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Le3 chancres primitifs étaient cicatrisés

23. On voyait encore les points où l'on avait fait les secondes inoculations ( inoculation des inoculations ).

23. Une éruption légère apparut à la surface du corps. Les chancres primitifs étaient entièrement guéris, et à leur place se constatait encore une légère induration ; les ganglions correspondants de l'aisselle étaient engorgés et durs.

4 Octobre. La malade quitte l'hôpital ; elle revint le 8 du môme mois se présenter à nous, A la place des points inoculés existent des taches brunes qui s'effacent graduellement.

11 se peut que la persistance et la coloration spéciale des lésions produites par les inoculations des deux dernières observations aient été dues à la dialhèse syphilitique des malades; mais toujours est-il que cette supposition n'annihile pas le fait que les inoculations réussirent à une époque, tandis qu'elles échouèrent à une autre, bien que la constitution du malade soit restée la même.

Dans la première observation, les inoculations réussirent pendant tout le temps que les chancres fournirent une sécrétion irritante, et échouèrent lorsqu'ils n'offrirent plus ce caractère.

Dans les deux derniers cas, des chancres, dont la sécrétion ne pouvait être inoculée sur le malade qui en était atfecté, devinrent inoculations après une certaine irritation.

Dans toutes les inoculations relatées ci-dessus, les résultats furent en raison directe de Tirrilation produite et de la qualité

HO MODIFICATION DE l'iNOCULATION

puriforrae de la sôcrôlion. On pourrait supposer que dans le premier cas, les chancres cessèrent d'être inoculables dès qu'ils furent en voie de guèrison ; mais cette supposition n'expliquerait toujours pas les inoculations que l'on Ht avec la sécrétion des chancres qui avaient cessé d'être inoculables quatre ou cinq jours après leur apparition. L'inoculation d'un chancre peut avoir lieu quand ce chancre est encore affecté d'inflammation adhésive; mais cela n'est plus aussi facile quand l'infection syphilitique de l'économie existe. Lorsque l'on réussit dans les cas précédenls, on obtient des résultats essentiellement différents de ceux que donne l'inoculation de la sécrétion d'un chancre suppurant ; dans ce dernier cas, chaque piqûre donne naissance à une pustule qui peut être à son tour reproduite un grand nombre de fois par l'inoculation ; dans le premier cas, au contraire, l'inoculation échoue habiluellemenl et ne réussit que lorsqu existe une irritation accidentelle du chancre. Mais alors même, on ne peut répéter les inoculations qu'un très-petit nombre de fois, et les résultats obtenus sont relativement très-faibles.

Il est encore une circonstance que nous devons noter, et dont l'ignorance peut conduire à une erreur de diagnostic. Il est des individus qui, affectés de syphilis à une certaine époque, sont de nouveau soumis à l'inoculation du virus syphilitique ; or, on peut voir se faire chez eux, au point inoculé, une effusion de substance plastique secondaire et dépendante de la maladie primitive (syphilis). Il existera donc, dans ce cas, une certaine induration autour de la lésion spéciale et modiGée produite par l'inoculation, et on pourra facilement croire à un chancre primitif.

Il peut aussi arriver qu'une induration secondaire du prépuce (plaque muqueuse, sans doute) soit érodée artificieL leraent ou s'ulcère spontanément, de manière à revêtir un aspect semblable à celui du chancre primitif, et à induire en erreur un médecin non prévenu.

Observaiio7i.mkn.,à^èG de dix-huit ans, avait eu la syphilis. Ou pratique sur elle une iuoculaliou avec le liquide

MODIFICATION DE l'iNOCULATIGN. 1 i i

d'un ulcère spécifique qui avait été pansé avec de la pommade de Sabine, et une autre avec le liquide d'une pustule ecthjmaleuse naturelle. Trois jours après, la première inoculation semblait avoir réussi ; mais huit jours ensuite toute lésion avait disparu. Cinq semaines, au contraire, après la seconde inoculation^ on voyait une légère induration autour de la lésion que cette inoculation avait produite.

Observation. Une femme que son genre de vie avait exposée à la syphilis^ fut inoculée avec la sécrétion d'un chancre infectant. Consécutivement à l'inoculation, parut un bouton qui cinq mois ensuite existait encore, et était entouré de taches légèrement brunes et cuivrées, dans une étendue de six pouces environ; ces taches disparurent consécutivement, et ne furent suivies d'aucun autre accident local ou constitutionnel.

Il n'est pas extraordinaire de voir survenir chez un syphilitique que l'on a soumis à une seconde inoculation du viruS syphilitique, de voir survenir une éruption modifiée et limitée au voisinage du point inoculé. Ce fait n'est pas sans fréquence parmi les femmes de la classe inférieure. On peut voir apparaître chez des sujets syphilitiques soumis à une seconde inoculation, un chancre offrant, plus ou moins modifiés, les caractères de l'ulcère primitif infectant, et, après un certain laps de temps, une éruption limitée au pourtour du point inoculé. Un traitement mercuriel est à peine utile dans des cas semblables.

Après avoir écrit ce qui précède, j'ai eu l'occasion de lire un remarquable article du docteur Diday, dans les Archives de Médecine de juillet. Ce médecin a réuni un grand nombre d'observations d'une seconde infection chez des individus qui avaient été déjà affectés de syphilis, observations qu'il a erapruntées à divers écrivains et à sa propre pratique. L'une des plus intéressantes de ces observations est due à la plume de M. d Albéric, et est digne de fixer l'attention. J'ai observé et mséré, dans la Revue médico-chirurgicale de janvier 1834, l observation suivante, analogue à celle du docteur Diday.

H2 MODIFICATION DE l'iNOCULATION.

Un homme fut aHeinl de chancre syphilitique auquel succéda bientôt une éruption générale de la peau. Ce malade passa deux ans dans les Indes, et revint ensuite, présentant encore une éruption caractérisée par des taches légèrement brunes. 11 contracta une nouvelle maladie à Londres : denx chancres circulaires et indurés apparurent sur le gland de la verge, et peu de semaines après naissait une éruption syphilitique cuivrée et distincte des stygmates de la première éruption.

Dans les cas relatés par le docteur Diday, la seconde infection ne fut pas accompagnée d'engorgement spécifique des ganglions inguinaux ; mais ou constata une espèce d'incubation entre l'insertion du virus et l'apparition des symptômes. On ne peut douter à cette heure que l'organisme peut être à ce point libéré des effets d'une infection syphilitique, à ce point de devenir apte à subir une nouvelle infection qui suivra son cours comme si le malade n'avait jamais été syphilitique. Celleci est toutefois très rare, et, en général, quand une seconde infection a lieu, elle donne naissance à des lésions modifiées, et si des manifestations constitutionnelles apparaissent, elles sont bénignes.

Les malades dont l'organisme est syphilitique, et qui subissent une seconde infection, présentent une période d'incubation moins longue. Il est vrai de dire cependant que les malades peuvent avoir récupéré leur état de santé antérieur h la première infection, et que dans ce cas, — M. Diday en a fourni des exemples, — la période d'incubation est absolument la même que si les malades n'avaient point eu la syphilis ; mais, je le répèle, tant que l'économie du malade est sous l'influence de la première maladie, la période d'incubation est plus courte.

Observation. Un étudiant en médecine devint malade pour la première fois en 1856. Dès l'apparition du chancre et avant son induration, il s'inocula le liquide sécrété sur sa propre cuisse. Je le vis trois ou quatre jours ensuite. Il y avait des signes d'irritation au point inoculé, et à ce niveau apparut

MODIF1CA.TI0N CE l'iNOCULATION. 113 bientôt un petit chancre dur et ressemblant entièrement à celui dont la sécrétion avait élé inoculée. Ce chancre d'inoculation fournil d'abord une petite quantité de lymphe blanchâtre; mais peu de temps après, il se présenta comme le chancre primitif, sous la forme d'une induration circulaire donnant naissance à une très légère sécrétion.

De toutes les observations et expériences relatées, nous pouvons conclure :

V Qu'après une première infection, mais avant que l'induration du chancre ait apparu, on peut réinoculer avec succès le même virus ou un autre virus sur le malade contaminé.

2' Que l'induration apparue, on ne peut plus inoculer le chancre infectant, s'il n'a pas été le siège d'une irritation notable, et que dans ce cas les inoculations produisent peu d'effet, et ne sont point suivis de symptômes constitutionnels.

3° Qu'après un certain laps de temps, les effets de la première inoculation peuvent en grande partie disparaître, et qu'alors une nouvelle inoculation peut avoir lieu et donner naissance à une lésion modifiée et consécutivement k des symptômes constitutionnels modi6és également.

4° Que, d'après M. Diday, celte seconde infection ne donne pas naissance à l'engorgement des ganglions axillaires.

5o Que la période d'incubation est en raison inverse de l'influence qu'exerce encore sur l'économie la première infection.

OBSERVATION PRÉSENTÉE A l'aCADÉMIE DE MÉDECINE PAR

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