‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 104 sur 148 · SYMPTOMES DE LA STPHILIS CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DE LA STPHILIS CÉRÉBRALE

probantes, et dans lesquelles Tautopsie a confirmé la nature du mal, je n'aurais presque rien à vous en dire. Mais il existe dans la science un^certain nombre de paraplégies qui ont été amendées par l'iodure de potassium, guéries même, et où la confirmation anatomique manque.

Les phénomènes observés dans les lésions médullaires sont^ en premier lieu, une douleur d'une intensité plus ou moins grande, une rachialgie limitée à la partie malade de la moelle ou étendue en ceinture, et une paralysie des extrémités inférieures, de la vessie ou des extrémités supérieures en rapport avec le siège de la lésion.

M. Foumier a signalé récemment le fait du grand nombre des syphilitiques atteints d'ataxie locomotrice et il a décrit Tataxie locomotrice syphilitique. Il nous paraît bien difficile d'admettre le rôle de la syphilis dans Tataxie locomotrice. La syphilis se retrouve, suivant M. Foumier, dans les deux tiers des cas des ataxies. Mais il s'agit là de l'ataxie locomotrice commune. Par conséquent, la syphilis n'a modifié, ni les symptômes, ni les lésions de la maladie en question. Elle ne pourrait, tout au plus, être considérée que comme une cause prédisposante, éloignée de l'ataxie. Le désordre du mouvement ne serait pas une maladie syphilitique, car lorsqu'on a affaire à des maladies directement causées par la syphilis, celle-ci leur imprime toujours son cachet anatomique, et il n'en est rien dans l'ataxie : là, en effet, on ne trouve, ni inflammation productive spéciale, ni gomme; l'ataxie, avec antécédents syphilitiques, est la même, anatomiquement, que celle qui attaque les sujets vierges de syphilis. Nous ne pouvons, par conséquent pas admettre là l'action directe du virus.

Le diagnostic de la syphilis cérébrale se base moins

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d66 SYPHILIS i)ES CENTRES NER\^UX.

sur lès gytiiptômes pris isolément ou même groupés, que sur la marche de l'afTection et §ur Tactiou thérapeutique de Tiôdurè de potassium. Due céphalalgie intense qui dure longtemps , qui guérit ou qui est soulagée par Piodure, mais qui récidive, qui s'accompagne de troubles de intelligence, de perte de la mémoire, d'hébétude, de paralysies très-partielles, limitées aux muscles de la face, aux muscles moteurs de l'œil, puis de paralysie très-lente à s^éta* blir et aboutissant à une hémiplégie, Paphasie, les convulsions épileptiformes, tels sont les accidents variés sur lesquels s'établira le diagnostic. Ces accidents sont trèslents à Survenir ; ils s'aggravent gradtiellement. A leur début, ils sont amendés ou guéris par riodtffe de potassium. Chacun d'eux présente quelques caractères spéciaux à la syphilis^ en sorte que le diagnostic de la cause, sans être très-facile, pourra se faire dans la grande majorité des cas.

Le diagnostic avec Pâpoplexle et avec le ramollissement est généralement facile. Le début brusque d'une attaque avec perte absolue de connaissance et hémiplégie complète exclut ndée de syphilis, car, dans ce cas, le début de la paralysie est lent, progressif, et là perte complète de connaissance est rare. Le ramollissement chronique serait plus facile à confondre ; mais nous avons dans la syphilis la violence de la céphalalgie, la possibilité de l'amender par Piodure de potassium, les convulsions épileptiformes et surtout la constatation de lésions syphilitiques anciennes ou concomitantes.

Les tumeurs cérébrales sont faciles & confondre avec la syphilis. Cependant Page où on les observe permettra de mettre de côté les tubercules cérébraux qui sont un apanage de Penfance. Le sarcome pourra être confondu avec les

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gommes; cependant il estnnique, et les accidents qu'il détermine sont progressivement croissants, sans qui! soit possible de les amender par le traitement iodé.

Le pronostic est extrêmement grave. D'après la statistique de Lagneau, qui en a réanl 147 cas, la terminaison fatale a eu lieu dans les deux cinquièmes des Cas, c'est-àdire 57 fois. Il est vrai que sept de ces malades avaient succombé à une maladie intercurrente, ce qui réduit à 1/3 le nombre des décès.

SvpmLis HÉPiTiotJE. — De tous les organes internes, c'est le foie qui est le plus souvent atteint par la syphilis ; dans la période secondaire^ dans la période tertiaire, dans la • syphilis infantile, les troubles plus ou moins caractérisés dn foie ont été signalés depuis longtemps par les auteurs^ qifil s'agisse de congestions du foie ou d'hépatites interstitielles simples ou de gommes.

A.— M. le professeur Gubler a décrit, en 1853, les phénomènes symptomatiques qu'on observe quelquefois du côté de la glande hépatique dans la période secondaire de la syphilis, en les appuyant sûr cinq observations. Depuis celte époque, des observations ont été recueillies par MM. Luton et Foville, Martel^ Lancereaux, Fournier et par M.Lacombe.

Dans les premiers mois qui suivent le chancre et les accidents secondaires du début, les malades souffrent quelquefois d'une pesanteur au niveau de la région hépatique ; la palpation permet de percevoir une douleur lorsqu'on presse l'organe ; la percussion décèle une augmentation de

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368 SYPHILIS HEPATIQUE.

volume tel qu'il déborde de un ou deux travers de doigt le rebord des fausses côtes. Eq même temps il peut y avoir un ictère qui n-est pas constant et qui se comporte comme un iclère catarrhal léger. L'ictère est bien caractérisé, avec dépôt de la matière colorante dans le^ conjonctives, dans les urines, à la surface de la peau; il s'accompagne habituellement de la diminution de l'appétit, d'embarras gastrique, quelquefois d'un mouvement fébrile, et presque toujours de malaise, de courbature et de céphalalgie. Sa durée est courte et ne dépasse pas une vingtaine de jours. Il reconnaîtrait pour cause une congestion du foie ou une compression des canaux biliaires par les ganglions lymphatiques prévertébraux et hépatiques.

On doit se demander tout d'abord si cet ictère est bien réellement sous l'influence de la syphilis. A son sujet, il est permis d'être incrédule car on n'en possède pas d'autopsie ; on ne sait pas si le foie présente des lésions ni quelles sont ces lésions; comme le dit très-bien M. Alfred Fournier, l'ictère syphilitique a eu la rare fortune d'être accepté par presque tout le monde bien qu'il ne possède pas de lésion anatomique bien constatée.

Cet ictère, survenant en même temps que les accidents secondaires, est, en réalité, assez rare, car on n'en trouverait pas plus d'une vingtaine de cas cités dans les traités sur la syphilis et dans les divers recueils médicaux, si l'on réfléchit à la fréquence de l'ictère simple d'une part, et au grand nombre des syphilitiques, d'autre part. M. le professeur Hardy, dont la pratique est très-étendue et qui a fait un long séjour à l'hôpital Saint-Louis, n'en a pas rencontré un seul fait bien probant. De mon côté, j'ai vu dans cet hôpital deux cas d'ictère chez des s>Tphilitiques, mais je me garderais bien de les attribuer à la syphilis.

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