‹ Leçons sur la théorie des maréesChapitre 2 sur 89 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

en rappelant que leur base essentielle, à savoir le développement Aarmom^ae (c'est-à-dire trigonométrique) de la hauteur de la mer dans un port, d'après les principales inégalités lunaires, a été indiquée, pour la première fois, par Laplace dans une Note du Livre XII de la Mécanique céleste.

Au point de vue dynamique, je me borne, dans cette première Partie, à faire application, à la façon d*Airy, des formules de l'Hydraulique à la propagation des marées dans des détroits ou canaux supposés tracés suivant les grands ou petits Cercles de la surface du globe ou en communication avec des mers h marées connues, tout en subissant eux-mêmes les effets de l'attraction des corps célestes.

L'Ouvrage se termine par une étude, faite naturellement dans la mesure où l'on peut la faire, de la propagation de la marée dans un fleuve de largeur constante ou même très lentement variable. Je montre que ce dernier problème, qui serait infiniment plus difficile encore que le premier, si l'on prétendait à lo serrer de trop près, s'y ramène très simplement si Ton se contente d'une approximation qui parait en rapport avec le degré de précision des données dont on dispose en cette matière.

Comme complément k la théorie des marées fluviales, nous faisons connaître, sous la forme adaptée à cet Ouvrage, les beaux travaux de M. Boussinesq sur l'onde solitaire. Sans être le mascaret, l'onde solitaire s'en rapproche pourtant assez pour fournir, en partie, l'explication de ce grandiose phénomène.

Dans une seconde Partie, on exposera la Théorie dynamique des marées de Laplace, et ce qu'on peut appeler la Théorie des marées de l'écorce terrestre. Les remarquables travaux de Lord Kelvin et Darwin sur cet intéressant sujet ont amené ces illustres savants à des conclusions très rassurantes sur la solidité du globe que nous habitons, solidité que les désastres causés de temps à autre par les mouvements séismiques sembleraient devoir mettre en doute.

Je n'ai pas osé m'aventurer dans la théorie des marées atmosphériques, si importante qu'elle soit, les données dont nous disposons paraissant insuffisantes pour que Ton puisse, avec quelque utilité, aborder ce sujet. Je souhaite, d'ailleurs, qu'un avenir prochain vienne donner tort à cette appréciation.

La théorie des marées, dont on pourrait dire qu'elle forme un des plus beaux Chapitres de la Mécanique céleste, s'il était permis de distinguer entre les beautés d'une telle œuvre, a été, ce me semble, quelque peu délaissée en France depuis

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