‹ Leçons sur la théorie générale des surfaces et les applications géométriques du calcul infinitésimal. 4ème partie (volume 5)Chapitre 76 sur 105 · II) 5Â · texte numérisé non relu

II) 5Â

T désignant une constante arbitraire. On reconnaît les propositions fondamentales de Jacobi.

En résumé, si Ton veut déterminer le mouvement défini par

les équations

cPa? ^ d^y <)U

of^» ~ dx' dt* ~ dy'

on considérera l'équation aux dérivées partielles

Toute intégrale de cette équation, égalée à une constante, donnera une famille de courbes dont les trajectoires orthogonales seront des trajectoires du mobile correspondantes à la valeur h de la constante des forces vives, et que l'on obtiendra en intégrant

les deux équations

dx __d^ dy d^

dt ~ dx^ dt '~ dy

Mais, si l'on connaît une intégrale de Téquation aux dérivées partielles contenant une constante a, on aura les équations finies de la trajectoire et le temps par les formules

de , (W

On obtient ainsi l'interprétation géométrique de la méthode de Jacobi. Elle consiste à former des systèmes orthogonaux dont une des familles est composée de différentes trajectoires du mobile, correspondantes toutes à la même valeur de la constante des forces vives.

540. Nous voyons, d'après ce qui précède, que lorsqu'on aura trouvé une solution, contenant une constante arbitraire, de l'équation aux dérivées partielles en 6, on pourra obtenir la solution complète du problème de Mécanique considéré. Réciproquement, si l'on a obtenu par Un moyen quelconque les équations en termes finis de toutes les trajectoires correspondantes à une valeur déterminée de A, on peut montrer que toutes les solutions de l'équation aux dérivées partielles s'obtiendront par une simple quadrature. Cherchons, par exemple, celle de ces solutions qui s'annule sur une courbe (C) donnée à l'avance. Nous déterminerons toutes les trajectoires du mobile qui sont normales à la courbe (C) et nous exprimerons x',y en fonction de x et de^. L'expression

X* dx -f- y dy

sera, nous l'avons vu, la différentielle exacte d'une fonction de deux variables et la fonction

f \^x' dx-^y dy).

où Xo, j^o désignent les coordonnées d'un point quelconque de la courbe (C), sera évidemment la solution cherchée. Comme on peut prendre pour a;', y deux systèmes de valeurs égales et de

signes contraires, on aura deux valeurs de 0 ne différant que par le signe.

On sait que l'on peut, d'une infinité de manières, ramener l'intégration d'une différentielle à plusieurs variables à celle d'une différentielle ordinaire. Appliquons ici cette remarque. Supposons que Ton se déplace sur la trajectoire normale à la courbe (C) passant par le point (x^y); dans ce cas, ^oj^o seront les coordonnées du point de départ de cette trajectoire; on aura

Calculons l'intégrale

2(V-hh)dt,

j^ot r»

en remplaçant x et^ en fonction de t. Le résultat sera une fonction de t et du paramètre qui fixe la position du point (^oj^o) sur la courbe (C). Il suffira de l'exprimer en fonction de ûc et de y seulement pour obtenir la fonction 6. Si l'on suppose que la courbe (C) diminue indéfiniment et se réduise à un point, cette seconde méthode coïncide avec celle qui a été donnée par Jacobi ; car alors toutes les trajectoires normales à (C) se transforment dans les trajectoires passant par un point fixe du plan.

541. Les systèmes orthogonaux que nous venons de définir, et dont une des familles est formée d'une série de trajectoires du mobile, jouent un rôle important dans l'étude de certaines questions, comme nous allons le montrer. Mais, auparavant, nous indiquerons comment on peut les obtenir tous sans intégration nouvelle lorsqu'on connaît une solution complète de l'équation aux dérivées, partielles (7).

Soit

une telle solution. Voici la méthode prescrite par Lagrange pour obtenir la solution la plus générale. On posera

6 = «p(a), 'f{a) désignant une fonction quelconque de a; le résultat de l'éli-

mination de a entre les équations

fournira la solution demandée. Nous pouvons ajouter ici la remarque suivante, que Ton vérifiera aisément. Soit

la solution ainsi obtenue; les trajectoires orthogonales des courbes

6 = CODSt.

seront définies par la seconde des équations (i4) (15) ^+<p'(a)=o,

OÙ Ton donnera à la constante a toutes les valeurs possibles.

Si2. Ces points étant admis, supposons que Ton veuille déterminer le système orthogonal dont une des familles est composée des trajectoires normales à une courbe donnée (C).

Ce problème est évidemment équivalent au suivant : « Trouver une solution 6 de l'équation aux dérivées partielles qui prenne une valeur constante donnée, zéro par exemple, en tous les points de la courbe (C). » Soit

l'équation de cette courbe. Proposons-nous, d'une manière plus générale, de déterminer la fonction 6 qui se réduit à une fonction donnée ^{x) lorsqu'on a

En substituant les valeurs de 6 et de j^ dans les équations (i4)? on trouvera les équations de condition

i [i(a7)=/(ar, X, a)4-cp(a),

qui feront connaître la fonction <p(a). U semble au premier abord que, pour résoudre la question posée, il faudra intégrer une équa-

lion différentielle; car, si Ton élimine x entre les deux équations (i6), on sera conduit à une équation de la forme

^(o, tp(a), 9'(a)) = o.

Mais, si l'on différentie la première des équations (i6), on trouvera, en tenant compte de la seconde,

11 est aisé de montrer qu'au système (i6) on peut substituer le

suivant :

1/(37, X, a)-f-«p(a) = jjL(ar),

Ces deux systèmes ont, en effet, une équation commune, et la différentiation totale de cette équation nous montre que la seconde équation de chacun d'eux est toujours une conséquence de la seconde équation de l'autre.

Or les deux équations (17) nous donnent, par l'élimination de X, une relation qui fera connaître cp(a) en fonction de a. La question proposée est donc résolue.

Il ne sera pas inutile, pour la suite, de remarquer qu'il y a deux intégrales distinctes, et deux seulement, prenant des valeurs données à Tavance en tous les points d'une courbe (C); car, si l'on veut déterminer, en chaque point de la courbe (C), les dérivées par rapport à a: de l'intégrale cherchée 0, on devra joindre à l'équation aux dérivées partielles

la relation

qui doit avoir lieu pour tous les points de la courbe (C). Or les deux équations précédentes déterminent deux systèmes

de valeurs différentes pour les dérivées -t-> t- prises en un point

quelconque de (C). Comme une intégrale est entièrement définie

quand on donne sa valeur et celle de ses dérivées premières en tous les points d'une courbe, on voit que la question proposée admettra bien deux solutions et deux seulement.

Dans le cas, que nous avons en vue, où la fonction Q doit avoir une valeur constante^ zéro par exemple, en tous les points de la

courbe cherchée, on a

les deux solutions obtenues sont égales au signe prés et ne peuvent pas être regardées comme réellement distinctes.

543. Comme conséquences des propositions précédentes, nous pouvons énoncer le théorème suivant :

Toutes les fois que Von connaîtra une intégrale complète de V équation aux dérivées partielles (7), on pourra toujours déterminer sans intégration un système orthogonal dont une des familles contiendra une courbe quelconque (C) donnée à V avance. U autre famille sera formée des trajectoires du mobile qui coupent à angle droit cette courbe (C) et correspondent à une même valeur de la constante des forces vives.

Dans le cas où la courbe (C) deviendrait infiniment petite et se réduirait à un point, on aurait le système orthogonal dont une des familles est composée des trajectoires du mobile qui passent par ce point. Si Ton remarque que, dans ce cas, l'équation (i5), qui représente toutes ces trajectoires, doit être vérifiée quand on y remplace x^ y par les coordonnées a:o, y^ du point considéré, on voit que Ton devra avoir

et, par suite, on pourra prendre On aura alors

et, d'après la règle donnée au n^ 542. il faudra éliminer a entre cette équation et sa dérivée par rapport à a.

Pour donner une application, considérons le mouvement des

corps pesants, dans lequel la fonction des forces est L'équation en Q devient ici

Elle admet la solution suivante :

(20) = ax -H 1 yy-\- h — a* dy = ax -4- x(j^-+- A — a*)* -h ^.

Pour trouver les courbes coupant à angle droit toutes les trajectoires paraboliques passant par un point fixe, l'origine par exemple, il faudra, d'après la règle précédente, déterminer b par la condition que 0 s'annule en ce point ^ ce qui donne

puis éliminer a entre l'équation (20), où l'on a remplacé b par la valeur précédente, et sa dérivée par rapporta a. On trouve ainsi, après un calcul que nous omettons,

Telle est l'équation des trajectoires orthogonales de toutes les paraboles passant par un même point.

544. Considérons d'une manière générale les systèmes orthogonaux que nous venons de défînir et dont une des familles est composée de trajectoires du mobile. L'élément linéaire du plaa prendra la forme

(22) rf*«=HVO»4-H;rfOÎ.

Si l'on se déplace sur une trajectoire 6| = const., on a

(23) fi?5»=H«û?e»=2(U-f-A)rf/«.

D'ailleurs l'équation

peut s écrire

(.4) ^^^-^^^^-ôidi-^ôy^^dî'

ËQ substituant la valeur de ^ dans la relation (23), nous aurons

La formule (22) prendra donc la forme (25) 2(U -f- h)ds^ = é/0«^-+- aïrfO;,

dont nous allons déduire plusieurs conséquences.

Nous voyons d'abord que, si l'on considère deux des courbes

de paramètre 6

et la portion de l'une quelconque des trajectoires du mobile comprise entre ces deux courbes, l'intégrale

yV^CU-f-A) ds = TrfO,

prise du commencement à la (in de cet arc, sera constante et égale à la différence ^ — a des valeurs de 6. Nous donnerons à l'intégrale précédente le nom d^ action. Comme la courbe 6 = a peut être choisie arbitrairement, nous pouvons énoncer le théorème suivant :

Étant donnée une courbe quelconque (G) et tes trajectoires du mobile normales à cette courbe, si l'on porte sur ces trajectoires, à partir de leur point d'incidence, des longueurs pour lesquelles l'action ait une valeur donnée à l'aisance mais quel^ conque, le lieu des extrémités de toutes ces longueurs formera une courbe qui sera encore normale à toutes les trajectoires.

Cette remarquable proposition, qui est due à MM. Thomson et Tait ( * X est analogue à celle que nous avons donnée au n^ 522

(*) Sir William Thomson and Tait, TreatUe on natural Philosophy, Vol. I, Part I, p. 353 de la deuxième édition ; 1879.

pour les lignes géodésiques. On pourrait, ici encore, la démontrer directement par le calcul des variations et en déduire tous les résultats précédents; on retrouverait ainsi la méthode suivie par Hamilton et par Jacobi.

En particulier, si Ton considère toutes les trajectoires passant par un point A et si Ton détermine sur chacune d'elles un point M, tel que Faction étendue à Tare AM ait une valeur constante donnée, le lieu des points M sera une courbe normale à toutes les trajectoires.

545. Si Ton rapporte les j)oints du plan au système de coordonnées formé par les trajectoires passant en A et par les courbes qui les coupent à angle droit, Télément linéaire du plan sera donné par la formule (aS), où 6 désignera l'action comptée à partir de A. Nous allons déduire de cette remarque une démonstration directe Au principe de la moindre action.

Ce principe peut être énoncé comme il suit :

Parmi tous les mouvements qui amènent le mobile dUin point A en un point M, la vitesse sur chaque trajectoire étant

réglée par V équation

(^»=2(U-hA),

le mouvement naturelest celui pour lequel Inaction, c*est-à-dire r intégrale

f \/'2(V -+- A) ds= f V ds,

\/'2(V -+- A) ds= f

A dx

est un minimum»

La démonstration est identique à celle que nous avons développée dans le cas des lignes géodésiques. Construisons toutes les trajectoires du mobile correspondantes à la valeur donnée de A, passant au point A; elles donnent naissance à un système orthogonal pour lequel on a

2(U -+- h) ds^ = ££e*H- a^d^\.

Cela posé, il est clair que le minimum de l'intégrale

prise entre les points A et M, correspondra au cas où rfO| sera nul, le chemin suivi étant la trajectoire qui unit ces deux points. Je n'insisté pas sur toutes les conditions qui doivent avoir lieu pour que la démonstration soit valable; elles sont identiques à celles qui ont été énumérées dans le cas des lignes géodésiques.

o46. Le principe d'Hamilton se rapporte à des hypothèses toutes différentes de celles qui interviennent dans le principe de la moindre action. Il concerne l'intégrale

Le mouvement de la nature est celui pour lequel cette intégrale est maximum ou minimum. Mais ici le mouvement est comparé à tous ceux qui ont lieu entre les mêmes points et dans le même temps, et, de plus, aucune loi n^ est imposée à la vitesse. Nous allons montrer qu'il y a réellement minimum.

Si A et M désignent encore les positions extrêmes et si l'on conserve le système orthogonal dont une des familles est composée des trajectoires passant en A, l'intégrale précédente deviendra

Nous allons la comparer à celle qui correspond au mouvement naturel, pour lequel 9| demeure constant.

Soient 60, Uo les valeurs de 6 et de U dans le mouvement naturel, 8, U, 80, Uo étant supposées correspondre à la même valeur du temps; posons

On a, nous l'avons vu,

(26) ^o^a(Uo+A).

L'accroissement de l'intégrale d'Hamilton, quand on passe du mouvement naturel à l'autre, est

452 LIVRB V. — CHAP. VI.

Remplaçons 0 par sa valeur Oq + co ; puis substituons la valeur de -^ déduite de la formule (^6). L'accroissement de l'intégrale deviendra

^ dt^ 'dF Vo-^hdtsi -. U,(Uo-*-A) .

-h Ui =^ 7 \al

4(U-f-A) 4(U-+-A) U-f-A dt ' U-f-

ou, après quelques réductions,

df»}i

dt* U} dti} Ui ^to ,

4(U-hA) V-^h de V-^h dt

Comme les deux mouvements se font entre les mêmes points et dans le même temps, o> est nul aux deux limites; on peut donc

supprimer le terme -^ et il reste pour Taccroissement de l'intégrale l'expression

Sous cette forme on voit clairement que l'intégrale d'Hamilto augmenté. Pour que l'intégrale précédente soit nulle, il faut que l'on ait à chaque instant

d^i dui ,,

ou

et ces équations caractérisent le mouvement naturel.

547. Nous ne nous étendrons pas davantage sur les principes précédents et nous remarquerons, en terminant, que la démonstration du principe de la moindre action peut se rattacher directement à la théorie des lignes géodésiques de la manière suivante.

X eiy étant les coordonnées rectangulaires d'un point du plan, U la fonction des forces et h la constante des forces vives, consi-

dérons la surface dont l'élément linéaire est donné par la formule

Cette surface sera représentée sur le plan açec conservation des angles; mais de plus la correspondance est telle quVi toute trajectoire du mobile dans le plan correspond une ligne géodésique de la surface et vice versa.

Cette proposition s'est déjà présentée plusieurs fois dans les raisonnements précédents. Nous aurions pu l'établir, soit en comparant l'équation différentielle (3) des trajectoires à celle (8) des lignes géodésiques (n^ Si'i)» soit en rapprochant l'équation aux dérivées partielles (7) de l'équation (5) (n® 531) dont dépend la recherche des lignes géodésiques. Nous pouvons maintenant la démontrer immédiatement; car, si l'on rapporte les points du plan à un système de coordonnées dont une des familles est formée de trajectoires du mobile, l'élément linéaire du plan sera donné par la formule (26); celui de la surface correspondante aura donc pour expression

par suite, les lignes 0| = cons4;., c'est-à-dire les trajectoires du mobile dans le plan, correspondront nécessairement à des géodésiques de la surface; et vice versa.

Comme application, considérons le mouvement d'un point attiré par un centre fixe en raison inverse du carré de la distance; r désignant la distance au centre fixe, on aura

La surface dont les lignes géodésiques correspondent aux trajectoires du mobile aura pour élément linéaire

ds^^f^ — ^ydx^-hdy^

ou,ien passant aux coordonnées polaires r, v^ (28) ds^= f~^ — ^ydr^-^r^dv^).

Les surfaces de révolution admettant cet élément linéaire sont

4S4 LM*»E T. — CBAP. TI.

(Jéfioîes par les lormules

'xr ia — r c

C «ri •

'xr la — r . . v

2'* ' ' y = mi • 5in — j

' <i in

"' ~" \ a J V ri 2a — /"'

Toutes les fois qae m sera commensurable. à an poînl du plan correspondront des points de la surface en nombre limité; et, par suite, toutes les lignes géodésiques qui ne viendront pas rencontrer la limite de la surface seront fermées, comme les ellipses du plan auxquelles elles correspondent.

518. Cetle correspondance, établie entre on pian et une surface de telle manière que les trajectoires du plan correspondent aox lignes géodésiques de la surface^ met immédiatement en évidence le principe de la moindre action, qui n*est autre chose que la traduction dans le plan de la propriété de minimum relative aux lignes géodésiques; mais elle conduit sans calcul à un grand nombre daulres propositions. Nous avons vu. par exemple, que. sur une surface, les courbes lieux des points tels que la somme ou la difl'érence de leurs distances géodésiques à deux courbes fixes (C), (C) soit constante forment un système orthogonal. Ce système peut évidemment se déterminer sans intégration toutes les fois que Ton connaît les deux courbes (C), (C ) et que Ton a Texpression de la distance géodésique de deux points de la surface. On peut même ajouter que, si Tune des deux courbes (C) est donnée, on peut déterminer Fautre (C) de telle manière que Tune des familles du système orthogonal contienne une courbe (D) donnée à Tavance. En reportant ce résultat dans le plan, nous obtenons la proposition suivante :

Toutes les /ois que ron aura, dans le plan, la solution complète d^ un problème de Mécanique et la fonction 6 relatii^eà ce problème, on pourra déterminer, sans intégration nouielle, une infinité de systèmes orthogonaux dans le plan, contenant une courbe (D) donnée à Vaiance ; les équations qui définissent

ces systèmes contiendront une fonction arbitraire d'une variable.

Au reste, cette proposition peut se démontrer directement de la manière la plus simple. Soient en efiet 6 et a- deux solutions quelconques de l'équation aux dérivées partielles (7). Oji aura

\dx) '^W) ~\di) -^[dyj et, par conséquent,

âx dx dy dy ~~ '

Cette équation exprime que les courbes

8 — a = const., 6-h<J=const.

se coupent à angle droit et forment les deux familles d'un système orthogonal. Si Ton veut qu'une certaine courbe (D) fasse partie de l'une de ces familles, il suffira de déterminer deux solutions 8, 0- de l'équation aux dérivées partielles qui aient la même valeur en chaque point de la courbe (D). On prendra o* arbitrairement, ce qui introduira une fonction arbitraire; 9 sera ensuite déterminée par la condition d'avoir la même valeur que (t en tous les points de la courbe (D). Nous savons (n** 542) que 8 sera une fonction distincte de a*.

S49. Les propositions générales qui précèdent permettent d'établir que l'on pourra déterminer une infinité de systèmes orthogonaux algébriques dont fera partie une courbe algébrique quelconque, donnée à l'avance. Remarquons d'abord qu'il y a une infinité de problèmes de Mécanique pour lesquels Vaction est une fonction algébrique, c'est-à-dire pour lesquels l'équation

admet une intégrale complète algébrique. Sans parler même du cas où la fonction des forces est nulle, prenons, par exemple,

(3i) U = Aar*" -h Bj^'»,

A et B ëtant des constantes quelconques et m, n deux entiers. On aura la solution complète

qui est évidemment algébrique. Si l'on applique les méthodes précédentes en employant cette valeur de 0, on voit que toutes les solutions de Téquation (3o) assujetties à prendre une valeur algébrique en tous les points d'une courbe algébrique seront algébriques. On pourra donc obtenir une infinité de systèmes orthogonaux algébriques dont fera partie une courbe algébrique donnée. Ces systèmes sont de deux espèces différentes. Les uns, dont Hune des familles sera formée par les trajectoires du mobile qui coupent à angle droit la courbe donnée, sont analogues aux systèmes orthogonaux formés avec une famille de courbes parallèles et leurs normales communes. Les autres seront analogues au système orthogonal formé par les deux familles de courbes lieux des points tels que la somme ou la différence de leurs distances géodesiques à deux courbes fixes (G), (C) soit constante. Ils contiendront dans leur définition une fonction algébrique arbitraire, alors même que Ton aura assujetti une courbe donnée à l'avance à faire partie de l'une des deux familles du système orthogonal.

5S0. Il est aisé de voir que la méthode précédente s'étend à l'étude du mouvement d'un point sur une surface et, en général, à tous les problèmes de Mécanique dans lesquels il y a une fonction des forces, la position du système mobile dépendant de deux variables seulement. Nous ne développerons pas les calculs, qui seront donnés plus loin lorsque nous traiterons du problème le plus général de la Mécanique; et nous nous contenterons d'indiquer ici d'autres questions de Mécanique dans lesquelles on retrouve les propriétés que nous venons d'étudier.

On doit à différents géomètres (*) des propriétés des brachisto-

(*) Voiry par exemple, Roger, Thèse sur les brachistochrones {Journal de Liouville, i'* série, t. XIII, p. 4i ; i848).

Andoyer, Sur la réduction du problème des brachistochrones aujc équations canoniques {Comptes rendus, t. C, p. 1677; i^^^)*

chrones, analogues à celles que Gauss a fait connaître pour les lignes géodésiques. L'explication de ce fait repose sur la remarque suivante.

Proposons-nous de déterminer les brachislochrones sur une surface (S). La vitesse du mobile étant donnée par Téquation des forces vives

les brachistochrones seront les courbes pour lesquelles l'intégrale

ds r * ds

f^-fi

v/U-hA

prise entre deux points quelconques de la courbe, sera minimum. Or, si l'on considère la surface (S') pour laquelle l'élément linéaire ds' est déterminé par la formule

(33) ds'*=ï^,l'

elle correspondra à la surface (S) avec conservation des angles; et les brachistochrones de (S) correspondront aux lignes géodésiques de (S') y l'arc de chaque géodésique étant égal au temps dans lequel est parcourue la portion correspondante de la brachistochrone. Cette simple remarque permet d'étendre aux brachistochrones toutes les propriétés des lignes géodésiques. On reconnaît ainsi, en particulier, que les brachistochrones satisfont réellement à leur définition et que le temps dans lequel un arc quelconque de ces courbes est parcouru est réellement un minimum, pourvu toutefois que cet arc ne soit pas trop étendu.

On peut aussi assimiler les brachistochrones aux trajectoires dans un mouvement plan; et cette comparaison oSre l'avantage de s'étendre d'elle-même aux brachistochrones dans l'espace.

Supposons l'élément de la surface (S) ramené à la forme

(34) ds^ = 'k{dx^-hd/^).

L'intégrale qui doit être minimum est

yX ^dx^-h dy^

En vertu du principe de la moindre action, on reconnaît immé-

dialement que les brachistochrones correspondent aux trajectoires d'un mouvement plan dans lequel la fonction des forces U' aurait pour valeur

TJ'— ^

la vitesse du mobile étant donnée par la formule (35) v*=2l]',

où la constante des forces vives a la valeur particulière zéro. Des remarques analogues peuvent être faites aussi en ce qui concerne les figures d'équilibre d'un fil flexible et inextensible. Mais nous laisserons ce point à l'examen du lecteur.

551. Dans les développements précédents, nous avons associé seulement celJes des trajectoires pour lesquelles la constante des forces vives a la même valeur. Celte restriction est bien d'accord avec l'esprit de la Mécanique moderne, qui attache moins d'importance aux forces qu'à Y énergie et qui permet de regarder comme distincts deux problèmes dans lesquels, la fonction des forces étant la même, l'énergie totale est différente. Quoi qu'il en soit, en groupant les trajectoires pour lesquelles la constante des forces vives prend des valeurs différentes, on obtient les résultats suivants que nous allons rapidement signaler.

Considérons des trajectoires quelconques, formant une famille analogue à celles que nous avons définies au n** 538; x' et^ seront encore des fonctions de x et dey; mais la constante A, variant quand on passe d'une trajectoire à Tautre, devra être considérée ici comme une fonction de x et dey. On aura encore les équations

, àx' , dx' à\}

àx dy dx

' dx ày dy*

Mais la différentiation de l'équation des forces vives donnera des résultats différents; il ne faudra plus y regarder h comme une constante indépendante de ^ et de y. La différentiation donnera

LES MOUVEUENTS DANS LE PLAN. 45r)

donc les équatîoDS

,dx' ^dy' àh d\}

àx dx dx àx (3?) {

' ^ ^ ,dx' ,dy dh dv

ày -" ày ây ôy

Si l'on élimine ^> -r— entre ces équations et les précédentes, on trouvera

,(dy d^\ __ dh

dx

dh

J \ An^ A., I ^j.

/ày __ dx^\ \dx ây /

^,(ày àx;\âh \ôx dy / dy

Posons maintenant OQ aura d'abord

/o X , i dh , i dh

la substitution de ces valeurs de x' ^ y' dans l'équation des forces vives donnera la relation

où AA désigne le paramètre diiTérentiel de Lamé

et qui fera connaître X. On obtient ainsi

, \^2(/i4-U) dh , v^/mj) dh

•^ s/t,h àx ^A/i ày

En portant ces valeurs dans la formule (38), qui sert de définition à X, on trouve l'équation aux dérivées partielles du second ordre

d^ /y/U-f-A dh\ d /y/U-f-A dh\ 1 y/A/i ^^ àx \ /Kh àx) '^ dy\ y/Â7j dy) ~ 2 ^\ï~^rk

qui définit la fonction h. Lorsqu'on aura une solution quelconque

46o LIVRE V. — CHAP. VI.

de cette équation, les courbes

h = CODSt.

seront les trajectoires de la famille correspondante, et les équations (4i) feront connaître en chacun de leurs points les composantes de la vitesse du mobile. Inversement, si Ton sait déterminer les trajectoires, on saura aussi intégrer l'équation aux dérivées partielles (4^). Lorsqu'on aura obtenu, avec deux constantes arbitraires a et 6, l'équation générale des trajectoires

il suffira d'y remplacer a et 6 par des fonctions quelconques de h pour obtenir l'intégrale générale de l'équation (42).

Supposons, par exemple, que la fonction des forces soit nulle : les trajectoires seront des lignes droites représentées par l'équation

y = aar-+- b.

L'intégrale de l'équation aux dérivées partielles correspondante sera donnée par la formule

y =^cp(A)-h4/(A),

ce qu'il est aisé de vérifier.

Une circonstance particulière donne quelque intérêt aux remarques précédentes. L'équation aux dérivées partielles (4») intervient dans l'étude d'une question de minimum relative à l'intégrale double

qui est d'une forme analogue à celle que Riemann a considérée dans le principe de Dirichlet.

Imaginons que la fonction h soit donnée pour tous les points d'un contour fermé limitant une aire plane A. Si l'on exprime que l'intégrale double précédente étendue à tous les points de cette aire est minimum^ on sera conduit, en égalant à zéro la variation première, à une équation aux dérivées partielles qui sera précisément l'équation (42).

Ainsi, à tout problème de Mécanique dans le plan (et plus

LES MOUVEMENTS DANS LE PLAN. i6l

généralement à deux variables indépendantes), on peut rattacher une propriété de minimum relative à une intégrale double.

Quelques considérations de Géométrie auxquelles le lecteur suppléera facilement permettent d'ailleurs de déduire cette propriété de minimum du principe de la moindre action.

552. Dans les deux Chapitres suivants, nous associerons seulement des trajectoires pour lesquelles la constante des forces vives aura la même valeur; nous allons donc indiquer ici sans démonstration Textension que Ton peut donner aux propriétés précédentes. Pour plus de netteté, nous nous contenterons, dans Ténoncé des propriétés généralisées, de considérer les mouvements dans l'espace.

Si Von cherche à déterminer les fonctions \ et y. de x et de y de manière à rendre minimum l'intégrale triple

\dy dz dz dy ) \dz dx dx dz ) \dx dy dx dy ) X ?(^» yy -5' ^» V-) dx dy dz,

étendue à un volume fermé y les fonctions Xet ^ étant assujetties à prendre des valeurs données en tous les points de la surface ou des surf aces qui limitent ce volume, il suffira dHntégrer les équations du mouvement relatives à un problème de Mécanique où la fonction des forces serait o{x^y, z^ \ [à), la constante des forces vives étant nulle et "k et ^ étant traitées comme des constantes, puis de remplacer dans les équations générales de la trajectoire les constantes arbitraires par des fonctions quelconques de X et de [t.; on obtiendra ainsi deux , équations qui feront connaître "k et [x.

Si l'on cherche la fonction X qui assure le minimum de V intégrale triple

étendue à un volume fermé, X étant assuj'ettie à prendre des

valeurs données en tous les points de la surface qui limite ce

volume, les surfaces

X = const.

dei'ront être celles pour lesquelles V intégrale double suivante, où di désigne l'aire dUin élément de surface,

étendue à la portion de la surface comprise dans un contour donné quelconque, sera un minimum.

En considérant, par exemple, l'intégrale

"»' //Mi)'-(i)'-(êr-*-.

qui correspond à riiypothèse cp = i , on reconnaîtra que les surfaces X=const. devront être des surfaces minima. On. est ainsi conduit au résultat suivant :

. Si V équation

X = const.

représente une famille de surfaces minima, X devra satisfaire à l'équation aux dérivées partielles

oà AX est le paramètre différentiel du premier ordre

Ce résultat est dû à Riemann ('), qui a même montré, comme on le vériGe aisément par un calcul direct, que, si Ton a une seule surface représentée par l'équation

il suffira, pour que la surface soit minima, que l'équation aux dérivées partielles précédentes, au lieu d'être vérifiée identiquement, le soit seulement en vertu de l'équation de la surface.

(') Riemann' s Gesammelte Werke^ p. 3ii.

La forme précédente (47) de l'équation aux dérivées partielles des surfaces mînima se rattache directement à celle de Lagrange (I, n® 175), que Ton retrouve d'ailleurs immédiatement en supposant Téquation de la surface mise sous la forme

les remarques par lesquelles nous Tavons obtenue montrent que l'on pourra écrire immédiatement, en coordonnées curvilignes quelconques, l'équation aux dérivées partielles des surfaces minima; car, si l'élément linéaire de l'espace est donné par la formule

(49) ds^=n^dp^-^U\dp\^îl\dpl, l'intégrale (46) prend la forme

(50) r r Cy/IXmhïUdp dpidpt,

et la propriété de minimum, que nous avons signalée sans calcul, conduit à l'équation ^

qui remplace l'équation (47). On pourrait suivre la même méthode si l'on employait des coordonnées curvilignes obliques.

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