GOMMES SYPHIUTIQUES DU CERVEAU
cellolesplatesetà ses vaisseaux incrustés de sels calcaires, ni même des sarcomes qui se limitent au niveau du tissu nerveux par une gangue de tissu cellulaire. Certains sarcomes névrogliques faisant corps avec la substance cérébrale, se continuant avec elle d'une façon insensible, pourront donner lieu à des difficultés, surtout si leur centre est caséeux. Mais ces tumeurs sont uniques; de plus, leur structure, le tissu réticulé qui les forme^ les cellules fibroplastiques allongées, ou les cellules ovoïdes, toutes de même forme, qui les composent, la facilité de dilacération de ces éléments, la mollesse du tissu qui est partout trèsvascularisé, l'uniformité de ce tissu, établissent des différences bien tranchées. Les parois embryonnaires et trèsminces des vaisseaux assez larges qui les sillonnent, la dégénérescence graisseuse de certaines de leurs cellules qui sont remplies de granulations graisseuses dans certains cas, mais non atrophiées, l'absence de cohésion, et, au contraire, l'état muqueux de leur tissu le plus ancien, les font reconnaître aisément.
La seule difficulté sérieuse, mais pourtant toujours soluble, concerne le diagnostic des gommes avec les gros tubercules du cerveau. Le gros tubercule cérébral est, en effet, constitué, à l'œil nu, par une tumeur généralement volumineuse, sphérique, ou par plusieurs tumeurs dont le centre est jaunâtre, souvent ferme, et dont la périphérie est grise, semi-transparente. Mais la partie opaque et sèche parfois fendillée, ramollie, est toujours plus étendue que la partie centrale de la gomme. La circonférence du tubercule est plus régulière que celle de la gomme; le tubercule n'envoie pas de prolongements radiés et irréguliers dans le tissu cérébral voisin. Quelquefois on voit, au pourtour du tubercule cérébral, de petits tubercules miliaires, semi-
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traû^jSLraDts, qui, eoi aussi^ sont toujours spbériqufis, et qui se coofoudent avec la couche grise, sefliii-trauspaireule, du gros tubercule. Dans ua grand uornl^rQ de cas, te ta* bercule est caséeu]^ dans toute sa massa, ea conserFant sa forme, ce qui n'a pas lieu pour la gomme, Epfin, îl peut y avoir, rarement il est vrai, des tubercules miliaire$ très-fins de la pie-mère, au niveau de la basa du cerveao, dans la scissure de Sylyius, en même tefups que de gros tubercules cérébraux, et alprs le diagnostic est très-simpte. Si ces caractères, tirés de Texamen k l'œil nu, m sufllsent pas, le microscope Irancbe^a toujours la di^i^jlté.Toas les vaisseaux de la partie opaque du tubercule sont, eo effet, ot^térés* Su les suivant, on trouve facilement jo^^ oblitération à leur entrée dans la zone opaque. Pans M>ut6 cette région, on observera donc des ^ cellules géantes, » 4ft contraire, dans presque tous les ca§ de grosses gommes cérébrales publiés, les vaisseaux étaient complètemB&t perméables dan$ la partie opaque. Nous concevons trèsrbiiea, par analogie avec ce que nous avons yu à la pieaM, dans les gomipes et dans Jie cbancre, qu'U prisse y «voir quelques oblitérations yasculaifres. Mais caserait ion processus bien rare et tout k fait partiel dans la goPMne, tandis qu'au contraire, il est constant et généraUs.é dans toi^e la portion caséeuse considérable du tubercmJe cérébral.
I^ ^iége de ces tumeurs gommejijsesqiiM pavent acquérir le volume d'unie ^ix, est à la bas0, auprès du corps pituitaire, au niveau de l^ prolubér^pce, «ux pédoncules cérébraux, aux pédoncules cérébelleux, mi band^ttes optiques, aux lobes antériieurs, au niye^u des circonvotations frontales, ce qui explique la perts de lapg9ge assez comi9une d^s ces cas; on les rencontre aussi dians Las
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DIAGNOSTIC ANATOMIQUE ET SIÈGE DES GOMMES tti
veotriculas^ à la sorAu^.da £eryal6t^ m oiyeaa des poiots d'origine oa d'émergence des nerfs crâniens, da nerf optir que^ du moteur oeolaire coounan^ du mot^u* oculaire exterae^ du patlxéiiqoe, du trijumeau^ du nerf facial, du nerf auditif, etc. Ces nerfs, qu'ils soient envahis par le néor plûsme ou altérés consécutivement aux lésions de leur3 points d'origine^ ou qu'ils soient englobés et comprimés à leur sortie du cerveau par les n^mbranes épaissies et en? flaflynées, par la dure-mère, par la pie-mère, surtout an mvBaii des orifices et des trajets osseux, como^e p^ esem? pledansle sinus caverneux et dans le rocher, ces nerfs, dis^je, sont très-souvent altérés dans la syphilis. Il en résulta des paralysies ou des phénomènes douloureux sur lesquels nous aurons à revenir bientôt.
Les gommes, dans leur stade ultime, peuvent-elles se ramollir (A se résorber, ou laisser après elles une cicatrice ou nn de ces pi^ts kystes si communs dans Le cerveau, dont la paroi, formée par un tissu conjonctif, l&che ou fibroide, contient dans son intérieur un liquide analogue h celui du mmoUissement laiteux, kystes qui sont généralement entourés par du tissu cérébral ramolli ou jaunôtre et rempli de corps granuleux ? C'est là une question assez difficile 6 trancber. Nous trouvons, en effet, dans la grande quantité d'observations réunies par MM. Gros et Lancereaux, de petits foyers de ranu)llissement, de petites masses crayeuses et caséeuses molles, des lacunes cérébrales walogues aux cicatrices de ramollissement, ou des kystes plus ou nmins grands, occupant les régions superQcielles ou profioades de l'encéphale. Ces lésions coïncident quelquefois avec i^ gommes de la dure-mère, avec des végétulioui de cette membrane, avec des altérations sypbilitl-» qiies des os du cr&ne et avec des gommes du foie. J'ai ren^
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contré moi-même, plusieurs de ces petits foyers de ramollissement qui étaient consécutifs à des lésions syphilitiques bien avérées de la dure-mère et du crâne. Mais ces altéra* tions, bien que souvent d'origine syphilitique évidente, ne portent pas le cachet anatomique de la syphilis. Si Ton peut supposer qu'une gomme^ dans un stade avancé de son évolution rétrograde, arrive à former une petite masse molle en dégénérescence graisseuse, entourée d'un tissa cérébral enflammé et ramolli, il est plus diflicile d'admettre l'origine gommeuse des lacunes ou des kystes. Ces derniers me parurent surtout en rapport avec les lésions inflammatoires chroniques des artères cérébrales liées à la syphilis dont je dois mamtenant vous entretenir.
B. — Il existe, en effet, quelquefois de petites gommes syphilitiques dont le volume varie d'un grain de chenevis jusqu'à celui d'un haricot, qui se développent dans le tissu conjonctif de la pie-mère, autour des artères cérébrales, au point où elles cheminent entre les circonvolutions. Les artères de la base et les artères sylviennes en particulier sont le siège d'élection de ces petites tumeurs, de même qu'elles sont le siège de prédilection des granulations miliaires beaucoup plus petites de la méningite tuberculeuse. Mais les granulations tuberculeuses des méninges possèdent dans leur développement, dans la lésion de la gaine des artérioles microscopiques et dans l'obstruction de ces petits vaisseaux des caractères tout à fait dist'mctifs.
Les petites gommes que nous étudions en ce moment, siègent dans le tissu de la pie-mère ; elles entourent les artères qui passent à côté d'elles et qui sont plus ou moins comprises dans un tissu inflammatoire scléreux ; elles se logent en partie dans la substance des circonvolutions qui