‹ Leçons sur la thérapeutique de la métriteChapitre 4 sur 9 · HCITIÈME ET NEUVIÈME LEÇONS · texte numérisé non relu

HCITIÈME ET NEUVIÈME LEÇONS

SOHSIAmE : Thérapeatiqne de la ni«Lrila. Cansidéritiaoi généniei. — Phjsiolngio palholagiiine ds l'ioflammaliaD ainrine, rraiument local ou i\m lésLoos. Tnilsmeot palliog>^nii|ue, Trailemenl nOEOlogirjna. — Coniiiléntians tyraoeullann i»!éiisBur l'eiiileaci? Ae l'adéDo-l^mphlL' alcrine et péri-utériau : 1° Traia anti ililogïiliqaii. Hedicalion rémliiii!. b Mélrite chroaiqne ;

Messieurs, L'étude synthétique des lésions, des symptômes et des causes de la métrite vous met à même d'apprécier la thérapeutique de cette affection, vous guide dans le choix des moyens si variés qu'elle comporte.

La thérapeutique, pour être réellement efficace, doit correspondre au triple diagnostic de la métrite. Le traitement de la lésion ou traitement local varie suivant le diagnostic anatomique; le traitement pathogéuique qui a pour but d'écarter, de supprimer toutes les circonstances qui favorisent, qui provoquent l'inflammation utérine, est en rapport avec le diagnostic pathogénique; le traitement nosologique s'adresse à la maladie dyserasique, à la maladie constitutionnelle ou diathésique, sous l'influence de laquelle évolue la métrite; il correspond au diagnostic nosologique. Si à toutes ces indications thérapeutiques, vous ajoutez celles basées sur la modalité clinique de l'affection, sur son irritabilité ou sur sa torpidité, vous êtes assurés que l'inflammation utérine, quel que soit son degré, n'est plus rebelle à vos efforts ; que la guérison en est la conséquence, et vous direz avec moi que la métrite n'est pas incurable, ainsi que les gynécologues l'ont prétendu. Mais, sachez-le, pour arriver à ce résultat, il faut de la persévérance, aussi bien de votre part que de votre malade, car il s'agit d'un traitement de longue durée. On l'a dit avec raison : à une affection chronique, à évolution lente et progressive, il faut un traitement progressif et continu.

Quel est le traitement local, le traitement des lésions de la métrite? Ce traitement, si nous consultons les ouvrages des gynécologues, ne serait ni simple ni facile. Nous voyons figurer en effet presque toute la matière médicale et une foule de procédés qui tour à tour ont été mis en œuvre pour arriver au but désiré : la guérison de la métrite. Il en résulte que le médecin ne sait à quel procédé, à quel médicament s'adresser lore-

' qu'il veut traiter localement l'inflanmiatioD utérine. Cette médication variée tient à ce que les médecinB ont négligé totalement la physiologie pathologique des léaione. S'ils l'avaient prise pour base, ils n'auraient pas été conduits à préconiser telle ou telle médication, tel ou tel procédé opératoire ; ils auraient compris que les lésions si diverses de la métrite dérivent toutes de l'inflammation et qu'à ce titre elles comportent, tout d'abord, l'indication de traiter celle-ci, puis celles-là. Ils auraient ainsi établi deux médications : l'une se basant sur la physiologie pathologique del'inflammatioo; l'autre ayant pour objet les lésions qui résultent de l'organisation des exsudais inflammatoires. De cette manière, au lieu de faire une thérapeutique empirique, ainsi qu'on le voit trop souvent encore, ils auraient institue une thérapeutique sur des bases fixes et inébranlables; Us auraient institué une médication synthétique, s'adreesant à l'inflammation ; une médication analytique s'adressant aux lésions et par conséquent aussi variée que celles-ci. Tout le succàs de la thérapeutique locale de la métrite repose en efl'et sur ces deux indications : 1° traiter la lésion inflammatoire ; 2° traiter les lésions consécutives à l'inflammation.

Pour répondre h la première indication, le médecin se guide sur la physiologie de l'inflammation qui est pour l'utérus, nous l'avons vu à propos de l'anatomie pathologique, analogue à celte des autres organes.

Que nous apprend-t-elle ? A l'état physiologique, vous le savez, la cellule subit un mouvement incessant d'assimilation et de désassimilatîon, et puise dans les liquides sanguins et Ij-mphatiques qui la baignent les éléments de ce travail de nutrition. Sous les influences irritatives et morbides la cellule s'altère, se développe souvent outre mesura, les éléments lymphatiques et sanguins apportent à ce processus des éléments nombreux d'activité. Au bout d'un certain temps, le plus souvent assez court, cette activité pathologique cesse et les éléments anormaux ainsi produits, disparaissent peu à peu. Cette résorption se produit de trois façons : tantôt les produits lymphatiques, nou encore bien organisés, sont repris par la circulation lymphatique; tantôt les nouveaux éléments produits subissent des transformations granulo -graisseuses, et c'est à cet état granulo- moléculaire que se fait la résorption; tantôt enfin c'est l'élément fibreux qui vient, en se substituant aux produits de néoformation, étouffer ces derniers et arrêter leurs progrès régressifs.

Ce résumé, que j'emprunte à mon ami et collègue D^ja^din-Beaumet^, montre la conduite que le médecin doit tenir dans le traitement local de l'inflammation utérine, qui est constituée, ai-je dit, par l'exsudation des cellules lymphoïdes, la protifération cellulaire, ta transformation scléreuse de tous ces produits.

S'appliquer à modérer le travail exsudatif, à modifier la circulation sanguine et lymphatique, à activer la résorption des néoplasies infiammatoires, tel doit être l'objectif du gynécologue.

Tout d'abord la médication dite antip h logistique, puis la médication dite résolutive, seront mises en œuvre pour répondre à ces diverses indications.

Mais avant do faire l'étude de ces diverses médications, il est un aphorisme que, depuis 1877, je place en tête da traitement local de la métrite et que je dois vous rappeler parce qu'il me semble méconnu de la plupart

- Wgfaécf)\o^e&. Cet aphorisme est le suivant : Eviter dans lé'E

local de la mctrite toutrooyen thérapeutique susceptible d'exciter l'inflammation lymphatique utérine et péri-utérine; s'abstenir de toute manipulation ou opération tant que cette inflammation persiste.

L'adéno-lympliite utérine et péri-utérine, ainsi que je l'ai dit et je ne eaurais trop le redire, est l'origine de toutes les complications dites périutérines, décrites par les auteurs aous le nom de phlegmon péri-uterin, de phlegmon du ligament large, de péri-inétrite, de pelvi -péritonite. Or, comme cette lésion du système lymphatique est adéquate à la métrite, qu'elle diminue ou augmente suivant que l'inflammation utérine diminue ou augmente, qu'elle persiste alors même que la n;étrîte est guérie, U s'ensuit que toute cause ayant pour effet d'augmenter l'inflammation utérine accroît d'autant l'inflammation lymphatique et expose la malade aux complications de cette dernière. La clinique montre tous les jours la relation intime qui unit ces deux lésions, l'influence réciproque de l'une sur l'autre. Aussi le médecin ne saurait trop apporter son attention alors qu'il examine une femme, alors qu'il institue le traitement local de la métrite. C'est parce que les gynécologues ignoraient cette relation, c'est parce que la plupart d'entre eux l'ignorent encore, que les recueils médicaux font mention de nombreux accidents survenus à la suite d'explorations, d'opérations sur l'utérus, et que tous les jours je suis à même de constater les complications graves survenues pendant le traitement de la métrite et parfois la mort des malades.

H suffit d'observer les faits si nombreux, si variés du service de Lourcine, pour reconnaître que les accidents péri-utérins sont bien le résultat de l'adéno-lymphite. Il suffit en effet d'observer telle ou telle malade atteinte d'une métrite avec adiino-lsonphite droite par exemple, qui, le leademain d'une de mes conférences où le toucher vaginal a été pratiqué par plusieurs assistants, présente une adéno-lymphite gauche, parfois une péri-adénite et dans quelques cas une pelvi- péritonite ; il suffit d'observer une femme qui, sous l'iimuence d'une excitation vénérienne, d'un attouchement manuel, éprouve une recrudescence de la métrite et par suite de l' adéno- pelvi - p éritonite ; il suffit enfin de voir une femme qui, par suite du coït, du saphiame, d'une iqjection vaginale, d'une douche aacendente, d'une cautérisation, présente les accidents péri-utérins les plus sérieux, pour s'assurer que telle est bien la pathogénie des accidents dits péri-utérins. H en est de même à la suite de l'application de l'électricité sur l'utérus, de pcssaires, du massage utérin.

La connaissance de tous ces faits vous donne, ainsi que je le dis deptiia plusieurs années dans mes conférences cliniques journalières, ainsi que je l'ai dit au Congrès de Copenhague en 1884, l'explication des accidents périutérins, de la mort même, signalés par tous les auteurs comme étant survenus à la suite des plus simples manipulations, telles que le toucher, l'application du spéculum ; à la suite des opérations les plus simples, telles que les cautérisations au nitrate d'argent, à la teinture d'iode, telles que les iiyections vaginales, les douches abdominales, vaginales ou ascendantes; et à plus forte raison à la suite d'opérations plus sérieuses, telles que la cautérisation à l'acide nitrique, au nitrate acide de mercure, au fer rouge, les scarifications du col, l'ignipuncture, le cathétérisme utérin, les injections et cautérisations intra-utorines, l'incision des orifices utérins, la dilatation du col et des orifices, brusque ou progressive, le redressement

ruaque de l'utérus au moyen dia redresseur ou simplement à l'aide des r doigts, de pess.iices, l'ablation de polypes, etc., etc.

Ces accidents prouvent donc que l'utérus, si souvent traité et si niai traité, exige que les manipulations les plus simples aussi bien que les opérations les plus compliquées, tout en étant faites avec le plus grand soin, avec la plus grande douceur, obéissent à des indications et des contre-indications que le médecin doit toujours résoudre avant d'entreprendre le traitement de la métrite, et cela aussi bien pour le traitement local que pour le traitement général, pour le traitement hydro-minéral. Ces indications et contre- indications reposent, je le répète, Nur l'existence de l'adéno-lymptiite qui, tant qu'elle est aiguë, subaiguë et parfois même chronique, qu'elle se complique surtout de phlegmon ou de pelvi -péritonite, doit être pour le médecin la règle absolu* de rejeter toute intervention active. C'est parce que je me conforme toqjours à ces indications thérapeutiques que je n'ai jamais eu, alors même que j'interviens énergiquement, à regretter aucun accident. Je vous conseille donc de suivre mon exemple; et je vous répète : ne négligez Jamais d'examiner avec douceur et lenteur tout l'appareil génital avant de procéder au traitement local dont il me reste à vous exposer les diverses méthodes.

Jp n'ai pas la prétention, Mesâeurs, en abordant le traitement local de la métrite, de passer en revue tout l'arsenal thérapeutique qui a été et qui est Journellement employé. Je vous renvoie à mon traité de gynécologie, si vous voulez des détails. Aujourd'hui, mon désir est de vous signaler les médications qui me paraissent les plus efficaces par l'usage que j'en ai fait depuis 1877 sur plusieurs milliers de malades. Les résultats heureux que J'en ai obtenus vous sont un siir garant de leur énergie dans le traitement des lésions de la métrite. Que la métrite soit ou non constitutionnelle, le traitement local est le même, sauf quelques rares exceptions.

Si la métrite est aiguë, faites usage d'abord des antiphlogistiques. La saignée générale est indiquée quand la métrite est traumatique et reconnaît pour cause une contusion violente (coït), des manœuvres abortives ; quand la femme est robuste, pléthorique ; quand enfin il existe une réaction fébrile intense. La saignée locale, toutefois, est le plus ordinairement employée.

Elle se pratique de quatre façona : 1° sangsues appliquées sur le col utérin dont on a préalablement obturé l'oriâce; 2" application de la ventouse sur le col ; .3° scarifications du col à l'aide du bistouri, du scarificateur de Sinéty, ou du thermo-cautère ; 4° tampons vaginaux imbibés de glycérine neutre. J'insiste sur ce dernier moyen qui m'a toujours donné les résultats les plus satisfaisants.

Vous connaissez les propriétés osmotiques de la glycérine. Elle décongestionne les tissus et elle donne lieu à un écoulement considérable d'un liquide séreux. Pour faire un pansement glycérine, vous composez, avec de la ouate hydrophile, un tampon du volume du doigt, de 7 à 9 centimètres de longueur, vous l'imbibez de glycérine, etaprès l'avoir fixéà uu fil destiné à le retirer, vous l'introduisez dans le vagin à l'aide du spéculum Ferguson et des pinces à pansements. Vous le disposez de façon à entourer le col utérin et à réduire la déviation existante, Il doit rester en place durant dix-huit à vingt heures. Rapidement, un liquide séreux c

à s'écouler. Son iibondaiice peut ^tre telle que la malade est obligée de

changer plusieurs fois de linge. Cet écoulement persiste alors même que le tampon a été enlevé. C'est ce tju'on a appelé la saignée blanche. Il faut recommenc43r tous les jours tant que la congestion utérine persiste, que l'utérua est volumineux, que le tissu utérin reste dur. Vous appréciez l'action an tiphlogis tique de la glycérine par la disparition de la douleur lombaire, de la pesanteur du baa-ventre. Par suite de cette action, la circulation utérine devient plus active, le mouvement d'assimilation et de désassimilation se prononce, la résorption des produits lymphoïdes s'accentue, la transformation scléreuse s'arrfjte et la lymphangite se résout.

Les émollîents trouvent souvent leur emploi. Je donne la préférence aux cataplasmes vaginaux, formés avec le fucus vésîculosus. La malade découpe le cataplasme en fragments. Elle en met un dans un peu d'eau très chaude, de façon à le ramollir et à le rendre visqueux. Elle l'enroule et le place dans le vagin. Elle le retire au bout de cinq heures et se fait une irrigation vaginale d'eau de pavot. Ces cataplasmes ne sont supportables que si l'adéno-Iymphito n'est pas très doulourease. Si la douleur est intense, il vaut mieux avoir retours à des fomentations, à des fumigations. La malade s'introduit ma canule vaginale qui, vous le savez, a la forme d'une petite épr ou vette parsemée d'orifices. On place dans un vase surmonté d'un entonnoir une décoction bouillante de guimauve et de pavot, et on adapte l'extrémité de l'entonnoir à la canule vaginale, de façon que la vapeur qui se dégage vient baigner l'utérus et les parois vaginales.

Je conseille aussi les irrigations émollientes faites pendant le décubitus dorsal, en recommandant d'ouvrir à peine le robinet de l'irrigateur, afin d'éviter le jet du liquide qui est toujoure dangereux par la contusion de l'utérus. C'est pour cette raison que j'ai absolument proscrit les injections vag;inales, et que je recommande aux femmes de faire toujours leur toilette intime en se plaçant dans le décubitus dorsal, de se servir d'un irrigateur et de ne jamais employer les injecteurs que les fabricants s'ingénient tous les jours à confectionner. Je conseille les bains généraux ou de siège, auxquels je fais ajouter un demi-kilogramme d'amidon, ou, s'il y a une douleur, une décoction d'un kilogramme de graines de lin et de six pavots. Ces différentes décoctions doivent être faites séparément. On les mélange ensuite et on verse dans le bain. S'il y a une grande excitation du système nerveux, on donne un bain de tilleul. H est bien entendu que la malade doit employer la canule vaginale dés qu'elle s'est mise au bain.

Lorsque la métrite est aiguë, très douloureuse, que l'adéno-lymphite est très intense, que le ténesme anal existe, on etit obligé de recourir -aux narcotiques. Dans un irrigateur rempli d'une décoction de guimauve, je fais mettre vingt gouttes de laudanum de Sydenham. Toutes les heures, La malade s'introduit dans le rectum la canule de l'irrigateur, et fait exécuter un tour seulement au robinet de l'instrument, de façon à faire pénétrer au plus dans l'intestin la valeur d'une cuillerée à bouche de liquide. Cette petite opération est, suivant les circonstances, répétée plus ou moine souvent. Elle calme très bien ces douleurs expultrices, ce ténesme, qui, si souvent, fatiguent la malade, et qui toujours reconnaissent pour cause l'adéno-lymphite et l'û-ritatioa du cul-de-sac postérieur du péritoine.

Parmi les révulsifs cutanés auxquels vous aurez recours, je place en première ligne l'essence de térébenthine. J'applique sur le ventre des

B-eompresseB imbibées de cette essence. Ce moyen, préconisé par Vidal, dans les cas de péritonites puerpérales, m'a rendu les plus grands services, même alors qu'il s'agit de péritonites d'une autre origine.

Une jeune fille des environs de Soissons, atteinte d'une péritonite aiguë très grave, que je voyais en consultation avec le D' Houzelot 'de Meaux), a été guérie far l'application sur l'abdomen de compresses imbibées d'esseoce de térébenthine. J'ai employé ce médicament dans d'autres circonstances, que je dois aussi voua faire connaître, afin que si le malheur veut que vous vous trouviez en présence des mêmes faits que moi, vous puissiez en retirer les mêmes avantages. En 1875, pendant la petite épidémie de choléra qui se montra au mois de septembre et d'octobre, je remplaçai M, VuJpian k l'hôpital de la Pitié. J'eus à soigner plusieurs eholériquea ; j'ai obtenu les meilleurs résultats de l'enveloppement des membres et du tronc de mes malades avecdes bandes de flanelle imbibées d'fssence de térébenthine. J'ai observé ces mêmes résultats par l'application sur l'abdomen des compresses térébenthinées, dans les ôëvres typhoïdes compliquées de péritonite par propagation. Mais il faut surveiller attentivement la peau des malades, afin d'éviter la vésieation,

M. Th. Anger a préconisé les applications sur le ventre de compresses imbibées d'alcool à 90°, et qu'on a exprimées légèrement. Les compresses doivent être de vieux linge, d'ouate, d'amadou, ou de tarlatane dégommée et pliée en sept ou huit doubles. On recouvre le tout avec une toile cirée ou en caoutchouc, afin d'éviter l'évaporation.

J'ai encore recours aux frictions abdominales avec l'onguent mercuriel mélangé à la belladone, suivant la formule suivante :

Aiûiige W grammes.

Onguent mercuriâl doubla 10 —

Extrait de belliidone 4 —

Il faut surveiller la muqueuse buccale et craindre la stomatite mercufielle. Je signalerai enfin ta teinture d'iode, les vésicatoires, le collodîon " itique.

Behrœder, contre les violentes douleurs abdominales qui accompagnent parfois la métrite aiguë, préconise les com,presses de Priessnitz, que l'on applique de la façon suivante : « On trempe dans l'eau fraîche un essuiemain plié on deux, on le tord de façon à ce qu'il no dégoutte plus et on l'applique sur la peau nue de l'hypogastre, puis on l'enveloppe de toute part d'une couverture de caoutchouc ou en flanelle, La compresse humide s'écbaufl'e à la température du corps, et reste humide pendant longtemps, attendu que l'évaporation est empêchée. Cette compresse constitue, en quelque sorte, une couverture constamment chaude et humide, »

Les révulsil's intestinaux doivent consister en laxatifs. Il faut se garder d'employer les purgatifs violents qui excitent la contractilité intestinale, produisent du ténesme et réveillent les douleurs péri-utérines ; il faut avoir recours surtout à l'huile de ricin, à la dose d'une cuillerée à café; à une eau minérale purgative naturelle, à la dose d'un verre à bordeaux, tous les matins ou tous les trois jours, suivant l'action produite.

Lorsque la métrite aiguë, malgi'é le traitement, poursuit son évolution, qu'elle passe ii l'état chronique, ou bien lorsqu'elle présente cet état dès le début, la médication antiphlogistique peut encore être employée et, dans ce cas, aux saignées localea, aux acariflcations du col, je préfère

l'application du tampon de coton hydropMle imbibé de glycérine. Ces tampons sont indiqués toutes les fois que le col de l'utérus est gros, violacé, que les tissus sont moua, piitcux, que l'adéno-lymphite .est douloureuse. En même temps je prescris les irrigations vaginales avec une infusion de feuilles de myrte, à une température de 40 à 50 degrés, des bains entiers à l'eau do son tous les deux jours, avec l'emploi de la canule vaginale. Je continue, en outre, l'emploi des révulsifs cutanés et intestinaux.

Lorsque le volume du col et dn corps de l'utérus restent volumineux, ) lorsque les tissus deviennent durs, indice de la transformation scléreuse qui débute, la médication doit être résolutive; il s'agit de produire des modiâcationa plus ou moins intimes dans les actes de nutrition ou de dénutrition des éléments cellulaires, de favoriser leur dégéuérescence granulo-graisseuse, afin de faciliter les échanges constanls entre la cellule et les liquides qui l'entourent, activer la résorption des produits inflammatoires, ou bien favoriser le développement du tissu fibreux ou cicatriciel qui vient étoufTer les néoplasmes morbides.

Cefi effets se produisent, vous le savez, soit par l'intermédiaire du système nerveux, par les nerfs trophiques, en déterminant des modifications plus ou moins profondes dans la circulation capillaire et lympatMque, soit en exerçant une action directe et destructive des tissus.

Les médicaments, dits résolutifs, ont été divisés, vous le savez, en plusieurs groupes : les fondants, les désobstruants et les résorbants ; les premiers ayant pour but d'amollir les produits morbides, les seconds ayant pour effet de rendre plus libre la circulation capillaire artérioso- veineuse ou lymphatique, les troisièmes permettant la résorption des matériaux ayant subi des modifications plus ou moins profondes. Cette division, ainsi que l'a dit Dujardin-Beaumetz, est excellente ; elle donne une explication très réelle des phénomènes physiologiques qui se passent dans les tissus morbides.

Pour obtenir ce résultat, dit l'éminent médecin de l'hôpital Cochin, les moyens thérapeutiques sont nombreux. Les uns agissent d'une façon mécanique, tels sont la compression et le massage ; les autres beaucoup plus actifs agissent surtout par révulsion.

Je ne veux pas suivre mon excellent collègue et ami dans les savantes déductions qu'il donne de la médication résolutive, il me suffit de vous en avoir donnéles principes généraux etdevousmonirer que cette médication, appliquée au traitement local delà métrite donne les plus sérieux résultats, alors qu'elle est employée avec discernement et en prenant pour base de ses indications l'état anatomique du tissu utérin et de radéno-ljinpliite.

C'est ainsi que l'adéno-lymphLte étant douloureuse, compliquée d'infiammation cellulaire ou péritoniale, je prescris des pommades fondantes appliquées sur le col, notamment la suivante, que je porte sur le col, à l'aide de petits tampons d'ouate :

Axongu benzoïnée 60 grammea.

Huile d'amandes douces lf> —

lodura de notassiiuu 10 —

Extrait de belladone 4 —

Teintxu-e de beiijoitt 4 —

"Soiis cette influence, une modîflcatioQ assez rapide se produit ; le tinau utérin devient plus souple, l'adéno-lymphite diminue, disparaît même.

Si la métrite chronique est torpîde, si le travail de résorption est lent, il faut s'efforcer d'exciter la circulation locale, les mouvements nutritifs, à l'aide des irrigations sulfureuses ou à l'aide des bains sulfureux, des bains aromatiques, à l'eucalyptus, pris avec la canule vaginale ; à l'aide de frictions sèches sur tout le corps, de l'hydrothérapie ; à l'aide d'une médication générale par l'iode, la ciguë; à l'aide d'une bonne hygiène, d'une alimentation suffisante, etc., etc.

Dans le but d'obtenir le même résultat, les médecins prescrivent les douches vaginales, les douches ascendantes, les douches abdominales. Quant à moi, je les proscris complètement du traitement local, parce que, V 11 général, même alors qu'elles sont données avec la plus grande attention, avec la plus grande précaution par le médecin lui-même, elles dépassent le but qu'on se propose d'atteindre ; elles produisent une réaction trop vive et deviennent le point de départ d'une poussée inflammatoire accusée par l'exacerbation de l'adéno-lymphite. J'aurais de trop nombreux exemples à vous citer si je ne craignais de donner trop d'extension à ces études.

De même, les gynéco logis tes ont demandé ce résultat à une révulsion énergique. A cet effet ils se sont adressés tour à tour aux caustiques, tels que le chlorure de zinc, l'acide nitrique, l'acide chromique, aux scarifications du col utérin, à Tignipuncture, à la cautérisation avec le nitrate d'argent, le nitrate acide de mercure, la teinture d'iode et le fer rouge, le thermo -cautère, le galvano -cautère. Je no nie pas que cette médication, violemment révulsive, n'ait dans certaines circonstances son indication; mais si j'en juge par ma pratique, et vous savez sur quel nombre de malades elle est basée, je considère que son application est rarement indiquée, car il faut pour cela que l'adéno-lymphite ait complètement disparu, sans quoi les complications les plus graves surviennent. Je n'y ai donc recours qu'au cas oii l'adéno-lymphite n'existe plus, que le traitement à l'aide des résolutifs ordinaires ou des modificateurs puissants ne m'a pas donné tes résultats que j'en attendais, ce qui, je le dis tout de suite, est excessivement rare.

Le traitement auquel j'ai recours de préférence, consiste dans les injections interstitielles de teinture d'iode pratiquées dans le tissu du col. A cet effet, je procède de la manière suivante : lorsque l'adéno-ljTnphite a disparu, que la métrite est sans réaction, sans douleurs, que la nutrition de l'organe est rétablie par suite du fonctionnement de la circulation utérine, j'injecte tous les huit jours dans l'épaisseur du tissu du col utérin cinq à huit gouttes de teinture d'iode iodurée, au moyen de la seringue de Pravaz, armée d'une longue canule à extrémité très acérée.

Je préserve le vagin de l'action de l'iode qui pourrait s'écouler pendant les manipulations, à l'aide d'un tampon de ouate, et je recommande le repos à la malade pendant plusieurs jours. Ordinairement aucun symptôme ne survient. Quelquefois la malade éprouve une douleur plus ou moins intense à l'hypogaatre, des vomissements ; ces phénomènes disparaissent rapidement. Je prescris quelques cataplasmes, un ou plusieurs lavements émollients, un bain et tout rentre dans l'ordre. Je vous al, cette année même, montré plusieurs cols utérins énormément hypertrophiés, et guéris par ce procédé d'une façon très rapide, c'est-à-dire an trois ou quatre

toKjoTirs <uns le même but qu'on a préconisé le massage "iitérin, l'électricité, l'acupuncture électroly tique qui agiraient en activant la nutrition de l'organe, en facilitant la dégénérescence granulo- graisseuse et par suite l'absorption des produits épanchés. Pour ma part, j'avais pensé déjà depuis longtemps que l'on pourrait employer l'électrité comme agent cMmique et modificateur des tissus. Vous savez en effet que l'action électrolytique de l'électricité agit par Icâ décompositions chimiques des tissus ou par la coagulation directe du sang, et qu'elle modifie la nutrition intime des éléments anatomiques. Onimus a montré en outre que cette action était non seulement locale, mais générale. Me basant donc sur les résultats obtenus, j'ai recouru à ce traitement. J'ai soumis tous les jours ou tous les deux jours l'utérus à l'action des courants continus et cela pendant plusieurs mois. J'ai le regret de le dire, je n'ai obtenu aucun résultat favorable. Bien plus, dans quelques cas traités en ville par plusieurs de mes confrères, j'ai observé de graves accidents inflammatoires abdominaux, conséquence de l'adéno-lympMte existant encore à l'état subaigu ; dans ces cas, malgré plusieurs applications de courants, le volume de l'utérus présentait une dimension exagérée, le tissu était dur et l'adéno-lymphite était douloureuse, compliquée de péri-adénite phlegmoneuse et même de pelvi-péritonite.

Que vous dire des moyens qu'emploient les gynécologues américains? Je veux parler de la section de la portion hypertrophiée du col avec le bistouri, l'anse galvanique, l'éci-aseur linéaire, ou le thermo-cautère. Ce sont des moyens qui ne m'ont jamais donné les résultats espérés et que par conséquent j'ai abandonnés; ceux que je vous ai fait connaître leur étant supérieurs.

Tel est, Messieurs, le traitement local de la métrite aiguC et chronique, constitutionnelle ou non constitutionnelle. A l'aide des médications que je viens de ïa,ira connaître, vous êtes assurés de mener à bien la guérison des lésions, en tenant compte des indications données par l'adéno-lymphite d'une part, parlatorpidité oupar l'irritabilité des lésions d'autre part. Je ne reviens pas sur l'adéno-lymphite. Quant à la torpidité et à l'irritabilité, il faut en tenir grand compte. L'utérus, vous le savez, jouit de deux grandes propriétés physiologiques : la contractilité et l'irritabilité démontrées par l'expérimentation et la clinique. La contractilité vous l'observez tous les jours, alors que, sous la seule influence de l'application du spéculum, le col de l'utérus se contracte et projette par jets intermittents un liquide incolore, àlafaçon d'une véritable éjaculalioD. L'irritabilité produit ces douleurs utérines spéciales, périphériques, qui peuvent devenir très violentes. Mais cette irritabilité est aussi variable que les individus eux-mêmes, d'oùil s'ensuit que le traitement actif, énergique, dans le cas de torpidité, doit être calmant, moins énergique dans le cas d'irritabilité.

Le traitement local, en outre, trouve dans le traitement général le complément de son action, de son énergie. Ce n'est qu'à l'aide de ce dernier qu'il donne de bons résultats, que la métrite soit constitutionnelle ou non constitutionnelle. Je n'insiste pas actuellement sur la médication qu'il faut employer, j'y reviendrai après l'étude thérapeutique des modalités fonctionnelles ou anatomiques de l'inflammation utérine.

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