‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 116 sur 148 · SYPHILIS DU TUBE DIGESTIF · texte numérisé non relu

SYPHILIS DU TUBE DIGESTIF

U s'agissait donc bien, dans ce cas^ de gommes de l'estomac/aplaties^ marronnées, situées sous la couche glandulaire de la muqueuse^ et dont la nature était affirmée encore par la présence d'une gomme hépatique.

Dans cette observation, la malade avait éprouvé des tfoubles gastriques, des difficultés dans la digestion, des douleurs stomacales, puis l'impossibilité de digérer. Elle était morte de complications pulmonaires, avec des vomissements, une tuméfaction des ganglions bronchiques et de la lymphangite. Nous reviendrons bientôt sur Tétat de ses ganglions.

Il est extrêmement rare que^ dans le tube digestif, depuis Tœsophage jusqu'au rectum, les lésions de la syphilis tertiaire se montrent sous la forme de véritables tumeurs gommeuses, comme des néoplasmes saillants et non ulcérés. En outre du fait que j'ai observé, je ne connais que celui de Klebs où il s'agissait de gommes de Vintestirij les unes saillantes et au niveau desquelles la muqueuse était conservée, les autres ulcérées. Le fait suivant, que Yirchow cite en note à la page 460 du tome II de la pathologie des tumeurs, est très-démonstratif au point dé vue de l'existence des ulcérations syphilitiques : il s'agissait d'une femme traitée souvent depuis dix ans à l'hôpital de la Charité de Berlin pour des manifestations cutanées et osseuses de la syphilis tertiaire ; les os du nez manquaient, l'autopsie démontra des gommes des tibias, du frontal et des pariétaux. Il existait des cicatrices étendues du voile du palais et du pharynx et une pachiméningite hémorrhagique interne avec hyperostose des os du crâne. Le rectum était le siège d'ulcérations^ les unes avec diphthérie récente^ les autres avec cicatrices ; dans le jéjunum, trois grandes cicatrices correspondaient à la séreuse

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SON DIAGNOSTIC ÀNATOMIQUE 109

parsemée de petites tumeurs blanchâtres ; dans Filéon se remarquaient deux petits ulcères sans produits caséeux. Les poumons et les plèvres présentaient des lésions sur lesquelles nous reviendrons bientôt.

Le plus souvent, on ne trouve^ en effet, comme lésion syphilitique de l'estomac et de Tintestin, que des ulcères ou des cicatrices fibreuses. Les ulcères de l'estomac ont été souvent sisn^alés et rapportés à la syphilis dans ces dernières années par Engel, Fioupe, Lancereaux, Kapposi, etc. Hais lorsqu'il s'agit seulement d'une ulcération ou de la cicatrice qui la suit, même s'il existe des antécédents syphilitiques indubitables, il est difficile de se prononcer sur leur nature. Un ulcère simple de l'estomac lié à toute autre cause, à une alimentation vicieuse ou même à l'ingestion de liquides corrosifs, les cicatrices qui leur succèdent ne se laisseraient pas distinguer de pareilles lésions développées sous Tinfluence de la syphilis. Les ulcères simples de l'estomac ont bien, il est vrai, dans certains cas, une apparence caractéristique qui tient à ce que la perte de substance présente un bord nettement coupé et qu'elle est taillée en talus ou en gradins, répondant à la section des diverses couches de l'estomac ; mais cette disposition n'est pas absolument constante, et ces ulcères présentent de nombreuses variétés d'aspect. Aussi l'anatomie pathologique qui permet de distinguer sûrement les ulcères dus à des tumeurs, à l'épi théliome, au carcinome, au lymphadénome, etc., ne fournit-elle pas des données certaines en ce qui touche le diagnostic anatomique de l'ulcère simple et de l'ulcère syphilitique, alors que le néoplasme gommeux a disparu par le progrès de l'ulcération.

Ce diagnostic anatomique est encore plus difficile sur la muqueuse de l'mtestin grêle et du gros intestin, parce

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qu'il doit être fait là atec IM nloères tobercoleiu» avec les cicatrices de la fièvre typhoïde» avec les nlcératioiia de la dyssenterie^ en outre de tontes les tomeors qui peuvent s'ulcérer dans Tintestin telles par exemple que les uéoplasies leucémiques» cancéreuses, etc«

On doit de plus ne pas perdre de vue ce fait que la pblhisie pulmonaire et la tuberculose de l'intestin coïncident souvent avec la syphilis, et que des ulcérations liées à un état amyloide des vaisseatix intestmaux peuvent être la suite de suppurations syphiUtiques prolongées.

Il faut, dans chaque cas particulier» faire avec soin le diagnostic anatomique différentiel» et encore la syphilis ne pourra-t*elle pas être affirmée sûrement s'il n'y a pas de néoplasmes gonmieux.

il est inutile d'ajouter que les ulcérations stomacales et intestinales ne présentent aucun symptôme spécial qui pe^ mette d'afflrmer leur nature pendant la vie.

Le traitement anti-syphilitique parait avoir réussi dans quelques observations de troubles gastriques et intestinaux qu'on avait rapportés à la syphilis (Gendrin» dté par Lancereaux» Dujardin«Beaumetz)»

Ce que nous venons de dire concernant la difficulté de rapporter à la syphilis telle ulcération donnée de l'estomac ou de l'intestin s'applique de tout point aux ulcérations de la partie inférieure du rectum ; celless^i s'accompagnent constamment de rétrécissement et sont généralement désignées sous le nom de rétrécissements syphilitiques du rectum.

Cependant on est loin d*élre d'accord sur la nature de ces ulcérations. M. Gosselin» qui en a donné une excellente description» les attribue à une inflammation du reo-

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