ÉPANCHEMENTS SANGUINS DES PAPULES
de trous ronds ou ovoïdes, 6, c, rf, qui logeaient, soit un noyau de cellule, soit une cellule ronde. On peut voir aussi les prolongements hy m que les cellules du corps muqueux envoient dans le tissu papillaire. Ertre res prolongements, le tissu papillaire montre des cellules de nouvelle formation : par exemple la cellule n se trouve logée entre les prolongements d'insertion m des cellules du corps muqueux.
Dans les larges papules, il ne s'agit pas seulement d'une inflammation des papilles et du réseau superficiel du chorion ; tout le derme, et avec lui le tissu celluloadipeux sous-cutané est enflammé de la même façon. Dans le derme, en efl'et, les fibres du tissu conjonctif sont séparées par des cellules rondes rangées en séries ou par des cellules fixes tuméfiées. Plus profondément, les cellules adipeuses du tissu cellulaire sous-cutané sont enflammées, chaque vésicule adipeuse est entourée d'une rangée circulaire de cellules lymphatiques et la graisse se résorbe; des lobules graisseux tout entiers sont transformés en des ilôts de tissu conjonctif embryonnaire où la graisse a disparu.
Vous voyez. Messieurs, que ces altérations de Tépidermeet du derme dans les larges papules cutanées se rapprochent beaucoup des modifications qu'éprouvent le revêtement épithélial et le chorion muqueux des muqueuses atteintes de papules syphilitiques. On les dirait calquées les unes sur les autres sauf les modifications apportées par la différence de la structure propre à la peau et aux muqueuses. Mais il y a aussi d'autres dissemblances sur lesquelles nous allons insister.
Dans la plupart des préparations de papules cutanées, on voit quelques papilles qui ont de la tendance à se sé-
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182 SYPHIUDES CUTANÉES PRÉCOCES
parer du corps muqueux. Sur les coupes, il existe une fente claire, un vide entre le sommet de la papille et sa loge ou la voûte constituée par le corps muqueui. Ces espaces ne sont pas vides pendant la vie, ils sont remplis par du plasma sanguin, par des globules rouget en quantité et par quelques globules blancs. Dans la figure o de la planche IV, vous pourrez voir la papille c séparée du corps muqueux : dans une des papules que j'ai étudiées, il y avait partout un épanchement sanguin interposé entre les papilles et le corps muqueux. C'est ce que représente la figure 4 de la planche IV. Comme chaque papille est coiffée par la calotle que lui forment le corps muqueux m et ses prolongements inier-papillaires m\ il en résulte qu'il y a autant de petits épancbements sanguins limités et circonscrits o qu'il y a de papilles. Cependant le corps muqueux était soulevé complètement en certains points par le sang, de telle sorte que ses prolongements et la portion superficielle des conduits des glandes sudoripares avaient tout à fait abandonné les papilles.
Ces épancbements sanguins. Messieurs, sont très-importants à connaître dans les éruptions syphilitiques : sur les préparations que je vous montrerai, vous apprécierez leur abondance. Ils vous rendent compte de la couleur spéciale, cuivrée, des éruptions, aussi bien que des teintes variées et successives qu'elles revêtent lorsqu'elles guérissent et qui sont absolument les teintes de l'ecchymose et de l'infiltration de la peau par le pigment sanguin.
Ces suffusions sanguines sont une manifestation de l'altération du sang dans la syphilis, de la deglobulisation : le sang passe plus facilement à travers les parois des vaisseaux qui sont du reste dilatés, et dont les parois sont modifiées dans les papilles enflaumoiées. On trouve ton-
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jours les vaisseaux dilatés et à parois minces au sommet des papilles dans ces préparations de papules syphilitiques hémorrbagiques.
Je vous ai jusqu'ici donné la description d'une papule recouverte de couches épaisses et superposées d'épiderme corné, c'est-à-dire, en terme médical, de squames ; les papules syphilitiques sont alors appelées syphilides papu* lo-squameuses. Ce sont des syphilides en général trèstenaces, car les couches épaisses de Tépiderme reposent sur le derme épaissi et chroniquement enflammé.
Hais dans le plus grand nombre des syphilides papuleuses lenticulaires, la couche superficielle de Tépiderme corné, celle qui est soulevée dans ta Fig. 3 delà planche IV, tombe, et alors la surface du bouton papuleux est rouge cuivré, lisse, unie et entourée par un liséré très-marqué appartenant à Tépiderme superficiel de la peau normale voisine^ épiderme qui forme un rebord circulaire à la papule. Ce sont les papules cutanées ainsi constituées que M. Fournier appelle papules érosives.
Les papules dont Tépiderme corné tombe, méritent i peine le nom d'érosives, car on n'a pas affaire à une érosion bien prononcée en pareil cas. Dans les papules ainsi dépouillées que j'ai examinées, tout l'épiderme corné est loin d'être absent ; il en reste toujours une couche notable qui adhère à la couche granuleuse et au corps de Malpighi conservés en place.
Hais il n'en est pas moins certain qu'alors ce qui reste de l'épiderme corné est peu de chose. Aussi cette couche épidermique et les couches de Halpighi, laissent^elles voir, par iraaspareuce, les papilles parcourues par des vaisseaux gorgés de sang, de telle sorte que la couleur rouge due à
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184 SYPUILIDES CUTANÉES PRECOCES
rétat coogestif inflammatoire et ecchymotique da réseau papillaire est très-nette.
Ou peut, par conséquent, conserver la dénomination de papule érosive, pourvu qu'on sache bien ce qu'elle veut dire et à quelle modification anatomique elle répond.
On doit aussi conserver la dénomination de papule squameuse ou de syphilide papulo-squameusequi répond à un groupe parfaitement caractérisé. Ce sont ces sypbilides squameuses qu'on a appelées souvent du nom de psoriasis syphilitique. C'est là un mot composé dont je ne vous recommande pas Tusage» Messieurs, car le radical, le mot de psoriasis, représente une maladie cutanée idiopathique parfaitement définie qui n'a rien de commun avec la syphilis. De plus, la syphilide squameuse est bien distincte du psoriasis par la disposition de ses squames.
S'il y a, en effet, entre la papule du psoriasis et la papule syphilitique nne grande analogie , sinon une absolue identité au point de vue de l'inflammation chronique de la peau comme au point de vue de l'hypertrophie inflammatoire des papilles, les squames du psoriasis n'en diffèrent pas moins de celles de la syphilis. Les premières, en effet, sont brillantes, d'un blanc argenté quand on les gratte légèrement avec l'ongle. On les enlève alors par petites squames minces qui se détachent facilement, et les différentes stratifications qu'on enlève ainsi ont le même aspect brillant et micacé. Dans la syphilide squameuse il n'en est pas ainsi : les squames sont plus adhérentes, plus granuleuses, plus grises, d'un gris terne sale tirant sur la couleur terreuse, et leur stratification n'est nullement régulière : lorsqu^on les gratte, elles ne prennent pas la couleur argentée des squames psoriasiques. Enfin, la syphilide n'a pas la même distri-
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