SYMPTOMES DU CHANCRE INFECTANT
Ce qat nous atoDS dit de Tanatotnie et de l'histologie patbologiqae du chancre, tous aidera beaucoup à en bien comprendre la symptomatologie, car pour des altérations de la peau analogues à CeUes-ci> l'anatomie pathologique et les symptômes se confondent.
Le chancre débute tantôt par une papule, c'est-à-dire par un épaississement avec saillie légère du corps papillaire de la peau, comme cela a lieu pour les chancres de la peau et du mamelon» tantôt par une rougeur superficielle, tantôt par une écorcbure à peine . visible, par une excoriation ou une érosion superficielle. Comme ces mo^ difications initiales de la peau ou des muqueuses sont très-légères et que de plus elles sont absolument indolores (car, retenez bien ceci, messieurs^ le chancre induré est indolore depuis le début jusqu'à sa terminaison), il en résulte qu'elles passent presque toujours inaperçues. Aussi « le médecin roit-il très-rarement le début d'un chancre, et si, dans la clientèle civile, chez des personnes qui se soignent et s'examinent avec attention, cela est rare> si les hommes viennent très-rarement avec un chancre rapproché de son début à la consultation de l'hôpital du Midi, vous comprendrez sans peine, messieurs^ qu'à plus forte raison nous ne voyons^ pour ainsi dire, jamais, à Lour-« cine, un chancre à sa période initiale. Chez la femme, en effet, le chancre peut être caché dans un pli, dans une dépression que la malade ne peut que difficilement apercevoir, et, comme elle n'en souffre pas^ elle ne s'en inquiète nullement; ajoutez à cela sa répugnance à se montrer* à consulter un médecin pour les affections des organes gèniiaux, et vous vous expliquerez très- bien comment, à Lourcine, les très-rares malades qui arrivent avec un
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chancre bien net, indiscatable, en sont atteintes déjà depuis un certain temps et portent souvent à la fois un chancre en voie de réparation et des accidents secondaires^ des plaques muqueuses, de la roséole, des papules, etc.
Le plus souvent, dès les premiers jours de l'apparition du chancre, s'il n'a pas débuté par une élevure papuleuse, on observe un certain degré d'épaississement du chorion, et à son niveau une érosion ou une ulcération.
Au point de vue de Tétat de sa surface, on distingue plusieurs variétés du chancre; l'état papuleux, l'état érosif ou desquamalif, l'état exulcéreux et l'état ulcéreux. Dans ces diverses formes qui se définissent d'elles-mêmes, on a, depuis l'état papuleux simple jusqu'à l'état ulcéreux du chancre, une série d'intermédiaires accusant l'ulcération plus ou moins profonde de l'accident primitif. Mais il est rare que le chancre véritablement induré produise une ulcération véritable et profonde ; le plus souvent, ainsi que je vous l'ai montré en faisant l'histologie pathologique du chancre, les couches épidermiques et de Malpighi sont complètement conservées et même accrues en épaisseur au bord de l'érosion en même temps que le corps papillaire 6st épaissi, en sorte que le chancre tout entier représente un plateau sur une élevure ; toute la partie malade du derme est plus épaisse que la peau normale a voisinante. Dans l'érosion et l'exulcération, je vous ai montré que les couches épidermiques du centre du chancre étaient détruites plus ou moins irrégulièrement, mais que cependant il y avait encore .quelques îlots d'épiderme corné et des lames de cellules crénelées du corps muqueux, formant une couche plus ou moins épaisse à la surface exulcérée.
 la surface des chancre ulcérés, dont j'ai pu faire ré-
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SYMPTOMES DU CHANCRE INFECTANT l l'iNDURATION 61
cemment Texamen dans trois observations (Observations II, lY et Y), répithélium a complètement dispara et les parties superficielles des papilles infiltrées de cellales lymphatiques fournissent des éléments à la suppuration peu abondante qui les recouvre. Dans deux des chancres qui siégeaient au niveau des plis du prépuce, et surtout dans l'un d'eux (Observation V), la surface ulcérée était déprimée en entonnoir (fig. 1 de la planche V).
Hais ce n'est pas là, Messieurs, le cas le plus commun : tout au contraire, la surface du chancre induré est généralement peu excavée,et cette excavation est encore plus apparente que réelle, parce que, les bords du chancre étant élevés, ce qui est dû à l'hypertrophie des couches épidermiques et papillaires, il suflit que les couches les plus superficielles de Tépiderme soient détruites pour donner lieu à une excavation sensible.
Si Ton examine avec attention la surface d'un chancre arrivé à la période d'état, alors que Tinduration commence à s'accuser, c'est-à-dire à la fin du premier septénaire et dans le second septénaire à partir de son apparition, on voit que la dépression légère ou creusée en godet se continue sans interruption, par une surface plane et lisse, avec le bord du chancre qui est recouvert de l'épiderme. L'épiderme épais du bord du chancre se continue sans ressaut, d'une part avec l'épiderme de la peau saine qui l'environne, d'autre part avec la superficie du chancre, et de ce côté les couches épidermiques s'amincissent progressivement.
La surface de ce qu'on appelle l'érosion ou l'exulcération du chancre est lisse, comme vernissée : on y voit des îlots d'épiderme conservé et des parties tapissées par la lausse membrane grisâtre ou jaunâire dont nous avons
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donné plus haut la description. Les plaques épidermiqnes et la fausse membrane sont an même niveau. A la surface de la lésion, on observe un liqqide séreux, transparent, peu abondant. 8i on Tessuie avec un linge, la surfoce reste intacte, même si on la frotte ou si on la racle : elle reste lisse, brillante et se recouvre de suite d'une petite quantité de liquide transparent.
L'induration du chancre survient habituellement à la fin de la première semaine, à dater de son apparition. Elle peut ne se montrer que quinze jours, trois semaines après le début de l'érosion, surtout lorsqu'il s'agit d'une forme rare que nous étudierons bientôt, le chancre mixte.
L'induration se développe en progressant de la surface, c'est-à-dire du réseau papillaire, aux couches profondes dermiques et sous-dermiques ; suivant l'épaisseur de la partie indurée, on distingue plusieurs degrés dans l'induration qui sont :
Vinduration parcheminée, qui donne, entre les deux doigts appliqués à Textrémité d'un diamètre du chancre, la sensation d'une feuille de parchemin qui formerait la base de l'érosion ;
Vinduration lamellaire, plus mince encore et moins nette donnant la sensation d'une feuille de papier;
Vinduration nodulaire, dans laquelle la base du chancre est dure, épaisse, analogue, comme résistance entre les doigts à un noyau de cartilage ou de bois ; mode d'induration le plus caractéristique, mais qui est très-rare chez la femme;
Vinduration annulaire, dans laquelle les bords du chancre sont seuls indurés et forment un anneau dur, au centre duquel le tissu possède son élasticité normale.
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