ÉVOLUTION
lantôt un peu après la terminaison de la vaccine, c'està-dire après la chute des croûtes vaccinales; tantôt avant la chute de ces croûtes, auquel cas il naît sous elles, d'une façon latente et véritablement larvée.
Une fois le chancre vaccinal né et développé dô la sorte, l'évolution ultérieure de la syphilis issue de ce chancre n'est plus que l'évolution d'une syphilis ordinaire. Ce qui va suivre, en un mot, n'est plus que de la syphihs commune, dégagée de tout élément particulier.
Et, en effet, la syphilis vaccinale n'emprunte rien de spécial à son origine. En dehors de son mode de genèse, en dehors des particularités de son accident initial, elle ne se dislingue par aucun trait d'une syphilis vulgaire, succédant à une contagion vénérienne ou résultant d'une inoculation expérimentale.
Ce qui suit le chancre vaccinal, en conséquence, n'est plus, si je puis ainsi parler, que de la syphilis ordinaire, de la syphilis banale.
De sorte que l'évolution ultérieure de la syphilis vaccinale, se modelant sur celle de toute syphihs, se compose de la succession des phénomènes et des étapes que voici:
l^Peu de temps après l'éclosion du chancre, constitution à son voisinage d'une adénopathie spéciale, rappelant exactement par l'ensemble de ses caractères l'adénopathie symptomatique du chancre, celle qu'on appelle le bubon satellite. Or, le chancre vaccinal ayant presque
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invariablomenl son siège sur le bras, c'est dans l'aisselle que se produit ce bubon.
2" Au delà, pour un laps de plusieurs semaines, absence de tout nouvel accident. C'est là la période dite seconde incubation de la sypbilis, période pendant laquelle le chancre et l'adénopatbie constituent les seuls phénomènes par lesquels se traduit l'infection.
3° Puis, comme d'usage, au delà de ces six à sept semaines, explosion d'accidents divers, habituellement multiples, disséminés, éparpillés. Vous reconnaissez là le début de la période des accidents généraux de la syphilis.
Ajoutons que cette période se traduit d'abord, sauf exceptions rar«s et relatives à des cas initialement graves, par des manifestations de l'ordre de celles qui sont usuellement désignées sous le nom de manifestations secondaii'es, à savoir, pour ne parler que des plus fréquentes :
Syphilides érythémateuses, populeuses, papulo-squameuses, papulo-croûteuses, etc.; — croûtes du cuir chevelu, et alopécie ;
Syphilides des diverses muqueuses, notamment de la muqueuse buccale, gutturale, génito-anale, etc.;
Adénopathies multiples, disséminées;
Accidents névralgiques ou névralgiformes, céphalée, douleurs vagues, etc.
Ultérieurement, enfin, la syphilis achève d'évoluer suivant ses lois habituelles, pour aboutir, si elle n'est pas réprimée par un traitement convenable, à l'ordre d'accidents plus tardifs connus sous le nom d'accidents tertiaires.