INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE ET DE LA PRESSION
141. Premières recherches. Graham. Rêllstab. Guérout. — Comment la viscosité des liquides dépend-elle de leur nature chimique? c'est ce qu'ont cherché de nombreux expérimentateurs, dont les principaux travaux seront résumés dans ce Chapitre. Dès 1861, Graham (*) tirait de l'observation des premiers alcools, éthers et acides gras cette conclusion que la viscosité, à 20", des corps d'un même groupe croît de l'un à l'autre comme le point d'éhuUition, ou encore comme le poids moléculaire.
Quelques années plus tard, Rêllstab (^) entreprit l'étude des mêmes corps entre o" et 3o", et reconnut que la viscosité de tous ces corps diminue quand la température s'élève, dans une même série homologue, et que cette diminution est d'autant plus rapide que la température est plus basse et la viscosité plus grande.
Cela, toutefois, n'empêche pas l'ordre déclassement de se modifier avec la température, soit que l'on considère la viscosité telle que nous l'avons définie, soit que l'on compare avec Rêllstab les produits de la viscosité par le volume moléculaire (*). De là, une première difficulté : à quelles températures convient-il de comparer les viscosités des différents corps?
Rêllstab a essayé les températures auxquelles ces différents liquides ont la même tension de vapeur, sans arriver à aucune relation précise entre la viscosité et la constitution chimique.
(*) Philos. Trans, Londres, 1861, p. 873.
(•) Ueber Transpiration homologer Fliissigkeiten {In. Diss.). Honn, 1868.
(^) Remarquons que ce produit ne peut pas 6Lre appelé viscosité moléculaire. La
viscosité qu'on obtiendrait en prensint pour unité de volume le volume moléculaire
au lieu d'un volume invariable et conservant des unités de temps et de force inva-
riables serait \l (volume moléculaire )\