CHAPITRE IL
GAZ. - THÉORIES DYNAMIOUES.
247. Gaz cinétique. — I^orsqu\)ii a égard à l'agitation moléculaire^ les échanges de matière entre couches voisines sont accompagnés d'un transport de quantité de mouvement des couches où le mouvement d'ensemble est le plus rapide vers les plus lentes. Si Ton trace une surface de séparation arbitraire entre deux parties A et B d'un fluide agité, la partie A reçoit à travers chaque élément de surface un excès, positif ou négatif, de quantité de mouvement, ayant une direction déterminée; cet excès peut être évalué soit « en nature » si l'on se tient strictement au point de vue cinétique, soit parles forces capables de le produire sans échange de matière, en adoptant le langage de la Mécanique des fluides, qui ne préjuge rien; les composantes normale et tangentielle des forces de viscosité par unité de surface sont égales aux composantes de même direction de l'excès de quantité de mouvement qui traverse cette unité de surface pendant l'unité de temps. Le propre des théories cinétiques est de rattacher la viscosité aux dimensions moléculaires et à l'agitation générale, par conséquent à la température. La manière la plus simple d'y parvenir est la suivante.
248. Parcours libre. — Considérons une des molécules en mouvement au milieu des autres, supposées immobiles; traçons un cylindre parallèle à la vitesse de la molécule, dont la section droite circulaire a un rayon égal au 'linmètre >, R de la iiudécule, et prolongeons-le jusqu'à ce que le centre d'une molécule fixe soit intérieur à ce cylindre. La molécule mobile peul se mouvoir en ligne droite jusque-là; mais, lorsque la sphère de rayon double du rayon moléculaire atteint la molécule fixe, un choc a lieu et la molécule est déviée. On peut continuer à la suivre dans sa nouvelle direction jusqu'à un nouveau choc, etc. Sur un long parcours, la molécule a subi autant de chocs