‹ Leçons sur la syphilis, faites à l'Hôpital de LourcineChapitre 67 sur 148 · DIAGNOSTIC AVEC LE PSORIASIS VULGAIRE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC AVEC LE PSORIASIS VULGAIRE

bntion géographique que le psoriasis. Ce dernier a pour siège de prédilection le coude, le genou, le sens de l'extension dans la peau des membres, tandis que la syphilide a pour siège la face, le cou, le tronc, la face antérieure des membres, la partie inférieure du thorax et le ventre.

On a aussi donné le nom de psoriasis aux papules squameuses couvertes de couches épidermiques ou dépouillées qu'on observe à la paume des mains et à la plante des pieds. C'est le psoriasis palmaire et plantaire. Je ne vous conseille pas non plus. Messieurs, de vous servir de cette dénomination, car il s'agit tout simplement là de papules modifiées dans leur forme par leur siège et par la structure delà peau des mains et des pieds. Là, en effet, l'épiderme corné atteint une épaisseur et une résistance considérables ; il forme une couche qui arrive à un millimètre, et qui est dure et dense comme du parchemin. Aussi, au niveau de certaines papules, à leur début surtout, oppose-t-elle une grande résistance à leur développement.

Ces papules restent aplaties et comprimées un certain temps par l'épiderme qui les bride, et la saillie de la papule est nulle ou peu appréciable. Mais plus tard l'épiderme qui recouvre la papule se soulève, se fendille et s'élimine en partie ou en totalité, ou bien il forme des stratifications dures et irrégulières. Les squames épaisses et cornées qui recouvrent la papule, ont fait donner à la lésion le nom de psoriasis. Et comme le psoriasis vrai ne vient jamais on presque jamais sur la paume des mains ou à la plante des pieds, tandis que ces régions sont un siège d*élection pour les syphilides, on a dit que le psoriasis palmaire ou plantaire était toujours syphilitique. C'est ce que soutenait en particulier M. Hardy. M. Bazin est moins aflirmatif, et il admet une variété de psoriasis palmaire non syphilitique.

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U6 SYPUIUDES CUTANÉES PRÉCOCES

Les dififéreots spécimens de papales syphilitiques palmaires que ]e yous ai montrées ne peuvent pas être méconnues : d'abord elles sont rarement recouvertes de squames épidermiques; habituellement la couche cornée de répiderme est tombée à leur niveau et elle s'arrête au pourtour de la papule en constituant un liséré souvent décollé, un bord libre qui se détache de la peau sous-jacente. Ce liséré ou collerette de Biett est formé {>ar un épiderme épais qui se continue directement avec Tépiderme normal qui recouvre la peau saine périphérique à la papule. La papule est par conséquent enfoncée, déprimée relativement au niveau de l'épiderme; elle est rouge» lisse, non suintante, et lorsqu'on la palpe, on note que sa surface est ferme parce que là, la couche papUlaire épaissie est recouverte par le corps muqueux et par une couche notable d'épiderrae corné.

De pareilles papules sont absolument caractéristiques de la syphilis.

Contre les formes intenses des syphilides papulo-sqoameuses de la main qui arrivent à former des callosités très-épaisses par suite de l'accumulation de l'épiderme et de l'induration du derme, nous avons employé plusieurs fois les gants en caoutciiouc, qui ont pour effet de ramollir l'épiderme, de faire tomber les squames et de rendre le derme plus souple. Ce traitement local est assez difficile à supporter et, pour être actif, il doit être secondé par le traitement morcurieL

Si la syphilide papuleuse se modifie sous l'épiderme dur de la paume des mains et de la plante des pieds, elle subit des variations eu sens inverse au niveau des régions où la peau est fine et suintante. Ainsi, sur les plis de flexion des utembres, au pli du coude, aux plis inguinaux

VARUTIONS DE LA SYPHIUOB PAPULEUSE 187

et craraox on trouve tous les degrés entre la papule squa* meuse ou la papule sèche et la papule humide ou plaque muqueuse. Dans les parties où la peau est en contact avec elle-même, cette transformation de la papule sèche en papule humide ne manque jamais, par exemple à l'ombilic, dans le pli au-dessous des seins, à Taisselle, etc. Vous vous rendez parfaitement compte de ces métamorphoses. Les lésions des papilles et de Tépiderme sont en effet les mêmes dans tous les cas : il y a des globules de pus dans la lamelle desséchée comme à la surface de la plaque muqueuse ; les lamelles épidermiques se dissocient et leurs cellules se séparent, si elles sont en contact avec un liquide qui les entraîne; elles se concrétent et restent en place, si elles sont exposées à l'air, qui les dessèche, etc. Jusqu'ici, Messieurs, dans la description des papules que je viens de vous exposer, j'ai laissé de côté les phénomènes qui se passent du côté des poils, des glandes sébacées et sudoripares. Le rôle de ces organes dans les inflammations limitées qui constituent les syphilides est loin d'être aussi important que le rôle des papilles et des couches épidermiques ou plutôt les follicules pileux et les glandes subissent les mêmes altérations que le tissu conjonctif et que les cellules épidermiques. Ainsi les cellules épidermiques de la gaine des poils sont modifiées absolument comme les cellules du corps muqueux ; le tissu conjonctif et les vaisseaux qui entourent les glandes sudoripares subissent le même sort que le tissu conjonctif et les vaisseaux du derme. Les cellules épithéliales des glandes sudoripares sont tuméfiées comme dans toute inflammation cutanée : les cellules des glandes sébacées sont aussi en hyperplasie et leur graisse diminue. Ce sont là des lésions communes à tout processus inflammatoire. Aussi faut-il

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