‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 120 sur 148 · SYPHILIS DU POUMON · texte numérisé non relu

SYPHILIS DU POUMON

avec ce que doqs savons des mêmes altérations des antres viscères, il faudrait donc y rencontrer soit une inflammation de caractère spécial^ portant en particulier sur le tissu conjonctif, de nature chronique et scléreuse, soit des néoplasmes gommeux. L'anatomie à l'œil nu et au microscope devrait être bien faite et donner des résultats comparatifs^ et la marche^ le siège et la dissémination des productions morbides devraient se traduire à l'observation clinique par des symptômes spéciaux.

Si nous faisons le bilan des observations de syphilis pulmonaire, il faut d'abord laisser de côté pour le moment celles qui ne sont pas suivies d'autopsie^ car on peut avoir eu affaire à des broncho-pneumonies plus ou moins longues ou à une manifestation de tubercules très-peu confluents terminée pour un certain temps par la guérison ou à tout autre accident du côté des bronches et du poumon.

La syphilis infantile du poumon est bien connue et ne soulève aujourd'hui aucune contestation depuis les travaux de Depaul^ Lorain et Robin, Yirchow, etc. J'ai eu autrefois l'occasion d'en examiner^ avec M. Ranvier, un cas typique dont nous avons donné la description dans notre manuel. Mais on est loin d'avoir, pour le poumon de l'adulte, des renseignements aussi précis.

Yirchow, dans son livre sur la syphilis constitutionnelle, reste dans le doute, mais il est plus explicite, bien qu'en formulant plus d'une réserve, dans son traité des tumeurs. Il ne voudrait pas révoquer en doute toutes les observations qui ont été données comme des gommes du poumon. Mais nous devons avouer qu'il est bien diflicile de faire le diagnostic anatomique de la gomme du pou-

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mon avec les formes variées des lésions lubercnleuses, si Ton s'en tient aux observations publiées jusqu'ici. En novembre 1861 j'ai montré à la Société anatomique des poumons qui présentaient deux petites tumeurs dures, constituées à la surface du poumon par un épaississement calleux de la plèvre, par une enveloppe de tissu pulmonaire induré et dont le centre offrait à considérer des nodules fibreux très-denses : Tune d'elles était un peu ramollie. Le malade syphilitique qui faisait le sujet de cette observation avait une laryngite ulcéreuse et des gommes du testicule. Je considérai cette lésion pulmonaire comme syphilitique; mais il faut avouer qu'en s'en tenant aux caractères anatomiques, cela était douteux, car on rencontre souvent, au sommet des poumons, de petites masses fibreuses analogues, ramollies souvent à leur centre et qui n'ont rien à faire avec la syphilis : aussi ne serai-je pas aussi afflrmatif aujourd'hui qu'il y a dix-sept ans. Virchow cite (1) Tautopsie d'une femme syphilitique dont la plèvre et les poumons présentaient des tumeurs de volume variable, les plus grosses du volume d'un pois jusqu'à celui d'une noix, homogènes, de couleur jaune, et plus denses, plus résistantes que ne le sont les nodules de tubercules et de pneumonie caséeuse : mais encore peut-il se trouver des lésions analogues dans la tuberculose. L'examen microscopique, dans le fait de Virchow qui remonte à 1862, n'a pas été fait non plus avec le soin qu'on y mettrait aujourd'hui.

Dans un fait de M. Maunoir (Société anatomique et Progrès médical^ 1875, p. 581) ou il s'agissait d'un cas très-

(1) Trailé des tumeurs, trad. fr., t. H, p. 460.

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