‹ Leçons sur la syphilisChapitre 5 sur 17 · TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TROISIÈME LEÇON

Double inoculation syphilitique. Transmission de la syphilis p le accidents secondaires et la vaccination.

Une opinion populaire qui se perpétue depuis un certain temps et se trouve très répandue dans la société, repose en général sur des faits réels, mais qui, le plus souvent, ont été peu à peu altérés. Le seul mojen de désabuser l'esprit public des erreurs qui ont pu se grcH'cr ainsi sur Tobservation directe, c'est de démontrer clairement quels sont les faits sur lesquels on a basé l'opinion théorique généralement admise; tout le monde peut alors se faire une conviction et chasser de son esprit les craintes chimériques et les superstitions qui y avaient été entretenues. Certes, on ne saurait trop faire l'éloge de la découverte de notre immortel compatriote, Jenner^ toutefois, s'il est vrai que la vaccination a considérablement contribué à augmenter le bien-être du genre humain, il est non moins vrai que ses résultats eussent été plus beaux encore, si dès le début, on avait connu clairement de quels inconvénients elle pouvait être suivie. Tous les médecins auraient alors pu déclarer à leurs malades que la vaccination Jie donnait naissance à aucun accident, quand on prenait telle et telle précaution, et ceux-ci auraient reconnu qu'ils n'avaient aucune crainte à avoir, soit

TRANSMISSION DE LA SYPHILIS

pour eux-raôrncs, soit pour leurs enfants, lorsque cerlaiues conditions étaient remplies.

Malheureusement, nous n'avons pu encore obtenir ce résultat. Los habitants des districts de quelques contrées du centre de l'Angleterre refusent constamment de faire vacciner leurs enfants, malgré la loi promulguée par le Parlement. Les enfants sont ainsi privés du bienfait qu'ils pourraient tirer de la plus grande découverte qui ait jamais été faite. Si ces pauvres gens étaient certains que les médecins connaissent les accidents qui suivent la vaccination et peuvent les éviter, ils se confieraient à eux, en cette circonstance, comme ils le font en toute autre. C'est l'idée vague que la vaccination peut être suivie de quelque accident, qui détermine en eux un manque absolu de confiance. Ou prend des précautions contre un mal bien connu. En fait, le peuple n'est aussi effrayé de la vaccination que parce qu'il pense qu'un état morbide peut survenir consécutivement à cette opération, sans que les médecins puissent dire quelle en est l'origine.

La crai^ite vague et indéfinie que la vaccination ne soit suivie d'autres effets que ceux qui lai sont habituels, n'est en aucune façon l'apanage de la classe ignorante de la société ; elle est, en effet, complètement partagée par les classes élevées; aussi entendons-nous dire chaque jour dans le monde : (( La santé de l'enfant est devenue chancelante depuis le jour de la vaccination. »

Les médecins, eux-mêmes, croient vaguement que la vaccination peut transmettre quelque maladie impure, si l'on en juge par les précautions multiples que tous, même ceux qui n'admettent pas que l'on puisse communiquer une maladie spécifique, prennent en vaccinant.

Mais, si nous voulons vous dire toute la vérité, nous sommes obligés d'aller plus loin et de vous annoncer que nonseulement un grand nombre de médecins partagent Tidée populaire que la vaccination peut déterminer des accidents de mauvaise nature, mais encore que beaucoup, s'appujaut ur leur propre observation, ont été forcés d'avouer que la

DOUBLE INOCULATION SYPHILITIQUE vacciiialiou pouvait communiquer une autre maladie que la variole, et que celle maladie, c'était la syphilis.

Dans un mémoire que jai publiù dans le dernier numéro des Transactions médicales et chirurgicales se trouvent réunies les unes à côté des autres les opinions de quelques émineuls médecins; elles sont exprimées en ces termes :

M, Ackerly, de Liverpool, écrit qu'il ne doute pas que la syphilis ail été transmise d'un enfant infecté à un enfant sain, à l'aide de la vaccination.

Le docteur Bamberger, de Wurzbourg dit qu'il est réellement convaincu qu'une maladie contagieuse telle que la syphilis peut être inoculée simultanément avec la lymphe vaccinale. « Un cas semblable, ajoute-t-il, s'est même présenté il y a peu de temps dans une vilte située à quelques milles d'ici. Après une juste enquête sur toutes les circonstances de ce fait, le praticien fut d('claré coupable cl condamné à quelques mois de prison. »

M. Barber, de Stamford dit qu'il est très possible qu'une petite quantité de sang soit mélangée avec la lymphe vaccinale, et nous ignorons, ajoule-l-il, quelle est la quantité de sang suffisante pour déterminer une infection conslilutionnelle ou autre.

M. Complin dit qu'il croit que la syphilis peut être communiquée par la vaccination.

M. Douglas, de Bradford,ditque vingt-cinq années d'observation et de pratique l'ont conduit à conclure que l'on devait prendre les plus grands soins én vaccinant.

Le docteur Lever, de l'hôpital de Guy, dit qu'il a vu un médicaslre, instruit cependant des règles de la médecine, donner la syphilis à un enfant.

M. Slariin professe cette opinion : t La vraie vésicule vénérienne, développée sur une personne atteinte de syphilis héréditaire ou acquise, peut être une cause de transmission de la maladie, et j'ai eu quelquefois Toccasioa d'observer des faits à l'appui do cette proposition. »

Le doclcar Witehead, de Manchester, rapporte qu'il a vu

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la vaccination servir de moyen de transmission de la syphilis. Ce médecin pense que l'inoculaliou de la sécrétion de l'ulcère syphilitique [teul, quelle que soit la période de l'évolution de cet ulcère à laquelle on la pratique, donner naissance à des phénomènes spécifiques.

Il faut se rappeller que ces opinions furent émises à une époque où presque tous les médecins partageaient' les doctrines deRicord ; c'est-à-dire pensaient que les effets de l'inoculation syphilitique apparaissaient immédiatement après l'application du poison. A celte date, on ne croyait pas que des accidents syphilitiques pussent ultérieurement apparaître, lorsqu'il s'était déjà écoulé une semaine sans que le malade offrît aucun phénomène morhide. La réponse suivante de M. de IMéric donne une idée nette des opinions qui étaient généralement acceptées par les médecins: «Je ne crois pas, dit-il, que les accidents secondaires soient transraissibles; il est donc impossible (si j'ai raison de soutenir avec Huntcr et Ricord cette non transraissibilité) de communiquer la syphilis par II vaccination, lorsque la lancette n'a pas été mise en contact avec le pus sécrété par un ulcère primitif.

« L'observation clinique et les expériences directes nous ont appris que la forme de la syphilis qui infecte la constitution d'un malade, offre habituellement une période d'incubation de quelques semaines ; que les effets de Tinfeciion n'apparaissent, en un mot, qu'après un certain laps de temps; or, comme celte forme de la syphilis, est sans doute la seule que puisse Irausmetlre la vaccination, il faut faire de nouvelles observations en s'aidant, d'ailleurs, des lumières qui se sont faites dans ces derniers temps, avant de pouvoir considérer la question en litige, comme résolue d'une manière satisfaisante.

1 Le DrViennois a rapporté dans sa thèse soutenue en I8GO, devant la faculté de Paris et dans les Archives de Médecine de Paris de la même année l'histoire de malades offrant des chancres syphilitiques infectants ou plutôt des inllammalions adhésives spéciûques consécutives à la vaccination. Ce méde-

cÎD a exclu tous les faits qui avaient trait à des malades ayaot déjà oiïert des accidenis syphilitiques héréditaires ou acquis et s'est borné à la relation des observations de malades chez lesquels on avait nettement constaté les symptômes primitifs et on avait pu indiquer d'une manière satisfaisante leurs effets sur l'économie; or, ses recherches l'ont conduit à penser que si l'on n'inoculait que la lymphe vaccinale, on ne donnerait naissance qu'à la petite vérole, mais que si Ton inoculait simultanément avec celte lymphe le sang d'une personne syphilitique, on pourrait, en outre de la variole communiquer la syphilis; que la petite vérole apparaîtrait en premier lieu parcequ'elle a une période d'incubation plus courte que la syphilis, et qu'après un certain laps de temps, le tubercule syphilitique (inflammation spéciGque adhésive) apparaîtrait certainement au siège de l'inoculation et serait suivie de symptômes secondaires au temps voulu. Les observations que le Dr. Viennois a réunies dans sa thèse sont relatées avec tant de détails, que si elles sont vraies, elles entraînent nécessairement à leur suite cette conclusion que les virus syphilitique et varioleux peuvent être simultanément inoculés et l'ont été quelquefois. »

!>ialgré le témoignage de ce médecin distingué, la majorité de nos confrères pensent encore que la syphilis ne peut être communiquée par la vaccination, parceque, disent-ils, ils n'ont jamais vu cet effet, bien qu'ils aient pratiqué un grand nombre de vaccinations. Mais n est-il pas permis de se demander pendant quel laps de temps les médecins surveillent les enfants qu'ils ont vaccinés ? Or n'est-il pas notoire que les médecins délivrent les certificats de vaccine une semaine après la vaccination, et en général ne voient plus le malade. . Mais si quelque affection apparaissait après cette période, c'est-à-dire au temps où les effets de l'infection syphilitique se manifestent, le vaccinateur ne la verrait pas, ou, s'il la voyait, l'attribuerait naturellement à toute autre cause qu'à la véritable, s'il partage l'opinioD populaire que l'iaoculatioQ syphilitique est suivie

TRANSMISSION DE LA SYPHILIS d'effets évidents, imoiédialemenl après l'inoculation du poison morbide.

Je vous ai déjà dit (2e leçon) que les lésions originelles de l'infection syphilitique étaient différentes les unes des autres; que l'ulcération ne constituait pas son effet constant, et que l'induration était quelquefois très faible. Un garçon entra dans mon service pour une induration circonscrite, mais bien nette, du prépuce. La circonférence de cette induration pouvait être comparée à celle d'une bougie n» 8, et son épaisseur ne dépassait pas celle d'un pain à cacheter ; elle était revêtue d'une mince croûtelle formée de cellules épithéliales, et n'offrait pas d'ulcération. Quelques semaines après le début de ces accidents, le malade présentait une éruption syphilitique lôgérc,mais bien nette cependant, et qui couvrait toute la surface du corps. Les taches de l'éruption secondaire offraient une telle ressemblance avec l'accident primitif, que quiconque aurait vu le malade après l'apparition de l'affection cutanée, aurait pensé que l'affection du prépuce faisait -partie des accidents secondaires. Dans un cas semblable, l'accident primitif ne peut passer inaperçu.

Mais , si la petite induration primitive avait siégé sur quelque autre partie du corps, elle n'aurait probablement pas attiré l'attention, et l'on aurait placé cette observation au nombre de celles dans lesquelles l'infection syphilitique s'est produite sans avoir été précédée d'accident primitif.

De même, si les médecins ne songent pas à reconnaître les cariactères de l'infection syphilitique, ils peuvent ne pas apercevoir l'accident primitif qui succède à la vaccination.

De même encore, si la vésicule vaccinale a marché lentement vers la guérisou ou a été compliquée d'inflammation accidentelle, les véritables caractères de l'inoculation syphilitique pourront être masqués. Nous avons déjà vu que (ce fait peut se produire dans la double inoculation syphilitique. Le chancre syphilitique suppurant peut d'autant plus facilement masquer les caractères d'un chancre induré simullanémcnt

existant, qu'ils passent quoiquofuis inaperçus, lors luôme que ce dernier existe seul.

Les résultais négatifs obtenus par les médecins, qui pensaient voir l'inoculation syphilitique, si elle existait réellement, se manifester sans période d'incubation par la \n csence d'un chancre sécrétant du pus, ces résultats négatifs, dis-je, ne peuvent avoir du poids en présence d'un nombre, fùl-il même petit, de faits bien positifs et bien authentiques. Malgré tout ce que l'on a dit et écrit sur ce sujet, et les médecins et ie public sont restés dans le doute et dans l'auxiéli', indécision pénible, et plus pernicieuse par ses effets que ne pourrait l'être la connaissance de faits bien établis. Pendant cette période de doute et d'indécision se sont passés deux faiis remarquables : D'une part,'une inoculation artificielle faite à rHôtei Dieu, et, d'autre part, la transmission de la syphilis à un grand nombre d'enfants et à plusieurs adultes de lUvalta, en Piémont, soit par l'inoculation artificielle, soil par les moyens ordinaires. Ces faits se sont présentés à la période de l'histoire de l'inoculation syphilitique, la mieux choisie pour dissiper l'incerlilude qui pèse encore sur quelques esprits ; et nous ne doutons pas qu'ils ne satisfassent complètement les observateurs non prévenus, s'ils sont bien interprétés.

C'est une femme âgée de 18 ans, et entrée à l'Hôtel-Dieu dans le service de M. Trousseau, le lO septembre dernier, qui fait l'objet de la première observation. Cette femme fut vaccinée, pendant son séjour à l'hôpital, vers le commencement d'octobre. Le lendemain de la vaccination existaient, au niveau des piqûres, une légère saillie et de vives démangeaisons, et, autour d'elle, une petite auréole inflammatoire. Quatre oa cmq jours après, il ne restait plus de traces des inoculations. La malade ayant été déjà vaccinée, ce fait n'étonna personne ; elle quitta l'hôpital le 9 novembre. Au commencement de décembre, se voyaient, au niveau des points inoculés, deux ulcères couverts de croûtes épaisses. On les considéra d'abord comme des vésicules vaccinales anormalement développées, et ayant présenté une longue période d'incubation. Le î I jan-

TRANSMISSION DE LA SYPHILIS

vier 1862, c'est-à-dire plus de trois mois après le jour de la vaccinatio la malade étîiit de nouveau admise à niôlel- Dieu. Acdte époque, les ulcérations du bras n'étaient pas encore guéries ; l'aisselle était le siège d'un bubon mnllinle indolent, ;t sur le tronc, les bras, le menton, existait une roséole syphilitique dont personne n'a jusqu'ici contesté h naturc. La malade raconta que cette éruption avait apparu vers le milieu de décembre, qu'elle avait été suivie de douleurs cépbahques et d'un engorgement indolent des ganglions cervicaux postérieurs.

Sur l'invitation de M. Trousseau. M. Uicord examina alors la malade, et déclara qu'elle préseulait deux chancres au bras gauche, un engorgement des ganglions axillaires, une roséole spécifique et caractéristique de l'infection constituiionnelle et que cette infection constitutionnelle avait pour point de départ les ulcérations du bras gauche.

Telles sont les conclusions de ce grand maître de notre art. Malgré cela, quelques-uns de ses élèves, non doués du mèm i esprit de franchise que leur maître, soutiennent encore qu'il est impossible que la syphilis ait pu être communiquée par l'inoculation vaccinale (1 ). Sans doute, personne ne tente de nier ces faits ; mais on les explique en supposant qu'une petite quantité de la sécrétion d'un chancre induré a été déposée sur le bras de la malade après Ir vaccination. Examinons ce raisonnement : nous allons trouver l'avantage qu'il y a à distinguer les deux espèces de chancres sur lesquels nous avons insisté dans les leçons précédentes. Il est admis que l'infection syphilitique, comme la vaccination, ne peut avoir lieu qu'une fois dans la vie. Or, raccident qui avait été communiqué à lo malade offrait les caractères d'un chancre infectant, et n'était certainement pas un chancre local suppurant. Mais^ afin de

(1) Il est juste de dire que M. Méric et quehiucs autres écrivains distingué?, qui avaient fortcmeul souleiiu rimpossibililé de la Iransmissiou de la syphilis par la vacciualion.ont récemmeul modiûé leurs opiaious sur ce sujet. [Note de l'Auteur).

pouvoir maintenir l'explication proposée, il faut supposer qu'une petite quantité Hu virus syphilitique d'un malade a été déposée sur les piqûres du bras de cette femme pendant les deux ou trois premiers jours qui suivirent les inoculations vaccinales. Ce temps une fois écoulé, en clTct, les piqûres étaient guéries, et tous les observateurs s'accordent à dire que l'on a peu de chance d'inoculer le virus syphilitique quand on le dépose sur une portion saine de la peau. Nous devrions donc supposer que la sécrétion d'un chancre primitif, dont la malade était pour la première fois affectée, fui déposée sur les piqûres vaccinales immédiatement après qu'elles furent faites. Mais, si nous admettions ce mode de raisonnement, ne pourrions nous pas penser que les vésicules qui apparurent sur les bras de chacun des enfants qui furent vaccinés en même temps que cette malade étaient dues au dépôt accidentel et fortuit d'une petite quanlité de lymphe plastique (qui aurait été laissée sur de vieux linges), et non au virus inoculé avec la pointe de la lancette? Celte supposition n'est pas moins philosophique que celle qui consiste à considérer les résultats de l'inoculation chez la jeune femme (se présentant, comme cela a lieu, au niveau des piqûres, et après la période naturelle d'inoculation de cette forme particulière de la maladie) comme les effets d'une inoculation accidentelle el non des piqûres qui ont été pratiquées.

On peut encore dire que si l'infection syphilitique n'a lieu qu'une fois dans la vie, du moins ses résultats se perpétuent-ils pendant une période de temps illimitée, et sont-ils des moyens de transmission de la maladie, et qu'une telle supposition rendrait moins invraisemblable l'opinion émise que cette jeune femme a été infectée de toute autre façon que par la vaccination. Mais une telle théorie entraînerait avec elle la discussion des questions suivantes : c'est-à-dire de la possibilité d'inoculer la sécrétion des accidents secondaires et des liquides d'une personne syphilitique, et de reproduire ainsi la syphilis simuKanëuKuit avec la vaccine ou en son lieu cl place.

Mais une série de faits beaucoup plus aniigeanis vient d'6lrJ

36 THANSMISSION DE LA SYPHILIS

publiée; je veux parler de la trisie tragédie dont Rivalla a élê le lliéàire : Un cnfanl iiummé Cliiahrora fui vaccint' ; a\ecson vaccin on vaccina le nommé Mazoue ainsi que quaranle-cinq anlres enfants. Nous appellerons Cliiabrera le premier vaccinifére, el Mazone le second vaccinifére.

Le premier vaccinifére communiqua une maladie à Irenlenenf enfants, el le second à sept enfants. Les deux vaccinifèrcs devinrent très malades, et l'un d'eux mourut trois mois après avoir clé vacciné. Le premier vaccinifére communiqua la maladie à sa mci e, le secoud à sa nourrice. On connaît actuellement trente mères ou nourrices qui présentèrent la même maladie. Trois mères communi([uérenl la maladie à leurs maris, et trois enfants, jusque-là bien portants, furent également atteints de cette maladie.

Je vous dirai dans la prochaine leçon quelle était celte maladie el quelle ressemblance offraient sa marche et ses svmptômes avec la forme infectante de la syphilis.

Le diagramme ci-joint donne une idée des progrès de celle terrible maladie, qui, jusque-là (paraîl-il), était inconnue à Rivalta, village ne conteuaul pas plus de 2,000 habitants.

Premier vaccinifére.

a communiqui! la maladie a

Second vaccinifére sa mûre

a communiqué la maladie a

sa nourrice 7 autres eiifanls Irenle neuf autres enfants.

ont comrauuiqué la maladie a

Dix-liuil autres mères ou nourrices trois autres enfants.

non vaccinés.

QUATRIÈME LEÇOIS

II n'est pas rare de voir survenir une d-ruplion cutanée à la suite de la vaccination, môme chez les enfants les mieux portiiiils, et l'apparition de cette éruption doit naturellement déterminer la manifestation des maladies qui donnent naissance à une affection de la peau. Pratiquée chez un enfant atteint de syphilis héréditaire, la vaccination déterminera souvent l'apparition d'une éruption, qui, sans cette opération, ne se serait développée qu'un peu plus tard. Pratiquée au contraire sur une personne qui a présenté antérieurement une éruption syphilitique, elle en déterminera le retour. C'est en présence do faits semblables que les médecins sont injustement accusés d'avoir déterminé la maladie, et que les parents des enfants l)!àmont la vaccination. Il est donc très important, poùr la silrcté des médecins et pour la santé de leurs malades, de bien connaître quelles sont les maladies auxquelles peut donner naissance la vaccination, quels sont les symptômes à l'aide desquels on peut les reconnaître et comment elles peuvent être communiquées.

Dos conclusions précises sur ces diverses questions, dissiporaient des appréhensions mal fondées, préviendraient souvent les accusations les plus injustes et permettraient au chirurgien de résoudre un point controversé en s'appuyant sur les symptômes observés, ainsi qu'il fait pour toute autre maladie.

Le but indiqué, nous allons analyser le tableau que nous

INOCULATION VACCINO-SYPïriIJTIQUE.

avons mis sous vos yeux dans la dernière leçon cl donl nous reproduisons ici la figure :

A. Premier vacciniffcre.

B. Mère du premier vaccinifère

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