CHAPITRE III. — ÉCOULEMENT PAR UN TUBE ÉTROIT
Les écarts sont encore plus faibles que dans le cas précédent.
Ces expériences suffisent donc à établir que la viscosité est indépendante de la densité à température constante.
Dans sa discussion, M. Meyer a examiné l'influence possible d'un changement de température adiabatique accompagnant la variation de pression dans le réservoir, et il a montré que ce changement peut expliquer l'allure systématique, le sens et l'ordre de grandeur de ces écarts.
Néanmoins, il me semble difficile de supposer adiabatiques les variations de pression assez lentes de ces expériences; c'est plutôt à l'influence de la force vive, non considérée par M. Meyer, que j'attribuerais le rôle principal. Par suite de ce terme la durée d'écoulement calculée en partant de la formule (I) au moyen des pressions, serait plus petite que la durée observée si l'on donnait à AV| sa valeur exacte; la valeur de AV|, tirée des observations, doit donc être trop grande, d'autant plus que le débit ou la pression motrice est plus grande; c'est bien le sens des écarts.
214. Viscosités des principaux gaz. — Les expériences de Graham fournissent de bonnes mesures relatives. Graham a trouvé en elfel que, lorsqu'on compare deux gaz, le rapport de leurs vitesses d'écoulement pour un même tube et dans les mêmes limites de pression est absolument indépendant de ces conditions.
Cocfficienls Gaz. de transpirati«>n.
Oxygène i ,000
Air 0,899
Bioxyde d'azote 0,878
Azole o , 873
Oxyde de carbone o , 870
Acide carbonique o>7'>5
Proloxydc «l'azote 0,75*2
Acide clilorhydriquo 0,786
Clilorc *. 0,687
Acide sulfureux o,654
Acide sulfliydrique 0,616
Gaz des marais o,5)i
(Chlorure de méihyle o,547
Gaz oléfiant o,'3i6
Ammoniaque o,5i 1
Cyanogène o,5o6
Chlorure d'ètiiyle 0,499
Éllier mèlhylique o,48i
Hydrogène o ,4^9
Les mesures absolues, au contraire, laissent à désirer. Meyer n'a trouvé, parmi les nombres de Graham, qu'un tube dont le jaugeage soit mentionné; la valeur du coefficient de frottement qu'on en déduit est de l'ordre de grandeur de celles qu'onl fournies les expériences ultérieures d'autres physiciens.
Viscosités (C. G. S. ) Longueur . — ^ 1,1
du tube. Air. O. H. CO,.
4 pouces 0,000178 0,000199
1 pouces 0,000177 0,000197 0,000087
! pouce o,ooo'2o6 0,000216 0,000088 0,000182
Les écarts tiennent évidemment à l'influence de la force vive beaucoup plus sensible pour le tube court et d'autant plus importante que la densité du gaz est plus forte.
Variation avec la température (^Graham), — Graham a obtenu
avec une série de tubes
|Ji= |jio(n-pO).
Le coefficient jî est de l'ordre de 0,0018 dans une série d'expériences, o,oo!2i dans une autre. Mais des expériences sur des tubes beaucoup plus fins conduisent à un nombre très voisin du coefficient de dilatation des gaz o,oo3n.
2I0. Expériences de Meyer à la température ambiante. — Après les discussions précédentes, Meyer publia enfin ses propres expériences {Pogg. Ann., t. CXLVlll, iS^S). Il fit deux séries de mesures avec deux appareils diflerents.
L'appareil {Jig' 69) se composait de deux réservoirs solides en cuivre, A et B, de 2} environ chacun, munis de manomètres, F, G, et de thermomètres, mis en communication par le tube capillaire K; le réservoir A était rempli du gaz à étudier, et le réservoir B, vide. Les robinets C, D et E étant fermés, tout était prêt pour le commencement de l'expérience.
En ouvrant le robinet E, on provoquait l'écoulement du gaz à travers K, de A vers B.
Deux observateurs lisaient simultanément de minute en minute les ni\eaux des manomètres.
La formule (I) donne, comme au n" 213,
Pq Pi-^^l ^^ AVo ^^ ,