‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 24 sur 148 · PARALLÈLE ANATOMIQUE DES DEUX CHANCRES · texte numérisé non relu

PARALLÈLE ANATOMIQUE DES DEUX CHANCRES

le tissu coDjoDctif voisin qui se continue arec eux> sont grosses^ turgides et elles ont de la tendance à devenir libres, en ramollissant les fibrilles entre lesquelles elles se sont placées.

L*abseûce d'induration spécifique comparable à cel!e du chancre induré, la tendance & un envahissement destructif progressif résultent de cette disposition anâtomique des éléments.

Parallèle des caractères anatomiques du chancre infectant ET Dv CHANCRE SIMPLE. — Si uous comparous les lésions histologiques du chancre infectant avec celles du chancre simple, vous voyez, Messieurs, quelles différences les séparent. D'un côté, ddns le chancre infectant, nous notons la sclérose du tissu dermo-papillaire et l'épaissis^ sèment des parois des vaisseaux : répitbélidm superficiel et le corps muquëux sont en partie conservés, même à la surface érodée ou ulcérée, et il reste presque constamment des plaques de cellules du Corps muqueux : la sécrétion peu abondante contient ufi nombre relativement minime de cellules lymphatiques.

Au contraire^ dans le chancre simple, nous avons un cratère béant résultant de la destructiod rapide, complète des couches superficielles et profondes de l'épiderme et de la fonte suppdrative progressive des codches papillaire et dermique ; les pupilles^ le tissu conjonctif du derme et le tissu sous- dermique se transforment en un tissu de bour*' geotis charnus dans lequel les vaisseaux ne sodt nullement sclérosés^ dans lequel la charpente fibrehse se dissocie et se détruit.

Vous conipreiiez qu'entre Ces deut chancres il y a une

Googk

différence complète, absolue ; Pan est surtoat une saillie papuleuse, Tautre un ulcère; et si, à ces caractères histologiques tous ajoutez la différence de l'altération des ganglions dans l'un et l'autre cas, si vous vous rappelez que Tun donne la syphilis tandis que Tautre est une lésion purement locale, vous en conclurez, Messieurs, qu'il s*agit de deux maladies bien distinctes qui même ne devraient pas porter le même nom de chancre. Toutefois je ne vous propose nullement de le changer puisqu'on s'entend sur sa signification.

Comparaison du chancre infectant avec les gommes, le LUPUS, etc. — Ce n'est pas avec le chancre mou qu'il faut comparer le chancre infectant, si l'on veut le rapprocher des productions cutanées qui sont le plus voisines de lui, au point de vue de sa structure : ce serait plutôt avec les gommes des organes tels que le foie et le testicule, ou avec les gommes et les syphilides tardives de la peau et des organes génitaux, ainsi que Virchow l'a fait. Ces dernières présentent, en effet, une induration semblable à celle du chancre. Nous verrons bientôt aussi que certaines plaques muqueuses des grandes lèvres et des petites lèvres, ont un aspect érosif, et s'accompagnent d'une induration du tissu conjonctif qui n'est pas sans analogie avec ce que nous avons noté dans l'accident primitif de la syphilis. De plus, en pareil cas, les vaisseaux peuvent être notablement épaissis et sclérosés.

En dehors de la syphilis,on a comparé les altérations histologiques du chancre infectant avec celles du lupus. Je n'ai pas examiné récemment de lupus et je ne puis que m'en rapporter aux descriptions qui en ont été données dans ces

Googk

Page 1