LEUR ANATOMIE GÉNÉRALE
L'élude histologique des modiOcations des éléments considérés en enx-mémes et isolément dans les éruptions cutanées^ n'est pas moins utile, à un antre point de vue. Tandis que rexamen, à un faible grossissement, thontre les différences qui séparent une espèce donnée d'une espèce voisine, par exemple une papule d'une pustule, et les fait mieux connaître que Tœil nu dans tous leurs détails, Tanalyse histologique des modifications de nutrition ou de migration des cellules montre les ressemblances, la généralité des faits pathologiques dans les espèces nosologiques distinctes. Par exemple, la formation des cavités péri-nucléaires dans les cellules, la division des noyaux, la formation de cellules rondes ou globules de pus, est la même dans Tépithélium de revêtement, qu'il s'agisse d'une papule, d'une pustule cutanée, d'une plaque muqueuse ou d'une tumeur quelconque voisine de la surface de la peau. De même, la formation de petits abcès ou ilôts de globules de pus dans les couches superficielles de l'épiderme sera la même dans ce que le phénomène a de plus général, qu'il s'agisse d'un chancre^ d'une plaque muqueuse, d'une pustule syphilitique ou d'une pustule de la variole. Par exemple encore, l'émigration des globules blancs et l'infiltration de ces cellules entre les faisceaux de fibres du tissu conjonctif ne différera pas dans le chancre induré, dans le chancre mou, dans les papules ou les pustules : c'est l'évolution, le degré plus ou moins intense de l'inflammation, la répartition topographique des lésions qui définissent les espèces, tandis que plus on étudie avec de forts grossissements les lésions de nutrition élémentaires, et plus on a affaire à des phénomènes de pathologie générale applicables à une grande quantité d'états différents. Le mode suivant lequel les cellules sont in-
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tM TRAITEMENT DES SVPfliUDES CUTANÉES
floeocées par les maladies tes plus dissemUabies, est en effet très-borné et très-pe<i variable.
Mais oes phénomènes généraux n'en sont pas mtoins trèsintéressants^ très-importants dans la conception gtoérale de la pathologie^ et dans le cas qui nous occupe^ il n'est pas non plus indifférent de les connaître. Je vous ai montré, en effet, que le processas en vertu duquel une plaque muqueuse laisse suinter un liquide presque transparent, contenant des cellules rondes, est le même que celui qui amène la chute de l'épiderme superficiel ou la formation de squames sur une papule sèche de la peau; ce processus, porté à une plus grande intensité, amène la suppuration iiroùteuse d'une pustule d'acné ou l'ulcération d'une pustule d'ecthyma. Vous vous rendez compte de certaines suppurations croùteuses ou squameuses insensibles, sans que la couche épidermique soit complètement tombée et même avec conservation de la couche de Malpighi et d*une partie de la couche cornée. Je pourrais multiplier indéfiniment ces exemples, rapprocher dans ce qu'elles ont de commun, la lésion de la diphthérie et celle des fausses membranes des plaques muqueuses^ les analogies de Tinflammation du tissu conjonclif dans les papules muqueuses ou cutanées, dans les pustules, etc., mais cela m'exposerait àdes redites et si vous avez bien compris ce qui précède, vous en tirerez vous-mêmes les applications et les coroUaires évidents.
Traitement des sypuilides cutanées. — Ce traîtemeiit montre d'une £açou indéniable Tactton efficace^ quelquefois surprenante du mercure contre les altérations ciOaiiées. L'emploi du mercure administré soit sous la forme de pilules de protOHodiure, soit sous la forme de bichlomre dans
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nUlTfilf£MT DBS SYPMILlDfiS CUTANÉES 235
te Uqueorde vaii Swietea» soit dans les pilules de Sédillot, soit ea frictions avee de la pommade mercarielie, en baios de sublimé, en iDJeclions hypodermiques, à doses d'aulaiit plus fortes t[ue la syphilide est plus tenace, plus profonde et plus étendue, est assuréo^nt indiqué au mieui par son action curative. On voit là rougeur des papules, par exemple, diminuer d'intensité, passer du rouge de sang ou du rouge cuivré à la couleur du jambon cuit, puis s'effacer peu à peu en même temps que la saillie des papules di minue et disparait en laissant une tache maculeuse. Rien n'est plus net que cette action. Si, dans une éruption tenace, papuleuse ou pustuleuse, le mercure est donné en assez grande quantité pour produire la salivation, l'effacement, la guérison d'une éruption qui durait depuis des mois s'opèrent en quelques jours, en une semaine^ en dix ou quinze jours.
Personne ne conteste le fait. Mais on s'est demandé s'il y avait avantage à donner le mercure dans les cas de sypbilides bénignes ou communes qui guérissent d'ellesmêmes. M. Diday ne donne pas en pareil cas le mercure, et il le réserve pour les syphilides tenaces ou graves. M. Després, fidèle à sa conviction qu'on doit laisser le virus syphilitique s'éliminer de lui-même parles éruptions cutanées^ absolument comme on respecte, sans la contrarier, l'éruption de la rougeole ou de la variole, n'intervient aucunement ou donne simplement des préparations martiales.
Nous devons nous demander en premier lieu s'il est bon de traiter par le mercure les accidents secondaires de la syphilis. Le résultat immédiat est excellent, cela n'est pas douteux, mais les accidents tertiaires, ceux qui sont le plus à redouter, seront-ils éloignés ou avancés, plus nom-
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S33 TRAITEHENT DES SYPUILIDES CUTANÉES
breux et plus graves ou, au contraire, plus rares et plus bénins si Ton a donné le mercure pendant la période secondaire.
M. Jullien (1) a tenté de répondre à cette question dans un travail de statistique basé sur trois séries d'observations très-nombreuses, recueillies et classées avec grand soin et se rapportant à des syphilis évoluant naturellement, à des cas mercurialisés dès le début du chancre et à des malades traités pendant les accidents secondaires. Les accidents tertiaires seraient les plus bénins dans la syphilis naturelle, et les plus graves seraient observés dans la syphilis traitée pour la première fois par le mercure pendant les accidents secondaires. Quelle est la valeur de ce résultat statistique? Il faut évidemment l'interpréter, car si on l'acceptait tel quel, surtout en admettant avec M. Diday que les accidents graves sont plus communs chez les individus mercurialisés dès le début du chancre, on devrait proscrire absolument le mercure. M. Jullien a dressé sa statistique d'après des observations de malades entrés dans les hôpitaux pour être traités d'affections syphilitiques tertiaires, et il a divisé ces malades en trois séries. D'après lui, la série des mercurialisés pendant la période secondaire fournit le plus de lésions syphilitiques tertiaires graves. Admettons le fait : cela ne nous contente qu*à demi; nous voudrions savoir quelle est la relation du nombre des chancres non traités avec le nombre des accidents tertiaires , quel est le rapport numérique des syphilides secondaires traitées par le mercure avec
(l) Louis Jullien. Beckerchei ètatiitijuei ttur ï'étiologU de U sppkilU tertiaire. Paris, 1874.
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