QUATRIÈME LEÇON
DÉCOUVERTE DE LA TRANSMISSION EXPÉRIMENTALE DE LA TUBERCULOSE [suite)
Résumé des objections faites à M. Villemin. — Réponse de l'auteur.
Je vous ai sommairement exposé la discussion qui se déroula dans la presse et à l'Académie de médecine du 5 décembre 1866 au 18 août 1868. J'ai étalé devant vous les arguments, pour la plupart singuliers aujourd'hui, à l'aide desquels on prétendait ruiner les conséquences du fait ou même le fait découvert par M. Villemin.
L'opposition reposait sur des hypothèses physiologiques ou des observations cliniques qui étaient loin de posséder la simplicité et la précision d'un fait expérimental bien déterminé.
J'ai cherché à vous montrer combien il était imprudent de s'attaquer à un fait expérimental avec des armes si imparfaites et si fragiles, et combien dans cette voie on risque de devenir ridicule à bref délai. Quoi qu'il en soit^ l'Académie se refusa donc à reconnaître par un vote l'inoculabilité de la tuberculose ; elle se contenta de voter des remerciements et des félicitations à l'auteur.
Quelles sont les objections principales adressées à M. Villemin au cours de cette discussion ? On a reproché à cet expérimentateur :
1° D'avoir choisi pour démontrer l'inoculabilité de la tuberculose un animal (le lapin) qui serait souvent tuberculeux et le deviendrait à propos de tout, un animal « follement tuberculeux », comme on disait alors;
2° D'avoir inoculé des matières cadavériques dont la putréfaction était peut-être la cause des résultats obtenus, car l'inoculation de plusieurs produits pathologiques ou simplement organiques peut engendrer des tubercules ;
3° De se méprendre sur l'existence du principe virulent : en effet, prétendait-on, la substance tuberculeuse se sème par migration, et quant au principe subtil, distinct du tubercule, il n'existe que dans l'imagination de M. Villemin, qui n'a pu en démontrer l'existence ;
4° De ne pouvoir expliquer comment ce virus distinct du tubercule, au cas 011 il existerait, engendre la matière tuberculeuse ; I
5° De méconnaître que si la tuberculose^ était une maladie virulente, elle se développerait plus communément sur les personnes exposées à la contagion, et se comporterait, au point de vue de la transmission, comme d'autres maladies réellement virulentes ;
6° De méconnaître l'influence delà diathèse, l'une des notions les plus solidement établies en clinique, spécialement en ce qui regarde la tuberculose;
7" De se trouver en contradiction avec le rapporteur au sujet de la virulence de la pneumonie caséeuse. On se rappelle que M. Colin avait constaté l'inoculabilité de la matière caséeuse, tandis que M. Yillemin, encore imbu des idées de Yirchow, considérait la granulation grise comme la seule matière tuberculeuse.
Voyons comment M. Yillemin répondit à toutes ces objections, à tous ces reproches.
1° Le lapin serait follement tuberculeux. Cette assertion était émise en souvenir d'expériences peu nombreuses et d'observations restreintes. M. Villemin ne voulut pas raisonner sur des faits si légèrement établis; il entreprit une étude très approfondie des lésions tuberculiformes de tous les animaux
domestiques/ et dans un travail très consciencieux qu'il fit paraître dans la Gazette hebdomadaire^ il démontra : a que le bœuf est le seul animal domestique qui présente de la tuberculose spontanée. Nous y ajoutons aujourd'hui entre autres le cheval et les gallinacés, b Que les lésions tuberculiformes offertes par les autres animaux sont des néoformations parasitaires qui s'édifient autour d'un parasite grossier. Ainsi l'autruche et le perroquet présentent quelquefois des tubercules développés autour d'un acarien ; le chien offre des tubercules pulmonaires causés par le strongle des vaisseaux; le mouton atteint de broncho-pneumonie vermineuse doit [également ses lésions à un strongle. c Qu'en ce qui regarde le lapin en particulier, il est souvent atteint de psorospermose. Le lapin frappé de cette maladie n'offre que des lésions hépatiques ; ses poumons sont sains. Le foie présente alors des lésions tuberculiformes avec clapiers qui complètent encore l'illusion; ce sont des granulations blanchâtres ou des traînées de même couleur, envahissant quelquefois l'organe entier. Si on incise les clapiers, on en voit sortir une matière grumeleuse, semi-fluide, qui, examinée avec un faible grossissement, est remplie de corps ovoïdes d'une régularité parfaite. Ces corps, entourés d'une enveloppe bien nette, ont un contenu parfaitement transparent avec des masses opaques ressemblant à des noyaux. Un opercule qui existe toujours à l'une de leurs extrémités fait ressembler ces corps à certains œufs d'helminthes. Un examen microscopique superficiel suffit en somme à faire reconnaître ces psorospermies. La tuberculose spontanée du lapin est d'ailleurs très rare : Bouley invoquait à ce propos avec juste raison le témoignage des cuisinières.
Et d'ailleurs, ajoute M. Yillemin, il n'y aurait rien d'extraordinaire à ce que le lapin puisse présenter quelquefois de la tuberculose spontanée, puisque l'inoculation expérimentale réussit chez cet animal.
Au surplus, on ne saurait forcer un expérimentateur à étudire la transmissibilité d'une maladie virulente sur des animaux qui ne contractent pas cette maladie. Pourquoi procéder pour la tuberculose autrement qu'on ne le fait pour la vaccine, la clavelée, etc. De ce que la clavelée n'est pas inoculable au lapin, on n'en conclut pas que la clavelée n'est pas inoculable.
J'ajoute que, sous ce rapport, les espèces peuvent se diviser en deux groupes ; le premier comprend les espèces qui gagnent une maladie dans les conditions ordinaires de la contagion; le second, celles dont les sujets ne contractent la maladie que par inoculation accidentelle. Ainsi le cheval et l'âne deviennent morveux par contagion naturelle, tandis que le chien et le cobaye pourront habiter avec des animaux morveux sans contracter cette maladie ; cependant le chien et le cobaye peuvent être inoculés avec succès si on introduit violemment du virus morveux dans l'épaisseur de leur derme cutané. Les espèces du second groupe ont en somme une réceptivité plus faible que celles du premier. Quand on veut bien étudier une maladie virulente, on doit toujours s'adresser aux animaux qui ont la plus grande réceptivité.
M. Yillemin conclut, qu'étant données la rareté de la tuberculose chez le lapin et la proportion de ses succès, il faudrait un hasard providentiel pour expliquer les résultats de ses inoculations, si la tuberculose n'était pas virulente et inoculable.
Au surplus M. Villemin avait réussi à donner la tuberculose à d'autres animaux, tels que le cobaye, le chien et le chat.
2° L'inoculation de plusieurs produits pathologiques ou simplement organiques pourrait engendrer des tubercules; le fait d'avoir inoculé des matières cadavériques expliquerait peutêtre les résultats obtenus.
Vous vous rappelez qu'en effet M. Villemin puisait sa matière tuberculeuse sur le cadavre humain. 11 répondit à cette objection en faisant des inoculations en séries sur le lapin. Un animal
rendu tuberculeux par inoculation de tuberculose humaine fut sacrifié et ses tubercules frais servirent à inoculer une série de lapins. M. Villemin poussa ces expériences jusqu'au quatrième passage. Non seulement le résultat de ces inoculations successives fut positif, mais encore la virulence des tubercules frais parut plus grande que celle des tubercules cadavériques; au bout de deux ou trois mois, la généralisation était telle que les lapins asphyxiaient.
Quant aux productions pseudo-tuberculeuses engendrées par l'inoculation de substances organiques non tuberculeuses, M. Villemin répondit qu'elles n'avaient pas la structure histologique du tubercule et que, dans tous les cas, elles ne sont pas capables de se reproduire par l'inoculation. Quinze ans avant M. Hippolyte Martin, M. Villemin s'était donc déjà servi des inoculations en séries pour séparer certaines pseudo-tuberculoses des tuberculoses vraies.
Les expérimentateurs de cette époque ont du prendre fréquemment les pseudo-tuberculoses pour de véritables lésions tuberculeuses. M. Villemin raconte que MM. Cornil et Trasbot ayant inoculé un mouton avec des produits non tuberculeux l'invitèrent à assister à l'autopsie de cet animal. Le mouton se trouva porteur de lésions tuberculiformes, ce qui paraissait détruire les conclusions de M. Villemin; mais un examen attentif démontra qu'on avait affaire à de la bronchite vermineuse, à une pseudo-tuberculose.
M. Villemin fit d'ailleurs toute une série d'expériences avec du pus de provenances diverses, du cancer, de la matière caséeuse des tubercules vermineux, de la pneumonie, des pseudo-membranes pultacées de typhiques et n'obtint jamais de tubercules.
Qu'arrive-t-il, ajouterons-nous, lorsqu'on inocule de la matière tuberculeuse mêlée à des substances pyogènes ? Au point inoculé se forme un clapier purulent, tapissé de granulations
tuberculeuses, mais la ge'néralisatioii est uniquement composée de tubercules; l'agent pyogène s'est épuisé sur place. Le pus ne produit pas de tubercules.
Ainsi fut détruite la plus sérieuse des objections qu'on ait faites à M. Yillemin.
3° La substance tuberculeuse elle-même se dissémine par migration; un principe subtil, distinct du tubercule, n'existe que dans l'imagination de M. Yillemin qui n'a pu en démontrer l'existence.
M. Yillemin regardait en effet le tubercule comme le produit d'une irritation des corpuscules du tissu conjonctif et pensait que les éléments du tubercule n'étaient pas inoculables, mais servaient de véhicule à la partie virulente, qui jusque-là restait invisible. M. Colin le premier s'attaqua à cette opinion et prétendit que la généralisation se faisait par un semis des éléments cellulaires du tubercule dans les voies lymphatiques puis sanguines. M. Villemin riposta en montrant, par l'inoculation d'une très petite parcelle de matière tuberculeuse, que la matière virulente se multipliait sur place et que la récolte dépassait beaucoup la semence quantitativement. Il fit encore observer que la masse inoculée devrait se résorber, si c'est elle qui s'est répandue au loin; or, au point d'introduction on retrouve longtemps après l'inoculation la petite masse de matière inoculée.
Quant au reproche de n'avoir pas démontré l'existence d'un principe virulent inclus dans le tubercule, M. Yillemin le réfute avec les seuls arguments dont on pouvait disposer à cette époque, Yinoculation, avec laquelle il reproduisait la maladie. En demande-t-on davantage pour admettre l'existence du virus vaccin, du virus morveux, etc.? Ces objections n'étaient donc que l'expression de desiderata ; s'en servir pour combattre la nature virulente de la tuberculose était injuste et excessif. La reproduction par l'inoculation est encore aujour-
d'hui la meilleure preuve de la nature virulente d'une maladie.
4° Au cas où ce virus existerait distinct du tubercule, comment, demandait M. Colin, engendre-t-il le tubercule?
Exige-t-on que l'on dise comment le virus syphilitique produit la g-omme, et le virus morveux la granulation morveuse? répond M. Villemin ; et cependant, on ne doute pas qu'il s'agisse d'un virus dont l'activité spéciale provoque ces néoformations.
5° et 6° Les cliniciens non contagionistes prétendaient que si la tuberculose était une maladie virulente, elle se développerait plus communément sur les personnes exposées à la contagion.
Il y avait déjà à cette époque des contagionistes qui repoussaient une telle objection. Quant aux autres, M. Villemin leur fait observer que pour la genèse d'une maladie parasitaire, la présence d'un parasite ne suffit pas, il faut encore que le sujet soit prédisposé. C'était d'ailleurs une notion courante à cette époque ; on croyait même que la gale ne s'attaquait qu'aux sujets très débilités. Outre la prédisposition, il faut encore tenir compte de Vaptitiide, ce que nous appelons aujourd'hui la réceptivité, lorsqu'on considère les individus à différentes périodes de leur vie. Pour la tuberculose, comme pour les autres maladies virulentes, il y a de bons et de mauvais terrains.
Enfin, M. Yillemin fait remarquer qu'il faut tenir compte de la quantité de virus introduite, vérité importante qui devait être démontrée plus tard par M. Chauveau. Or, cette quantité des germes peut varier suivant une foule de circonstances imprévoyables.
Tous ces arguments tendent à expliquer pourquoi la contagion de la tuberculose n'est pas plus fréquente; cependant cette contagion est indéniable. C'était la seule réponse que M. Villemin pouvait faire à ses contradicteurs.
7° On reprochait à M. Yillemin d'être en désaccord avec le
rapporteur au sujet de la nature tuberculeuse de la pneumonie caséeuse.
Ce reproche, M. Yillemin ne le mérita pas longtemps. Il fit des expériences et, jugeant que le critère physiologique valait mieux que le critère anatomiqiie^ il sacrifia ses idées théoriques à la démonstration concrète. Il était dualiste; l'expérimentation lui ayant démontré son erreur, il devint immédiatement uniciste, et dans son livre fit rentrer la pneumonie caséeuse dans le cadre de la tuberculose.
8° Enfin, un gros reproche adressé à M. Villemin était qu'en admettant la virulence, il repoussait la diathèse, une des notions les mieux établies à propos de la tuberculose.
Il y répondit, en quelques pages, d'une façon remarquable. « Si par diathèse vous entendez une simple prédisposition, une aptitude plus grande de l'organisme à se prêter à l'action d'une cause spécifique, d'un virus en un mot, dit-il, je l'admets, la prédisposition peut jouer un grand rôle dans le développement de la tuberculose; mais si diathèse signifie autre chose, si vous prétendez qu'elle suffît avec une cause banale à engendrer la tuberculose, je la repousse : une maladie virulente, comme une maladie parasitaire, ne peut naître toute seule.
« Nous sommes persuadés qu'en ce qui concerne certaines maladies générales dont la cause nous est restée inconnue jusqu'alors, la création du mot diathèse n'a pas été étrangère aux retards de la science sur ce point. Si on nous demande ce que c'est que la tuberculose, nous répondons non sans quelque naïveté : c'est une diathèse spéciale; et nous voilà satisfaits et dispensés de chercher. Mais au demeurant, n'est-ce pas comme si nous disions que la tuberculose est une disposition à faire des tubercules? C'est là une réponse qui équivaut à celle des vertus dormitives de l'opium dans la comédie de Molière.
« Mais enfin si la tuberculose est une diathèse, dans laquelle des deux catégories va-t-elle se ranger? Est-elle quelque chose
de comparable à ces dispositions natives comme les tempéraments poussés à l'extrême, certaines dispositions organiques, etc.? Est-elle l'analogue de ces maladies générales à causes spécifiques? A voir les idées émises sur la plithisie et les causes de sa production, on peut se faire une idée de l'obscurcissement que le mot diathèse a jeté sur les faits. Il a suffi de croire que toutes les maladies dites diathésiques consistaient dans une disposition pour attribuer à leurs déterminations toutes les circonstances imaginables, telles que le froid, l'humidité, la poussière, etc., etc.
« Si nous combattons un peu ici l'usage du mot diathèse, c'est qu'il nous semble trop bien s'accommoder à l'idée de la spontanéité des actes pathologiques et de l'éclosion mystérieuse des maladies sans l'intervention d'une cause déterminante essentielle. N'est-ce pas ainsi que beaucoup interprètent la diathèse tuberculeuse? Ainsi ces myriades de granulations, qui font simultanément ou successivement éruption dans une foule d'organes à la fois, seraient des productions spontanées ou tout au moins apparues par le fait d'une bronchite, d'un refroidissement, de l'inhalation d'un peu de poussière, d'un coup sur la poitrine I Demande-t-on comment une pleurésie a pu, non seulement faire éclore des tubenmles dans la plèvre, mais aussi et en même temps dans le péritoine, la rate et le foie? C'est la diathèse qui ne demandait qu'à se manifester à la moindre occasion, et même, le cas échéant, qui peut se traduire proprio motu par ses effets propres.
« ...En voyant cette multiplicité de petits processus, semés dans les organes les plus éloignés les uns des autres et nés, comme nous l'avons vu, de la réaction proliférante des éléments conjonctifs, une idée s'impose impérieusement à la raison, c'est que cette réaction n'a pu se faire sans une action préalable, directement exercée sur les éléments réagissants. Le stimulus morbide a donc nécessairement été di-
visé et éparpillé dans toute réconomie par l'intermédiaire du sang.
(( ...La diathèse tuberculeuse n'est pas une simple disposition morbide, manifestant ses effets sous les premières influences venues, mais bien plutôt une véritable maladie générale relevant d'un agent unique dans son essence et constant dans ses effets.
(( Si donc la diathèse tuberculeuse est comparable à quelques autres qui nous sont connues dans leur principe, c'est aux diathèses syphilitique et morveuse.
« Nous repoussons le mot de diathèse, à propos de la tuberculose, en tant qu'elle exprime une disposition active à la création spontanée des tubercules sans l'intervention d'un agent spécial de détermination. »
Vous voyez que M. Villemin ne s'est pas laissé décourager par toutes les objections et les protestations qu'il a soulevées ; il a continué son œuvre avec la conviction d'un expérimentateur qui est sûr d'avoir bien observé. Toutes ses idées sont résumées dans un livre publié en 1868 et intitulé Etudes sur la tuberculose où sont exposées, outre ses expériences, la base histologique de ses recherches, la réfutation des objections de ses adversaires.
Ce livre est très intéressant à lire aujourd'hui, car son auteur a pressenti la plupart des découvertes qui sont venues enrichir l'histoire de la tuberculose. Par exemple :
4° Que le tubercule était le résultat de la présence du virus tuberculeux ;
2° Que ce virus était comparable à un parasite surajouté à l'organisme.
« L'inoculation du tubercule n'agit pas par la matière visible et palpable qui entre dans le produit pathologique, écrit M. Villemin, mais en vertu d'un agent plus subtil qui s'y trouve contenu et qui échappe à nos sens.
« Quelque effort qu'on fasse pour s'en défendre, on ne saurait s'empêcher de voir, entre la tuberculose et les maladies virulentes, les analogies les plus frappantes. Car nous savons parfaitement que les substances inoculables ne sont pas les virus eux-mêmes, mais qu'elles ne sont que les effets et les réceptacles de ces agents morbides. »
3° Que l'organisme ne joue que le rôle de milieu oii vit le virus parasite; en d'autres termes, que le virus se multiplie dans\r organisme et nowpar r organisme ;
4° Qu'il existe des pseudo-tuberculoses, mais qu'elles ne sont pas transmissibles en séries.
Le dogme de la contagion ressortait évident de ces nombreuses expériences pour toute personne impartiale et non prévenue. Cependant il ne put pas triompher des résistances de l'esprit de tradition, et ce n'est que plus tard qu'il régna sans conteste, lorsque d'autres expérimentateurs eurent entouré la découverte de Villemin d'un faisceau de preuves inattaquables.