‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 43 sur 148 · PLAQUES MUQUEUSES. — LEURS DIFFÉRENTS TYPES · texte numérisé non relu

PLAQUES MUQUEUSES. — LEURS DIFFÉRENTS TYPES

lésions el que vous puissiez arriver à lire sûrement, à travers la surface de ces éruptions, ce qui se passe dans toutes les couches profondes de la peau aussi bien que dans les couches superficielles.

Nous commençons par l'étude des plaques muqueuses.

Plaques MUQUEUSES — Leurs différents types. — Pour bien observer les plaques muqueuses, vous avez ici. Messieurs, un matériel incomparable. S'il n'y a pas d'hôpital où l'on puisse aussi bien voir le chancre qu'à Thôpital du Midi, Phôpital de Lourcine est assurément le meilleur pour ce qui concerne les plaques muqueuses. Presque toutes nos malades syi^hilitiques entrent avec des plaques muqueuses de la vulve, et c'est en effet un accident des plus constants chez la femme. Vous savez d'ailleurs que la plaque muqueuse est absolument caractéristique par elle-même et qu'elle indique toujours la vérole confirmée, la syphilis constitutionnelle. C'est de plus, de tous les accidents syphilitiques, celui qui récidive le plus facilement, et il reparaît presque constamment avec toute poussée nouvelle de syphilides cutanées. On guérit ou plutôt on efface, on blanchit facilement la plaque muqueuse de la vulve, mais il en revient de nouvelles avec la même facilité. Nos malades sortent guéries d'une poussée de plaques muqueuses au bout d'un mois, par exemple, après avoir eu une éruption confluenle et exubérante, mais elles rentrent bientôt avec des récidives et cela se répète pendant un an, deux ans, trois ans et même quelquefois davantage.

Chez les petites filles de notre service, les plaques muqueuses de la vulve sont loin d'être aussi tenaces, aussi sujettes à la récidive que chez les filles adultes, ce qui s'explique très-bien par l'absence de toute fonction génitale

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ftlO PLAQUES MUQUEUSES

OU menstruelle y par une acUvité moindre des organes; mais la période des plaques muqueuses des lèvres et de la gorge n'en dure pas moins très-longtemps cb§z ces entants* Ainsi^ dans des cas de syphilis congénitale ou dans des cas de syphilis acquise chez les enfants, nous avons tu les plaques muqueuses récidiver pendant quatre et cinq ans à la bouche.

Nous admettrons et nous décrirons plusieurs types de plaques muqueuses qui sont :

1° Les petites papules, correspondant le plus souvent avec la roséole papuleuse ou avec les éruptions cutanées peu étendues en circonférence, comme les papules cutanées miliaires et Facné syphilitique; ces papules, qui siègent à la vulve et aux grandes lèvres, à part leur petitesse, présentent absolument les mêmes caractères que les suivantes.

2** Les larges papules plates : ce sout les plus communes de toutes : elles sont le plus souvent circulaires et régulières à leur contour. Aux organes génitaux, il faut distinguer celles qui siègent sur }a peau des plis cruraux, de la partie supérieure de la cuisse et sur les grandes lèvres, c'est-à-dire sur l'enveloppe cutanée, de celles qui siègent sur la face interne des petites lèvres et à la vulve, c'est-à-dire sur une muqueuse. Les premières sont toujours caractérisées par une papule, c'est-à-dire par un épaississement régulier des couches superûcielles de la peau qui forme une saillie représentant un segment de sphère. Leur surface est rouge, lisse, vernissée, brillante et suintante : elles présentent quelquefois une érosion trèssuperflcielle, c'est-à-dire une élimination des couches les plus superficielles de l'épiderme corné. Sur la wuçmeusç

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DIFFÉRENTS TYPES DES BLâQUBS MUQUEUSES. — LEUR SIEGE Ul

des petites lè^ea et de la vnlve, la surface d^ la papule plus ou moins saillaate est blanchâtre^ ce qui est du à une imbibition p^r des liquides et à des altérations des couches épitbéliales dont nous allons parler bientôt. Les plaques muqi^euses des lèvres, celles de l'amygdale, etc., présentent la même couleur gris blanchâtre et la même opacité ou opalinité de leur couche épithélique superficielle.

3* Les plaques muqueuses érosives qui ne sont qu'un degré de l'ulcération des précédentes.

4** Les plaques muqueuses à base indurée. On voit souvent ici, sur une grande ou sur une petite lèvre préalablement enflammée et atteinte de Tœdème dur causé par un chancre de la grande lèvre, survenir, au moment où Taccident primitif guérit, des plaques muqueuses qui s'ulcèrent parfois et dont la base est dure, reposant sur un tissu déjà altéré. Je vous montrerai des exemples de cette variété de plaques muqueuses où il serait très-difficile de se prononcer entre un chancre ou une plaque muqueuse si Ton n'avait pas une série d'autres plaques muqueuses à la vulve ou ailleurs, et si Ton ne considérait qu'une de ces plaques indurées.

5** Les plaques muqueuses diphthéritiques.

&" Ijes papules hypertrophiques.

T Les papules végétantes : de même que le chancre peut se transformer en plaque muqueuse, ce qui est du reste rare, de même la plaque muqueuse peut se transformer en végétations.

Avant de décrire l'anatomie pathologique et les symptômes de ces diverses variétés de lésions des muqueuses, je dois vous indiquer leur siège le plus oommon.

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il2 PLAQUES MUQUEUSES

Ce sont, en premier lieu et par ordre de fréquence, les organes génitaux et la région anale. Mais leur siège varie suivant le sexe. Tandis que, chez la femme, les plaques muqueuses des grandes et petites lèvres et de la vulve sont presque absolument constantes dans toute syphilis, chez l'homme, au contraire, les plaques du gland, du prépuce et du fourreau de la verge ne s'observent pas souvent. Chez l'homme^ le siège le plus commun est le scrotum et Tanus. Ce dernier n'est pas épargné non plus chez la femme. C'est dans l'intervalle des plis radiés de l'anus que se développent les plaques muqueuses, qui déterminent alors une tuméfaction, un boursouflement des segments de la peau intermédiaire à ces plis.

Pour ce qui est de la muqueuse buccale, des lèvres, des commissures, de l'amygdale, de la langue, du voile du palais, des paupières, des orteils, etc., la fréquence des plaques muqueuses de ces organes est à peu près la même dans les deux sexes. Les plaques muqueuses des seins, de l'ombiUc, s'observent presque exclusivement chez la femme. Elles sont, du reste, plus rares que les précédentes. Les plaques muqueuses du col de l'utérus sont très communes, et vous avez pu en voir plusieurs spécimens depuis que vous assistez à ces conférences.

Je vous ai signalé aussi plusieurs fois la forme spéciale des plaques muqueuses, si faciles à reconnaître à distance, de la commissure des lèvres et de l'angle des paupières, qui se traduisent, du côté de la peau, par un petit relief souvent croûteux du bord de la commissure et par une plaque blanche qu'on aperçoit dans le pU formé par l'union des deux lèvres, sur la surface muqueuse.

AnATOMIE pathologique Et SYMPTÔMES DÈS PLAQUES MU^

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ANATOMIE PATHOLOGIQUE lit

Qt'EusEs. — Commençons par la papule plate (papule humide) de la peau ou de la grande lèvre. Rien n'est plus simple que sa structure. Si vous examinez une section mince passant par le plus grand diamètre d'une pareille lésion, vous constatez qu'elle est formée par une augmentation d'épaisseur régulière, en dos d'àne, de toutes les parties superficielles de la peau, épiderme corné, couche granuleuse, corps muqueux, papilles et derme. On suit, en effet, sur une pareille section, les couches épidermiques, qui augmentent progressivement d'épaisseur, de la peau normale jusqu'au sommet de la courbe régulière qui limite la surface de la papule, puis qui diminuent de la même façon; les papilles, normales aux bords delà papule, s'accroissent progressivement jusqu'à doubler et tripler de longueur jusqu'à la partie centrale la plus saillante de la plaque. Le corps muqueux de Malpighi pénètre entre ces papilles hypertrophiées jusqu'à leur base par des prolongements épithéliaux qui les séparent les unes des autres. Cette forme régulière de la plaque muqueuse est tout à fait remarquable à un faible grossissement.

En étudiant les préparations avec un fort grossissement, on voit que les cellules de l'épiderme corné et du corps muqueux subissent les mêmes lésions dont je vous ai entretenus à propos du chancre : état cavitaire des cellules cornées, atrophie de leurs noyaux, état comparable à celui des cellules végétales, desquammation de l'épiderme le plus superficiel. Dans certaines cellules transformées en petites cavités ou réunies en cavités plus grandes résultant de plusieurs cellules cavitaires, on trouve souvent deux ou un plus grand nombre de corpuscules de pus.

La desquammation des cellules cornées, la présence de liquide et de quelques corpuscvies de pus dans l'intérieur

COBNIL. 8

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iU PLAQUES jiÛOtÈÙSES

dès ééllnlës cortiée^ ou du cotp^ mtiqueiix (pA recoinrt'ëiit Ml Mtpë pàpillaîfré e^iiIll^iQedt parfaitement Fétàt lisse et stliiifàlit Aë là àurfece dé la flaque ihu^nedse.

Lè§ (5è!lnles dû corps mticjuenx subissent parfois partielIfeiâèM diie lésion andiogney la formation d'uùe cdTlté eïjtpë le ntijBU et la substance solide de la cellule, mais (f eâft âùrtdul dans les couches superficielles qu'on observe oetlé àltérâtioii.

Ltrfsqtfune plaqué muqueuse cutanée de là grande ïèvrè, liiaf eteitiplèy est légèfement exulcérée, mais qu'elle présetrte eù^ore sa surface lisse, suiùtante et rouge ou rdèée, cetà tetrt dire simplement qrie la couche cornée supétficiètlé dé Fépiderine a disparu; vous verrez alors, à la èirôonférencé de la plaque, un bord mince, arrêté, circdlairé, ^ui est la limite de Tépiderme corné normal; quant à la surface de la plaque exulcérée, elle est ehcore tapissée paHout par une couche épaisse et transparetite, par un vèrûis forfhé de là côtiche granuletise ei du corps muqueux de Malpîèfhî hypertrophié.

Au-dessous de ce dernier, les t)àpilles hypertrophiées qui le pénètrent montrent un état embryonnaire de leurs vàisseàùi, une tuméfaction de leurs cellules endothéliales, des celltiles rondes interposées entre les fibres de leur tunique externe. Le iissu conjonctif présente le même épanchement de cellules lymphatiques entre ses fibres. 11 y a toujours dans les papilles, et plus ou moins loin dans le tissu conjonctif du derme, une véritable inflammation qui se traduit par la tuméfaction des cellules fixes et par Texislence des celWl^s roûdes migratrices oii dues à une prolifération.

Telles sont les lésions histologiques des plaques muqueuses les plus simples de la vulve, qu'elles soient petites,

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