‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 107 sur 148 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Syphilis cérébrale, — Phénomènes apoplecti formes ; fait observé

et recueilli par M. le D*" Lépinb et par M. le D** Goynb.

(Planche IX, figures i et 2.)

Observation. — Le nommé S...., Charles, âgé de 42 ans, entre le 2 décembre 1873 à la Charité, salle Saint-Charles, n» 22, dans le service de M. le professeur G. Sée.

Cet homme est apporté dans le service à cause de phénomènes cérébraux récents et très-graves, qui rendent son examen clinique difficile et incomplet à plusieurs points de vue.

Antécédents. — Il est de grande taille et bien constitué. Il a été militaire dans sa jeunesse et est, depuis longtemps, employé au ministère de Tintérieur pour le service des prûsons. Dans cette dernière position, ses fonctions étaient très-pénibles, et il ne dormait qu'une partie restreinte de la nuit. Il a toujours été très-sobre et ne faisait pas abus de boissons alcooliques. Sa femme et son beau-frère ignorent s*il a eu la syphilis ; mais ils savent qu'il a pris longtemps de Tiodure de potassium, et que, séparé de sa femme par le fait de la guerre, il a eu à cette époque un écoulement uréthral.

En 1871, après une corvée très-pénible, dans le cours de laquelle il était resté toute une nuit mouillé par la pluie, i 1 fut pris, quatre jours après, de violentes douleurs dans le bas des reins, accompagnées d'une sensation de froid dans les membres inférieurs. Huit à dix jours après l'apparition de ces douleurs, les jambes commencèrent à fléchir et à trembler. La marche était encore possible, mais difficilement, car le malade chancelait à chaque instant et les genoux ployaient sous lui.

Un médecin, qui le vit à ce moment, lui fit appliquer un vésicatoire à la région lombaire et chercha à provoquer des sueurs abondantes. Le lendemain du jour où avait été appliqué le vésicatoire, le malade fut pris de rétention d'urine. Il entra pour cette complication à l'hôpital Necker, dans le service de M. le D' Guyon. En arrivant à l'hôpital, ses jambes qui, malgré leur faiblesse, lui avaient permis de descendre les deux étages de son

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domicile, lui refusèrent tout service et on fut obligé de le monter dans les salles. Au moment de la production de cette crise et pendant toute sa durée, le malade ne ressentit aucune faiblesse dans les bras, son |nt,ellj^ei^,o ft^ fut pas troublée un seul instant et la vue resta intacte, ou du moins aucun phénomène notable n'appela l'attention du malade et du médecin de ce C4)té. Sa femme croit se rappeler que la bouche était un peu déviée ; mais les renseignements qu'elle donne à cet é^rd sont peu précis.

Le malade resta deux mois à Necker, dans le service de M. Guy on, qui constata l'existence d'un rétrécissement et lui fit prendre de Tiodure de potassium et des pilules dont le nom n'a pij ,ôtre retru^uvjé. p.çpd^t tfti|te la jd^r^e a.e Sipi| sé'}qnr 4 f'Mpflal, la faiblesse des jaaibes pjejrsjst^ avpe i^^e certaine i^^eosjjl^, pip^ que le malade ne pouvait se |jepir ^el^pi^t. Au momept de ^ ^piï^ 4e i'I^ôpita), Je malade cqjxm^nç^ii h pouvoir marc))^, et au bpji^t de 4eu^ cpo|s)'i^lipra.tioi^ |é^ jteUp, gu'il pouvait ^e^ei^dre son service. V a^s il j^ rieprijt jj^afs ses fprc^s coBupe ^v^t jst il se fatigi^çit ^rès-f^ilepa^ea^.

pepmis cje^lje .éppqijiie jusqu'^ il y «l Hft mois, te s^Pié pie ^ pas ffîi^vaise; /cepeod^i^ le mi^ade 3e pljsiigi^it de figues, /de cpur))a titres d^p$ ie^ i^uscle§, etsiju'fput de yipie^ më^ âei&iù fim le faisaijent souffrir plus partic^lièreiDent }fi soir et la nuit.

Il y a m) ^is il (^pmoiepça à spuffrjr 4§ ^n geni>u fmf^: ^' levait 4p Ij» 9li'm à le 0éiChif . Qmp^ Jp^r^ aprite M revepaU à P^is, jçiprès up ypyîige ^è^-pénifrlp, et ij éprppy^it uop ^/ensaiioa ief frpi4 çpnt|aue 4^s la régipp lpp));f,^re ejt daps (a j^bc gauche. Ce malaise continuant, un médecin ordonna diss ^^ches froides pt ,dps fricUops e^pit^ptps.

Lp prpmièrp dppche p^u^ amepef* pnp p^rtaipp réaçtipn. Uf^ Jp lep^epaaip iep soFteP^ de (*bôf4l?Ji on il yepait dP prepdrp Li .spcopde dpuchp, ij iépfpuve de^ pp^éopp^^nes singuliers. U vpp se t^opble, il épropve du ypftigp^ U p)a4*Ghe pomme un bopipip 4vpe» pui$ ^ j^be g^ppjip devipntppbitepieBt f^PidP e)t prpidis ; Ip )>rias du Q^pie cAté lui fait .épropve^ l^ ml^m^ sepsatiop;». U 6mi f^' tomber. Il est nipporté c^ez Ipi et on cppslpte pu'il ^ ip bns et la jiwl^ g^MPbe pa^*piysé6 pt tj^e la langue est embarrassée.

P^s le courpp^ de la jourpép, le bras g^ippl^e, bien que faible, epsse d'êjtrp (çompl^emppt piaralysjé, le p^ade peut l» fmfmar^ Un phénopi^ne ideptique se reproduit dan$ ip soirée j^f^ U" pnepibre |p£ériepr g9Jticbp. Le (ppdpwaip , les pbâvomi^aes s*^ifdm^ jspffis^pimept pp^PAdés pppr qup Ip p»ft)a4e J^H m^ffbBr pps'pid#^4'uppiQQ4)p9.

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OBSERVATIONS W S¥fWUS CÉRÉBRALE Ml

P9I1S la lu^it 4u 4jfqapeb^ m Imài il est agité, il m j^oi da souffrir horriblement de la tête. La parole était encore facile.

A six b^ures du matii) |l a p^rdii la parole ei il ^st fiomplél^nient piiralfsé du cdié droi(. Il r^fe 4ai^oeté|^^ ^u|^ 1» journée ^t (Bst aipQffé le lepdjBffiaiii rn^lin, 8 O^effîbpp, j^ Tliôpitol.

£/a/ actuel. — Le côté droit est compléteqiem pf|r9lV8é; la p^aïf du t^jrqs de ce côté i^( cb^^d^; le pi^^d^ njs pan^ sovper la maip ; 1^ paralysie in ff^eipbrp siipéff^pr ifp^l p§s flaccide; les doigts sont ranienéi^ d^ff^ 1^ pauine.

La sensibilf^ bien que tPèsrdimiDuée, exista epcore ua pea. Lfi cuisse et 1^ japib^ drpile §opt clia^d^s »p loucl^ep, elles sont danis la par^ysie flaccjde }a pli^§ ppipplète ; J(sur insensibilité est presque absolue.

La bras et la pi^ain gauche qp( pne certaine force. Le n^alade remue ce membre assez f^cijefpept e!^ S^FFP ^vec jis^e^ de force. la sensibilité est conservée.

L'ipteliige^ce es( rejativepiept pe(te, )e n^l^d^ eoinprend ee qu'on lui (lem^Iïùe et cbercbe à répondre ; mais |j» p^ple a- est pas disMocte et, par epnséquent, compréhensible*

3 décembre, 9 jdmier. — M n^alade reste dans eet <^^1» §^s ^qcuoe améliqfatiop. Il se plaint de crises violentes de cépha* lalgie. Le cdié droit paralysé présente nne t^n(l^ee 4 le PQPtr^ture plu^ marqnée daii§ le ipen^l^re supérieur que daa^ Tin* férienr. On coi^tate également Texislenpe d'nne bémionle gap.cbe, la partie inférieure de |9 réiipe est papalysée qiai^ M n'^st pas U^i d'exaipen du fond de rçeil,

^ malade s'affaiblit de pUis en pln^ et spcpooibe le 9 j^yier.

A^l0psiele iO janvier i^^.

Les poumons sont emphysémateux au sommet et sqp le bnrd aptérieur, un peu congestionné;^ en arrière- lA F^te e§t pins vplumineuse quà l'état norn^al et pins molii^^ les reins snni petits, na4is normanx; |e foie ne présente rien d^ pjarti/^iler. £n somine, tons les yiscéres ne présentent rien qpi n^rite d'&Ui^er rattention. Le cr^ne est normal ea^térjeurepienjl. ^qn épaisseqr est celle que l'on trouve habilneUen^ent- ù face interne de la calotte crânienne et le face interne de la l^^se du cr^ne ne prévoient rien d'anorn^j on ne constate l'existence d'aucnpe exostpse, d'ancun point de carie. L# dure-niére, dan^ toute son jétendue etsqr tous &es replis, est nprniale.

La f^ce convexe de l'epcéphaie n'offre riep de particulier, les ¥aisse«ux sont congestionnés, mei^ il n*y f» pa# d'q^dé^n^ spu^arachnoïdien, ni aucun changement d^P§ ii fiOi^lj^W* 1^ ^n§l^^^<f^

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