APPAREIL INSTRUMENTAL
cion qu'exerce l'opérateur ou Tun de ses aides, soit au moyen de notre aspirateur.
Si la succion de la plaie exécutée en appliquant les lèvres sur le pourtour de l'incision trachéale doit rester comme un souvenir impérissable du dévouement des chirur{5iens, nous devons dire que, comme moyen efficace et véritablement pratique, ce mode d'aspiration est très imparfait.
Toutefois, en présence d'un danger imminent, nous applaudirions sincèrement à la conduite de ceux f|ui, n'écoutant que leur amour de l'humanité, imiteraient l'exemple qui a été donné par M. Roux, et plus tard par M. Ricord.
On voit donc, parce qui précède, qu'il y avait pour nous un intérêt puissant à rechercher un moyen sérieux et efficace d'exécuter l'aspiration trachéale.
Ce moyen nous a donné sur le vivant les résultats les plus satisfaisants. Chez une femme opérée de trachéotomie à l'hôpilal la Riboisière , à l'occasion d'une phthisie laryngée : nous avons fait vingt ou trente fois l'application de notre appareil. C'était dans le but d'entraîner des mucosités tellement tenaces que, quand elles tapissaient la face intérieure de la canule interne, et quand on retirait celle-ci pour la nettoyer, ce n'est qu'à grand'peine qu'on parvenait, même avec l'écouvillon de crin, à débarrasser la canule de cette production poisseuse.
L'aspirateur trachéal , tel que nous l'avons fait construire par M. Mathieu, consiste essentiellement en un ballon de verre de la capacité d'un demi-litre, et dans lequel on fait le vide, ou tout au moins on produit nue raréfaction assez forte pour que , lorsqu'on vient tout d'un coup à ouvrir un accès à l'air dans ce ballon, il y pénètre avec un sifflement marqué.
Le ballon présente sur deux points opposés de sa surface (15 et C, pl. Zi), des tubulures munies chacune d'un robinet. Sur l'une des tubulures, on a|)plique et l'on fait tenir, au moyen d une vis, un tube flexible D, se rendant à l'une de ces petites pompes à air (E, pl. U), qu'on emploie pour ra])plicaiion des
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ventouses. L'autre tubulure est armée d'une canule li achéale simple (G, pl. Il), dont la courbure est semblable à celle des
canules généralement employées. Le diamètre de celte canule s'accroit projjressivement de la pointe vers la base, de telle sorte que, i;ouvant pénétrer dans les canules les plus petites, elle peut, suivant le degré aucpiel on l'enjjage, entrei- à Irottement dans les canules du diamètre le plus considérable.
Quand on veut se servir de rinstrumenl,on commence par aspirer l'air contenu dans le ballon, et on ferme le robinet.
On introduit alors la canule montée sur le ballon dans l'intérieur de celle cpii est à demeure sur le malade.
Hj Ici nous devons mentionner deux pai'ticularités d'une imporlance extrême, et dont J'omission rendrait difficile et inefficace l'emploi du moyen que nous recommandons.
Il faut d'abord que la canule qui appartient au ballon soit montée au moyen d'un anneau decaoutcbouc très épais, demanière à donner un peu de flexibilité aux mouvements qu'on est obligé d'imprimer à la canu1ed'asj)iration poui- l'introduire sans secousse douloureuse dans la canule qui est eu place. La seconde précaution consiste à t-nduire de -aindoux ou de
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EMPLOI DES AM'SrillisK^UKS I)A^,S.I,A Tll ACHKOTU.M IK. 25
cérat les canules emboîtées, autreiiiem laspiintion se lait mal.
Tous ceux qui savent de quelles circonstances, en apparence insignifiantes , peut dépendre le succès des expériences de physique, même les plus sûres, n'auront pas de peine à comprendre comment l'omission de la précaution dont nous venons de parler a suffi pour faire échouer pendant longtemps toutes les combinaisons et toutes les tentatives que nous avons essayées dans le but d'obtenir une bonne aspiration trachéale.
Nous dirons que les tubulures du ballon munies de leurs robinets doivent présenter un diamètre à peu près égal à celui d'une canule trachéale de volume ordinaire; autrement, le trajet du canal qui conduit au ballon se trouvant obturé par la première fausse membrane tant soit peu consistante qui se présenterait, l'appareil serait mis hors d'état de fonctionner.
Tel qu'il est, il a une puissance d'aspiration suffisante, pour que, quand nous en faisions l'application sur le vivant, les matières liquides ou solides, brusquement aspirées de Tintérieur de la trachée, vinssent s'appliquer avec force contre le fond du ballon, après avoir traversé celui-ci dans tout son diamètre.
§ II. De l'emploi des anesthcsiques dans l'opération de la trachéotomie.
Deux raisons principales me pai-aissent militer contre les anesihésiques dans cette opération. D'abord l'opération n'est ni longue ni douloureuse, et il est à remarquei- que, dans les cas où l'on opère pour faire cesser un état très anxieux, les souffrances inhérentes à l'opération sont généralement moins vives. La sensibilité du sujet étant, en quelque sorte, épuisée par les angoisses que détermine la maladie, il |)araît ressentir moins vivement les douleurs (pie détermine l'opération.