‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 19 sur 148 · LÉSIONS DU TISSU CONJONCTIF · texte numérisé non relu

LÉSIONS DU TISSU CONJONCTIF

Pour étudier le tissu conjonclif induré de la base du chancre, il faut d'abord Texaminer à l'état frais, c'est-à-dire aussitôt après son ablation. Des fragments de ce tissu, pris à la base de l'induration et dissociés dans l'alcool au tiers, montrent des faisceaux de tissu conjonctif qui sont conservés intacts, dont les fibrilles sont unies les unes aux autres, et des cellules libres dans le liquide après la dissection. Ces cellules sont, les unes, et c'est le plus grand nombre, des cellules lymphatiques petites possédant un seul noyau (cytoblastions de Robin), ou des cellules lymphatiques plus grosses, comme on les rencontre dans toute inflammation. A la période de résorbtion du chancre, beaucoup de ces cellules sont granuleuses et montrent de fines granulations graisseuses. Les autres éléments cellulaires sont des cellules plates ou cellules fixes du tissu conjonctif dont le noyau est devenu plus gros, en même temps que le protoplasma de la cellule est granuleux et tuméfié. (Cellules fibro-plastiques de Robin.)

Sur les sections minces du^tissu dermo-papillaire comprenant l'induration, on se rend bien compte de la disposition des fibres du tissu conjonctif et des cellules qui se trouvent interposées entre elles.

Ainsi dans la figure 6 de la planche I, vous verrez un capillaire j), dont la lumière montre des cellules lymphatiques a, et une cellule endothéliale b. Autour de ce capillaire, les fibres du tissu conjonctif/*, /*, sont séparées par des rangées de cellules lymphatiques d, et par quelques cellules fixes du tissu conjonctif h. Dans le tissu des papilles et dans le tissu dermique superficiel, les fibres sont peu épaisses, mais, dans le tissu conjonctif profond du derme, les faisceaux considérables de fibres de tissu conjonctif ont conservé leur volume ordinaire et ils

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sont séparés également par de petites celloles rondes en même temps qne les cellules fixes du tissu sont tumé« fiées. Le tissu adipeux présente aussi, dans les couches profondes de la peau^ une formation nouvelle d'éléments telle que chaque cellule adipeuse est transformée en un nid de petites cellules ou entourée d'une couronne de ces éléments comme cela a lieu dans toute inflammation.

En outre de ces lésions communes à toute inflammation de la peau, on renconlre toujours, dans le chancre induré, une altération spéciale qui a été décrite depuis quelques années en Allemagne, c'est un épaississement scléreiiooj inflammatoire des tuniques des vaisseauœ artériels et veineux portant surtout sur leur membrane externe ou adventice.

Les artérioles du tissu dermique, par exemple, lorsqu'on les examine sur une section transversale, montrent un épaississement de leurs tuniques deux ou trois fois plus considérable qu'à l'état normal.

La figure 7 de la planche III montre une section d'une artériole à un grossissement de 120 diamètres. La membrane Interne, c'est-à-dire la partie comprise entre la lame élastique interne /, et la lumière vasculaire i, est un peu plus épaisse qu'à l'état normal et la lumière du vaisseau^ remplie de cellules lymphatiques, dô cellules eodothéliales et de fibrine,est un peu rétrécie. La membrane musculeuse com** prise entre les lettres /et m, n'est pas hypertrophiée. Mais toute la portion externe de la membrane moyenne et de la membrane extome, de m à d, sont codsidérnblement accrues et infiltrées de cellules entre les fibrilles de tissu conjonctif. Le tissu oonjonctif voisin en est également

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LÉdlONS DES VÀlSgEALX 3J&

rempli de teilB porté i|ti(B le vfilsseàa tdtit etatier est fic^ eompâgné d'ubé 200e inflammatoire ôônsidérablë.

La figure 11 de 1& planche Y représente une section d*une artériole beaucoup plus petite que la précédente, comprise dans H chancre induré dont la ûgure 1 (P|. Y) montre une coupe d'ensemble. Dans )a figurp U, qui ea( dessiuée à un fort grossissement, 1^ iun^ière vasculairei très-réduite» est remplie parupe cellule endoihéliale m^ et par quelques cellules lymphatiques, p, |.a lame élastique de Tartère, /. forme un cercle autour de la lumière vasculaire et envoie des prolongements de fibres élastiques à la périphérie. Des cellules rondes de nouvelle formation existent dans les espaces compris entre ces fibres» On yoit aus^i des cellules de nouvelle formation dans la tunique moyenne, &, dans la membrane externe fibreuse, e, et une grande quantité de cellules rondes autour de celte dernière.

Les veines offrent une modification analogue encore plus apparente et plus différente de l'état normal, car ordinairement la paroi des veines est mince et leur calibre se présente soiis la forme d'une fente allongée lorsqu'on les voit suivant une section transversale. Dans le chancre, au contraire, la section de la lumière des veines est circulaire, leurs parois sont extrêmement épaissies , surtout la membrane externe, et elles sont devenues épaisses et rigides comme des artères. Il est facile de les distinguer de cêiles^ei par l'absence de la membrane élastique que nous avons figurée en /, figuré 7 (PI. lîl). La membrane adventice deB veines est infiltrée de petites cellules. La figure 8 de ta planche III, représente la section d'ube veine située dane te tissu conjotictif ftous-dermique au niveau d'un chMcre ; ou peut voir que te calibre de la veine est ar-

rondi comme celui d'une artère ; ses tuniques et en particulier la tunique adventice, sont considérablement épaissies et celle-ci fait corps avec le tissu conjonctifpéri-vasculaire également infiltré de cellules rondes.

La flgure 10 de la planche V, qui provient du chancre représenté dans la flgure 1 de la même planche, est un exemple très-net de Tinflammation des petites veines. Les quatre petits vaisseaux qui s'y trouvent dessinés à un grossissement de 200 diamètres, possèdent une ouverture circulaire très-petite remplie de cellules lymphatiques. Toutes les tuniques présentent des cellules rondes ou aplaties de nouvelle formation, et le tissu périphérique offre une quantité considérable de cellules rondes.

Dans toutes les figures où nous avons représenté à un faible grossissement des sections de chancre induré, dans la figure 1 de la planche 1^ dans les figures 1^ 2, 3, 6 de la planche III^ dans la figure 1 de la planche Y , que ces chancres soient à la période d'état^ comme dans la figure 1 de la planche I, ulcérés, comme dans la figure 1 des planches III et V, et dans la figure 6 de la planche III, ou cicatrisés, comme dans les figures 2 et 3 de la planche III, vous pourrez toujours voir, même à un très-faible grossissement de 6 à 12 diamètres, Tépaississement des parois vasculaires et leur inflammation dans toute la partie indurée du chancre et autour d'elle.

Dans tout chancre, les petites artérioles et veinules subissent des modiflcations analogues. Aussi lorsqu'on examine certaines de ces préparations du chancre induré à un grossissement de 50 à 80 diamètres, on voit les vaisseaux capillaires faire corps avec le tissu scléreux avoisinant et s'accuser par des rigoles claires entourées d'une accumu-

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