DIAGNOSTIC DES LÉSIONS OSSEUSES SYPHILITOUES
de Piodnre de t)otassium serviront de guides au médecin.
Il est parfois Irès-difBciie de diagnostiquer sûrement les gommes et les altérations osseuses des os plats du crâne. Je ne parle pas des lésions de la dure-mère et de la table interne, qui ne sont pas accessibles à l'examen direct; mais seulement des lésions de la table externe et du périoste épicrânien. Il y a là, en effet, des difficultés plus grandes que pour Texploration du sternum ; le cuir chevelu est plus épais ; on sent moins bien la surface des os du crâne ; ceux-ci présentent, à Pélat normal, des inégalités, et de plus, il y a souvent sur le cuir chevelu des syphilides ulcéreuses, tuberculeuses de la période tertiaire, en sorte qu'on pourrait attribuer au périoste et à Pos la tuméfaction qui appartient en réalité à la- peau. Dans ces conditions, il faut explorer avec soin la surface de l'os en la palpant avec le bout des doigts, en faisant glisser le cuir chevelu sur le périoste, en percutant Tosde façon à déterminer une sensation douloureuse qui mette sur la voie du diagnostic. Si le cuir chevelu est adhérent en un point à Tos, il y a presque certitude de périostite, et s'il existe à ce niveau une bosselure, il est certain qu'on a affaire à une gomme du périoste ou à une périostose suivant que la consistance de la tumeur est élastique ou osseuse.
Les gonmies et végétations syphilitiques de la face périostique de la dure-mère et les lésions de la table interne des os du crâne ne peuvent pas être reconnues à des signes physiques; mais on doit toujours soupçonner leur existence lorsqu'on a constaté celle des altérations du penoste épicrânien et de la lame externe des os. Les signes fonctionnels de ces gommes de la dure-mère sont la céphalalgie intense persistante, la douleur exagérée par la percussion du crâne, symptômes qui appartiennent aussi, il est vrai,
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aux gommes du périoste. Mais ici la douleur est plus profonde et plus intense. Souvent aussi, en pareil cas, la mémoire diminue, Tintelligence s'émousse, le malade est dans un état plus ou moins complet d'abrutissement. Des attaques convulsives épileptiformes, des vertiges, des pertes de connaissance, des paralysies limitées au bras, à la jambe, quelquefois une hémiplégie incomplète et le coma attestant la compression cérébrale, viennent mettre fin à ses jours.
Rien n'est plus variable que l'intensité des lésions syphilitiques du périoste et de l'os comme de toutes les autres localisations de la maladie. Dans tel cas de syphilis, par exemple, on aura affaire seulement à une petite gomme sous-périostique du tibia qui, bien traitée dès le début, disparaîtra complètement ou se terminera par une hyperostose à peine appréciable. Dons d'autres cas, au contraire, on aura affaire à des gommes saillantes, épaisses, étendues en nappes sur une large surface, diffuses ou plus petites et isolées les unes des autres, mais très-nombreuses. Les gommes sous-périostiques très-étendues et très-épaisses s'accompagnent le plus ordinairement de rinflammation de la peau, de la suppuration interminable, de la nécrose des parties de l'os qui restent longtemps emprisonnées et qui s'éliminent parfois en laissant de grandes pertes de substance. A cette catégorie de faits appartiennent de nombreuses observations de syphilis des os du crâne et de lésions des vertèbres cervicales ayant déterminé, au-devant de la colonne cervicale, des tumeurs simulant des abcès rétro-pharyngiens. On cite aussi des observations très-nombreuses de gommes sous-périostiques diffuses dans lesquelles les os de la face, du nez, le maxillaire supérieur, etc., étaient compromis.
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