‹ Leçons sur le chancreChapitre 17 sur 99 · II. — F... François, trente ans. Constitution robuste · texte numérisé non relu

II. — F... François, trente ans. Constitution robuste

Deux blennorrhagies antérieures, la dernière il y a deux ans. -— Nul accident consécuUr.

Rapport avec la fille Blanche dans les derniers jours de juin. (Coït antérieur remontant à six semaines, — Pas de coit consécutif.)

Apparition d'un chancre sur le prépuce dans les premiers jours de juillet. — Pas de traitement.

£tat actuel, l.n juillet :

Chancbe iNDUBt de la fkce muqueuse du prépuce.

Adénopathie bi-inguinale, multiple^ dure et indolente, très caractérisée. ~ Traitement mercuriel.

tOO LEÇOlfS SUR LE CBANCRE.

Pais, 27 août : Botéole pajmleute. dont le délmt reuMitinit I Irait jeun, au dire du malade.

15 oetobre, plaques muqueusn buccalee.

ni. — G... Léon, vinflans. — Stget lymphatique. — Coottittitioa fiûMe. Aucun antécédent vénérien.

Rapport avec la fille Blanche dans la seconde muitii* de juin. (Coîl anlériêur remontant à quatre semaines au moins. — Pas de eoU cm* séeutif.)

Chancre recoimu quelques jours après le coït, et traité presque immédiatement par M. Cullerier, à la consultation du l^di, pour on ekamere mdur^.

En août, je constate :

Chancre imoiré de la rainure glando-prépuliale, à gaoebe. — Adéaty thie inguinale fauche, multiple, dore et indolente.

En septembre : RosAtle érythémaieuse. ~ Adénopathie tai f terie.

IV. — M... Jacques, vingt-sept ans. — Sujet sanguin et robuste.

Aucun antécédent vrnéricn.

Rapport avec la fille Blanche dans le courant de juin. (C&U aniérkmr remontant à cinq mois. — Vas de coït consécutif.) «

Chancre reconnu à quelques jours d'intervalle du coït infectant. — Pas de traitement.

20 août : CflArfCRC parcheminé de la face muqueuse du prépuce. — Lymphangite dorsale indurée. — Adénopathie bi -inguinale multiple, dore, indolente.

Traitement mercuriel continué sans accident jusqu'au mois d'octobre

En décembre, plaques muqueuses buccales. — f.ruption croûteuse du cuir chevelu. — Céphalée datant de quelques semaines.

Y. — r>... Nirolart, vingt-quatre ans. Sujet lymphatique. Constitution moyenne. — Aucun antécédent ▼énérieti.

Rapport en juin avec la fille Blanche. (Coit antérienr remonioni à êhsx mois. - Vas de coït consécutif.)

Cinq jours après le coït infectant, tuméfaction du prépuce ; prodoctton d'un phimosis (eil«*mateux, avec écoulement purulent très abondant.

Pour traitement, quelques injections astringentes entre le gland êl le prépuce. — Le malade ne [parvint à découvrir le gland que quatre à cinq semaines a(trè> le début de ces accidents.

Ct^it actuel, i août : Double chancre induré du prépuce, k gaoche. — Adénopathie inguinale gauche, dure et indolente.

Traitement : (Charpie sèche. — Liqueur de Yan-Swiéten.

Ed MplMibrttf fê$éol9 léfèrti— Êmptioo croûteuse du cuir chevelti; En décembre, plaques muqueuses IcUnales,

(Obs. comm. par M. Joseph, interne du Midi.)

VI. ^ C... Pierre, trente et un ans. — Tempérament bilieux. — Gonstilitieiiiiiéditfere. — Auettn antécédent vénérien.

Rapport en juin atec la fille Blanche — {CoHi antérieur remontant à un mois au moins. — Pas de coU consécutif,)

Chancre apparu quelques jours après le coït infectant, et traité à l'aide de quelques pommades.

Août. Large CR ancre iMDcmt du frein. — Adénopathie bi-inguinale multiple, dure et indolente, extraordinairement caractérisée. Traitement mercuriel, très irrégulièrement suivi. PmBj en octobre et novembre : Syphilide papulo-squameuse du tronc. — PtoHasis palmaire et plantaire. — Syphitide impétigineuse du menton, du aef et du euir chevelu. Plaques muqueuses confluentes des amygdales. • — Adénopathie cervicale postérieure, mastoïdienne, sus-hyoïdienne.— C^éphaléè.

Deux autres malades du Midi, qui avaient eu des rapports avec la fille BUanéhe, présentèrent également des chancres indurés, suivis de syphflis ^enstitutionn^e . liais ces deux malades avaient eu des rapports avec d'autres femmes, l'un dix jours et l'autre douze jours avant le coït réputé «.nfectant; en sorte que l'origine de la contagion pouvait rester douteuse.

Je ne citerai donc pas ces observations, parce qu'elles ne sauraient

vigoureusement entrer en ligne de compte pour la solution du problème «ctuel, la contagion du chancre,

Co siqet vérole, contractant* un nouveau chancre, peut-il transmettre la térolel — Doctrine aneiértne. — Observations de M. Cullerier, de M. Melchior Robert. — Quatre faits nouveaux de la clinique du Midi, démontrant la transmission du chancrotde de M. Clerc sous forme d'un ehanere hifeetant. — Question d'origine du chancre à base molle des s^iats syphilitiques susceptible de reproduire un chancre induré. — Hypothèse. — Résumé général des recherches les plus récentes sur la contagion.

Je viens de vous montrer, messieurs, que le chancre

infectant se transmet toujours dans son espèce sur les sujets vierges.

Cela posé, changeons maintenant la question de face et recherchons si le chancre induré ne peut reconnaître pour origine qu'un chancre de mèmû furme^ s*il ne peut naître d'une autre variété de l'accident primitif.

Ici va surgir un nouveau point de doctrine.

Nul doute que le chancre simple, développé sur un sujet vierge, ne puisse, comme nousTavons dit précédemment, que reproduire un chancre simple, non suivi des symptômes constitutionnels de la syphilis. Mais en est-il de même pour le chancre à base non indurée, développé sur un sujet syphilitique et reconnaissant pour origine un chancre induré? — Voilà, messieurs, la question délicate qu'il nous reste à discuter.

Permettez que, par un exemple, je vous rende plus intelligible cette proposition.

Vu sujet vérole, subissant Tinfluence de la diathèse, contracte un nouveau chancre avec une femme affectée de chancre induré. En vertu de Tunicité de ladiathèse, ce chancre reste mou^ et consei*ve l'aspect du chancre simple. Eb bien, qu'arrivera-t-il s'il est transmis à un troisième sujet vierge de tout accident syphilitique? Se propagcra-t-il dans l'espèce à laquelle^sa forme apparente le rattache, c'est-à-dire comme chancre simple, ou bien conserverat-il la propriété infeclicuse d^î son origine?

J'ai supposé longtemps que ce chancre devait se trans-

CnANCRE INFECTANT. 20ô

mettre dans la forme à laquelle, sous une influence quelconque, il avait en définitive abouti. Ainsi je croyais que le chancre développé sur un sujet vérole, quelle qu'en fût Torigine, devait toujours transmettre un chancre simple. —C'est là, du reste, la doctrine que M. Clerc a rajeunie et développée dans ces derniers temps.

Cette croyance cependant ne reposait, pour moi, que sur une hypothèse. Car la difficulté de recueillir des faits complets et concluants sur ce point de la écience avait toujours retenu mon jugement. Voyez, en efiTet, que de conditions réunies de semblables observations réclament. C'est : l"" un premier sujet préalablement contaminé qui doit se trouver exposé à une nouvelle contagion ; 2* il faut que la source de cette contagion soit un chancre induré ; 3** il faut enfin que le deuxième sujet auquel le chancre est transmis soit vierge de toute infection antérieure. — Jugez si Ton a souvent Toccasion de rencontrer à la fois tous ces éléments réunis, surtout dans des conditions qui permettent de suivre à coup sûr la filiation des accidents.

Mais à défaut d'observations de ce genre, presque impossibles à découvrir, il est une question moins complexe qu'on peut faire servir h la solution du problème que j'étudie avec vous. C'est la suivante : Un sujet vérole, porteur d'un nouveau chancre, peut-il transmettre la vérole à un sujet sain ? Ce nouveau chancre , ce chan^ croïde^ comme l'a appelé le docteur Clerc, peut-il devenir l'origine d'un chancre induré ?

Eh bien, des observations récentes, que je veux vous

270 LEÇONS StlR LË GRANGIie.

Taire connailre, semblent établir que /« chancre à bmtê molle développé sur un sujet préalablement vérole^ pemi quelguefois transmettre à un sujet sain un ehanere qui s'indure et gui devient l*origine d'une syphilis constiiH^ tiotmelle.

M. CuUerier nous a communiqué robservation suivante :.

Un jeune liomme contracte un chancre induré el parcourt la série des accidents constitutionnels.

A plusieurs années d'intervalle, il prend un nouvMU cbancrei dont la base reste absolument molle^ absolumenl dépourvue de l'induration spécifique.

11 se marie, portant encore ce chancre qu'il communique presque aussitôt à sa femme.

Le chancre de la femme s'indure et s'accompagne de radénopathie spécifique ; puis à quelques mois d'intervalle il est suivi des symptômes de la syphilis constitutionnelle : syphilide papulo-tuberculeuse générale, alopécie, iiiiprtigo du cuir chevelu ; — et plus tard, accidents tertiaires (1).

Ici donc, point de doute : c'est le chancre à base molle,

(1) Voici le texte même de M. Cullerier :

9 Un jeune huninie est affecté de chancre indnré, puis de •] constitutionnel», l-n traitement rationnel est suivi réfuliéremeot, «4 disparait. Au tK>ut de quelques années, cet homme fagne un noucvaii ckamvre qui rêttê à Vétai simple ^ sans retentissement sur l'économie. — - Le malade, fort éclairé d'ailleurs, mais ayant mal comprit to portfo éê et qu'il avait entendu dire qu'on n'avait pas deux fois la vérole, n'attacha av* cune importance à l'ulcération dont il était affecté, et n'hésita pns è m

CttAHCRË INt^CTANt. 271

le chancroide d'un sujet vérole, qui se transmet à une femme vierge d'infection antérieure, sous forme d'un chancre induré, suivi de vérole.

M. le docteur Melchior Robert a consigné, dans une thèse récente d'un élève de Lyon (1), trois observations analogues à la précédente, qui démontrent également la possibilité d'une infection constitutionnelle développée sur des sujets vierges par la contagion de chancres mous provenant de sujets syphilitiques.

Enfin, dans ces derniers temps, MM. A. Fournier et Caby ont recueilli, sous mes yeux et sous les vôtres, les quatre observations suivantes qui confirment encore le même fait (2).- En voici l'analyse :

Dans la première, il s'agit d'une fille N.. ., qui contracte

marier, sans prendre aucun conseil médical. La jeune femme, comme un peut le croire, fut bientôt elle-même affectée d'un chancre. Mais celui-ci s'iitdura , se compliqua d'engorgements ganglionnaires, puis fut suivi , dans l'espace de temps habituel, d'une syphilide papulo-tuberculeuse générale, d'alopécie, d'impétigo du cuir chevelu, et plus tard d'accidents tertiaires. » {Société de chirurgie j 1855.)

Aux yeux de M. CuUerier, ce fait serait « un argument puissant contre ridée de la dualité du virus syphilitique, n - On verra par ce qui suit que M. Ricord donne une interprétation toute différente tant à ce fait qu'aux observations analogues citées plus loin. A. F.

(1) Du double virus syphilitique^ par Ach. Dron, interne des hdpitaui de Lyon.

(2) Voici ces observations :

Ommvatioii I. — N... (Marie), âgée de dix-sept ans. - Pille publique. «-- Tempéraoïent sanguin.

Cette aile a été retenue six fois à Saint-Lazare depuis 185», pour des accidents vénériens, i savoir :

Mai 1855. -* Vulvite, vaginite granuleuse, catarrhe utérin purulent.

en novembre 1855 un chancre induré. Cette fille ne tarde pas à présenter des accidents secondaires, pour lesquels elle entre plusieurs fois à l'infirmerie de SainI* Lazare, à savoir : plaques muqueuses de la vulve et de l'anus en février 1856 ; trois mois plus tard, plaques mo-

Novembre 1855. — Chancre induré de U fosse naviciiUire. « Adéoepathie bi-inguinale à ganglions multiples, durs et indolents.

Février 1856. — Plaques muqueuses de la vulve et de l*anus. — Aéé' uupathie inguinale persistante. — Adénopathie cervicale postérieure. «— Alopécie.

Mars 1856. -- Chancre simple, à base molle, de la petite lèvre faoebe.

2i mai. — Angine ; ulcérations des amygdales et du voile du pilais.

Sortie de Saint-Lazare le 1 1 juin.

Le 17 juin, cette lllle rentre à Saint-Lazare, portant un chincre sur h fourchette, chancre a base molle, sans retentissement ganglionnaire. <— Cautérisation. (La bouche, les organes génitatiXt Vanus^ eramimés ûtêc le plus grand soin, ne présentent pas la moindre trace d^autrêt aecidemti syphilitiques, à celle époque) {*).

Huit jours après (25 juin), développement de nouvelles papules maqueuses de la vulve. — Caulérisation. — Traitement mercuriel.

Sortie de Saint-Lazare le 1"^ juillet.

Ce fut dans le court intervalle de ses deux derniers séjours à Saint-Lazare (du 1 1 au 17 juin), que cette fllle contracta un nouveau cbancre et le communiqua à. notre malade, dont voici l'histoire :

B... (Louis), âgé de vingt-huit ans. — Constitution robuste ; tempéraneat sanguin.

Antécédent» : Blennorrhagic en 1845. — Jamais de chancre.

Rapports avec la fllle N... (Marie), le 15 juin. — (CoU amtètieur ntHNMtant à six semaines au moins; — pas de coit consécutif,)

Le IK ou le 19 juin, début d'un écoulement urclhral ; deux jours après, développement de deux petites ulcérations sur la lèvre supérieure, près 4e

(^ La coïncidence d'accidents syphilitiques secondaires avec le chancre eût été certes une complication qui aurait pu jeter rincertitode sar les conséquences doctrinales de cette observation et des suivantes. Je aola donc d'une façon très formr'lle qu'elle ne s'est présentée dans aucun des faits relatés ici. — Les observations dans lesquelles elle s'est produite ont étésacHAées. A. F.

queuses des amygdales et du voile du palais, etc. Mais iroici que, dans la première quinzaine de juin, cette iille prend un nouveau chancre. Ce chancre, vu et traité à Saint-Lazare, se présentait avec une base parfaitement molle ^ et sans aucun retentissement ganglionnaire.

Or, vers le 15 juin, cette fille accordait ses dangereuses laveurs au nommé R..., vierge jusqu'alors de tout acci-

Il lif ne médiane ; ces ulcérations ne cessèrent de s'agrandir, et le malade remarqua qu'elles « prirent une grande dureté» en quelques jours. — Pas de traitement.

État actuel, il juillet. — Double chancre ikdcré de la lèvre supérieure, reposant sur une base extrêmement dure, chondroïde. — (Rapports ab ore avoués par le malade.) — Ces deux chancres sont si lues parallèlement près de la ligne médiane; celui de droite est de beaucoup le plus étendu.

Adénopathie sous-maxillaire du cété droit, datant d'une quinzaine de

jours, au dire du malade, devenue douloureuse seulement depuis quelques

jours. — Un ganglion dur et indolent dans la région suus-maxillaire gaucbe.

Blennorrhagie simple. — Aucune induration sur le trajet de l'urèthre.

— Pas d'adénopathie inguinale.

Traitement : Cérat opiacé. — 1 pil. prolo-iodure. — Cubèbe et injections astringentes.

Trois inoculations successives avec le pus des chancres labiaux ; triple résultat négatif.

21 . — Les chancres sont en voie de réparation. — Le bubon sous-maxillaire droit a pris beaucoup de développement; il est devenu très douloureux. -— Légère rougeur de la peau dans cette région. — Cataplasmes. 28. — Résolution complète de l'adénite.

Du 2 au 8 août, développement d'une roséole érythémateuse, passant déjà sur quelques points à l'état papuleux. — Douleurs de tête vers le soir. — Éruption croûteuse du cuir chevelu. — Chancres cicatrisés. — 2 pil. de proto-iodure.

Le malade quitte volontairement l'hôpital. — Il rentre au Midi le 23 septembre, n'ayant fait aucun traitement depuis sa sortie.

État actuel, 23 septembre : Cicatrices indurées des deux chancres. -^ Adénopathie sous-maxillaire persistant des deux côtés.

Syphilide papiUeuse. — Plaques muqueuses de l'anus. — Plaques muqumues interdigitales des pieds. - Alopécie. — CroiUes du cuir chevelu. — Adénopathie cervicale postérieure. — Je constate, de plus, un léger développement des ganglions inguinaux, constituant des pléiades indolentes;

i7& LEÇONS SUR LE CftANCftC.

dent syphilitique. R..., à cette époque, était absolument sain et n'avait pas vu de femmes depuis six semaines an moins. Le 18, un écoulement blennorrhagique se déclara; deux ou trois jours après, il se manifesta sur la lèvre supérieure deux petites c écorchures» reposant sur une base dure et tuméfiée. Ces écorchures, dont le malade ne dissimulait pas l'origine, s'agrandirent rapidement, el qnel-

gangUons épitlirochicens développés, durs el indolents. — Traitement mer^ curiel. — Lotions chlorurées. — Bains de vapeur.

Guérison rapide des plaques muqueuses. — Disparition de la typliflide dans la première quinzaine d'octobre.

Sortidel'hApiUl le21 octobre.

Obs. il. — La Aile J... (.Marie), âgée de ungt-lrois ans, est entrée à plusieurs reprises ù Saiut-Uizare |>our des accidents de syphilis conatitntionnelle (syphilidu papuleuse ; plaques niuqueuseb multiples; adénopathie cervicale; alopécie presque complùle; tête véritablement dénudée.)

Elle rentre de nouveau à riullrmerie le 21 octobre. — (Constitution très forte, tempérament bilieux.)

On cons^tatc à celte date un chancre a base molli, siégeant au milieu des caroncules du cùté droit. — {Pas la moindre trace d'autres «tccidents syphilitiques sur les organes genilaux à la bouche^ non plus que sur l*anus,)

Cautérisation. — Charpie sèche.

Cuérison rapide.

H... (Thémlon*;, âgé de dix-neuf ans. — Lymphatique.

Antécédents : Bleiinorrhagie simple en lK5i. — Jamais de chancre.

Rapports avec la lUleJ... (Marie) dans les derniers joiArs d'octobre. — {Coit antérieur remontant à deux moix. - Pas de coit consécutif.)

Chancre développé à quelques jours d'intervalle. — Poar traitement, lotions à IVau Manche el pilules de nature inconnue.

îsiai actuel, i novembre : C)iiakcre induré de l'anneau infértenr du prépuce. — Adénopathie tii-iii};uinale multiple, dure, indolente.-» Tratteoient niercuriel .

Accidents consécutif : Kn décembre, roséole \ adénopathie cervicale pot* têrieure; angine, éryihémc guttural.

OBb. 111. - (Je ne dtuinerai que le résumé de cette observation, qui eet cumplétement analogue au premier fait cite plus haut.) A*.. (Geneviève;, vingt ans. — Tempérament sanguin.

MANCRÊ ÎNrECTAÎiT. 275

ques semaines après, nous pûmes constater deux chancres indurés dé la lèvre, avec adénopathic sous -maxillaire spécifique. — En août, une syphilide papuleuse contrit le corps. En septembre, apparurent des plaques muqueuses de Tanus et des orteils.

Ce premier cas nous frappa sans nous convaincre, car il présentait une particularité sur laquelle nous sommes encore bien loin d'être fixés : je veux parler du siège de Vaccident sur la région céphalique, où vous savez que

Cette fille a été traitée à plusieurs reprises à Saint-Lazare pour des accidents de SfphUii consMutionnelle. (Syphilide polymorphe. — Plaques muqueuses ulcérées de la vulve, de la marge de l'anus, des amygdales et du Toiledu palais. - Pléiades inguinales. — Adénopathie cervicale postérieure. — Éruption croûteuse du cuir chevelu. — Alupécie.) — Elle rentre de nouveau à l'infirmerie le 23 octobre, portant un chancre de la fosse navicolaîre, chahcre a base molle par excellence. {Pas la moindre (race, à cette époque, d'autres €uxidents syphilitiques sur les organes génitaux^ non plusqu*à V anus ni à la bouche.)— En janvier 1857, nouvelles manifestations de la diathése préexistante (plaques muqueuses vulvaires, etc.).

A... (Louis), vingt et un ans. — Lymphatique.

Antécédents : Blennorrhagie simple en 1852. — Jamais de chancre.

Rapports habituels avec la fille A. .. (Geneviève) depuis le mois de septembre. (Ce jeune homme n'a pas fréquenté d'autre femme depuis plusieurs mois.)

Chancre labial, dont l'origine remonterait au 20 octobre environ, d'après les souvenirs du malade (aveu des rapports ab ore). — Écoulement uréthral datant de la même époque. - Nul traitement.

État actuel, 19 décembre : Chancre parchemiiié de la lèvre inférieure, près de la commissure droite. — Bubon sous-maxillaire droit, volumineux, indolent dans les premiers jours, mais devenu douloureux depuis une semaine. — Phimosis congénital d'une étroitesse extraordinaire ; écoulement purulent fourni par la muqueuse du prépuce et du gland ; impossibilité d*une exploration plus complète.

Inoculation négative pratiquée avec le pus du chancre labial.

Accidents consécutifs : Dans les derniers jours de décembre, roséole érythématheose ; — adénopathie cervicale naissante.

Ton n'a pas encore rencontré, d'une façon bien authentique, le véritable chancre simple. Mais d'autres faits succédèrent à celui-là.

L'un des malades actuels de notre service porte un chancre induré du prépuce, chancre infectant type^ escorté, comme toujours, de cette adénopathie si caractéristique dont je vous ai entretenus tant de fois (1). Il lient ce

Obs. IV. — M... (Pierre), âgé de vingt et un ans. ConitituUon très robuste. Tempérament sanguin. — Aucun antécédent vénérien.

Ce jeune homme n'avait pas vu de femme depuis six mois lorsqu'il eut des rapports avec la fille G. .. (Caroline), dans la dernière semaine d'octobre. — Quelques jours après, et sans coït consécutif, un chancre apparat sur le prépuce. — Aucun traitement.

État actuel, 10 novembre : Chancre parchemiré tvpe de la lace m«« queuse du prépuce, supérieurement. — Adénopathie bi-inguinale à gaoflioM multiples, durs, indolents. — Traitement mercuriel.

Accidents consécutifs, 23 décembre : Roséole érythémaieu$€ confloento.

Plaques muqueuses des amygdales et du palais. — Angine. "^ Êniptkm croiUeuse du cuir chevelu. ~ Adénopathie cervicale postérieure. — Douleurs rhumatoïdcs.

La nile it... ((iaroliiie), vingt-deux ans, lymphatique, de qui notre mande tenait lu contagion, fut arrêtée le 4 novembre. Elle présentait un largo HANcne A BASE Mui.i.E de la fosse naviculaire. {Sul autre accideni syphilhtique à celte époque.)

Di'puis janvier ISSr», rcltc fille avait été envoyée trois fois k Saint- Laiare :

En janvier, clic avait été aiïcctrc de cha?cches indi'R^> de la vulve, avec pléiades inguinales rarjc((*ri»tiqui*s, suivis bientôt d'accidents constitutionnels. (Syphilide pjpulo-«quanieuse, plaques muqueuses de la vulve. — Alopécie, ganglions ccr\i(-aux.]

Depuis celle t'*|M>(iuc, elle était rentrée deux fois à Saint-Lazare, pour dea chancres à ba«c molle. A chaque séjour que fit cette fille à l'infimierie de la prison, on constata rinfluencc persistante de la diathése.

Eu 1851, nouveaux accidents de syphilis constitutionnelle.

A. FouRxin.

(t) Ce malade fut affecté en décembre d'accidents conititaiMoMnli» (Voy. obs. II.)

chancre d'une fille publique actuellement affectée d'un chancre à base molle. Or, celte fille, antérieurement à ce dernier accident, avait été traitée à plusieurs reprises pour des symptômes multipliés de la vérole constitutionnelle la mieux accusée.

Ce second fait, exempt des particularités exceptionnelles du précédent, arrêta davantage notre attention. Il fut suivi bientôt d'autres cas analogues qui vinrent lui donner une pleine confirmation.

Je ne ferai que vous signaler un chancre induré de la lèvre, transmis par une femme syphilitique affectée d'un nouveau chancre à base molle. Cette troisième observation est absolument Tanalogue de la première que je vous ai citée. — Je préfère appeler votre attention sur le fait suivant.

L*un des malades actuels du service n'avait pas vu de femmes depuis six mois, lorsqu'il eut des rapports dans les derniers jours d'octobre avec une fille publique. 11 contracta un CHANCRE INDURÉ, Origine d'une syphilis qui vient de se confirmer dans ces derniers jours par l'éruption d'une splendide roséole,

La fille dont il tenait la contagion fut arrêtée presque immédiatement : elle portait un large chancre mou de la fosse naviculaire. Or, d'après les renseignements très exacts que recueillit mon interne, cette fille avait été envoyé trois fois à Saint-Lazare depuis le mois de janvier 1850 : une première fois pour un chancre induré type, suivi d'accidents constitutionnels bien caractérisés, et les deux fois suivantes pour des chancres simples.

J'ajoute qu'à chacun des séjours qu'elle Ci dans cet hôpital, l'on avait constaté par des symptômes non équivoques l'existence de l'infection syphilitique (1).

Vous le voyez, messieurs, ces faits concordent entre eai et ne sauraient véritablement laisser de doute sur le caractère infectieux que peut prendre en quelques circonstances le chancre à base molle, lorsqu'il est développé sur un sujet préalablement infecté.

Il semble donc démontré aujourd'hui, contrairement aux doctrines anciennes, qu' im sujet vérole coniractani fm nouveau chancre peut encore transmettre la vérole.

Je n'ai pas besoin de vous dire que si ces faits se confirment par l'observation ultérieure, ils renversent complètement la doctrine qu'a tenté d'édifier notre laborieux élève, M. le docteur Clerc.

Ce qui resterait à élucider maintenant, messieurs, ce serait la question suivante que je soumets à vos méditations et que je livre à vos recherches.

• Le chancre mou d'un sujet vérole, qui est susceptible de transmettre la vérole à un sujet sain, reconnaît-il nécessairement pour origine un chancre induré? Ou bien existerait-il quelque condition spéciale, encore inconnue, (|ui rendrait au chancre mou, développé dans ces conditions, et quelle quen fut l' origine ^ le caractère infectieux qui n'appartient qu'au chancre induré?

(1) En 1S57, cellft fille rentra de nouveau à Saint-Lazare pour des tccl- . «U 4e vérole cunstilutionnelle. A. F.

Cette dernière hypothèse me parait peu probable, et il me répugne de Tadmeltre ; car, d'une part, elle est contraire aux lois de transmission étudiées dans ces derniers temps; d'autre part il existe déjà un certain nombre d'observations qui tendent à démontrer que le chancre mou d'un sujet syphilitique peut également se transmettre dans son espèce^ c'est-à-dire comme chancre mou.

Je croirais plutôt que le chancre simple des sujets préalablement véroles devient ou non infectieux d'après son origine. Émané d'une source indurée, il en conserve le caractre infectant ; issu d'une source molle, il ne transmet qu'un chancre simple.

Je ne veux pas, messieurs, vous entraîner plus loin sur ce terrain nouveau, encore insuffisamment exploré, mais qui semble beaucoup promettre. Il est temps d'ailleurs d'abandonner ce sujet, pour vous entretenir des indications relatives au traitement du chancre infectant.

En terminant toutefois ce qui a trait à la contagion, je vous résumerai en quelques propositions dogmatiques ce que les recherches les plus récentes paraissent nous avoir appris sur cette nouvelle et importante question :

1* Le chancre simple des sujets vierges (1) se transmet DANS SA forme, C'EST'A-DIRE EN TANT QUE CHANCRE SIMPLE.

(1) Je n*ai pas besoin de faire remarquer que, dans la langue syphiliograhique, ce terme si^^ifle simplement vierge d'infection^ vierge de vcrole.

2® Le chancre induré se transmet également dans son

ESPÈCE SUR les SUJETS VIERGES, C'eST-A-DIRE COMME CHAN- CRE INDURÉ.

3° Le CHANCRE* INDURÉ SE TRANSMET EN GÉNÉRAL AUX SUJETS PRÉALABLEMENT SYPHILITIQUES SOUS FORME U'UN CHANCRE A BASE MOLLE, ANALOGUE D* ASPECT AU CHANCRE SIMPLE.

A" Le CHANCRE a base molle des sujets syphilitiques

SE TRANSMET SOIT COMME CHANCRE SIMPLE, SOIT COMME CHAN- CRE INDURÉ. — Il semble probable, enrm, que la forme SOUS la(|uelle il se reproduit dépend de la nature même de son origine, c'est-à-dire du chancre qui lui sert d'ascendant.

\ni.

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