamelles osseuses nouvelles. Il en résulte des lamelles nouvelles avec des ostéoplastes nouveaux, lamelles qui forment des séries parallèles les unes avec les autres suivant la disposition irrégulière des canaux de Havers, s'enfonçant, par exemple, dans les encoches qu'elles comblent La formation exubérante des nouvelles lamelles osseuses peut arriver à constituer sous le périoste des exostoses plus ou moins considérables et dans l'os lui-même une hyperostose parenchymateuse et une éburnation.

Lorsqu'on examine, sur une large section faite à la scie après la dessiccation et usée convenablement, un os atteint d'abord d'une ostéo-myélite raréfiante et réparé ensuite par une formation nouvelle de lamelles osseuses, on peut très-bien reconnaître les couches altérées et interrompues par places qui appartiennent à l'os ancien et les couches nouvelles qui constituent la paroi des nouveaux canaux de Havers.

3° L'osléo-myélite gommeuse et l'ostéo-périostite gommeuse ne sont autres qu'une ostéite raréfiante dans laquelle le tissu embryonnaire sous-périostique ou le tissu médullaire très- abondant revêtent la disposition qu'on observe dans les gommes; ces tissus se présentent, en effet, sous la forme d'une tumeur de volume variable ayant de la tendance à devenir caséeuse en bloc à un moment donné de son évolution.

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