SYPHILIS DE L APPAREIL RESPIRATOIBE — LARYNX
hauteur dans les cas exceptionnels et s'accompagner de fistules.
Il est peu de maladies dont les accidents soient aussi pénibles, aussi longs et parfois aussi graves que ceux de cette lésion. Je n'ai pas Tintention de les décrire, ce serait sortir de mon sujet, et ils ne diffèrent pas des symptômes des rétrécissements du rectum en général. Je n*en ai observé, dans mon service^ que deux en trois ans. Il s'agissait dans ces deux cas de femmes ayant eu autrefois la série des manifestations syphilitiques. L'un de ces rétrécissements était porté à un degré tel qu'il y avait rétention à peu près complète des matières, et il pouvait à peine laisser passer une sonde uréthrale. La malade restait sans pouvoir aller à la garde-robe quinze jours et davantage : elle avait la région anale criblée de fistules. Je la fis passer dans le service de M. Th. Ânger. Mais, dans le plus grand nombre de ces lésions, la chirurgie est aussi impuissante que la médecine, et les malades succombent, lorsque le rétrécissement atteint ce degré, à une péritonite ou à des accidents de rétention stercorale.
Le traitement mercuriel et iodiqne est absolument sans effet contre ces rétrécissements.
Syphilis de l'appareil respiratoire. — De tout l'arbre aérien c'est le larynx qui est incontestablement le plus souvent atteint par la syphilis, et surtout par la syphilis tertiaire.
L'épiglotte en est le siège le plus commun. On a pu suivre, par l'examen laryngoscopique, l'évolution de gommes de l'épiglotte, qui, débutant par une ou plusieurs petites tumeurs sous la muqueuse, s'ouvrent, présentent des bords épais et taillés à pic, pendant que l'ulcération
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gagne en profondeur en s'aocompagnant de périchondrite. Ces gommes ne sont généralement pas dures et fibreuses, mais plutôt, suivant Vircbow^ constituées par un tissu mou blancbâtre, médullaire, très-riche en cellules ern* bryonnaires. Les cordes vocales et l'intérieur du larynx sont souvent aussi ulcérées, la muqueuse qui les tapisse est détruite et son tissu conjonctif est infiltré de cellules embryonnaires.
Les conséquences anatomiques de pareilles ulcérations et inflammations profondes sont les mêmes que celles qni s'observent dans les ulcérations laryngées tuberculeuses, c'est-à-dire Toedème de la glotte, la péricbondrite, la nécrose partielle des cartilages, les abcès et la suppuration du cou, les fistules cutanées, etc. Lorsque la lésion est moins pro< fonde et qu'elle se borne à des ulcérations sur lesquelles bourgeonne le tissu conjonctif enflammé de la muqueuse, il se produit des végétations papillaires^ de petits polypes irréguliers.
Lorsque la lésion guérit sous l'influence d'un traitement approprié, on est exposé à des accidents dus à la rétraction cicatricielle de la muqueuse laryngienne, à une déviation de l'épiglotte, à un rétrécissement laryngien.
La syphilis se traduit alors symptomatiquement par les signes des laryngites chroniques, la raucité de la voix, Taphonie, les quintes de toux, les accès de suffocation. Ceux-ci sont tellement intenses et parfois si subits et si graves qu'on est obligé de recourir à la trachéotomie.
Le traitement qu'on oppose souvent avec un succès complet aux accidents laryngiens, est le traitement iodiqne qui réussit surtout lorsque la maladie est prise à son début. Les cautérisations avec le nitrate d'argent, avec
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SYPHIU8 DE U TIUGHÉB ET DU POUMON 4lB
l'acide cbromique (Isambert), aident à la guérijton. La trachéotomie, ressource ultime contre les accès de suffo* cation qui menacent la vie, réussit plus souvent peut-être que dans les autres affections où elle est indiquée. Je l'ai vue réussir chez un malade auprès duquel j'assistais M. Trélat dans cette opération. M. Trélat a donné une statistique des faits publiés d'après laquelle la trachéotomie a réussi 76 fois sur 100. Malheureusement l'opération ne met à Tabri ni d'une récidive, ni des accidents de sté* DOse, et M. Thomson (cité par M. Jullien) a dû faire la trachéotomie chez un homme âgé qui fut opéré quatre fois avec succès dans l'espace de quatre ans.
La trachée et les grosses bronches présentent, mais bien plus rarement, des lésions analogues qui siègent de préférence à l'extrémité supérieure et à l'extrémité inférieure de la trachée. Gomme pour le larynx, les néofbrma* tions sont formées d'élevures de la muqueuse, analogues aux grosses papilles linguales; elles s'ulcèrent et, à la suite de la réparation, des brides fibreuses cicatricielles s'organisent et rétrécissent le conduit trachéal dans son diamètre transversal ou le diminuent dans son étendue longitudinale.
Les faits de ce genre les plus authentiques sont ceux de Wortbington, Moissenet, Virchow, Wilks, Lancereaux.
Les lésions de la trachée sont assurément très-voisines des ulcérations tuberculeuses au point de vue anatomique; mais elles en diffèrent par leur début, par la nature du néoplasme initial et aussi par la formation du tissu cicatriciel et la tendance à la sténose du conduit trachéal.
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4I# STPmUS DE L APPAREIL RESPIRATOIRE
Les symptômes de la trachéite syphilitique sont ceux de la trachéite chronique auxquels s'ajoutent, s'il y a rétrécissement inflammatoire ou cicatriciel, la dyspnée, la soflbcatîon, la respiration sifflante, bruyante et même le cornage.
L'histoire de la syphilis du poumon est encore loin d être tien connue^ quoiqu'elle soit signalée dans les anciens auteurs longtemps avant les découvertes anatomiques et cliniques de Laennec. Mais lorsqu'on trouve décrites dans Morton, Sauvage, etc., les phthisies vénériennes, biennorrhagiques, syphilitiques, cela veut dire simplement que les maladies vénériennes, la blennorrhagie et la syphilis étaient entrées pour leur part dans les causes plus ou moins éloignées qui avaient amené la phihisîe. Nous sommes aujourd'hui plus difficiles et il ne suffit pas que la S3rphilis puisse ratrer en Ugne de compte d^Dine des maladies chroniques les plus conununes, la phthisie pulmonaire, conmie une cause prédisposante ou déterminante, pour que la phthisie soit dite syphilitique. U ne suffit pas non plus que des tubercules puhnonaires ou Tune des nombreuses formes anatomiques de la tuberculose du pouuKHi soient rencontrés à l'autopsie d'un sujet a\^nt eu autreTois ou présentant encore des manifestations syphilitiques pour attribuer la lésion pulmonaire à la syphilis. En effet, nous voyons souvent ici des femmes qui avaient des manifestations tuberculeuses avant d'avoir eu les accidents du début de la vérole : syphilis et tuberculose marchent ensemble, sans se gêner, tant s'en faut, de même qu*une s}i)hilis antérieure n'empêche pas la phthisie de se développer plus tard. Pour que les lésions syphilitiques du poumon fussent en concordance
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