‹ Leçons sur la syphilisChapitre 6 sur 17 · I. Trois autres maris · texte numérisé non relu

I. Trois autres maris

Il n'est peut-ê(re pas inutile d'établir que les faits dont la figure précédente vous donne le résumé, sont indiqués dans un ouvrage actuellement sous presse et dû à la plume du docteur Pacchiotti, professeur de pathologie et de clinique chiiurgicale à Turin (qui a bien voulu m'en envoyer quelques feuilles) et intitulé : « Sifilide, transmissa per mezzo délia vaccinazione in Rivalla^ pressa Acqui. d La relation de ces faits a été publiée par le même auteur el par M. Cerise, dans YUnion médicale des 9 et 50 novembre l861 et du 20 février 1862. Le docteur Pacchiolti élait l'élève de Ricord ; nous pouvons donc être certains qu'il n'était pas disposé à accepter sans e.xamen des faits en opposition avec les doctrines de son illustre maître. Longtemps, en effet, il fut en lutte avec les idées préconçues qu'il possédait; mais les faits qui se déroulèrent successivement sous ses yeux le forcèrent de les accepter. Ces faits furent vérifiés, non-seulement par lui-même, nwis encore par les cinq autres médecins donl élait composée la commission chargée de s'enquérir des circonstances de cet événement extraordinaire.

Dans presque tous les cas, qui lurent observés avec un soin extrême, la maladie commença par un ulcère induré que le

INOCULATION VACCINO-SYPHILITIQUE. 39 docteur Pacchiotù et les médecins qui lui étaient adjoints, considérèrent comme identique, au chancre infectant de R.cord. Un engorgement ganglionnaire multiple et indolent l'accompagnait. Celte règle présentait, cependant, quelques exceptions dont nous parlerons plus loin.

Chez les enfants vaccinés (D et F du tableau), ces ulcères remplaçaient la vésicule vaccinale. Chez les mères et les nourrices, les ulcérations se formaient sur les seins, et étaient suivies ou accompagnées d'un engorgement des glanglions axillaircs (G du tableau.) Les maris (H) qui furent infeclés, présentaient l'ulcère sur le pénis et olïraient un engorgement des ganglions inguinaux.

Un garço", âgé de douze ans, qui portait habituellement sa petite sœur, offrit à son bras un chancre auquel succédèrent des accidents secondaires. La petite sœur — un des enfants qui avaient été vaccinés, — avait un chancre à la cuisse et mourut.

Les symptômes secondaires observés et décrits par les médecins qui composaient la commission consistaient en papules muqueuses, siégeant au pourtour de l'anus, sur les parties génitales et sur les lèvres ; ulcération des amygdales, de la langue et du nez; différentes variétés d'éruptions cutanées ; perle des cheveux, impétigo, engorgement des ganglions cervicaux postérieurs; cachexie, marasme. Les six membres de la commission constatèrent l'existence de ces symptômes, offrant d'ailleurs un développement plus ou moins grand suivant les individus, chez quarante-six des soixantetrois enfants qui avaient été vaccinés. Ces enfants étaient tous bien portants avant la vaccination et ces symptômes apparurent sans exception, dans l'espace de quatre mois. Estce un médecin accoutumé à observer des malades, qui puisse douter qu'une terrible maladie ail été communiqnée à ces enfants, et transmise des enfants à leurs nourrices et à leurs mères, et enfin de ces dernières à leurs maris?

Quelle conduite tiendrons-nous, en présence de ces faits dont vous trouverez un récit détaillé dans les ouvrages ci-des-

SUS indiqués ? Les passerons-nous sous silence, et agironsnous comme si nous ignorions qu'un tel événement s'est pnssé? Une telle conduite serait assurément peu digne et du pays où la vaccination a pris naissance et d'hommes auxquels le public est habitué à demander avec confiance des avis sur sa santé. Ces faits seront certainement connus, et les passer sous silence serait avouer tacitement qu'une mahidie terrible, sur laquelle nous n'avons aucun pouvoir et dont nous ne comprenons pas les lois, peut être communiquée à l'aide de la vaccination. 11 serait dangereux de laisser une telle impression dans l'esprit public, et on risquerait, en produisant des crainlcs imaginaires, de détruire les bons effets de la découverte de la vaccination. Nous suivrons une ligne de conduite plus sage : nous étudierons la maladie de Rivalla, nous la compareions avec les cas semblables qui se sont passés en d'autres pays, et nous serons alors capables de déterminer la nature exacte de celle maladie, les symptômes qui peuvent la faire reconnaître, les conditions de son apparition et les moyens de l'éviter à l'avenir.

En pareille circonstance, qui dit averti, dit muni. T.a connaissance exacte des lois du développement d'une maladie permet au chirurgien expérimenté d'éviter son apparition, quand il fait une inoculation artificielle. \.a connaissance entière d'un danger permet de s'en mettre à l'abri. Nous pourrions croire, sans doute, que les maximes d'une égoïste prudence nous conseillent de passer sous silence les dangers palpables de la vaccination, de tenter d'ignorer leur exislence, de les étouffer et de les cacher aux yeux du public, de crainte que toute la confiance que l'on a en la vaccination ne soit détruite; mais les maximes d'une étroite et égoïste prudence n'ont, en général, qu'une influence de courte durée : pri.vées des solides fondements du droit et de la vérilé. elles manquent toujours leur but; elles sont les résultats non d'une salutaire prudence, mais d'une crainte mal définie. Sous cette influence, les forces intellectuelles sont tellement affaiblies, que le péril imminent d'un danger imagiuaire anéantit

INOCULATION VACCINO-SYPHILITIQUE. 41 loulcs nos Cacullôs et ne nous permet plus de nous prémunir conirc un danger réel, de l'estimer à sa juste valeur cl de le voir tel qu'il csl. Les jeux de l'inielligence sont ainsi éblouis cl domptés. Gel étroit plan de conduite ne doit certainement pas réussir, et ignorer, lorsqu'on recherche les faits qui se rattachent à une double inoculation, les détails que nous placerons plus loin sous vos yeux, c'est, sans contredit, se jeter dans un abîme sans fond avec toute la précipitation de la peur. Prenons pour guide, au contraire, une sage prévoyance et la prudence. Il est dans la nature de l'homme prévoyant de se familiariser avec les causes de ses craintes sécrètes, de les forcer à subir la lumière de la raison et de la réalité, de les montrer aux hommes sous leur véritable aspect et telles qu'elles sont en réalité.

Aussi rapporterons-nous les faits qui se sont passés à Rivalla et les comparerons-nous ensuite avec ceux que d'autres médecins ont observés.

Le M mai 1861, Giovanni Chiabrera, le premier vaccinifére indiqué par la lettre A dans le diagramme, fut vacciné par un chirurgien nommé Cagiola. La lancette dont on se servit était très propre, et la lymphe vaccinale, contenue dans un tube, avait été fournie par M. Ivaltli, d'Acqui. L'enfant était âgé de sept mois et présentait toutes les apparentes d'une bonne santé. Dix jours ajjrés la vaccination, c'est-àdire le 2 juin, quarante-six enfants furent vaccinés avec la lymphe qu'avait fournie le premier vaccinifère. Dix autres jours après cette seconde vaccination, lesecond vaccinifère (C) iMenzone fournit la lymphe qui servit à vacciner dix-sept autres enfants.

Dans l'espace de deux mois quarante-six de ces enfants {C et D) furent affectés d'une maladie que les membres de la commission nommée pour procéder à son examen déclaréreiil n'être autre que la sy()hilis.

Le premier vaccinifère offrait, le 7 octobre, un état de marasme profond, et postérieurement à cette date, il présenta de 'alopécie; le second vacciwifère mourut trois mois après la

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vaccination, c'est-à dire, à une époque où l'allcnlion n'était pas encore bien attirée sur ces faits et où tous ces symptômes I, 'étaient pas notés avec soin.

Dans les campagnes qui environnent Rivalta, les pauvres gens n'ont recours au médecin, parail-il, que dans les cas pressants, voire morne lorsque le malade est à la dernière extrémité. Ce fait nous expliquera cer»ains détails de cette histoire.

Le docteur de Katl, médecin très intelligent et très renommé, selon le rapport de la commission, dit que les symptômes considérés comme syphilitiques apparurent à une époque qui variait de dix jours à trois mois après la vaccination. Le terme moyen était de vingt jours.

Dans certains cas, la vésicule vaccinale n'était pas plutôt guérie, qu'elle s'entourait d'une auréole rouge, livide et cuivrée, qui s'étendait progressivement; alors apparaissait une nouvelle ulcération. Chez d'autres malades, des ulcérations se formaient au niveau des cicatrices consécutives aux vésicules vaccinales, ulcérations couvertes de croûtes qui se renouvelaient incessamment. Chez d'autres enfants, dès leur apparition, Icb vésicules vaccinales offraient un aspect de mauvaise nature, étaient accompagnées d'une éruption générale que le peuple regardait comme variolique, et sur la nature de laquelle aucune relation due à un homme de l'art ne peut nous fixer.

Le 7 octobre, six enfants étaient morts sans avoir subi aucun traitement, et avant que l'attention des médecins eût été attirée sur ce sujet; trois autres offraient un étal très grave; quatorze allaient mreux, grâce au traitement spécifique qu'on leur faisait suivre, et un seul se portait bien. Le traitement consistait en onctions avec l'onguent napolitain (morcuriel) et dans l'admini^^tration à l'intérieur, d'iodure do potassium et do sirop de saisoparciilc. I>es symptômes que l'on observa chez ces enfants, consistèrent en plaques muqueuses siégeant autour de l'anus et sur les parties géiiilalesi en ulcérations caraclérisliquos de la membrane muqueuse dos livres et de la gorge; l'engorgemenl spi^ciliriuo des ganglions

INOCULATION VACCING-SYPHILITTQUE. 43 de l'aisselle el du cou, .liffôrcnles formes d'éruptions cutanées considérées par la commission comme syph.l.hqne., de l'alopécie, des ulcérations el des tubercules secondaires. Deux enfants étaient à cette époque dans un état de marasme et de cachexie syphilitique, et des plaques muqueuses avaient apparu sur les seins de quelques-unes des mères qui nourrissaient leurs enfants. Le traitement mercuriel fuL très efficace

dans ce cas. .

Le 18 novembre, la mère (B) du premier vaccinifère présentait dix à douze plaques muqueuses sur les grandes lèvres; or le 7 octobre,cette mère avait été soigneusement examinée, et ne présentait aucune espèce d'état morbide; elle avait deux autres enfants dont la sanlé était excellente.

Le 7 novembre, six autres mères (G) présentaient aux seins des ulcères que les membres de la commission considérèrent comme syphilitiques. Un autre enfant était mort.

Le 9 février 1862, vingt mères ou nourrices, qui se portaient bien avant le 7 octobre, avaient été infectées par leurs enfants et présentaient tous les symptômes de la sj'philis secondaire. (Description, dans le u° 4 de la Gazetla deW associazione medica.) On nous demandera, sans doute, les détails de ces faits, aussi allons-nous eu donner un résumé.

r MorbcUo, âgé drt vingt mois, fui vacciné le ;2 juin 1861, avec le vaccin du premier vaccinifère (A). La commission rapportait, le 7 octobre suivant, que la cicatrice offrait une couleur cuivrée et une certaine dureté; que le petit malade présentait six tubercules, plats autour de l'anus, une roséole syphilitique el une alopécie partielle. La mère était bien portante.

2° Voglino, Giuseppe, âgé de quinze mois, fut vacciné le 2 juin, avec le vaccin du premier vaccinifère (A). Les clca Irices consécutives à la vaccination, étaient larges^ livides et indurées. Deux mois el demi se passèrcul avant que leur guérison fût obtenue. Ru octobre, apparurent des plaques muqueuses autour de l'anus el une éruption de tubercules syphilitiques sur le corps. La mère était en bonne santé; elle

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présentait de petits furoncles n'olTraut aucun caractère

suspect.

ô" Marcscotti Gérolamo, âgé de neuf mois, fut vacciné le 2 juin (A) . En octobre, la commission rapporta qu'il offrait scpl ou huit tubercules plats autour de l'anus, de l'alopécie cl la voix rauque: les cicatrices de la vaccine étaient dures et étendues, et les ganglions axillaires engorgés. La mère se por« tait bien.

4" Panodi, Madeleine, âgée de deux ans et demi. Les cicatrices des vésicules vaccinales sont, dit-on, indurées, d'une couleur cuivrée, très larges, le siège d'une sécrétion liquide fluide, et ri-couvcrtes de plaques molles; les ganglions axillaires sont engorgés. L'enfant est dans un étal de cachexie s^'philitique et de marasme. Il existait d'innombrables tubercules plats autour de l'anus cl de la vulve, tubercules ulcérés, d'une couleur grise, et sécrétant un fluide puriformo; les ganglions inguinaux correspondants étaient engorgés et les lèvres couvertes d'ulcères; il existait de l'alopécie, la voix était rauque, et ressemblait à celle d'un enfant affecté du croup. La mère était en bonne santé.

5" Morbelli, Giuseppe, âgé de seize mois, fut vacciné le '2. juin. En octobre, les vésicules vaccinales suppuraient encore et élaioiit iiulurôcs; il existait un engorgement des ganglions axillaires, des taches brunes se voyaient sur les téguments de l'aine cl des parties génitales; on apercevait des liiices d'une éruption syphilitique cutanée sur le tronc el les membres; la peau était marbrée, les ganglions cervicaux engorgés; la tête était couverte de croûtes, el la voix rauque. La nourrice était bien porlante.

Les cas précédents ont été réunis, parce que dans tous on a observé des cicatrices indurées aux points où la vaccination avait été pratiquée. Dans la plupart des autres cas, cette induration n'a pas été observée, ou du inoins n'a pas élé relatée. Mais il faut se rappeler que les vaccinations eurent lieu au commencement de juin, et que le coniilé ne fit son rapport qu'au mois d'octobre suivant. Pendant ce laps de temps, on

INOCULATION VACCINO-S\l'HILITiQUE. 45 n'observa pas d'une manière précise l'élat des enfants infeclés.

G° Carozzo, G., âgé de quatorze mois, fui vacciné le ^ juin (A). Les vésicules vaccinales ne firent leur apparition qu'un mois après la vaccination. Les cicatrices sont dites anormales. Cet enfant jouissait avant la vaccination d'une bonne santé. En octobre, il présentait quatorze tubercules plats, ulcérés autour de l'anus, trois plaques de sypbiiide circonscrite et circinée sur la région abdominale et d'autres moins marquées sur le dos; les ganglions cervicaux postérieurs étaient un peu pli s développés qu'ils ne le sont à l'élat normal. La bouche et les lèvres étaient exemptes de tout état morbide. Les parents étaient bien portants.

7" Cupena, Thérèse, âgée de quinze mois, fut vacciriée le :2 juiu (A). Au mois d'octobre, on rapportait qu'elle avait une constitution faible, qu'elle était \)à\c, oifrait une peau flasque; des tubercules livides disséminés sur la peau, tubercules dont quelques-uns suppuraienl, dont quelques autres étaient oi. voie de cicatrisation. Il existait un ulcère au menton; les cicatrices de la vaccine étaient irrégulières. La santé de la mère bonne; mais cette dernière préscnlnit deux petits tubercules suspects sur le mamelon.

80 Morbello, Autouia, âgée de six mois, fut vacciuéc le 2juin. Les cicatrices furent, dit-on, irrégulières. En octobre elle présentait des tubercules muqueux ulcérés sur les commissures des lèvres et un ulcère serpigineux au menton; il existait des taches livides et cuivrées sur les cuisses et les bras, taches que l'on disait avoir été précédées par des ulcères, qui furent regardés comme les svmptômes de la petite vérole. Les parties génitales étaient saines et la mère en bonne santé.

So Zoccola, E., fut vaccinée le 2 juin. On rapjiorta qu'ell présentait des tubercules plats à l'aine, à la vulve, au périnée et surtout à l'anus; il ^ avait aussi des ulcérations aux commissures des lèvres. Le père était bien portant. Il existait un ulcère suspect sur le mamelon de la nourrice, ulcère accompagné d'adénopathiti axillaire.

10' Saccoue, Thérèse, âgée de seize mois, fut vaccinée le

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r» juin. Le rapport, fait on octobre, établissait que la cicatrice (le la vaccine s'iHail gradnelicmcni ulcérée, et qu'elle oflrait une couleur livide et cuivrée à son pourtour; qu'il existait buil tubercules plais, suppurants, autour de l'anus, et dix ulcères sjpbilitiqucs secondaires et indurés à la vulve; que ces tubercules ressemblaient à des plaques muqueuses ; qu'elle paraissait débile, offrait un teint pâle el élaif aphone ; que sa mère était bien portante et seulement disposée aux éruptions furonculaires.

11° Garbarino, D. âgée de cinq mois, fut vaccinée le 2 juin. Au mois d'octobre, la cicatrice vaccinale oflrait une coloration livide et cuivrée; ou voyait à la surface du corps de nombreuses cicatrices livides; elles avaient été précédées par des ulcérations qui avaient suppuré pendant longtemps, el au pourtour de l'anus elles faisaient une saillie au-dessus de la surface de la peau; on constatait l'existence d'un engorgement des ganglions cervicaux, et d'une induration spécifique des glandes axillaires; son étal général était assez satisfaisant et allait en s'améliorant. Sa mère était saine.

12° Ferranis, Lucie, âgée d'un an, fut vaccinée le 2 juin. Au mois d'octobre, il existait des taches livides, des stigmates d'ulcérations anciennes qui s'étaient étendues sur toute la partie supérieure cl interne de la cuisse et qui, selon la mère, avaient été précédées de vésicules; sa voix était rauquè. La mère se portait bien, à cela prés qu'elle était affectée d'un abcès inflammatoire du sein.

13o Goggiola. Marie, âgée de quatorze mois, fut vaccinée le 2 juin. Les vésicules suivirent leur marche habituelle; mais un mois après leur apparition, elles s'ulcérèrent de nouveau. Au mois d'octobre, la jeune fille offrait sept ou huit tubercules plats autour de l'anus, au périnée et à la vulve; elle suivait le traitement mercuriel. Sa mère était bien portante.

1 4° Torlrolo, Giovanni, âgé do huit mois, fut.vacciné, le 2 juin : les vésicules vaccinales se convertirent aussitôt en ulcères qui persistèrent plus de trois mois. Au mois d'octobre elles étaient remplacées par des cicatrices, larges brunes, et

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livides. La jcuue fille avait ôlé allcinlc d'une roséole sj-phililiquequi avail^uré un mois et demi. — Ses cheveux étaient tombés et sa voix clait rauquc. Des taclies cuivrées existaient sur la peau de la face, du cou, du thorax, de l'abdonieu cl des extrémités. On ne voyait aucune trace d'éruplion syphilitique aux organes génitaux et à l'anus. Les ganglions cervicaux étaient engorgés et la mère se portail très bien.

15" Voglino, âgé de seize mois, fut vacciné le ?. juin. Au mois d'octobre les cicatrices vaccinales étaient irrégulicres et livides, et les ganglions axiliaires spécifiquement engorgés. Il existait une éruiilion syphilitique papuleuse à la surface des téguments, un ulcère serpigineux occupait le menton et la lèvre inférieure, la voix était éteinte; l'anus el les organes génitaux étaient indemnes de toute éruption syphilitique. La mere offrait deux ulcères syphilitiques caractéristiques sur le mamelon gauche el un engorgement spécifique des Ganglions cervicaux.

16° Testa âgée de huit mois, fut Vdccinée le 2 juin. Au mois d'octobre il existait un grand nombre détaches sur les extrémités inférieures et les fesses les stigmates de papules syphilitiques sur la peau, une induration du tissu cellulaire sous-culané de plusieurs points du corps; à la partie postérieure de la cuisse gauche un ulcère lardacé, grisâtre, offrant l'aspect d'une fissure de la peau ; de l'alopécie et enfin un aspect cachectique. La mère était bien portante.

17" Monhelli, Carlo, âgée de douze ans fut vaccinée le deux jum. Au mois d'octobre, la cicatrice consécutive à la vésicule vaccinale était rouge et livide et sur les téguments du dos existait une éruption syphilitique squameuse et papuleuse. 0;i voyait sept ou huit plaques muqueuses autour de l'anus, deux ulcérations secondaires sur le prépuce el une sur le gland ; on constatait l'existence d'un engorgement ganglionnaire à la région inguinale des pustules (tubercules) plates sur les lèvres Il les amygdales, l'engorgement des ganglions cervicaux el axiliaires. La mère était bien portante.

180 Pansare, Caroline, âgée de seize mois (première série).

les cicalricos (les pusiiiles vaccinales êlaicnl larges, oiïraicnl dans un tiers de leur élendue une coloration vifllacéc; les gan- {;liuus axillaires étaient engorgés, des plaques muqueuses existaient amour de l'anusisur les fesses se voyaient des sti'^inates de pustules et d'ulcérations ainsi que des cicatrices livides, comme dans les cas que nous venons de mentionner. La nourrice était bien portante.

l9o Morhello, Louis, âgé de dix mois, (première série). Il existait des ulcérations sur les lèvres et leurs commissures, ulcérations dont les bords se touchaient ; un engorgement de tous les ganglions cervicaux, une éruption crustacéesur la tète, des plaques muqueuses autour de l'anus. La peau élail moiiclielée de taches roses syphilitiques; les pustules vaccinales étaient livides et suppuraient encore quatre mois après leur apparition. La mère, examinée par les membres de la commission oflicielle, ne présentait aucun état maladif aux parties génitales Iei27 septembre dernier; il existe aujourd'hui un petit ulcère sur l'auréole du sein gauche et un tubercule plat, ressembiani à une cicatrice, sur l'auréole du côté droit. L'eiifforgcmenl des ganglions axillaires est en voie d'accroissement.

20" Garberini, Jean, âgé de huit mois. Une ulcération très large existe sur le menlo.i ; çà et là se V(/ient quelques tubercules cut.Tnôs, suspects et ressemblant à des furoncles qui suppurent, mais étant indolents comme les gommes syphilitiques. La voix est rauque, l'aspect extérieur débile. La mère est bien portante.

21° Corelli, Louisa, âgée de huit mois. Les cicatrices vaccinales sont imparfaites, suppurant encore quatre mois après la vaccination ; les ganglions axillaires sont engorgés ; de nombreux tubercules plais et suppurants existent h l'anus et à la vulve les ganglions inguinaux sont indurés et l'asjject général cbétif. — Une grande amélioration se produit sous l'influence du traitement mis en usage. Sa mère est jusque là bien perlante.

Les cas suivants ont été décrits d'abord par le Dr de Kall cl observés ensuite par le Dr Paccbiotti.

INOCULAlTION VACCINO-SYPIIILITIQUE. 49

22° Bianchi, Agosliuo, âgé de deux ans (première série des vaccioalions). La peau était mouchetée i)ar les taches d'une roséole syphilitique, l'aspect du malade était cachectique ; les pustules vacccinales étaient imparfaites et suppuraient encoreaprès deux mois d'existence; les ganglions axillaires étaient engorgés, la nourrice et le père étaient bien portants.

25" Curaccina, Antonio, âgé de six mois, (première série) mourut le quatorze aotît, après avoir présenté une éruption pustuleuse aiguë qui ressemblait aux éruptions dont étaient atteints quelques autres enfants, si Ton en crojait la nourrice qui considérait cette éruption comme une éruption variolique maligne. Les pustules vaccinales suppuraient encore quelques jours avant la mort. Le malade, ne fut pas observé par M. docleur de Katl.

24" Curaccia, Joséphine, âgée de sept mois, première série. Les pustules vaccinales suppuraient encore après un mois d'existence ; sa peau était couverte des taches d'une roséole sj-philitique qui fui suivie d'une ophthalmie syphilitique, de tubercules plais à l'anus et à la vulve et de raucité de la voix. Le père et la mère étaient bien portants.

23" Castelvero, André, âgé d'un an, seconde série. Les cicatrices vaccinales sont mal formées et offrent une couleur cuivrée; les pustules vaccinales suppurèrent pendant plus d'un mois et se cicatrisèrent ensuite pour s'ouvrir de nouveau seize jours après et suppurer pendant deux autres mois ; au moment de l'examen de ce malade, elles n'étaient pas encore guéries. A la région inguinale et à l'anus existaient des ulcères plats et sur le cuir chevelu des croûtes impéligiueuses ; les chevcjx étaient tombés, les ganglions inguinaux et cervicaux engorgés, l'aspccl extérieur cachectique; le père et la mère se portaient bien.

26" Chiabrera, Domônico, âgé d'un an, première série, mourut le premier septembre. Les pustules vaccinales suppuraient encore et des tubercules muqueux ulcérés existaient aux parties génitales. Il mourut du croup en quatre heures, la mère et le père étaient bien portants.

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27° Goggiola, Catherine, âgée de deux ans, première série. Les pufilules vaccinales suppuraient encore deux mois après leur apparition. De nombreux tubercules muqueux ulcérés existaient aux parties génitales et à l'anus. La constitution de l'enfant était bonne, la mère se portait bien.

28(5 Dalca, Biago, âgé de deux ans, première série. Il présentait à la première Tisile une roséole syphilitique donnant à la peau un aspect bigarré, et il offrait un teint cachectique, on le soumit au traitement mercuriel et il subit une grande amélioration.

29° Ferraris, Ollavio, âgé de neuf mois, seconde série, mourut le 2o septembre.Ses parents racontèrent que son corps était couvert de pustules, qu'il était tombé dans un état de dépérissement considérable et avait été atteint de diarrhée colliqualive. 11 ne fut pas vu par le Dr de Katt.

50° Gunone Nicolino, âgé de deux ans, première série. Les pustules vaccinales étaient larges, irrcgulières, de couleur cuivrée; trois d'entre elles suppurèrent pendant un mois et se fermèrent alors, mais pour devenir bientôt le siège d'une nouvelle sécrétion qui persista pendant quatre mois. Actuellement ces pustules sont cicatrisées. Quelques plaques muqueuses apparurent à la région inguinale et à l'anus (six); les premières ne sont pas encore guéries tandis que les secondes sont en voie de cicatrisation ; la mère et le pére sont bien portants.

SloGrua, Catherine, âgée de 9 mois (seconde série). Des plaques muqueuses à surface grisâtre, occupent le pourtour de l'anus et les parties génitales. Elle fut traitée par le docleur Moponero de Rocca Grimalda, avec l'iodure et le bichlorure de mercure. Son père et sa mère sont bien portants.

32° Impériale, Domenico, âgé d'un au, seconde série; les pustules vaccinales suppurèrent pendant deux mois. Dos plaques muqueuses existaient aux aines et à l'anus. Les ganglions inguinaux étaient engorgés et on constatait l'existetice d'une émaciatiou commençante.

55o Manzone, Louisa, âgée de six mois, lut vaccinée le 21 juin avec de la lymphe que l'on avait prise avec une lancette

des Vésicules vaccinales de l'eiifaul Chiabrcra (premier vaccinifère), dix jours après leur apparition ; quaranle-six eufanls furent vaccinés eu même temps. Cet enfant (Manzone) servit à vacciner dix- sept autres cufauts le 22 juin : sept de ces enfants furent affectés de sjpbiïis. Ce détail fut donné par la nourrice de Uivalta. Dès que le père et la mère de Manzone reçurent la nouvelle de la maladie de leur enfant, ils se hâtèrent de l'emmener à Acqui afin de consulter le docteur Silvenli (commencement d'août, c'est-à-dire deux mois après la vaccination). Ce chirurgien expérimente, reconnut qu'elle était affectée d'une éruption syphilitique papuleuse, occupant le dos, rabdonieu, les parties supérieures et inférieures; que les papules étaient, les unes rosées, les autres recouvertes de squames blanchâtres; que des plaques muqueuses, des tubercules plats, suppurant à leur centre, occupaient en grand nombre les grandes lèvres de la vulve, le pourtour de l'anus, les fesses et les parties supérieures et internes des cuisses; qu'il existait des plaques muqueuses aux deux commissures des lèvres et une abondante salivation; que les ganglions cervicaux, inguinaux et mésentériques étaient tuméfiés etindolents; qu'elle était tombée dans un marasme profond; que les pustules vacciualessuppuraient encore, et quel'uned'ellcs, aussi large qu'un centime français, était entourée d'une auréole cuivrée et cou. verte d'une croûte noire. 11 déclara, en conséquence, qu'elle était atteinte de syphilis secondaire, et recommanda soigneusement aux parents de la traiter sérieusement et convenablement. Comme cela arrive quelquefois, ce sage avis ue fut point écouté. Aucun traitement ne fut suivi. Le 10 septembre, c'est-à-dire trois mois après la vaccination, Penfant mourut dans le marasme à la suite d'une hémorrhagie (d'après le récit des parents qui vinrent la voir). L'autopsie ne fut pas faite. Mais les parents racontent que si l'éruption cutanée avait presque entièrement disparu quelques jours avant la mort, du moins les plaques muqueuses de l'anus, des grandes lèvres, de la bouche, étaient-elles dans le même état que lursqu'ellus avaient été vues par le docteur Silvcuti. Les ul-

52 INOCULATION VACCINO-SYPIIILITIQUE.

cèrcs clos bras, cl surloul les plus grands, cxislaient encore dans les derniers jours et étaient couverts d'une croûte noire. Le père et la mère avaient toujours été bien portants et le sont encore. D'autre part, le docteur Silventi qui, dès la première visite, s'informa soigneusement si l'enfant était né s^'pbilitiqun ou s'il était devenu syphilitique à la suite de la vaccination, apprit des parents de l'enfant et de la nourrice que la jeune Mauzonc était bien portante avant la vaccination cl ne devint malade (ju'aprcs qu'elle eut subi celle ojjération, ainsi que cela avait eu lieu pour tous les autres enfants. La nourrice qui était bien portante au mois d'août, c'esl à-dire à l'époque où elle vil le docteur Silventi, présenta ensuite des ulcères au sein.

55" Muzza, Bernard, âgé de huit mois (première série). Les pustules vaccinales suppurèrent pendant deux mois. Il existait des pustules plates ulcérées aux parties génitales et à l'anus j les ganglions inguinaux étaient engorgés, la voix rauque, el la peau couverte d'une roséole,

SS*^ Monbelli, Antoinette (de Ruiuiscs, Charlolte) âgée de sept mois (première série) présentait de nombreuses plaques muqueuses aux parties génitales, aux parties latérales el internes des cuisses cl à l'anus ; une roséole, de l'aphonie, des pustules vaccinales irrégulicres, el un engorgement dos ganglions axillaires.

56° Morbelli; Joseph (de Micbachael, et Marié) âgé de huit mois (seconde série) mourut le :28 juillet sans avoir été vu par aucun médeciu. D'après les pareuls, son corps était couver! de pustules semblables à celles des autres garçons; celle éruption lut suivie de la diarrhée, du marasme el de la mort.

5/0 Monbelli, (isabella) (do Sébastian el Marie) seconde série. Les pustules vaccinales suppurèrent pondant près de deux mois. Le bassin, les |)nrtios génitales, l'anus et les commissures des lèvres étaient le siège do pustules plates. Il existait une roséole, de l alopécie el de l'aphonie ; on constate maintenant quelques signes d'amélioration.

58'' Morbelli, l essis, (de Michel et de Angola; âgé de deux ans (première série). Il existe des tubercules ulcérés aux

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parties génitales, aux aines et à l'anus, de la raiicil(^ do la voix, un engorgement et une induration des ganglions axillaires, cervicaux et inguinaux, des cicatrices vaccinales indurées.

o9° Morbclli, Renaino (de Bernard et Marie), âgé de deux ans (seconde série). Des tubercules plais ulcérés existent aux parlies génitales et à l'anus, les ganglions axillaires sont engorgés l'enfant se porte actuellement beaucoup mieux.

40" iMorbelli, Tlieresa (de Jean et Catherine), âgée de dix mois fut vaccinée le 2 juin et mourut le 10 septembre, nous manquons de détails.

41° Picasso Joseph, âgé do deux ans, (première série) . Il existe des ulcères déprimés aux régions inguÎLales, génitales et anales. L'enfant est émacié et anémique. Il est cependant on voie de guérison; les cicatrices vaccinales sont im^urécs.

42°Scienca, Anlonia, âgée de huit mois (seconde série). Elle offre un aspect cachectique ; les pustules vaccinales suppurèrent pendant près de deux mois. Il existe des plaques muqueuses aux parties génitales et à l'anus, des ulcérations à la coranaissure des lèvres, de l'aphonie, un engorgement des ganglions axillaires, une roséole syphilitique et de l'anémie. La mère était atteinte de deux ulcères indurés sur les seins et d'un enforsement indolent des ganglions axillaires.

45" Voglino, Michel, âgé de seize mois (première série) . Quelques pustules plates existent aux parties génitales et à l'anus; les pustules vaccinales suppurèrent pendant deux mois ; leurs cicatrices sont irrégulières et indurées, les ganglions axillaires sont engorgés.

44o Viotti, Annunciata, âgée de dix mois (seconde série), offre une éruption cutanée, des pustules plates à l'anus cl aux parties génitales, un engorgement des ganglions inguinaux et cervicaux, une habitude cachectique, do l'aphonie et de l'alopécie. Les pustules vaccinales sont irréguliéres et sont encore le siège d'nne sécrétion purulente.

De celte histoire des deux vaccinifèrcs Chiabrera et Manzone, comparée à celle des nombreux enfants syphilitiques, on peut tirer les conclusions suivantes :

04 INOCULATION VACCINO-SYPIIILITIQUE.

1" Que Manzone, comme Chiabrera, était syphilitique;

2° Qu'elle n'était pas atteinte d'une infection syphilitique héréditaire, latente, dont les eiïets se révélèrent sous l'influence de l'inoculation vaccinale; mais que la syphilis lui fut communiquée par l'introduction dans l'économie de la lymphe vaccinale. Cette conclusion est suffisamment prouvée par la bonne santé des parents et par rapparilion aux bras des ulcères syphilitiques consécutivement à celle des pustules vaccinales, règle qui, toutefois, ne s'observa pas chez l'enfanl Chiabrera;

5" Que ces ulcères furent la première manifestation de la maladie;

4° Qu'après un certain temps d'incubation, apparurent les symptômes syphilitiques secondaires qui atteignirent leur complet développement, deux mois après la vaccination;

5° La transmission de la syphilis, qui eut lieu de la bouche de Manzone au sein de la nourrice, démontre encore que l'enfant était bien atteint de syphilis et communiqua cette maladie de la même manière que Chiabrera la communiqua au sein de sa mère ;

6° Que, de même que Chiabrera communiqua la syphilis par l'intermédiaire de la lymphe vaccinale, prise le dixième jour qui suivit l'apparition de ses pustules, de même, Manzone communiqua la syphilis à sept enfants par l'intermédiaire de la matière vaccinale prise le dixième jour de l'apparition de ces pustules.

Dans la prochaine leçon, nous vous tracerons l'histoire de cette maladie arrivée à une période plus avancée de son existence.

Telle est la relation qui a été faite avec beaucoup de soin par le Dr Silventi, qui faisait partie de la commission que le congrès d'Acqui chargea d'examiner les enfants de Rivalta.

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