La canule a éK- retirée
3o. Le malade iie va pas tnal; il preiul un ptu de nourriture. La respiralion est facile; il y a un peu de fièvre.
r' août. Le malade paraît respirer facilement; il se nourrit assez mal et s'iimaigi it ; il vomit souvent ses boissons. Vin de Bordeaux. Pendant la déglulilion des boissons, quelques gouttes de liquide sortent par la plaie.
3 août. Le malade est très affaibli ; mais l'appétit semble revenir un peu.
4 août. L'enfant est toujours très faible, ne prend presque rien, se plaint de douli'urs dans le ventre et à la tête. La plaie de l'opération prend un bon aspect L'enfant est guéri de son croup.
5 août. Le malade est encore plus faible qu'hier. Mort à midi. Autopsie. — La plaie de la trachée est très réfiulièrc, de deux travers d<'
doip|t de longueur.
Il existe un peu d'infiltration dans les replis aryt('no-é|iiglolliques. Pneumonie lobulaireau troisième defjré dans les deux poumons et surtout dans Ifpoumon droit. Pas d'obstacle à la respiration.
En raison de l'état de faiblesse extrême tlans lec|iiel les sujets auxquels on doit pratiquer la trachéotomie sont souvent tombés avant l'opéiation, ils présentent assez frécpiemment luie tendance plus ou moins notable aux syncopes. Cette tendance était surtout ti ès prononcée chez les sujets des observations 2 et 17. I/enfant de l'observation 17 est niortdans les vingt-quatre heures qui ont suivi Topération à la suite de syncopes répétées. Le sujet de l'observation 2 a survécu.
La fièvre est ime conséquence prestjue inévitable de l'opération de la trachéotomie. Nous l'avons notée chez presipu; tons nos malades; mais elle n'implicjue pas par elle-même un tlanf^er sérieux. Elle ne devient un symptôme grave qu'autant qu'elle annonce l'invasion ou qu'elle accompagne la présence de quehpie complication, telle que la pneumonie ou l'cipanchement pleiu-élitinc. Dans les cas les plus simples, il y a toujours le lendemain de l'opération un léger mouveiucnt fébrile qui disparait bientôt, ainsi que le malaise 01 l'insonuiie, quand la guérison doit avoir lieu.
La plaie (jui résulte de la trachéotomie peut éire considérée comme n'éiaiU jamais un ohstacle sérieux à la guérison des malades. Aussitôt la canule enlevée, elle se ferme aisément, et iiolre ex]iérience nous a déir.ontré qu'on avait singulière-
SUITES DK i,'opi:;ration. 99
inenl exagéré le cianyer des Hstules trachéales qui subsisteraient après la suppi'ession de la canule. Nous n'avons pour notre compte jauiais observé mi pareil accident, et, se manifestât il, qu'il serait toujours facile de le faire disparaître en avivant les bords de Ja plaie. D'ailleurs l'autoplaslie, ainsi que l'a pratiquée M. Velpeau, pourrait procurer la guérisoii.
Nous pouvons dire d'une manière générale que nos opérations se sont montrées exemptes de ces complications variées qui ont été considérées comme étant liées dans beaucoup de cas au traumatisme, il nous est impossible de ne pas accordei' une large part d'influence à notre procédé opératoire dans lequel on ne fait, tant à In trachée qu'aux tissus cpii la recouvrent, que l'étendue d'incision qui est l igoureusemeiit indispensable pour Fintroduction de lii canule. Est-ce de même à Ja précision i-igoureuse du procédé que nous avons décrit qu'il faut rattacher l'absence de ces dysphagies mentionnées par plusieurs auiein-s et quenous n'avons jamais en à signaler dans aucune de nos opérations?
Toujouis est il que cette opposition entre Icî résultats de iiotre pratique, couq)arée à celle de |)liisieurs autres opérateurs, nous a donné à penser que dans un certain nombre de cas, sinon dans tous, les accidents dysphagiques n'avaient eu d'autre origine qu'une plaie pénétrant de la trachée dans l'œiophage.
Les seules circonstances dignes detre mentionnées parmi celles que nous avons observées sont les suivantes :
r La plaie peut prendre l'aspect diplithériqiie (observation 8) et, dans ce cas, de simples cautérisations avec le nitrate d'argent suffisent pour restituer aux bords de la solution de continuité leur caractère normal.
2" Les bords de la plaie peuvent se tuméfier, devenir boursouflés, saignants, livides (observation 9) ou même s'ulcérer (observa ti m 15).
3" Les parties voisines peuvent devenir le siège (rime infiltration purulente très grave (observation 15). Il faut ajouter que dans re cas la trachéotnmieavail dû être pratiquée pour une
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plaie du pharynx qui n'était |)as étrangère à celte infiltration.
En {général, la plaie trachéale se cicatrise avec rapidité aussitôt (|u on a enlevé la canule, et à moins de conditions indépendantes de ro|)ération, ce n'est janiais la j)laie elle-niênie qui entrave la guérison des malades.
Un fait important à noter chez les opérés de trachéotomie, c'est le rétablissement progressif de la voix. Ce fait est très sensible surtout chez les enfants qui étaient atteints de crouj) et, par conséquent, complètement aphones au moment de l'opération. Lorsqu'on obture la canule soit avec une grosse éponge introduite dans la plaie extérieure, soit avec la petite éponge qui, portée par la tige de baleine, constitue l'écouvillon, la voix rappelle d'abord, lorsqu'elle commence à S3 faire entendre, le son nasillard de la voix de Polichinelle (observation 7); d'autres fois elle rappelle les effets de la veniriloquie (observation 20). Plus tard la voix prend plus de force et son timbre plus de pureté. Enfin un moment vient oii l'obturation complète de la canule n'est plus un obstacle à l'émission libre et facile de la voix. C'est , habituellement l'époque où Ton peut sans inconvénient sup[)rimer la canule.