ANATOMIE CHIRURGICALE
on dit cependant que cela est airivé à Uupuytren et à M. Fizeau.
Envisagé d'une manière générale dans la réyion lai yngotrachéale , le canal aérien présente, par rapport à Vake du cou, une direction verticale, légèrement oblique d avant en arrière, de telle sorte que ses parties supérieures occupent un plan plus superficiel (|ue les inférieures ; d'où il résulte qu'il y a plus de facilité à découvrir le larynx qu'à découvrir la trachée.
Une autre circonstance, et qui se rapporte plus directement encore à l'opération de la trachéotomie, c'est la mobilité des parties. Il faut savoir, en effet, que le conduit laryngo-trachcal est continuellement agité de mouvements d'ascension et de descente, que la volonté des malades, même de ceux qui ont atteint l'âge adulte, est presque toujours impuissante à maîtriser. Or cette circonstance est la source de l'une des plus grandes difficultés qu'on puisse rencontrer dans l'exécution du manuel opératoire. C'est pour remédier à cette difficulté que nous avons conçu le plan d'une nouvelle méthode d'opération, et c'est parce qu'appliquée sur le vivant elle a fourni des résultats qui ont dépassé toutes nos espérances, que nous nous sommes décidé à en exposer les avantages dans un travail ex professa.
Disons un mot du corps thyroïde qui, situé au-devant de la trachée, peut jouer un rôle important à cause de la gravité des accidents qui pioviennent parfuis de la lésion de ses vaisseaux. La commissure qui unit les deux lobes latéraux dont est formé cet organe glanduleux mérite seule, au point de vue opératoire, de fixer notre attention. Cette commissure peut manquer tout à fait ou avoir en hauteur la même étendue que les lobes latéraux eux-mêmes. Le plus ordinairement elle n'a qu un demi-pouce de hauteur, et couvre alors le troisième et le quatrième anneau de la trachée. Elle est donc nécessairement coupée en totalité ou en presque totalité dans la section des anneaux cartilagineux.
Jetons un coup d'œil rapide sur les rapports des organes
B ANATOMIE ClIIHUHGICALi:.
ci-dessus mentionnés avec les autres parties situées dans la région laryngo-lracliéale. L'importance de ces rapports apparaît tout d abord quand on songe que quelques-unes des parties dont il s'agit peuvent être intéressées dans l'opération.
Supposons la région laryngo-trachéale divisée en deux portions, l'une supérieure, occupée par le larynx ; l'autre inférieure, occupée par la trachée.
La première ue doit pas nous occuper ici, puisqu'il s'anh avant tout d'une opération qu'on exécute sur la trachée et non sur le larynx. Nous ferons seulement remarquer que sur les côtés de ce dernier organe et au-dessous du cartilage thyroïde jusqu'à la trachée, on trouve un plan musculaire formé d'abord parles sterno-thyroïdien et scapulo-hyoïdien,* et plus profondément, par les sterno-hyoïdien et ihyro-hyoïdien. La présence de ces muscles dans celte région est très importante à connaître, parce qu'elle rend compte de l'existence que l'on constate souvent, au moment de pratiquer l'opération, de cordes rigides, et qui, par leur tension, contribuent à masquer et à déprimer les parties sur lesquelles on vent agir.
Quant à la portion inférieure qui correspond à la trachée, la disposition de l'aponévrose cervicale permet d'y reconnaître trois étages superposés.
Le premier étage est borné en avant par la peau, en arrière par le feuillet moyen de l'aponévrose. Il contient le tissu celjulaire sous-cutané, les deux veines jugulaires antérieures, quelques filets nerveux du plexus cervical, et le feuillet superficiel de l'aponévrose, qui réunit les deux bords des muscles peauciers.
Le second étage, limité en avant par le feuillet moyen de l'aponévrose, et en arrière par son feuillet profond, renferme les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien placés l'un sur l'autre, et auxquels l'aponévrose fournit des gaines particulières, un tissu cellulaire graisseux parcouru par des veines et des lymphatiques; et enfin, le corps thyroïde avec ses vaisseaux artériels et veineux, au nombre desquels il faut signaler Tarcade que forme l'extrémité inférieure du rameau laryn-
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gien de la thyroïdienne snpcrieure f[ui lon{]e le bord supérieur du corps thyroïde.
L'étage profond est borné en avant par le feuillet profond de la même aponévrose, qui se fixe au bord inférieur de la glande thyroïde; en arrière, il a pour limites la colonne vertébrale; sur les côtés, les carotides, et inférieuremenl, un plan tangent à Véchancrure du sternum.
Il est un rapport qu'il faut toujours avoir présent à Tesprit pendant l'opération, c'est celui que le conduit aérien affecte avec le troflc brachio-céphalique. Ce tronc croise obliquement la direction de la trachée, et repose immédiatement sur la paroi antérieure de cette dernière.
Anomalies du système artériel de la région laryngo-trachéale. — Elles peuvent être distinguées : 1° en anomalies de nombre ; 2° en anomalies de position.
1° Anomalies de nombre. — L'artère dite de Neubauer, appelée aussi par Harrison, artère thyroïdienne moyenne, naît le plus souvent du tronc innominé ou de la crosse aortique, rarement de la mammaire interne, et, dans tous les cas, monte sur la ligne médiane entre la trachée et l'aponévrose profonde pour se distribuer dans le corps thyroïde.
Quelquefois, on trouve deux troncs brachio céphaliques, l'un droit, l'autre gauche. Chez certains sujets, il n'en existe pas et la carotide droite naît directement de l'aorte.
2" Anomalies de position. — Le tronc brachio-céphalique peut s'élever notablement au-dessus de la fourchette du sternum, ainsi que Burns en a cité plusieurs cas. Il peut même, selon ce dernier auteur, remonter jusqu'au bord de la glande thyroïde. La carotide gauche peut venir du tronc brachio-céphalique et croiser la partie inférieure de la trachée.
J'ai moi-même rapporté un cas dans lequel le rameau cricothyroïdien était remplacé par l'artère thyroïdienne supérieure {Soc. anatom., 18Û0, p, 7 6),
MODES 0PÉHAT01HES DES VOIES AÉRIENNES.