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RÉSISTANCE DU BACILLE DE KOCII AUX CAUSES DE DESTRUCTION

de MM. Cailletet et Em. Yung, que les microbes résistent à des températures exceptionnellement basses ( — 75° et — 1 20°). Il fallait donc bien s'attendre à ce que nos basses températures hivernales fussent sans effets sur le virus contenu dans les organes tuberculeux. M. Galtier ayant exposé de petites masses tuberculeuses provenant du lapin, de la vache, du porc, à des températures hivernales variant de — 2° à — 12° pendant deux, dix, dix-sept, vingt et trente jours, a trouvé encore la virulence dans CCS fragments. MM. Gadéac et Malet ont fait des constatations analogues.

Que devient la virulence dans les lésions tuberculeuses putréfiées? Cette question est d'une importance de premier ordre pour l'hygiéniste; il importe en effet de savoir pendant combien de temps les cadavres des phtisiques, enfouis dans les cimetières, conservent leurs propriétés dangereuses et fournisseri* des bacilles virulents aux eaux du voisinage.

M. Galtier a tuberculisé des animaux avec du suc de rate et de poumon en putréfaction depuis dix et trente jours, à des températures variant entre -f- 8° et -|- 12°, et avec les tubercules d'un mammifère enterré depuis trente jours. MM. Gadéac et Malet, ayant enfoui des poumons tuberculeux dans le sol, ont constaté, par inoculation, la virulence du suc extrait de ces organes successivement le 77"", le 124% le J^fO"^ et le 167'' jour après l'enfouissement; à partir du jour, les animaux

inoculés moururent de septicémie. Par conséquent, cent soixante-sept jours et plus après l'enterrement d'un phtisique, les tubercules peuvent encore être virulents.

Des observations conPirmatives ont été faites sur les crachats humains par MM. Gornil et Babès, MM. Malassez et Vignal ; ces auteurs ont trouvé la virulence dans des crachats putréfiés au bout de 40 et 90 jours. MM. Fischer et Schill, qui ont fait des expériences semblables, parlent de six semaines.

D'après Baumgarten, le virus tuberculeux associé à des ali-

menls qui se putréfient, perd beaucoup de son activité; mais le mode d'infection par ingestion n'est pas assez constant pour qu'on puisse regarder cette observation comme rigoureuse.

En résumé, la putréfaction ne parait pas très nuisible au bacille de Koch.

La dessiccation lui est-elle plus redoutable? Ce point particulier a été très bien étudié à cause de l'intérêt étiologique qui s'y attache. La fréquence des lésions tuberculeuses pulmonaires chez l'homme a fait supposer que l'infection devait se produire par la voie aérienne; c'est d'ailleurs une assertion que j'examinerai bientôt. Dès lors, on a recherché si les crachats desséchés conservaient leur virulence.

M. Yillemin s'était déjà préoccupé de cette question et avait démontré le pouvoir virulent des crachats desséchés. Gaffky, Fischer et Scliill, Cornil, Malassez et Yignal, etc., etc., ont contrôlé cette assertion et l'ont déclarée exacte. Quant à la durée moyenne de cette conservation : MM. Schill et Fischer parlent de cent quatre-vingt-six jours; MM. Malassez et Vignal l'ont en outre constatée, malgré une succession d'humectations et de dessiccations.

M. Galtier a étudié l'influence de la dessiccation sur les lésions tuberculeuses de mammifères. Au bout de trente-huit jours d'une dessiccation à -\- 30", les pièces conservaient leur pouvoir tuberculigène. MM. Cadéac et Malet ont fait sécher de minces tranches de matière tuberculeuse empruntée au bœuf, les ont finement divisées dans un moulin et ont conservé ces poussières dans leur laboratoire ; au bout de cent deux jours, ils en ont éprouvé la virulence; beaucoup plus tard, l'inoculation ne donna plus de résultats ; cependant la virulence fut constatée dans une des tranches non broyées après cent cinquante jours.

Quoi qu'il en soit, la virulence persiste assez longtemps dans

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