HEMISPHERE AUSTRAL
Latitude. Longitude Ouest.
De 0° à 10° De 37" à 80°, Amérique du Sud
De 10° à 20° De 37° à 74°, »
De 2o« à 3o° De 45° à 71°,
De 3o° à 40° De 55° à 73»,
Longitude Est.
De 12° à 40°, Afrique
De iio° à i3o°, lies
De 12° à 38", Afrique
De 45° à 5o°, Madagascar
De 120° à 144°) Australie
De i5° à 33°, Afrique
De II 5° à i5i°, Australie
De 20° à 23°, Afrique
De i32° à 140°, Australie
[11] CHAPITRE I. — THÉORIE STATIQUE DES MARÉES. l5
Latitude. Longitude Ouest. Longitude Est.
De 4o" à 5o" De 65'' à 78°, Amérique du Sud. De 170° à 172°, Nouvelle-Zélande
De 50" à 60° De 67° à 72% Terre-de-Feu
De 60** à 70" De 54^* à 65% Shetland De lao*» à i3o" »
De 70° à 80° Continent d'environ 20° en longitude
De 80** à 90** Continent d'environ 180" en longitude (première hypothèse)
Néant (seconde hypothèse)
Dans ces conditions, on a trouvé les résultats suivants :
Première hypothèse. Seconde hypothèse.
11. Sur le continent antarctique. — On voit que les coefficients A, B, C, D, E sont petits, ce à quoi l'on devait s'attendre, puisqu'ils seraient nuls si la mer recouvrait tout le globe, et qu'en fait elle recouvre les 0,717 (première hypothèse) et les 0,772 (seconde hypothèse).
Les valeurs de A, B, C, D diffèrent peu dans les deux hypothèses où elles ont été calculées; il en est autrement de celle de E.
Cela tient à ce qu'elle est obtenue en retranchant l'un de Tautre deux nombres dont chacun est grand par rapport à leur différence, de sorte qu'une modification, même petite, apportée à l'un d'eux, modifie beaucoup cette différence. Il ne s'ensuit nullement que le coefficient E soit obtenu avec moins d'exactitude que les autres, mais qu'il est fort différent selon qu'il existe ou non un continent important au delà du 8o* degré de latitude sud, et, de là, on peut déduire cette conséquence bien curieuse : c'est que, réciproquement, la connaissance expérimentale du coefficient E fournirait une présomption très
(*) J'ai doublé les résultats obtenus par Turner, parce qu'il calcule les deux intégrales
— / sin6co8Ôcoscpc?û et — / sinO cosô sincprfû, tandis que
C=~ / sinaôcos^c/û, ^^ = 5 / sin2 8 sinç rfU.
(') J'ai changé le signe du résultat obtenu par MM. Darwin et Turner, qui ont calculé
^ Assin^O — i)efû=: — E.
l6 PREMIÈRE SECTION. — THÉORIE STATIQUE ET PRÉDICTION DES MARÉES. [12]
inattendue sur le point de savoir si un tel continent existe ou non. Or, le coefficient E est, à l'aide de Téquation (17), déterminé par la position des deux cercles de latitude, le long desquels la marée do longue période est nulle. Donc, par l'analyse d'une série suffisamment prolongée d'observations des marées aux divers points de la Terre et particulièrement aux latitudes voisines de 35®, on pourrait déterminer ce coefficient. La conclusion qu'on en pourrait tirer, relativement aux contrées voisines du pôle antarctique, serait d'ailleurs digne d'une certaine confiance; car, si la théorie statique des marées est insuffisante en ce qui touche les ondes à courtes périodes dont l'inertie ne paraît pas négligeable, il en est autrement pour les ondes à longues périodes. Là, les vitesses doivent être vraiment peu sensibles et l'inertie doit y jouer un rôle, sinon nul, du moins beaucoup moindre que dans le phénomène tout entier tel qu'il nous apparaît.
12. Marées luni-solaires. — Si l'on désigne par L,, S,, a,, p^ respectivement la masse, la déclinaison, l'ascension droite du Soleil et sa distance au centre de la Terre, on aura la hauteur de la marée solaire en remplaçant, dans le second membre de l'équation (i4)> les lettres L, 0, a, p respectivement par celles L,, Si, ai, pi. Si l'on ajoute ensuite ce qui se rapporte à la Lune à ce qui se rapporte au Soleil, on aura la hauteur de la marée totale ou luni-solaire. On en tire immédiatement ces conséquences : les marées les plus fortes arrivent aux époques où les deux astres sont en conjonction ou en opposition, c'est-à-dire à la nouvelle et à la pleine Lune. Ce sont les marées de syzygies ou de vive eau. Les marées les moins fortes arrivent quand les astres sont en quadrature on au premier et au dernier quartier de la Lune. Ce sont les marées de quadrature ou de morte eau. Les premières se produisent théoriquement à midi et minuit, quand le Soleil passe au méridien en même temps que la Lune; les autres matin et soir, c'est-à-dire quand la Lune, qui produit l'action la plus puissante, passe au méridien, le Soleil se levant ou se couchant.
Parmi les marées de syzygies, les plus fortes, au moins dans les contrées où c'est le flot semi-diurne qui est prédominant, sont celles qui ont lieu quand les deux astres traversent à peu près en même temps l'équateur. Ce sont les grandes marées des syzygies équinoxiales , Théoriquement, ce devrait être la première marée qui suit chaque syzygie équinoxiale. En fait, les grandes marées ne viennent sur nos côtes qu'environ trente-six heures après les syzygies. Tout le phé nomène des marées sur les côtes de France et à peu près sur toutes celles de l'Atlantique se passe comme si, au lieu d'être dû aux astres eux-mêmes, il était dû à des astres fictifs qui suivraient les astres vrais d'environ trente-six heures.
Cela peut tenir à des causes diverses.
La configuration des côles y est certainement pour beaucoup, l'inertie égale ment et aussi le frottement, sinon en pleine mer où il n'est peut-être pasimpor-