‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 135 sur 148 · TRAITEMENT DE LÀ SYPHUIS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LÀ SYPHUIS

dure, en pilules, suivant la formule du codex (1) ou de 1 à 2 centigrammes de biiodure (2) dans le sirop de biiodure ioduré, ou sous la forme de liqueur de Van Swielen à la dose de 1 à 2 centigrammes de bicblorure de mercure (3), ou sous la forme de pilules de Sédillot (4), les personnes soumises à ce traitement n'éprouvent généralement aucun accident d'intoxication, même si le médicament est donné pendant trois semaines au moins. Quelquefois, cependant, le bicblorure de mercure est mal supporté par l'estomac : il peut provoquer des nausées, des vomissements ; c'est pour cela qu'on le donne généralement dans du lait ou de l'eau sucrée. Les pilules de protoiodure donnent quelquefois des maux d'estomac ou de la diarrhée, et pour combattre ces accidents on incorpore de l'opium aux pilules.

Qu'arrive-t-il sous l'influence de ce ti-aitement ?

(1) Pilules de protoiodure de mercure :

Proloiodure 5 gr.

Extrait d'opium 2

Conserve ae roses iO

Poudre de réglisse q. s.

F. s. a., 100 pilules.

Chaque pilule contient 5 centigr.

Dose : 1 à 2 par jour.

(2) Sirop de biiodure de mercure ioduré :

Biiodure i gr.

Ioduré de potassium 50

Dissolvez dans eau 50

Et ajoutez 2,400 gr. de sirop de sucre.

Une cuillerée à bouche contient i cenUgr. de biiodure.

(3) Liqueur de Van Swieten :

Sublimé. i gr.

Alcool iOO

Eau 900

On prescrit de i à 2 cuillerées à bouche dans du lait ou dans de Peau sucrée. *

(/i) Onguent mercuriel 3 gr.

Savon médicinal 8

Poudre de réglisse 1

Faites des pilules de 20 centigr.

Dose : de 1 à 4 par jour.

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ACTION PHYSIOLOGIQUE DU MERCUnE 483

D'après M. Rabuteau, le mercure agirait à ces faibles doses de la même façon que Tarsenic, comme modérateur des combustions et de la nutrition, comme un médicament d'épargne. M. Rabuteau, expérimentant sur lui-même, a constaté une diminution très- notable de Turée excrétée dans les Tingt-quatre heures. Mais ces expériences ont besoin, croyons-nous, d'être répétées.

L'examen du sang a donné des résultats très- variables et même opposés. Ainsi, tandis que Bretonneau, Trousseau, etc., parlent d'une diffluence remarquable du sang et de l'absence de sa coagulation, MM. Lemaire et Gélis concluent, d'expériences faites sous les yeux de M. Bouillaud, que le traitement mercuriel augmente la plasticité du sang.

Nous avons déjà dit (page 165) que le traitement mercuriel, administré aux syphilitiques, modérera décroissance du nombre des globules rouges, causée par la syphilis, et l'arrête même d'abord; mais au bout d'un certain temps, malgré Tadministration du mercure ou à cause de lui, le nombre des globules rouges diminue. Ces expériences, faites par M. Wilbouchewitch à l'hôpital du Midi, ont été répétées par M. Keyes en Amérique. Cet auteur conclut que le mercure donné h petites doses, même longtemps continué, augmente le nombre des globules, et qu'il agit comme tonique, en augmentant le poids du corps, même chez les sujets vierges de syphilis. Au contraire, donné en excès, il diminue le nombre des globules.

Lorsque le mercure est administré à forte dose, on sait, d'après les recherches de Gûbler, conQrmées par M. Wilbouchewitch, que le nombre des globules diminue trèsrapidement.

Suivant M. Hallopeau, qui a publié récemment une mo-

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pographie 1res -complète sur Taction pjjysiologique et thérapeutique du mercure (Thèse d'agrégation, 1878), les pblogoses, hypercrinies et troubles putritifs qu'où obsene dans rintoxicatiop mercqrieUe, seraient probablement dus à deux causes : l"" à la présence dans le plasma sanguin d'un oxyde de mercure en combinaison soluble avec l'albumine et le chlorure de sodium ; 2** à la destruction rapide des globules.

Lorsque le mercure est donné à une dose plus considérable ou lorsqu'on emploie des méthodes d'adininistralion qui rendent son absorption très-rapide^ les frictiops mercurielles, les fumigations, le calomel à doses réfractées et l'attouchement des muqueuses ou des plaies par le nitrate acide de mercure, il survient très-rapidement de la stomatite et de la saliyation.

C'est un accident gpe nous ne recherchops pas, à l'inverse de ce que faisaient les anciens : nous croyons que ses inconvépients, sa gravité dans certains cas, car il peut apiener rapidement la mort, sont tout à fait en disproportion arec ses avantages. Mais nous en voyons ici de temps en temps des exemples atténués : c'est une rongeur et un gonflement des gencives, un enduit épais de la langue, un peu de salivation. A un degré plus avancé, les gencives sont turgides; on observe des plaques blanchâtres dues à l'imbibition et à la desquamation des couches superficielles de l'épithélium, et des ulcérations plus ou moins profondes des gencives ou de la face interne des joues, avec salivation abondante, ébranlement des dents, gonflement et enduit épais de la langue, glossite, fétidité de Thaleine. Nous avons vu se développer une stomatite assez intense ces jours-ci, chez une femme enceipte que nous traitions par les frictions piercurielles.

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ACTION p^VSIOLOQIQUE DU |f)SBCURE ^

La grossesse y prédispose en effet. C'est un accident extrêmement rare dans notre service, et quelquefois il offre une certaine gravité.

Sans remonter aux ravages du mercure pendant le XV^et le XVr siècles, dont Jean de Vigo, Ulrich de Hutten, etc., nous ont laissé la description, j'ai assisté moi-même, nn jour, pendant mon internat, à l'hôpital Saint-Louis, à la cautérisation d'une série de lupus par le nitrate acide de mercure. Le lendemain, tous les malheureux qui avaient été touchés avaient une stomatite : deux d'entre eux moururent en quelques jours de cet empoisonnement!

Le contre-poison assez actif, mais qui cependant doit être employé avant que la stomatite ne soit intense, c'est le chlorate de potasse, qui est administré à la dose de 4 à 10 grammes par jour en solution.

Nous ne parlons ici qua-pour jpémojre de l'intoxication chronique par le mercure pris h Bssez haptes doses, comme on l'observait autrefois chez les ouvriers employés à rétamage des glaces, à la fabrication des chapeauj^, comme pu la rencontre encore chez les mineurs d'Almaden. La cachexie, les tremblements, les convulsions^ les troubles nerveux, l'albuminurie, l'anurie même (Bouchard) qui s'observent dans ces conditions, ne se présentent jamais chez les syphilitiques soumis à un traitement.

En outre de l'action générale du mercure que nous venons d'étndier sur la composition du sang et sur les excrétions, nous devons dire un mot de son action locale et parasiticide. En contact avec la peau, il produit souvent une éruption artificielle vésiculeuse et même son absorption peut être la cause de celte éruption. 11 tue très-rapidement les pediculi et leurs œufs : il agit de même à

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