‹ Leçons sur la théorie générale des surfaces et les applications géométriques du calcul infinitésimal. 4ème partie (volume 5)Chapitre 43 sur 105 · rt · texte numérisé non relu

rt

On voit que cette équation est du quatrième ordre et qu'elle est linéaire par rapport aux dérivées de cet ordre. Toutes les fois qu'elle sera vérifiée, on pourra déterminer 8, w, v par des quadratures et, par suite, obtenir les lignes de courbure. Ce résultat est, d'ailleurs, un simple corollaire d'une proposition générale sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir.

L'équalion précédente, qui n'est irrationnelle qu'en apparence, donne lieu à quelques remarques intéressantes. D'abord il n'y apparaît que deux fonctions des dérivées de ^

r -5 -H .V -h ^rt — e^ 7. .^ •

' z -h s — ^rt

et ces deux fonctions ont une signification très simple. La première fait connaître les deux valeurs du rapport -— relatives aux

lignes de courbure. La seconde représente, d'après les formules du n** 165, le rapport des deux rayons de courbure principaux de la surface. On peut ainsi vérifier immédiatement que les surfaces minima sont isothermiques. Le premier membre de l'équation (3o) se réduit alors au seul terme

d^ , r loff-j

SURFACES A LIGNES DE COURBURE ISOTHERMES. l5l

qui est nul, comme on le reconnaît en substituant les valeurs de r et de ^ qui ont été calculées au n** 194 [I, p. 298].

436. La méthode que nous avons suivie pour former l'équation aux dérivées partielles des surfaces isothermiques peut être remplacée par la suivante, qui nous donnera quelques résultats nouveaux.

Si, entre les deux équations d'Ollnde Rodrigues,

dx de âx ^, de

ou ou âv oi^

on élimine c, on trouvera Téquation

,. d^T dp dx dp' dx ^ ^.dudv d\^ du du di*

où l'on a désigné, pour plus de netteté, par p et p' les inverses de R et deR', c'est-à-dire les courbures principales. L'équation linéaire précédente est celle qui correspond au système conjugué formé par les lignes de courbure. Pour exprimer que la surface est isothermique, il suffira donc d'écrire que cette équation a ses deux invariants égaux, c'est-à-dire que l'on a

dp d£

d dv d du

du p — p' dv p' -~ p

En d'autres termes, l'expression

^? d. - ^' du

devra être une différentielle exacte rfû. On peut donner des formes

très différentes à cette condition. Si l'on retranche - rflog(p — p'), on aura

^Al±l} d. -'-il-^/à du

2dQ — d loff ( p — p' ) = , •

En exprimant le second membre au moyen des coordonnées tangentielles (a, p, Ç) employées plus haut, on trouvera, après un

calcul que nous omettons, que Texpression

doit être une différentielle exacte. On est ainsi conduit à une forme nouvelle

à^ IV r p-p' A ^).3 L V ^ P - ?' J

de Téquation (3o).

Nous signalerons enfin une dernière transformation de la différentielle rfû, qui a été donnée par M. Weingarten. Multiplions, dans l'expression (3i), le numérateur et le dénominateur du premier membre par p — p', afin de rendre le dénominateur rationnel, nous trouverons

(33) cf[û-log(p~p')]= Î^^Y)^

Cette relation permet d'écrire, en coordonnées ponctuelles, l'équation aux dérivées partielles des surfaces isothermiques. Supposons, en effet, la surface définie par une équation de la forme la plus générale

Des formules bien connues permettent d'exprimer pp', p -f- p'i (p — ^'Y en fonctions rationnelles des dérivées de o par rapport à j:, y^ z. Or, si l'on désigne par t une fonction quelconque de x^ y, s, les formules d*01inde Rodrigues conduisent, par un calcul facile, à la relation suivante

p — du -h p -r- dv = —de de — -r- de .

^ du ^ âs^ Ojc Ojr âz

En remplaçant o- par p -h p' et en se reportant à l'équation (33), on reconnaît immédiatement que d[ù — Iog(p — p')] prend la forme

Supposons l'expression précédente ramenée à la forme

Pour exprimer qu'elle est une différentielle exacte lorsqu'on se déplace sur la surface, on écrira la condition

^ *^ â^yôz dy) dy\dx dz ) dz\ùy ùx] '

qui devra être vérifiée pour chaque point de la surface. Telle est l'équation obtenue par M. Weingarlen.

437. De quelque manière qu'on la forme, l'équation aux dérivées partielles précédente paraît être d'une intégration difficile. Mais il résulte des propositions que nous avons établies une méthode nouvelle de recherche des surfaces isothermiques qui peut conduire sans effort à un grand nombre de ces surfaces. Elles sont caractérisées, nous l'avons vu, par la condition que Téquation ponctuelle relative au système conjugué formé par les lignes de courbure ait ses invariants égaux. Si l'on écrit cette équation sous la forme la plus générale en y remplaçant 0 par [jlO, on obtient (n° 154) [I, p. 221] l'équation à laquelle satisfont les cinq coordonnées pentasphériques d'un point de la surface, considérées comme fonctions des paramètres p et pi des lignes de courbure. En rapprochant tous ces résultats, nous pouvons donc énoncer les propositions suivantes :

Les cinq coordonnées pentasphériques d'un point de toute surface isotliermique considérées comme fonctions des paramètres p et pi des lignes de courbure satisfont à une équation linéaire du second ordre dont les invariants sont égaux.

Inversement, si une équation de la forme

ôpàp

OU, plus généralement, une équation à invariants égaux, admet cinq solutions particulières x^^ x^. ..., x^ liées par l'équation

iSj LIVRE IX. — CÎIAP. VI.

les quantités Xi sont les coordonnées pentasphériques qui définissent une surface isothermique rapportée à ses lignes de coi(rbure (*).

Cette proposition permet, par exemple, de reconnaître immédiatement que les cyclideSj pour lesquelles les cinq coordonnées Xi sont définies par les formules

(rt/— a)C«/— ?)(«/— Pi)

OÙ nous conservons les notations du n° 154 [I, p. 228], sont des surfaces isothermiques. Car les cinq coordonnées précédentes sont

des solutions particulières de l'équation E ( — -> j (n** 3o6)

dont les invariants sont égaux.

Pour donner une application du théorème précédent, considérons Téquation

qui est la plus simple de toutes celle^ dont les invariants sont égaux. Son intégrale générale étant de la forme

on voit que Ton obtiendra une surface isothermique si Ton peut

trouver cinq fonctions //(p) et cinq fonctions <p/(pi), telles que

Ton ait

Les équations de ce genre contenant des fonctions arbitraires d'arguments différents se rencontrent souvent en Géométrie. Nous laisserons au lecteur le soin de résoudre la précédente, nous contentant d'indiquer le résultat, qui donne les cônes généraux, les

(*) Rapprocher cette proposition des résultats obtenus par M. Cayley dans une Note Sur les surfaces divisibles en carrés par leurs courbes de courbure et sur la théorie de Dupin^ insérée en 1872 au tome LXXIV des Comptes rendus de rAcadémie des Sciences, p. i44^* Consulter aussi l'article Sur un point de la théorie des sur/aces, publié à la page 1617 du même tome par M. Combescure.

SURFACES A LIGNES DE COURBURE ISOTHERMES. a55

surfaces de révolution et les transformées par inversion de ces lieux séries de surfaces.

Lorsqu'on aura obtenu une solution du problème, c^est-à-dire déterminé cinq fonctions Xi satisfaisant à l'équation

(35) ^=Xô,

on en pourra déduire une infinité de solutions nouvelles. Il suffira d'introduire la solution particulière

où les constantes ai sont liées par la relation

et d'employer cette solution (o pour passer, en suivant la méthode de M. Moutard, à une nouvelle équation de la forme (35) qui donnera à son tour de nouvelles surfaces isothermiques. Ce procédé analytique, que nous signalons rapidement, n'est autre que la traduction des opérations géométriques indiquées plus haut au n« t3i.

Page 1