QUINZIÈME LEÇON
TUBERCULOSt AVIAIRE
Historique. — Premières recherches de MM. Arloing et L. Tripier. — Observations de MM. Larcher, Ribbert, Cornil et Mégiiin, Nocard, etc.
— Principaux caractères assignés aux lésions de la tuberculose aviaire.
— Tentatives d'inoculation pour rechercher la parenté de la tuberculose aviaire avec la tuberculose humaine : Straus et Wurtz, Rivolla, Cadiot, Gilbert et Roger, etc.
Je tiens à vous entretenir d'une façon toute particulière de la tuberculose des gallinacés. La maladie revêt, en effet, chez ces animaux des allures toutes spéciales tant au point de vue des bacilles qui engendrent les lésions qu'à celui de la structure de ces lésions elles-mêmes, sans parler de l'intérêt que nous avons à savoir si les volailles tuberculeuses peuvent être une source de contagion pour l'homme. Enlîn nous devons examiner et discuter avec soin les nombreux travaux qui ont paru récemment sur cette question et dont la plupart tendraient à séparer complètement la tuberculose aviaire de la tuberculose humaine ou bovine, et à restreindre par conséquent à la première tous les résultats obtenus par les expérimentateurs qui se sont servis pour leurs études de cultures de bacilles aviaires^
L'histoire de la tuberculose aviaire peut se diviser en deux périodes bien distinctes, la première allant de 1873 à 1890 pendant laquelle on découvre cette affection et on la rattache à la tuberculose bacillaire de Koch, la seconde s'étendant de 1890 à l'heure actuelle, entièrement occupée par des travaux mettant plutôt en évidence les différences qui séparent la tuberculose aviaire de cette dernière. Je crois que nous touchons à
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l'aurore d'une troisième période qui verra la tuberculose aviaire prendre place dans le même cadre que la tuberculose humaine ou bovine.
La première période a été inaugurée par les expériences que nous avons faites, M. L. Tripier et moi, en 1873. Je ne dirai pas que nous avons découvert cette maladie, car elle avait été certainement déjà vue, mais, pour la première fois, nous avons attiré l'attention sur elle et démontré sa nature virulente en la propageant par ingestion.
Le 19 décembre 1871, nous eûmes l'occasion d'observer un premier cas sur le poulet. Un de ces volatiles, destiné à Talimentation, se trouva porteur de nombreuses granulations jaunâtres dans le foie et de quatre tumeurs, grosses comme des noisettes, fixées sur l'intestin grêle et le caecum; enfin une cinquième tumeur grosse comme un petit œuf était appendue à l'origine du cœcum. L'histologie nous démontra que ces lésions avaient de grandes analogies avec celles de la pommelière ; cependant, comme la tuberculose des volailles n'était décrite nulle part, nous hésitâmes à conclure en faveur de cette affection plutôt qu'en faveur de la leucémie. Penchant davantage vers la tuberculose, et nous trouvant en pleine période de discussion sur la tuberculisation par ingestion, nous réduisîmes en pâtée les lésions du poulet et nous les fîmes ingérer à un coq. Au bout de soixante-quinze jours, cet animal mourut, très maigre, avec un fin semis tuberculeux dans le foie ; l'histologie nous montra que nous avions encore affaire à des lésions tuberculeuses.
Le deuxième casque j'étudiai avec M. L. Tripier date du 7 mai 1873. Un poulet, provenant de la même ferme que le précé^ dent, soupçonné de tuberculose à la suite d'un amaigrissement considérable, nous fut livré. Il présentait des lésions intestinales identiques à celles que nous avions déjà constatées une première fois; des lésions hépatiques coïncidant avec une
hypertrophie de l'organe, des masses caséeuses dans le poumon droit et des granulations jaunâtres, crétacées, dans le tissu conjonctif. Nous suivîmes la même marche qu'en 1871, et nous fimes ingérer ces lésions à un autre poulet, à de jeunes moineaux et à de jeunes serins; trente-cinq à cinquante jours plus tard, tous ces oiseaux mouraient avec des tubercules dans
la rate et dans le foie. Nous reproduisons ici une granulation tuberculeuse développée dans le foie d'un serin soumis à Fingestion (fig. 15).
Nous pensions bien à ce moment avoir observé la tuberculose du coq et confirmé les expériences de M. Chauveau sur la tuberculisation par ingestion, Fig. 15. - Tubercule du foie du lorsque certaines lésions que
serin, développé à la suite de l'ingestion de lésions tuberculeuses présentait le deuxième poulet
de poulet, d'après MM. Arloing et ^r.y,,,^^^ ^OUS égarer. Celui-ci L. Tripier. ^
portait dans l'œsophage des
kystes ovifères d'helminthes ; des fragments de nématodes se voyaient même nettement dans les coupes de cet organe. Y avait-il une relation entre ces kystes et les granulations tuberculeuses viscérales ? Nous fûmes assez perplexes pour vouloir recourir aux lumières de M. Balbiani, qui crut apercevoir dans les pièces que nous lui envoyâmes la plupart des formes et des états d'évolution de la Gregarina falciformis. Cette constatation nous empêcha de conclure formellement en faveur de la tuberculose. Nous nous contentâmes de dire que nous avions observé une maladie parasitaire du poulet, à localisation presque entièrement viscérale, offrant, par la forme de ses lésions, de grandes analogies avec la tuberculose ou même la leucémie, et se transmettant en tous
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cas, par la voie dig-estive, aux animaux de même espèce.
Vous voyez combien, obsédés par une apparence, nous avons été près de la vérité sans oser la regarder en face ; les œufs de nématodes et la grégarine de M. Balbiani ont retardé de dix ans la découverte de la tuberculose des Gallinacés. Nous avons eu le tort de ne pas examiner avec soin toutes les hypothèses plausibles et capables d'expliquer la présence de ces œufs de nématodes dans l'œsophage du poulet, et surtout de ne pas tenir assez compte de la transmission de la maladie par ingestion.
Quelque temps après, M. Larcher rencontra chez le poulet des lésions analogues à celles que nous avions décrites ; toutefois la question sommeilla jusqu'à la découverte de Koch.
En 1883, Ribbert trouve de nombreux bacilles dans les tubercules hépatiques et spléniques d'une poule et reproduit des lésions tuberculeuses en inoculant une poule saine dans le péritoine. La même année, M. Babès voit des bacilles dans des tubercules de poule et prétend même qu'ils se colorent plus facilement que ceux de l'homme. En 1884, M. Koch confirme ces faits dans son grand travail.
L'année suivante, parait, dans le journal de Ch. Robin, un mémoire de MM. Cornil etMégnin; ces auteurs, ayant observé une série de poules et de faisans tuberculeux, ont constaté la présence des bacilles dans les lésions et ont tuberculisé des poules par inoculation; l'inoculation au cobaye a donné un résultat douteux.
En 1885 encore, M. Nocard voit des bacilles dans les tubercules des gallinacés et les cultive sur du sérum additionné de sucre ; il infecte le lapin et le cobaye avec ses cultures.
A partir de cette expérience, l'existence de la tuberculose des gallinacés ne fait plus de doutes. Les travaux de Gagny, Bôllinger, Gadiot, Pauly, Ziirn, Reimann, etc., complètent la question et l'enrichissent de détails intéressants.
Les lésions tuberculeuses des gallinacés offrent quelques
particularités curieuses. Elles sont habituellement cantonnées dans la cavité abdominale, et n'envahissent que rarement les poumons. Moulé rapporte trente-huit observations de Reimann, où les lésions étaient réparties de la manière suivante:
Rate et foie dans 14 cas.
Intestin >> 12 —
Foie et intestin » 6 —
Intestins et poumons » 6 —
Poumons » 4 —
Elles ont un aspect granuleux, une teinte jaunâtre, rappelant les lésions de la pommelière. Leur développement dans
le foie ou dans les poumons n'offre rien de particulier, tandis qu'il est tout à fait spécial dans l'intestin. Le point de départ de l'édification tuberculeuse siège dans la muqueuse qui est souvent ulcérée. La lésion grossit et vient saillir sous le péritoine. Quelquefoiselle atteint un tel développement qu'elle occupe presque toute la cavité abdominale; dans ce cas, elle déplace les organes et se montre reliée à l'intestin par un véritable pédicule.
Fig. 16. - Surface d'une masse tubercu- Je VOUS ai montré dans mon leuse appendue à l'intestin d'une poule laboratoire une tumeur tu- (1/3 de la grandeur naturelle).
berculeuse, ainsi appendue à l'intestin, qui pesait plus de 600 grammes (voyez fig. 16 et 17).
Ces lésions se calcifient fréquemment. Elles sont généralement pauvres en cellules géantes. Les bacilles occupent de
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grosses cellules à noyau unique ou des leucocytes dans les vaisseaux, puis, lorsque l'évolution tuberculeuse est plus avancée, non seulement les vaisseaux plus ou moins altérés du tubercule, mais aussi les fissures de la matière caséeuse. Dans les masses calcifiées, les bacilles forment des amas dans les fentes jusqu'aux bords de la préparation où ils sont entraînés par les manipulations. On est frappé, lorsqu'on examine des coupes colorées de ces tubercules, par Tabondance et le fourmillement des bacilles qui sont partout, dans presque toutes les cellules où ils forment de superbes masses rayonnantes. Ces détails sont assez difficiles à exposer, mais ils sont très nettement rendus dans les figures publiées par MM. Gornil et Mégnin, figures reproduites dans l'ouvrage de MM. Gornil et Babès.
Il arrive souvent que le foie, au lieu de présenter des tubercules, est simplement hypertrophié et pâle, comme s'il était en voie d'infiltration graisseuse. M. Moulé a montré que la pulpe dans les points les plus pâles renferme des milliers de bacilles. Vous comprenez combien il est important, au point de l'hygiène alimentaire, de ne pas confondre des volailles tuberculeuses avec des volailles à foie gras ; la distinction est
Fi'r. i
— Coupe iiiédiauc à travers la masse tuberculeuse de la figure 16 (1/3 de la grandeur naturelle).
généralement facile, les volailles tuberculeuses offrant une maigreur qui contraste avec l'aspect du foie.
M. Nocard a reproduit expérimentalement ces altérations du foie, en injectant quelques gouttes d'une culture de bacilles tuberculeux dans les veines d'un coq. Il a montré au Congrès de 1888 un de ces oiseaux qui avait perdu 650 grammes en vingt-cinq jours et dont la rate, décuplée de volume, fourmillait de bacilles non sporulés.
En 1888, on savait donc, par les travaux dont je viens de vous entretenir, qu'il existe une affection tuberculeuse des oiseaux, que cette maladie peut se transmettre par ingestion aux animaux de la même famille (Arloing et L. Tripier) et, par inoculation à la poule, au cobaye et au lapin (Ribbert, Cornil et Mégnin, Nocard), donc à des mammifères. Kocli lui-même reconnaissait à cette date que le micro-organisme producteur des tubercules aviaires était identique à celui qu'il avait décrit dans les tubercules de l'homme et du bœuf. On admettait donc sans conteste à cette époque que la tuberculose des gallinacés appartenait à la tuberculose bacillaire de Koch, et il y avait tout lieu de supposer avec Johne, Nocard, Cagny..., etc., que les volailles pouvaient se luberculiser en ingérant des crachats de phtisiques, sans parler des autres causes de contagion possible.
Néanmoins, chemin faisant, on avait noté quelques différences entre l'affection qui nous occupe et la tuberculose humaine; par exemple, la rareté des lésions pulmonaires, leur pauvreté en cellules géantes, l'abondance des bacilles dans les cellules, la forme courbée et allongée de ceux-ci ainsi que la facilité avec laquelle ils se colorent. Ces différences, qui n'avaient pas même sérieusement attiré l'attention des expérimentateurs, se présentèrent vivement à leur esprit à la suite de la communication de MM. Straus et Wurtz au congrès de la tuberculose, en 1888.
Les résultats obtenus étaient les suivants : Trois poules
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nourries pendant sept mois, à l'hôpital Saint-Antoine, avec des pâtées mélangées à des crachats de phtisiques s'étaient conservées en bonne santé et, sacrifiées, furent trouvées complètement indemnes de toute tuberculose. Les bacilles de Koch n'existaient en aucun point de leurs organes et l'inoculation dans le péritoine du cobaye de différents fragments de ces animaux ne donna que des résultats négatifs. Trois autres poules furent présentées vivantes au Congrès par M. Straus ; l'une était soumise au régine des crachats de phtisiques depuis six mois ; une deuxième, depuis sept mois ; une troisième, depuis un an; cette dernière avait ingéré 50 kilogrammes de crachats. Toutes trois étaient en parfaite santé et l'autopsie ne révéla ni lésions ni bacilles.
Vous comprenez l'effet que produisit le résultat de cette expérience sur l'esprit des membres du congrès. On était à la veille d'un revirement complet dans les idées régnantes sur la tuberculose aviaire. RivoUa, en 1889, donna le premier le signal de ce revirement. Des expériences variées lui avaient montré des différences capitales dans la façon dont se comportentla tuberculose aviaire et la tuberculose humaine inoculées parallèlement à plusieurs espèces animales. Il conclut nettement à la distinction des virus de ces deux maladies.
Ce travail ne fit pas grand bruit, jusqu'au moment où Koch parut ruiner les idées unicistes en se prononçant nettement pour la séparation du virus tuberculeux aviaire et du virus tuberculeux humain. L'auteur de la découverte du bacille de la tuberculose n'avait pas été peu étonné en constatant que certaines cultures de bacilles tuberculeux, qui lui étaient parvenues de différents côtés, étaient plus luxuriantes que les siennes et composées de bacilles plus longs, se colorant plus facilement bien que présentant la réaction caractéristique aux matières colorantes. Il chercha à modifier ses cultures parla chaleur, la lumière et des changements dans la matière nutritive,
de manière à leur communiquer les caractères des précédentes ; mais il ne put parvenir à identifier les bacilles. Le hasard lui donna la clef du problème, le jour où, ayant fait des cultures avec des lésions tuberculeuses de poules, il obtint des colonies semblables à celles qu'on lui avait envoyées.
A ce moment, Mafucci, de Gênes, publia un travail dont je vous parlerai dans un instant, et qui concluait comme celui de Rivolta à la séparation de la tuberculose aviaire d'avec la tuberculose humaine. Aussi, Koch n'hésita-t-il pas, le 4 août 1890, au Congrès de Berlin, « à considérer les bacilles de la tuberculose des poules comme une espèce distincte mais très proche des bacilles de la vraie tuberculose. »
De semblables paroles tombant d'une bouche aussi autorisée firent naître toute une série de travaux tendant à bien établir les caractères spéciaux de la tuberculose des oiseaux. Il arriva ce que l'on voit toujours se produire en pareil cas ; on mit autant d'efforts à mettre en évidence les différences les plus minimes séparant la tuberculose aviaire de la tuberculose humaine qu'on en avait mis auparavant à accumuler les ressemblances. On alla sans mesure d'un extrême à l'autre et on fit trop bon marché, selon moi, de beaucoup de faits antérieurs bien constatés.
On chercha à établir des différences absolues là où elles n'étaient que relatives. C'est ainsi qu'on affirma que tout bacille présentant les réactions colorantes du bacille de Koch, mais capable de végéter dans le bouillon, glycériné ou non, était sûrement d'origine aviaire. Outre que ce fait ne serait pas un caractère suffisant pour différencier deux espèces, je vous rappellerai que M. Koch lui-même a répondu par avance à une telle différenciation, dès 1884. Il suffit de se reporter à son grand travail sur Vétiologie de la tuberculose pour voir qu'il avait déjà à cette époque cultivé en bouillon (non glycériné) le bacille de la tuberculose humaine et bovine. Il est vrai
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qu'il faut quelques précautions pour arriver à un pareil résultat. M. Koch recommande de se servir comme semence d'une parcelle de culture sur sérum finement broyée et comme milieu d'un bouillon étalé en couche très mince. Il ajoute ensuite que ies bouillons fabriqués avec les viandes les plus diverses sont propices à la végétation du bacille tuberculeux. Vous voyez donc qu'on peut accorder aux bacilles tuberculeux aviaires une plusgrande facilité à végéter dans les milieuxliquides, mais qu'on ne peut a priori attribuer l'origine aviaire à tout bacille tuberculeux qui se cultive en bouillon. Le caractère différentiel existe, seulement il ne doit pas être mis au premier rang. On est d'ailleurs d'accord à l'heure actuelle pour admettre que le bacille tuberculeux de provenance humaine végète en milieux liquides, moins abondamment que le bacille aviaire.
On fit ressortir avec complaisance que le bacille aviaire était plus long et se colorait plus facilement que le bacille humain, qu'il végétait à -f- 43*', température à laquelle le bacille humain ne se développe pas.
Cela est vrai ; je vous ai montré des cultures obtenues par MM. Courmont et Dor dans de l'eau glycérinée, contenant quelques individus extrêmement longs ; mais une telle différence ne dépasse pas les limites admises dans la variabilité des formes microbiennes d'autant plus que, dans d'autres cultures en milieux liquides, ces expérimentateurs ont observé uniquement des individus courts, la semence ayant été la même dans les deux cas (voy. fig. 18, p. 184). C'est ainsi que M. Rœser a fait dans mon laboratoire avec le bacille typhique des expériences confirmant pleinement celles de beaucoup d'auteurs, spécialement Charrin et Guignard, qui ont vu avant lui combien la forme est facile à modifier par l'influence du milieu ou des agents extérieurs. Il a constaté que le bacille typhique peut s'allonger énormément si on le cultive à de hautes températures. Je vous le répète, les variations de longueur sont des
caractères peu importants pour la différenciation des microbes; quant à la limite de température, c'est une propriété des plus variables et conséquemment d'une importance secondaire pour caractériser une espèce. Yous savez qu'en chauffant légèrement un échantillon de B. coli commiinis, M. Rodet a pu abaisser la limite de température de végétation de ce microbe, au point de la rendre égale à celle du B. d'Eberth; dès lors
deux races d'une même espèce peuvent avoir des échelles différentes de températures eugénésiques.
MM. Straus et Gamaléïa, au Congrès de 1891, ont rappelé ces caractères différentiels des cultures, en insistant surtout sur les limites supérieures de température (-|- 41° pour le ba-
Fig. 18. - Cultures liquides de ba- ^^ju^ humain et + 43° pour le cilles tuberculeux aviaires provenant d'une même souche, d'après bacille aviaire) et sur l'aspect MM. Courmont et Dor. Gr. = 450 D. ^lacroscopique des cultures ; les
1, culture à formesl longues ; 2, cultui'C à , . . r, i
formes courtes. culturcs aviaircs ctaut grasses
et luxuriantes, tandis que les cultures humaines sont écailleuses, sèches, peu abondantes. 11 n'y a pas là de différences primordiales. D'ailleurs, dans la même séance, M. Grancher ne disait-il pas avoir vu des cultures du bacille humain grasses et des cultures du bacille aviaire écailleuses?
On attribua une grande importance à l'organisation de la lésion, à la structure du tubercule. MM. Cadiot, Gilbert et Roger ont fait une étude histologique très complète. Le tubercule du poulet offre à son centre une matière granuleuse qui se colore en jaune par le picrocarminate d'ammoniaque; cette petite masse est entourée d'une ceinture- de cellules épithé-
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lioïdes, puis d'un cercle externe de tissu conjonctif. C'est donc une lésion à dégénérescence vitreuse, celle-ci pouvant d'ailleurs envahir les cellules éphithélioïdes à tel point que le tubercule est alors constitué par une masse homogène enkystée dans du tissu conjonctif.
Un tubercule ainsi constitué est certainement différent des tubercules ordinaires, pourtant sommes -nous en présence d'un fait pouvant caractériser une espèce? J'estime que non et je n'en veux pour preuve que la structure du tubercule du faisan étudié également par MM. Cadiot, Gilbert et Roger.
Chez les faisans, le centre du tubercule est formé par des cellules épithélioïdes ; un anneau de tissu conjonctif entoure cet amas et est lui-même circonscrit par une nouvelle couche de cellules épithélioïdes enfermées dans un autre cercle de tissu conjonctif; le tubercule du faisan est constitué par une série de cercles concentriques alternatifs de cellules épithélioïdes et de tissu conjonctif. A la longue, les cellules du centre sont résorbées; le tissu conjonctif prend leur place, laissant quelquefois un petit orifice central qui fait ressembler la coupe d'un tubercule à celle d'un vaisseau. S'il se produit une dégénérescence, elle appartient au type amyloïde.
Vous voyez combien les tubercules du poulet et du faisan, c'est-à-dire de deux gallinacés, bien que produits par un même bacille, le bacille tuberculeux aviaire, peuvent différer l'un de l'autre. Pourquoi s'étonner dès lors de trouver des dissemblances entre les tubercules des mammifères et ceux des oiseaux, et comment vouloir faire d'un caractère anatomo-pathologique aussi variable un critérium important pour séparer deux espèces bacillaires?
En somme, la tuberculose aviaire se distingue par plusieurs côtés de la tuberculose humaine et bovine, mais aucune des différences sus-indiquées ne me paraît suffisante pour justifier une séparation tranchée.
m LEÇONS SUR LA TUBERCULOSE.
Cette question de l'unité ou de la pluralité des tuberculoses bacillaires de Kocli est des plus importantes; elle intéresse l'hygiéniste au même titre que le savant. L'homme, le bœuf, l'oiseau peuvent devenir tuberculeux. L'identité de la tuberculose humaine et de la tuberculose bovine est une vérité bien démontrée depuis les expériences de M. Chauveau. Le bœuf peut contaminer l'homme, comme ce dernier peut être la cause d'une tuberculose bovine, et je vous dirai dans quelques leçons les conséquences qu'entraîne la certitude d'une semblable possibilité, quant aux mesures législatives à prendre pour assurer la prophylaxie de la tuberculose.
Doit-il en être de même pour la tuberculose aviaire, faut-il proscrire rigoureusement de l'alimentation les volailles tuberculeuses ? Je vous ai dit que le foie des poules infectées est souvent hypertrophié et prend l'aspect d'un foie gras, que cet organe fourmille alors de bacilles ; les conserves de foie gras qui sont composées avec de pareils éléments sont, suivant l'expression de M. Nocard, de véritables purées de bacilles. Il s'agit de savoir si oui ou non de pareilles préparations peuvent engendrer la tuberculose chez l'homme. Aussi, loin de me contenter d'énumérer simplement toutes les observations contradictoires des expérimentateurs qui se sont récemment occupés de cette question, je m'efforcerai dans la prochaine leçon de les grouper suivant leur importance et d'en faire une critique sévère, afin de bien fixer vos idées sur ce sujet.