On pratiqua de nouvelles inoculations
H. Aux divers endroits inoculés existe une espèce de pustule. On fait de nouvelles inoculations avec le liquide sécrété par les chancres primitifs et celui qui provenait des inoculations artificielles.
13. Une vésicule est apparue au niveau de chacun des points où l'on a pratiqué les dernières inoculations.
14. Le liquide de chacune de ces "vésicules est devenu trouble.
16. On fit de nouvelles inoculations, avec la sécrétion des chancres naturels et des chancres arlitîciels qui donnaient naissance à la sécrétion la plus abondante. Dix-huit heures après l'inoculation, on apercevait de légères rougeurs au niveau des. piqûres.
18. Quarante-quatre heures après les dernières inoculalions on ne constatait aucun résultat. On fit de nouvelles inoculations avec la sécrétion des chancres placés près de l'anus, et avec celle des chancres artificiels.
522. Les dernières inoculations ne produisent aucun effet. Au niveau des points inoculés le 1 1 février, existaient de petites écailles sèches. L'éruption s'éiail affaiblie.
24. On fit des inoculations avec tout le liquide que l'on put recueillir des divers chancres.
1^0 MODIFICATION DE l'iNOCULATION.
27. Les dernières iaoculalions n'avaient produit aucun effet.
2 mars. Les chancres naturels et artificiels étaient tous guéris. La malade fut renvoyée ot considérée comme guérie ; elle avait suivi un traitement pendant quatre semaines et n'avait pas été apte, pendant les deux dernières semaines, à subir 1 inoculation des liquides sécrétés par ses propres chancres.
11 est, au premier abord, difficile d'expliquer pourquoi, dans l'observation précédente on pouvait reproduire telles pustules d'inoculations, et non telles autres; pourquoi les dernières inoculations donnèrent lieu à des résultats différents de ceux des premières, et pourquoi, enfin, les résultats de toutes les inoculations disparurent après un court espace de temps.
Les deux observations suivantes me semblent fournir une réponse à ces questions. Elles démontrent, en effet, qu'un chancre infectant, qui n'est pas apte àèlre reproduit par l'inoculation, peut devenir, sous l'influence d'une irritation, et que les effets de l'inoculation seront en raison directe de l'irritation existante au moment de l'inoculation.
Deuxième observation. — Un jeune garçon fut reçu à l'hôpital Lock le 29 juillet t858. Il avait eu la gonorrhée six mois avant son entrée, mais n'avait été affecté d'aucun autre accident vénérien jusqu'au 15 juillet 1858. A cette époque, i ^ présente un chancre superficiel situé à la couronne du gland et qui guérit en peu de jours. Deux ou trois jours après l'apparition de ce chancre un petit bouton naquit à la surface extérieure du prépuce, bouton qui se développa et qui le 26 juillet offrait tous les caractères d'un chancre huntérien : de sa surface s'écoulait un liquide d'un blanc pâle, et qui ne contenait pas de globules de pus, ainsi que le démontra l'examen microscopique.
27 juillet. Ce liquide fut inoculé en plusieurs points de la
cuisse du malade.
29. C'était le jour de l'entrée du malade à l'hôpital. On examina de nouveau la sécrétion du chancre, et ou n'^ trouva point de globules purulents,
MODIFICATION DE l'iNOCULATION. 107 31. On fit encore plusieurs iiioculalioQS ; le chancre continuait à s'accroître.
5 août. Aucune des inoculations n'avait réussi; les ganglions de la partie postérieure du cou étaient engorgés, et la peau présentait une éruption syphilitique à son début; un petit vésicaloire fut appliqué à la surface du chancre.
5, Une petite escarrification s'est formée à la surface du chancre, qui est le siège d'uue sécrétion puriforme. On inocule cette dernière en plusieurs points d'une autre partie de la cuisse.
7. Le chancre ne sécrète plus de pus. On fait de nouvelles inoculations.
10. On a fait hier deux pansements avec de l'onguent à la Sabine, et aujourd'hui le chancre donne naissance à une abondante sécrétion de pus. Ce liquide est inoculé en divers points d'une autre partie de la cuisse.
12. Les dernières inoculations ont réussi; le chancre sécrète encore une grande quantité de pus.
14. Les inoculations des 5 et 10 août ont réussi, mais celle du 7 août a échoué. Au niveau des points inoculés se voient des taches circulaires, rouges, offrant une légère élévation, ainsi qu'un épaississsemeut de l'épiderme; toutefois, une de ces taches présente à son centre une vésicule contenant un liquide séreux. Cette sérosité fut encore inoculée sur la cuisse du malade. Le chancre primitif, qui a été pansé avec de l'eau, ne sécrète pas de pus.
17. L'inoculation pratiquée avec la sécrétion delà lésion produite par une inoculation antécédente a réussi. Au lieu où elle a été faite se voit une petite tache rouge et circulaire, au niveau de laquelle la peau est épaissie et n'offre plus d'épiderme ; mais il n'y existe pas de pustule et de sécrétion purulente.
Toutefois, une petite pustule, entourée d'une légère auréole inflammatoire, s'est formée au niveau de l*un des points où Ion a pratiqué les premières inoculations.
lUi — Les surfaces inoculées apparaissent comme autant
108 MODIFICATION DE l'iNOCULATION.
de taches rouges, isolées les unes des autres, légèrement saillantes, et qui sont le siège d'un léger épaississenient des téguments, mais n'offrent pas d'induration véritable. La pustule dont j'ai parlé dans le paragraphe précédent, s'est desséchée.
24. — Au niveau de l une des premières inoculations peul être observée une certaine tendance ulcèrative ; au niveau des autres, la peau se desquamme et a perdu sa couleur rouge.
Troisième observation. Bridget G., âgée de 17 ans, fut admise à l'hôpital Lock le 26 août 1858.
Elle présentait, depuis deux à trois mois, un écoulement jaune et épais, auquel succédèrent deux ulcères de la partie supérieure de la cuissegauche qui, lors de son entrée à l'hôpital, offraient tous les caractères des chancres primitifs, indurés, en voie d'accroissement et de progrès, et dont la surface était recouverle d'une sécrétion légèrement visqueuse, peu abondante et qui ne contenait pas de globules purulents. Cette sécrétion fut inoculée avec précaution sur la cuisse du malade.
28. On répéta l'inoculation. A celte époque, les chancres n'offraient aucun caractère annonçant une tendance vers la guérison.
31. Les inoculations n'ont pas réussi. Les deux chancres sont pansés depuis deux jours avec de la pommade à la sabine, et fournissent une abondante quantité de pus. Ou inocula la sécrétion de chacun d'eux en plusieurs points du corps, et eu particulier en deux endroits de la cuisse.
2 Septembre. Les dernières inoculations ont donné lieu à l'apparition de deux petites pustules à leur début : on inocule la sécrétion de ces deux pustules en deux points inférieurs de la cuisse.
4. Les inoculations des inoculations ont évidemment réussi. Une des inoculations du 31 août a produit une petite pustule; les autres n'ont déterminé que l'apparition de vésicules sur l'une desquelles i'épidermc est enlevé.
9. Les vésicules résultant des inoculations pratiquées avec le pus dos inoculations faites le 2 septembre, se sont .dessé-
MODIFICATION DE l'iINOCULATION. 109
chées. Les premières inoculations faites le 51 août ont entièrement perdu leur caractère purifoirae; elles se présentent actuellement sous la forme de petites taches circulaires, fournissant une sécrétion séreuse et contenant des cellules épithéliales. Les chancres primitifs sont en voie de gut^rison.
H. Les parties oià avaient été faites les premières inoculations étaient le siège d'une légère desquamation et d'une coloration rosée. Au niveau des points où l'on avait fait les secondes inoculations, se voyaient de petits boutons rouges qui perdaient graduellement leur coloration.