CHAPITRE I. — PRKIilKRS ESSAIS DE THÉORIE. qS
243. Max^BV'ell. — C'est seulement en 1866 qu'on voit reparaître le point de vue de Poisson appliqué aux fluides. « Le phénomène de la viscosité dans tous les corps peut être décrit de la manière suivante, indépendamment de toute hypothèse, dit Maxwell dans son Mémoire Sur ta théorie dynamique des gaz, »
Une déformation que nous appelons S est produite dans un corps par un déplacement; elle excite un état de tension F. La relation entre la déformation et la tension peut s'écrire F = ES, où E est le coefiicient d'élasticité relatif à la déformation S. Dans un solide dépourvu de viscosité, F reste égal à ES, et l'on a
dt dt
Mais, si le corps est visqueux, F, au lieu de rester constant, s'évanouit avec une rapidité qui dépend de F et de la nature du corps. Si nous supposons cette vitesse proportionnelle à F, l'équation peut s'écrire
dt " dt T'
qui représente empiriquement le phénomène actuel. Car, si S est constant, l'équation
F = ESe~T
montre que F disparaît graduellement; le corps abandonné à luimême perd graduellement sa tension interne et les pressions finissent par se distribuer comme dans un fluide en repos.
Si — est constant, c'est-à-dire si un mouvement permanent du corps
accroît constamment le déplacement, on a
ce qui montre que F tend vers une valeur constante qui dépend de la vitesse de déplacement. La quantité ET, par laquelle il faut multiplier la vitesse de déplacement pour obtenir la force, peut être appelée coefficient de viscosité. C'est le produit d'un coefficient d'élasticité E par un temps T, qu'on peut appeler le temps de relaxation ou durée de relâchement de la force élastique. Dans les fluides mobiles, T est une très petite fraction de seconde et E n'est pas facile à déterminer par expérience. Dans les. fluides visqueux, T peut atteindre des heures et des jours; alors E est facile à mesurer.