Résolution de l'adénite
Du 2 au 8 août, développement d'une roséole érythémateuse, passant déjà sur quelques points à l'état papuleux. — Douleurs de tête vers le soir. — Éruption croûteuse du cuir chevelu. — Chancres cicatrisés. — 2 pil. de proto-iodure.
Le malade quille volontairement l'hôpital. — Il rentre au Midi le 23 septembre, n'ayant fait aucun Irailement depuis sa sortie.
État actuel, 23 septembre : Cicalrice indurée des deux chancres. — Adénopathie sous-maxillaire persistant des deux côlés.
Syp/iilide paputeuse. — Plaques muqueuses de l'anus. — Plaques muqueuses inter-digilales des pieds. — Alopécie. — Croûtes du cuir
sieurs reprises à l'infirmerie de Saint-Lazare, à savoir: plaques muqueuses de la vulve et de l'anus en février 1856; trois mois
chevelu. — AdénopalWe cervicale postérieure. — Je constate , de plus, un léger développement des ganglions inguinaux, constituant des pléiades indolentes ; ganglions épilrochléens développés, durs et indolents. — Traitement mercuriel. — Lotions chlorurées. — Bains de vapeur.
Guérison rapide des plaques muqueuses. — Disparition delasypliilide dans la première quinzaine d'octobre.
Sorti de l'hôpital le 21 octobre.
Obs. II. — La fille J... (Marie), âgée de 23 ans, est entrée à plusieurs reprises à Saint-Lazare pour des accidents de syphilis constitutionnelle {syphilide papuleuse; plaques muqueuses multiples; adénopalhie cervicale; alopécie presque complète ; tète véritablement dénudée.)
Elle rentre de nouveau ;i l'infunnerie le 21 octobre. — (Gonslitulion très forte; tempérament bilieux.)
L'on constate à celte date un chancre a base molle, siégeant au milieu des caroncules du côté droit.— {Pas la moindre trace d'autres accidents syphililiques sur les organes génitaux, non plus que sur l'anus.)
Cautérisation. — Charpie sèche.
Guérison rapide.
U... (Théodore), âgé de 19 ans. — Lymphatique.
Antécédents : Blennorrhagie simple en 185i. - Jamais de chancre.
Rapport avec la fille J... (Marie) dans les derniers jours d'octobre. — (Coït antérieur remontant à deux mois. — Pas de coït consécutif.)
Chancre développé à quelques jours d'intervalle. - Pour traitement, lotions à l'eau blanche et pilules de nature inconnue.
État actuel, k novembre : Chancre induré de l'anneau inférieur du prépuce. - Adénopalhie bi-inguinale multiple, dure, indolente. - Traitement mercuriel.
Accidents consécutifs : En décembre, roséole; adénopalhie cervicale
postérieure ; angine, érylhème guttural.
Obs. III. - (Je ne donnerai que le résumé de cette observation, qui est complètement analogue au premier fait cité plus haut.)
A (Geneviève), 20 ans. — Tempérament sanguin.
celte fille a été traitée à plusieurs reprises à Saint-Lazare pour des accidents AesypIudsconstilutionneUe. (Syphilide polymorphe.-Plaqoes
plus tard, plaques muqueuses des amygdales et du voile du palais, etc. Mais voici que, dans la première quinzaine de juin,
muqueuses ulsérées de la vulve, de la marge de l'anus, des amygdales et du voile du palais. — Pléiades inguinales. Adénopathie cervicale postérieure. — Éruption croûteuse du cuir chevelu. — Alopécie.) — Elle rentre de nouveau à l'infirmerie le 23 octobre, portant un chancre de la fosse naviculaire, chancre a base molle, parexcellence. (Pas la moindre trace, à celte époque, d'autres accidents syphilitiques sur les organes génitaux, non plus qu'a la bouche.) — En janvier 1857, nouvelle manifestation de la diathèse préexistante. (Plaques muqueuses vulvaires, etc.)
A... (Louis), 21 ans. — Lymphatique.
Antécédents : Blennnorrhagie simple en 1852. — Jamais de chancre.
Rapports habituels avec la fille A... (Geneviève) depuis le mois de septembre. (Ce jeune homme n'a pas fréquenté d'autre femme depuis plusieurs mois.)
Chancre labial, dont l'origine remonterait au 20 octobre environ, d'après les souvenirs du malade (aveu des rapports ab ore). ~ Écoulement urétral datant de la même époque. — Nul traitement.
État actuel, 19 décembre : Chancre parcheminé de la lèvre inférieure, près de la commissure droite. — Bubon sous-maxillaire droit , volumineux, indolent dans les premiers jours, mais devenu douloureux depuis une semaine. — Phimosis congénial d'une étroilesse extraordinaire; écoulement purulent fourni par la muqueuse du prépuce et du gland; impossibilité d'une exploration plus complète.
Inoculation négative pratiquée avec le pus du chancre labial.
Accidents consécutifs : Dans les derniers jours de décembre, roséole érylhématheuse; — adénopathie cervicale naissante.
Obs. IV. — (Pierre), âgé de 21 ans. Constitution très robuste. Tempérament sanguin. Aucun antécédent vénérien.
Ce jeune homme n'avait pas vu de femme depuis six mois , lorsqu'il eut des rapports avec la fille G... (Caroline), dans la dernière semaine d'octobre. — Quelques jours après, et sans coït consécutif, un chancre apparut sur le prépuce. — Aucun traitement.
État actuel, 10 novembre : Chancre parcheminé type de la face muqueuse du prépuce, supérieurement. - Adénopathie bi-inguinaleù ganglions multiples, durs, indolents. - Traitement mercuriel.
Accidents consécutifs : 23 décembre : ïïoséok éryihémateuse conflue n te.
celle fille prend un npuveau chancre. Ce chancre, vu et Irailé à Saint-Lazare , se présentait avec une base parfaitement molle, et sans aucun retentissement ganglionnaire.
Or, vers le 15 juin, cette fille accordait ses dangereuses faveurs au nommé R..., vierge jusqu'alors de tout accident syphilitique. R..., à cette époque, était absolument sain et n'avait pas vu de femmes depuis six semaines au moins. Le 18, un écoulement blennorrbagique se déclara ; deux ou trois jours après, il se manifesta sur la lèvre supérieure deux petites écorchures reposant sur une base dure et tuméfiée. Ces écorchures, dont le malade ne dissimulait pas l'origine, s'agrandirent rapidement, et quelques semaines après, nous pûmes constater deux chancres indurés de la lèvre, avec adénopathie sous-maxillaire spécifique. — En août.
Plaques muqueuses des amygdales et du voile du palais. — Angine. - Éruption croûleuse du cuir chevelu. - Adénopathie cervicale postérieure. — Douleurs rhumatoïdes.
La fille G... (Caroline), 22 ans, lymphatique, de qui noire malade tenait la contagion, fut arrêtée le k novembre. Elle présentait un large CHANCRE A BASE MOLLE de la fos§e naviculairc. - {Nul autre acadenl syphilitique à celte époque.) . c • •
Depuis janvier 1856 , cette fille avait été envoyée trois fois à Sainl-
"eu janvier, elle avait été affectée de chancres indurés de la vulve, avec pléiades inguinales caractéristiques, suivis bientôt d'accidents constitutionnels. (Syphilidc papulo-squammeuse , plaques muqueuses de la vulve. — Alopécie, ganglions cervicaux.)
Depuis cette époque, elle était rentrée deux fois à Saint-Lazare poiudes chancres à base molle. A chaque séjour que fit/<^«^,f . ' f'"^" raerie de la prison, Ton constata f influence persistante de la dialhèse.
(J'apprends de plus, au moment où je corrige les épreuves de ce volume, que celte fille vient d'être envoyée une cinquième fois à Saint- Lazare pour de nouveaux accidents de syphilis constitutionnelle.)
A. Four.- 1ER.
unôi 'syphilide papuleuse couvrit tout le corps. En septembre, apparurent des plaques muqueuses de l'anus et des orteils.
Ce premier cas nous frappa sans nous convaincre ; car il présentait une particularité sur laquelle nous sommes encore bien loin d'être fixés : je veux parler du siège de l'accident sur la région céphalique, où vous savez que l'on n'a pas encore rencontré, d'une façon bien authentique, le véritable chancre simple. Mais d'autres faits succédèrent à celui-là.
L'un des malades actuels de notre service porte un c/iana-g induré du prépuce, chancre infectant type, escorté , comme toujours, de cette adénopathie si caractéristique dont je vous ai entretenus tant de fois (1). Il tient ce chancre d'une fille publique actuellement affectée d'un chancre à base molle. Or, cette fille, antérieurement à ce dernier accident, avait été traitée, à plusieurs reprises, pour des symptômes multiples de la vérole constitutionnelle la mieux accusée.
Ce second fait, exempt desparticularitésfixceptionnelles duprécédent, arrêta davantage notre attention. Il fut suivi bientôt d'autres cas analogues qui vinrent lui donner une pleine confirmation.
Je ne ferai que vous signaler un chancre induré de la lèvre, transmis par une femme syphilitique affectée d'un nouveau chancre à base molle. Cette troisième observation est absolument l'analogue de la première que je vous ai citée. — Je préfère appeler votre attention sur le fait suivant :
L'un des malades actuels du service n'avait pas vu de femmes depuis six mois, lorsqu'il eut des rapports dans les derniers jours d'octobre avec une fille publique. Il contracta un chancre induré,
(Ij Ce malade fut affecté en décembre d'accidents constitutionnels. (V. obs. H.j
origine d'une syphilis qui vient de se conûrmer, dans ces derniers jours, par l'éruption d'une splendide roséole.
La fille dont il tenait la contagion fut arrêtée presque immédiatement : elle portait un large chancre mou de la fosse naviculaire. Or, d'après les renseignements très exacts que recueillit mon interne, cette fille avait été envoyée quatre fois à St-Lazare depuisle mois de janvier 1856 : une première fois pour un chancre INDURÉ type, suivi d'accidents constitutionnels bien caractérisés, et les deux fois suivantes pour des chancres simples. J'ajoute qu'à chacun des séjours qu'elle fit dans cet hôpital, l'on avait constaté, par. des symptômes non équivoques, l'existence de l'infection syphilitique (1).
Vous le voyez, Messieurs, ces faits concordent entre eux et ne sauraient véritablement laisser de doute sur le caractère infectieux que peut prendre en quelques circonstances le chancre à base molle, lorsqu'il est développé sur un sujet préalablement infecté.
Il semble donc démontré aujourd'hui, contrairement aux doctrines anciennes, qu'ww sujet vérole, contractant un nouveau chancre, peut encore transmettre la vérole.
Je n'ai pas besoin de vous dire que si ces faits se confirment par l'observation ultérieure, ils renversent complètement la doctrine qu'a tenté d'édifier notre laborieux élève, M. le docteur Clerc.
Ce qu'il resterait à élucider maintenant. Messieurs, ce serait la question suivante, que je soumets à vos méditations et que je livre à vos recherches.
Le chancre mou d'un sujet vérole, qui est susceptible de trans-
(1) En 1857, ceUe fille rentra de nouveau à St-Lazare pour des acciilenls de vérole constitutionnelle. ^' ^"
mettre la vérole à un sujet sain, reconnaît-il nécessairement pour origine un chancre induré ? Ou bien existerait-il quelque condition spéciale, encore inconnue, qui rendrait au chancre mou, développé dans ces conditions, et quelle qu'en fût l'origine, Je caractère infectieux qui n'appartient qu'au chancre induré?
Cette dernière hypothèse me paraît peu probable, et je répugne à l'admettre; car, d'une part, elle est contraire aux lois de transmission étudiées dans ces derniers temps; d'autre part, il existe déjà un certain nombre d'observations qui tendent à démontrer que le chancre mou d'un sujet syphilitique peut également se transmettre dans son ei^pèce, c'est-à-dire comme chancre mou.
Je croiraisplutôt que le chancre simple des sujets préalablement vérolés devient ou non infectieux, d'après son origine. Émané d'une source indurée, il en conserve le caractère infectant; issu d'une source molle, il ne transmet qu'un chancre simple.
Je ne veux pas, Messieurs, vous entraîner plus loin sur ce terrain nouveau, encore insuffisamment exploré, mais qui semble beaucoup promettre. 11 est temps d'ailleurs d'abandonner ce sujet pour vous entretenir des indications relatives au traitement du chancre infectant.
Eu terminant toutefois ce qui a trait à la contagion, je vous résumerai en quelques propositions dogmatiques ce que les recherches les plus récentes paraissent nous avoir appris sur cette nonvelle et importante question :
I-Le chancre simple des sujets vierges (1) SE TRANSMET DANS SA FORME, C'EST-A-DIRE EN TANT QUE CHANCRE SIMPLE.
20Zl LEÇONS SUR LE CHANCRE.
2° Le chancre induré se transmet également dans son
ESPÈCE SUR les SUJETS VIERGES , C'EST-A-DIRE COMME CHANCRE INDURÉ.
30 Le CHANCRE INDURÉ SE TRANSMET AUX SUJETS PRÉALABLE- MENT SYPHILITIQUES SOUS FORME d'uN CHANCRE A BASE MOLLE , ANALOGUE d'ASPECT AU CHANCRE SIMPLE.
40 Le CHANCRE A BASE MOLLE DES SUJETS SYPHILITIQUES SE TRANSMET SOIT COMME CHANCRE SIMPLE, SOIT COMME CHANCRE
INDURÉ. — Il semble probable, enfin, que la forme sous laquelle il se reproduit dépend de la nature même de son origine, c'est-àdire du chancre qui lui sert d'ascendant.