‹ Leçons sur le chancreChapitre 18 sur 99 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Prophylaxie. — Surveillance médicale des prostiluées. — Mesurei prophylactiques diverses. ~ De la prophylaxie par rapport à la conreption. — Traitement du chancre induré. — Méthode abortive. — Soa imporUnce. — Examen des reproches adressés à la cautérisation. — Réfutatiou. — L'induration persistante ne nécessite pas de médication locale. - Du Dubon. — Sa tendance naturelle à la résolution. — Inutilité d'une médication locale, à moins de complication étrangère i la syphilis.

Il y aurait (\\\e (|ue chose de mieux à faire, messieurs, que de pucrir la vérole : ce serait de la prévenir.

La sy|)hilis est une de ces maladies dont on |K3Ut rêver Texlinction. I/huuianilé ne doit ^'en prendre qu'à clic-

CHANCRE INFECTANT. 2S l

même de la persistance du fléau, car c'est elle qui le transmet et le propage ; elle-même, elle seule, entretient le mal qui la ronge.

Si les passions ne l'emportaient pas le plus souvent sur la conscience du bien ; si les malades pouvaient se convaincre qu'il n'est; pas d'acte plus coupable que de transmettre une contagion dont les conséquences sont si graves, de propager une maladie qui ne frappe pas seulement rindividu compromis, mais traverse les générations ; si, dans cette conviction, les sujets infectés se faisaient une loi d'une réserve consciencieuse et d'une séquestration volontaire jusqu'à l'entière purification, ce serait fait, je le dis sans crainte, ce serait fait à jamais de la syphilis.

Au contraire, qu'arrive-t-il ? Soit par insouciance, soit par le fait d'une légèreté impardonnable et presque criminelle, soit le plus souvent par ignorance, les individus infectés ne s'abstiennent pas de rapports, alors même qu'ils portent des accidents contagieux, ou ne s'en abstiennent qu'au moment où la douleur l'emporte sur le , plaisir. Les femmes surtout transmettent la contagion dans des proportions véritablement effroyables.

Que faire à cela? Je sais bien que le frein religieux qui retenait autrefois les Juifs n'est plus de notre époque; que le bourg Saint-Germain-des-Prés, cette autre bastille des véroles, ne peut être reconstruit-, que la tonsure de certaines peuplades d'Abyssinie déparerait trop de têtes; et que si la crainte de la douleur n'arrête pas, l'ancien fouet des Petites-Maisons resterait tout aussi impuissant. En général, d'ailleurs, la crainte du mal empêche peu de s'y exposer; elle ne sert qu'à tourmenter

après coup et à produire la sf/philophobie^ espèce de vésanie presque aussi fâcheuse que la réalité.

Mais restons-nous donc absolument désarmés contre le fléau qui nous menace?

Nous n'avons, il est vrai, d'action coercitive que contre une seule classti de malades, les prostituées ; mais de cette classe provient un grand nombre d'infections (I); là du moins nous pouvons surveiller la maladie et l'enrayer dans sa propagation.

J'ai depuis longtemps signalé, à ce propos, diverses mesures prophylactiques, que je ne puis rappeler ici. Quoique l'administration ait paru moins convaincue que moi de la nécessité de certaines réformes que j'avais sollicitées autrefois, je n*en persiste pas moins à les réclamer encore au nom de la santé publi(|ue, et entre autres l'obligation de visites médicales plus fréquentes imp«>sées aux femmes (|ui font métier toléré de la prostitution.

La surveillance médicale des prostituées, réglementée d'une façon plus active et plus sûre, serait une puissante barrière élevée contre le fléau.

Quant aux malades sur lesquels nous n'avons pas d'action répressive, nous devons espérer moins de notre intervention prophylactique, nécessairement très limitée. Gar-

(1) J*ai recueilli quelques chifTres à ce siiyet, soit dam le tervice de M. Ricord, »oit de|Mii<, au dehor» de rin^pital Sur riiivitation de mon mattre, je les reproduirai dans une note spéciale (voy. noie XV). On accordera, je respire, quelque attention à ces rcrhorches, car elles touchent, d*uiie |iart, à Tun des plus grave» intôréts de la société, et, d'autre part, il me parait incontestable que la connaissance exacte des Simrce* d'où dérive la syphilis doit ser\ir de base aux difTérentes mesures qui composent la prophylaxie publique. A. F.

CBAKCRE infectaut. S8S

dons-nous cependant de réduire encore notre influence, et de perdre par découragement le peu de bien que nous pouvons faire. Quelles ressources nous restent? Énnmérons les principales en quelques mots :

Avertir les naïades par tous les moyens possibles des dangers delà contagion qu'ils peuvent propager; prêcher, jusqu'à la rendre de notoriété publique, la connaissance du dommage causé par la communication d'une semblable maladie ; éclairer les ignorants sur la gravité d'un oubli, sur les conséquences d'une faute; faire appel aux sentiments d'honnêteté et de devoir.

Favoriser ef multiplier les moyens de guérison, en ouvrant des asiles, des hôpitaux, des consultations gratuites, des dispensaires, où les sujets des deux sexes puissent se présenter sans honte et sans défiance. Dans le siècle où nous sommes et auquel nous devons appartenir, les sottes préventions d'une morale mesquine et fausse ne nous permettent plus de regarder les maladies vénériennes comme une punition que le ciel a réservée au libertinage, et les malades comme autant de coupables à repousser. La société, je le dis avec assurance, ne saurait se mieux protéger contre la syphilis qu'en prêtant secours et assistance aux syphilitiques, qu'en leur offrant les moyens de se guérir.

Au nombre des méthodes prophylactiques se rangent encore les traitements dont le résultat est d'éteindre le plus rapidement possible les foyers d'infection, en détruisant les accidents de nature contagieuse. Aussi, comme je vous le disais précédemment, la cautérisation appliquée au chancre n'est-elle pas seulement un moyen curatif . Au point de vue social, elle constitue \q prophylactique le

plus puissant, puîsqu'en détruisant le plus sûrement et le plus promplement les accidents contagieux, elle tarit les sources mêmes de la contagion.

S'il entrait dans le cadre que je me suis trace de vous exposer les règles de la prophylaxie publique ou individuelle, j'aurais, messieurs, bien d'autres considérations dignes de votre intérêt à vous présenter ici, mais je ne pourrais, sans sortir de mon sujet, m'étendre davantage sur ce point; je ne me permettrai plus qu'une digression.

Ce ne sont pas seulement les adultes qu'il faut songer à préserver; ce sont aussi les enfants, et parmi les enfants, ceux qui déjà sont connus dans le sein maternel comme ceux qui sont encore à con(;evoir.

Sous le point de vue de la prophylaxie appliquée aux enfants, je n'hésite pas à dire que les chances de la conception devraient olre absolument évitées, en présence d'accidents fonslitutionnels ou de symptômes primitifs qui rendent l'infection probable. A cet égard même, une morale rigoureuse doit pousser plus loin la réserve. La cons( ience prescrit de s'abstenir encore, si en l'absence de toute manifestation a|)pré('iable, l'influence de la diathèse semble persister; de s'abstenir, en un mot, jusqu'à ce qu'un traitement bien fait puisse assurer, au moins dans les limites des probabilités rationnelles, une immunité complète aux enfants qui peuvent naître.

(Jue si la conception est produite, il reste encore une lAche à la prophylaxie, (lar, d'une part, l'infection héréditaire ne se fait pas à coup siir, et si elle se fait, c*est une

raison de plus pour intervenir et sauver Texistence compromise du fœtus. Mais ici la préservation devient toute médicale, car il n'y a qu'un traitement approprié qui offre quelques chances de prévenir Tinfeetion ou d'empêcher Tavortement.

Âpres ces quelques généralités sur la prophylaxie, abordons enfln, messieurs, la partie thérapeutique de Thistoire de ta vérole.

Parlons d'abord du traitement applicable à l'accident primitif.

En tant que lésion locale, le chancre induré ne réclame pas une thérapeutique bien différente de celle du chancre simple. Des soins hygiéniques, des pansements réguliers avec la pommade au calomel (1) ou le vin aromatique, voilà de quoi suffire amplement au travail de réparation de Taccident primitif. Vous savez, d'ailleurs, que cette variété offre ce caractère remarquable de parcourir rapidement ses périodes et d'arriver spontanément à la cicatrisation, pour peu que l'on n'en contrarie pas la marche naturelle par une intervention m^ilencontreuse.

Mais c'est ici surtout que la cautérisation pratiquée dès le début se présente avec une importance capitale.

(1) Voici le pansement ordinairement prescrit par M. Ricord :

Faire trois pansements par jour avec la pommade suivante :

^ Cérat opiacé 30 grammes.

Pondre de calomel 1 (n*^mme.

Mélei.

SdÔ LEÇONS Stm LE CHANGtlË.

Le chancre, en effet, quelle qu'en soit la nature, n^est jamais en naissant qu'une lé$iofi tocatt. Alors même qu'il doit infecter, son influence est primititement bornée à la région qu'il affecte. L'infection générale n*esl pas, comme je l'ai dit tmt de fdis, un n^sultat immédiat et instantané ; c'est un accident consécutif au développement du chancre, et qui demande un certain temps pour se produire (1). Eh bien, que ne profltcz-vous de cet intervalle qui sépare l'apparition du chancre du moment où naît l'infection pour éteindre le foyer d'où elle va surgir? Pourquoi ne pas faire ici ce (|ue tout le monde est d'accord de faire lorsqu'il s*agit de la piqûre de la vipère ou de la moi'surc d'un chien enragé, c'est-à-dire détruire l'accident local le plus tôt possible, afin de prévenir Tabsorption et les phénomènes consécutifs? Si la cautérisation du chancre simple présente tant d'avantages, en faisant d'une ulcération spécili(|ue une plaie simple et dépourvue de toute virulence, jugez quel bénéfice vous pourrez en attendre, lorsque, détruisant un chancre qui va s'indurer, vous tarirez du même coup la source d'une infection constitutioimelle (2) !

(1) C'est ce que disait lluiiter : » Le chancre est une maladie locale... II y a peu de danger d'infection pour Téconomic si le chancre a été détruit presque aussitôt après son appaiition «ft à une époque où Ton peut raUonnableinent supposer que l'absorption n'a pas eu le temps de se faire. > (£>■ chancre^ chapitre 111. $ I.) A. F.

(2) On retrouve le germe de la médication abortive dans les plusanrieos auteurs qui ont écrit sur la syphilis. Dès les premiers temps de Tapparitioa de la vérole en F^uro|>e, on avait conifiris la possibilité de prévenir rinfecti(»n constitutionnelle par l.i destruction immédiate de l'accident primilif. Celte idée, pour ne citer qu'un exemple, se trouve formellement exprimée dans le passage suivant que j'emprunte à Jean de Vigo (1508).

« In primis veuiendo ad origine m niorbi, videlicet ad pustulas que toleirt

CttANCRE ÎNl?ECTANt. S87

Sans doute, Fépoque précise à laquelle se fait Tinfection, c'est-à-dire le transport du virus dans réconomiej nous a échappé jusqu'à ce jour et demeurera sans doute longtemps inconnue. Mais il est un fait pratique, d'observation rigoureuse, qui peut jusqu'à un certain point nous consoler de notre ignorance à ce sujet. C'est le suivant : de tous les chancres que j'ai vu cautériser ou que j'ai cautérisés moi-même dit premier au quatrième jour de la coniagioîiy aucun n*a été suivi des symptômes propres à rinfection constitutiminelle, 11 semblerait donc résulter de là qde dans les quatre premiers jours qui suivent la contagion, la graine syphilitique n'a point encore poussé de racines dans l'économie, et que si vous arrivez à temps pour la détruire, vous prévenez à coup sûr l'intoxication générale, vous tuez la vérole dans son germe (1).

accidere in virga, sine aliqua temporis intermissioney protinus medicamine

aCUtO MALIGNITATEll EARUM INTERFICIENTE SUnt (lelendœ, UT EIINOE EAHUM MALITIA PER TOTDM CORPUS NON EXTENDATUR. » — (Aphr.^ p. 452.)

(1) M. le professeur Sigmund (de Vienne) a émis sur les résultats du traitement abortif une opinion absolument semblable. II est curieux de rapprocher son texte de celui de M. Ricord.

« L'observation de plus de mille cas^ dans une période de onze ans, m'a démontré que jamais il ne se déclarait d'accidents secondaires lorsque le chancre avait été complètement détruit dans les quatre premiers jours. Je ne connais que deux cas, et encore ils me laissent des doutes, où la cautérisation pratiquée le cinquième jour n'ait pas empêché les accidents, de sorte que si je ne voulais rester plutôt en deçà des limites et parler avec une assurance parfaite, j'ajouterais encore le cinquième jour comme terme fliUl. « — Wiener t/ifd. Wochenschrift^ 1855.)

U. Sigmund donne la préférence, comme caustique, à la pâte de Vienne. — H pratique la cautérisation même après le cinquième jour, car, dit-il, quoique les chances de préservation d'accidents secondaires soient diminuées, elles ne sont pas totalement abolies ; de plus, la cautérisation pré*

Vous comprenez, sans que j ai(* b('>«»iii de \ n- !■ in- , que Vexcision du chancre, pratiquée dans le même d«4ai, fournirait une égale préservation ; seulement cette méthode est très rarement applicable.

Devant un chancre au début, fart ne doit jamais rester inactif; il est une indication formelle à remplir, c*est d'éteindre le mal dans son germe.

Mais, chose étrange et malheureuse, tandis que tout le monde est d'accord sur les avantages de la méthode abortive lorsqu'il s'agit de tout autre poison que le virus syphilitique; tandis, par exemple, que les règles de l'art les plus formelles prescrivent d'arrêter sur place le venin de là vipère ou d'attaquer sans retard la morsure d'un animal enragé; pour le chancre au contraire, si analogue sous tant de rapports aux virus précédents, pour lui qui laisse encore plus de temps pour agir, des théories absurdes et des raisonnements faux viennent, aidés de grands noms, jeter le trouble dans les esprits et l'incertitude dans les moyens à employer.

Ou'on y song<! bien cependant : en dépit des théories,

senlc encore cet avantage d'cmpécher que le chancre ne se communiqve à d'autres régions et à d'autres individus.

M. Hicord, au contraire, no cautérise plus le chancre dès qu'il s'ett ÔH duré, car l'induration est pour lui le signe d'une infection déjà Ikite; ëèf qu'elle s'est produite h vérole est acquise, et la cautérisation devient altn inutile, en tant que médication préventice. — Notre roattre recommaada, pour les cautérisations aboi tives, l'emploi d'un caustique profond et véritablement destructeur. 11 s'est arrêté depuis quelques années à la paie oÉrioiulfuriqWt qui fournit d'excellents résultats dans ces conditiofis dans le traitement curatif. — ^Voy. iupro, pages 64 et suivantes.)

c'est dans le Iraitement aborlif du chancre qu'esl tout Taveiiir de la vérole, et la possibilité d'éteindre en germe cet épouvantable fléau. Prêchez donc, messieurs, cette vérité aux gens qui s'exposent; dites-leur que jamais on n'a vu rinfection survenir à la suite des chancres détruits avant le cinquième jour. Obligez-les, par intérêt, à une attention minutieuse, et par une destruction hâtive de toute ulcération suspecte, sauvez à la fois de Tempoisonnement général les sujets déjà souillés et ceux qu'ils pourraient infecter à leur tour !

Dès que tout le monde sera convaincu de cette vérité, je le dis avec assurance, la vérole cessera de faire les ravages auxquels on la pousse par des doctrines opposées.

Mais si vous avez tardé à détruire l'ulcération, ou bien si le malade ne s'est présenté à vous qu'à une époque déjà éloignée du début, la cautérisation n'est plus utile, au nioins comme méthode prophylactique de l'infection constitutionnelle. Dès que l'induration s'est produite, la vérole est acquise, et dès lors, que vous cautérisiez ou que vous excisiez le chancre, vous ne faites plus que détruire un symptôme^ sans prévenir ladiathèse.

Le chancre une fois induré, la cautérisation ne se présente donc plus qu'au titre de méthode curative ; et encore, je dois ajouter qu'elle n'offre, même sous ce rapport restreint, que de faibles avantages, bien inférieurs à ceux que nous lui avons reconnus dans le traitement du chancre simple. Quelques mots d'explication à ce sujet.

Lie chancre simple, ainsi que je vous l'ai souvent répété,

tdO LEÇONS SUR LK CUANCllË.

est une ulcération à tendance extensive ; il a chance de se multiplier sur place par une série d'inoculations de voisinage ; il peut développer des bubons douloureux, souvent destinés à suppurer, et à suppurer spécifitiuement, etc. En détruisant Tulcération, vous prévenez tous ces dangers; vous tuez le chancre ; vous enlevez au bubon l'occasion de se produire ; vous tarissez la source d'inoculations ultérieures, et vous avancez singulièrement, vous précipitez presque la guérison.

Mais pour le chancre infectant, il n'en est plut de même. Le chancre, vous le savez, ne constitue par luimême, en dehors de son action sur l'économie, qu*un accident peu sérieux ; ea tendance naturelle est de se limiter rapidement, de se cicatriser en quelques semaines. Ajoutez que le bubon auquel il donne lieu est une adénopathie non doulounmsu, ne suppurant jamai<^, et que d'ailleurs vous ne sauriez prévenir. A tous ces titres, le chancre infectant, une fois bien caractérisé, ne saurait retirer grand bénéCce d'une cautérisation destructive.

Dans ces conditions donc, la cautérisation n'est pas utile. N'allez [las croire crpendanl qu'elle soit nuisible, et que je recuit' devant elle en raison des accusations ridicules dont on l'a chargée. Que de reproches, en ellet, pour le dire eu passant, né lui a-t-on pas adressés ! Un a prétendu, par exemple, (pi^un chancre attaqué par la cautérisalion était plus souvent que tout autre suivi d'accidents constitutionnels, et que ces accidents mêmes avaient plus de gravité; que la cautérisation favorisait le développement des bubons; qu'en détruisant l'ulcération pour obtenir utie cicatrisation plus prompte, on se privait d'un guide

CfiANCBE INFECTANT. 291

pour le traitement, etc. Que d'erreurs, messieurs, en ce peu de mots I Si un chancre cautérisé est suivi d'accidents, c'est qu'avant la cautérisation l'infection était produite, et que l'art est intervenu trop tardivement pour la prévenir, comme il en serait pour tout autre vinis, pour le charbon, la rage, la pustule maligne. Ce n'est pas, ce ne peut être la cautérisation qui fait l'infection. — Quant aux accidents consécutifs, la cautérisation n'a rien non plus à y voir; elle ne les influence en rien ; ils sont ce qu'ils seraient sans elle, ni plus ni moins graves. Et d'ailleurs que de syphilis épouvantables n'avez-vous pas vues succéder à des chan> cres vierges du plus léger caustique ! — Pour le bubon, l'accusation est plus injuste encore, qu'il s'agisse de l'une ou de l'autre variété du chancre. Appliquée au chancre simple, la cautérisation est le plus sûr prophylactique du bubon, ainsi que je vous l'ai dit précédemment. Appliquée au chancre induré, elle ne produit pas plus t'adénopathie qu'elle ne l'empêche de se produire ; elle la laisse se développer, car vous savez qu'avec cette variété de l'accident primitif, l'adénopathie est fatale, nécessaire. — Enfin, la dernière accusation n'est pas mieux fondée. On ne se prive pas « d'un guide pour le traitement > parce qu'on détruit un chancre que l'on a reconnu induré. Le seul guide, c'est le fait même de l'induration ; ce caractère une fois bien reconnu, vous n'avez plus rien à apprendre de l'ulcération et vous pouvez la sacrifier sans regret

En résumé, messieurs, si l'infection est produite — et l'induration en sera pour vous l'indice, — la cautérisation n'est plus utile en tant que médication dirigée contre la

diathèse. Traitez le chancre à celle époque parles moyens les plus simples, en Tabandonnant à sa tendance naturelle qui est une limitation et une cicatrisation rapide. Que si quelque indication locale se présente, qui paraisse néces* siter la cautérisation , n*hésitez pas, ne reculez pas devant les caustiques, qui répondent alors à un danger présent sans compromettre en rien l'avenir !

L*infection une fois produite , la médication locale passe au second plan, et le traitement de la diathèse devient l'indication capitale à satisfaire. Je vous en parlerai bientôt.

Je n'ai presque rien à vous dire, messieurs, du traitement que réclament certaines complications du chancre induré. C'est qu'en eflet, d'une part, ces complications sont rares, et que, d'autre part, elles n'offrent rien de spécial, rien dont je ne vous aie parlé précédemment à propos du chancre simple.

Un seul mot cependant sur un symptôme qui parait inquiéter fort certains praticiens, à en juger du moins d'après la thérapeuti(iue qu'ils mettent en œuvre.

L'induration, vous le savez, survit le plus souvent à la cicatrice du chancre infectant. Le noyau de tissu fibroplastique qu'elle constitue persiste alors, en conservant sa rénitence primitive, pendant quelques semaines et même au delà, pour décroître ensuite et disparaître. Que faire à cela? Hien, absolument rien, en tant que médication locale ; car, pour ma part, je ne connais ni onguent, ni

pommade, ni remède d'aucune sorte qui puisse activer sensiblement la résolution de cet engorgement spécifique. C'est à la médication générale qu'il convient de s'adresser, en attendant d'elle seule et du temps ce qu'elle seule et le temps peuvent produire.

Sans doute , l'influence de ce traitement sera quelquefois lente à se faire sentir, mais ce n'est pas une raison pour recourir à d'autres médications qui tourmentent la cicatrice sans modifier en rien l'induration sous-jacente, et qui doivent contribuer le plus souvent à l'entretenir. Et même, en serait-il autrement, il n'y aurait guère encore urgence à intervenir d'une façon bien active, pour forcer une guérison dont la nature fait volontiers les frais, en l'absence de tout secours médical.

Ce que je viens de vous dire de l'induration, je pourrais vous le répéter à propos du bubon qui accompagne le chancre infectant.

Que d'inquiétudes et de peines le bubon ne cause-t-il pas à certains pathologistes, et en revanche de combien de façons n'a-t-il pas été torturé ! Que de médications diverses imaginées contre lui ! Cautérisations, vésications, applications de toute sorte, emplâtres et onguents de toute nature, émissions sanguines, séton, ponctions, tout a été mis en œuvre, et tout cela, messieurs, en pure perte.

C'est qu'en efiet, fort différente du bubon symptomatique du chancre simple, l'adénopathie qui suit le chancre infectant a pour caractère une indolence absolue, et pour marche naturelle une tendance spontanée à la résolution. Elle se développe à froid, comme vous le savez ; elle s'en-

tretient et se termine à froid. A moins de complication exceptionnelle, jamais elle ne s'enflamme, jamais elle ne suppure. Quel besoin est-il donc de faire intervenir l'art dans ces conditions? Quelle utilité y a-t-il à traiter ce qui ne réclame pas de traitement pour guérir? Pourquoi combattre, à grands frais de thérapeutique, des complications imaginaires

Comme pour Tinduration, un traitement local est ici superflu. L'engorgement glandulaire est un symptôme de syphilis constitutionnelle; adressez -vous donc à la médication anti-diathésique pour en avoir raison. Et surtout, ne vous laissez pas entraîner par impatience à une inlcr- I vention malencontreuse; rappelez-vous quels sont les effets de la nature et du temps; sachez attendre !

Que si cependant, avec le chancre induré, vous rencontriez un bubon rebelle ou qui menaçât de suppurer, n'insistez plus sur la médication mercurielle. Soyez assurés que le mal est entretenu par une cause étrangère à la syphilis, telle, par exemple, que la diathése strumeuse; et dès lors, c'est contre cette cause qu'il faut agir par un traitement approprié ; c'est à la complication qu'il faut satisfaire.

CHANCRE I^fFECTANT. 296

TRAITEMENT (suite).

Traitement de la dialhèse. — A quelle époque faut-il administrer le mercure? — Nécessité de ne le prescrire que dans les cas où l'infection constitutionnelle est absolument démontrée. — Qu'il n'est pas'de médication exclusive pour la syphilis. — Question de la salivation. Le mercure n'afit pas sur la syphilis par les effets pathogéniques qu'il produit. — Du chlorate de potasse. Expériences nouvelles sur l'emploi de ce médicament contre la stomatite mercurîelle. — Des doses mercurielles. -- Comment il faut les subordonner à un effet sensible du médicament. — Impuissance du mercure contre les accidents tardifs de la diathése ; spécificité de l'iodure de potassium. — Conditions et durée d'un traitemml rationnel de la vérole.

L'agent spécifîque de la vérole naîss.'inte, vous le connaissez tous, messieurs, vous Tavez déjà nommé : c'est le mercure.

Je n*aî pas dessein de vous exposer ici in extenso toutes les régies qui doivent présider à la direction du traitement mercuriel(l). Je me bornerai simplement à discuter de-

(1) Voici les régies formulées ailleurs par M. Ricord sur la direction du traitement mercuriel :

« 1° Administrer le mercure à l'intérieur, toutes les fois que l'état des voies digestives le permet.

• 2^ L'appliquer sur la peau dans les cas contraires.

> 3° Chez les sujets dont les muqueuses s'irritent facilement et dont la peau, également sensible, ne saurait permettre de conduire un traitement à terme par cette voie, il convient d'alterner h propos ces deux modes d'administration.

• 4^ n est det malades inaccessibles par la peau et les muqueuses diges^

vant vous les quelques questions suivantes, qui seules rentrent dans le cadre que je me suis tracé.

Le traitement merctiriel doit'il être commencé dès le

Uves et chez lesquels on peut encore tirer parti de rinspiralion des Yapewt inercurielles.

» 5° Quoique le mercure agisse foncièrement et d'une manière indépendante des formes sous lesquelles on peut l'administrer, il n'en est pas moÎM vrai que le choix de ces formes n'est pas une chose indifférente. Tel individu qui reste réfractaire à l'une d'elles est fortement impressionné par «m autre, et ne subit d'efTet médicamenteux ou caratif que de celle qvi est le mieux appropriée à sa constitution. Ainsi, chex tous les, malades, la pea« ne subit pas la môme influence de la part de toutes les pommadas marc»rielles. J'ai souvent montré des sujets à l'hôpital des vénériens, cbes lesquels des frictions faites avec l'onguent mercuriel double, i fortes doses ai dant longtemps, n'avaient absolument rien produit, et'qui avaient ensuite éprouvé des effetâ curatifs ou souffert de salivation après quatre ou cinq jours d'application de sparadrap de Vigo cum mercurio sur une certaiaa étendue des téguments, sur les deux cuisses par exemple. Il en est de même pour le mercure administré à l'intérieur : telle préparation reste sans effet sur un malade, telle autre guérit rapidement ou produit sur loi des effets pathogéniques exagérés. »

Des différentes préparations mercurielles, il en est une qui, réussissant presque à coup fur à influencer les malades, trouve son application dans le plus grand nombre des cas. M. Ricord lui a donné depuis longtemps la préférence. La formule de notre maître est tellement connue que j'ai i peÎM besoin de la reproduire ici :

2^ Proto-iodure d'hydrargyre. ) ^ ^

^. .^ • } (W 3 grammes. Thndace ) "

Extrait thébaïque 1 gramme.

Conserve de roses 6 grammes.

F. s. a. soiocante pilules.

De 1 i 3 par jour et au delà, suivant les indications.

M. Ricord commence par administrer une de ces pilules, chaque soÉ^« quelques heures après le dernier repas. — Lorsque la dose doit être mentée, il fait prendre une pilule le matin et l'autre le soir, etc..

• 6" La dose quotidienne du médicament ne saurait être la méoie tous les malades. On commence par une dose arbitraire moyenne. La pra-

début du chancre infectant; doit-il être di/féré jusqu'à l'apparition des accidents constitutionnels ?

Ce que je vous ai dit précédemment de l'induration

portioii des doses convenables sera trouvée pour chaque sujet en augmentant peu à peu jusqu'à ce qu'on obtienne une modification favorable.

9 7* Les effets sensibles du mercure, comme agent morbide ou comme agent curatif, se font rarement attendre plus de huit jours ; aussi tant qu'aucun accident ne se manifeste, tant que l'on n'obtient aucun changement (avorable dans la maladie, la dose journalière du médicament doit être augmentée tous les huit jours.

k 8* Dès qu'on obtient une amélioration, il faut s'arrêter à la dose qui l'a produite et n'augmenter qu'autant qu'on arrive à un statu quo.

m 9® Si le mercure produit des accidents (stomatite, dérangements de l'estomac et des intestins, irritations cutanées, etc.), il faut en modifier l'emploi on le suspendre complètement, l'observation ayant rigoureusement appris, i part quelques rares exceptions, que si les symptômes syphilitiques n'étaient pas toujours aggravés dans ces cas, la guérison au moins était presque constamment enrayée.

« 10* Lorsque les accidents mercuriels ont cédé et que les symptômes syphilitiques persistent, on reprend l'usage du mercure avec les modifications exigées par la nature particulière des accidents relatifs soit à la surface sur laquelle avait été appliqué le médicament, soit à la forme sous laquelle il avait été donné, soit à sa dose.

» 1 1® Les mêmes inconvénients ne se reproduisent pas toujours en reprenant le remède après l'avoir sagement suspendu ou simplement modifié. Il arrive cependant qu'on est quelquefois obligé de suspendre et de reprendre le mercure dans le cours de certaines affections syphilitiques.

» 1 2® Il faut être bien convaincu que c'est sur l'action de chaque dose en particulier qu'on doit compter pour la guérison et non sur la quantité totale des médicaments qui a été prise. Tel individu qui aura avalé cent grains de sublimé, par exemple, à doses fractionnées et pendant un temps fort long, aura été moins mercurialisé que tel autre qui aura employé le mercure en moindre quantité, en somme, mais à doses journalières mieux appropriées à sa constitution et dans un espace de temps beaucoup plus court.

« Les effets du mercure sont d'autant plus efficaces qu'on peut en

Dure prendre des âoset plus fortes dans des temps plus courts. Pour cela, il fout en quelque sorte mesurer la tolérance relative des malades, et ne prendre comme terme de la quantité nécessaire du médicament que ses effets cvratifr sur les symptômes qu'on a à combattre : les doses qui laissent

208 LEÇOlfS SUR LE ghàucre.

vous fait prévoir ma réponse. Pour moi, Tinduration est le commencement de la diathése; le chancre induré n'est, en quelque sorte, que le premier des accidents secondaires. Eh bien, dans celte opinion, je dois administrer, et j'administre en effet le mercure dès le début. Une induration bien nettement formulée me suffît pour prescrire le traitement général, et, du premier jour où je puis la constater, j'attaque de front la diathése.

Certains médecins, tout en accordant à rinduration la valeur pronostique que nous lui donnons nous-mcme, préfèrent néanmoins attendre le développement des manifestations constitutionnelles pour administrer le mercure. J'avoue que je ne comprends pas, pour ma part, les avantages que peut offrir cette pratique. Si la diathése existe dés le début, pourquoi ne pas la combattre tout d'abord? Si elle doit fatalement, et dans un terme prochain, révéler son existence par une série de symptômes plus ou moins pénibles et douloureux, pourquoi ne pas essayer de mettre un frein à ces manifestations? Vaut- il donc mieux attendre qu'une lésion se produise pour la guérir, que la prévenir dans son dévelop|)enient? Je serais curieux de savoir, en vérité, si les malades se trouvent satisfaits de cette expectation, et s'ils applaudissent bien sincèrement à cette sage lenteur, alors qu'ils commencent soit à sentir l'aiguillon nocturne de la syphilis, soit à voir

ceux-ci dans le statu quo ou qui leur permettent de continuer ou de sVcroître étant insuffisantes, celles qui les débordent pour produire des efTett morbides iHant trop fortes... »

» 13" Enfln, il est des idiosvncrasies qui semblent réfractaires à racliun du mercure, et ce sont celles ordinairement dans lesquelles la syphilla fait les plus grands ravtfes.., » (Ricord, paum.)

leur peau se couTrir df maciiles, leur fryint mndr^ b couronne de Vénus, ou leur crine se dèfrunîr de elie-

veux.

Toutefois, bien qu'une prompte intenention du traitement général soit avantageuse, ainsi que je viens de le démontrer, il ne suit pas de là qu'il faille recourir immédiatement à la médication mercurielle dans tous les cas et indistinctement. S'il est utile de prescrire le mercure contre la vérole, il nest pas moins imjKirtnnt de ne tappli- . quer qu'à la vérole. Or, vous savez que le diagnostic du chancre présente assez de difficultés pour tenir simvent en échec le jugement des praticiens les plus exercés. Quelle sera donc votre conduite dans ces cas, — trop nombreux, hélas! — où le caractère ambigu, équivoque, de l'accident primitif ne vous permettra que de soupçonner une syphilis naissante ?

Je ne saurais trop insister sur ce point, messieurs; je ne saurais assez vous recommander de ne prescrire le traitement mercuriel que dans les cas où l'infection constitutionnelle est absolument démontrée. Si le moindre ' doute reste dans votre esprit sur la nature du chancre, si

rincertitude la plus légère retient votre diagnostic, je vous adjure de différer toute médication spécifique et de savoir attendre. C'est qu'en effet, il ne s'agit pas ici d'une simple question thérapeutique; ce sont de véritables intérêts sociaux qui se trouvent en jeu.

Il n'est pas indifférent pour un homme de savoir s'il a ou s'il n'a pas la vérole. Une maladie qui s'attache pour toujours au corps de sa victime ; une diathèse qui poursuit

800 LEÇONS SUR LE CHAIfCRB.

le sujet infeclé au delà de son existence propre, et peut s'étendre comme une macule ineffaçable sur sa postérilé ; un vice constitutionnel transmissible, héréditaire ; ce ne sont pas là, je pense, choses vaines et considérations frivoles. Les gens du monde ne se trompent pas sur les conséquences possibles d'un chancre, et sachez-le bien, messieurs, plus d'un client pour sa conscience, pour son honneur, pour la sécurité d'une famille, exigera de vous sur cette question délicate une satisfaction complète, c'est-à-dire un diagnostic absolu et certain, contenant un pronostic d'avenir irrévocable. — Ces quelques mots vous feront comprendre, sans que j'aie besoin d'insister sur ce point, que la vérole a véritablement ses conséquences so* ciales.

Eh bien, si, pour un accident primitif (/(m/etu:, vous administrez le mercure dés le début, voyez dans quelles conditions vous allez vous placer. Vous vous privez, et vous privez pour longtemps votre malade d'une notion exacte de son état; vous le laissez en face d'un fantôme, ou vous lui donnez une sécurité qui peut devenir regrettable.

Le mercure, en effet, comme vous le savez, a pour résultat de prévenir ou de retarder les manifestations constitutionnelles. Or, je vous le demande, avec la médication spécifique commencée dés le début, dans ces conditions, quelle sera pour vous la signification de l'absence de tout accident dans les premiers mois qui suivront le chancre? Devrez-vous considérer la préservation actuelle comme le témoignage d'une immunité complète, absolue, ou simplement comme un effet temporaire du traitement? Faudi*a-t-il l'attribuer à la nature même de l'accident pri-

inilif, ou bien à l'intervention prophylactique du remède. Vous l'ignorerez. Et plusieurs mois, plusieurs années s'écouleront que votre diagnostic ne sera pas plus avancé qu'au premier jour.

Supposez, au contraire, que, incertains sur la nature des chancres, vous laissiez simplement agir la nature, abandonnant la maladie à son développement spontané. Si la diathèse existe, soyez sûrs qu'au bout de quelques semaines elle se traduira par des manifestations non douteuses; et dès lors la lumière sera faite, le diagnostic ne sera que trop nettement établi.

D'autre part, que rien ne se produise dans les deux, troisy quatre premiers mois : voilà déjà quelques présomptions d'immunité; mais que le cinquième mois s'écoule à son tour sans accidents, puis que le sixième s'achève, sans que vous ayez pu constater sur votre malade, attentivement et assidûment observé, aucun des symptômes propres à la syphilis : dès lors, le diagnostic est fait, et, avec lui, votre pronostic se trouve établi. La noninfection est certaine, et vous pouvez sans crainte (je vous l'affirme avec une expérience vieille d'un quart de siècle), vous pouvez donner à votre client l'assurance formelle d'une immunité absolue pour le présent et pour l'avenir.

En résumé, messieurs, ne prescrivez le traitement antisyphilitique que contre la syphilis bien avérée, bien évidente ; mais prescrivez-le dès que votre diagnostic est fait, et cela le plus hâtivement possible. La vérole, en effet, n'est grave le plus souvent qu'autant qu'on lui permet de miner à loisir l'économie. Ne vous laissez donc pas aller à des hésitations regrettables ; ne vous laissez

ftOâ LEÇONS StJK LE GttANCRK.

pas arrêter surtout par ces pr<^(endues contre-indications

tirées du climat, des saisons, des tempéraments, des

conditions d'âge, de sexe, de gestation, d'allaitement , etc. . .

I Sans doute, le même traitement n*est pas applicable à tous

! les sujets et dans tous les cas ; mais l'indication qui domine

' tout, qui est commune à tous, c'est de combattre la dia^

thèse et de la combattre d'autant plus activement chex

certains malades, (|u'en raison de leur état de santé, de

leur âge, de leur faiblesse, ils en sont plus gravement

menacés.

Ai-je besoin d'ajouter d'ailleurs que ce n'est pas une médication exclusive que je vous conseille ici? Lorsque la syphilis se com|»liquc d'autres maladies, ses complications doivent être d'autant moins négligées qu'elles peuvent en recevoir elles-mêmes une impulsion ou une excitation fâcheuse. Il faut aloi^s atta(|uer d'etisemhle les afl'eclions concomitantes, sans négliger aucun 'des éléments particuliei*s qui peuvent fournir aux indications thérapeutiques. 11 faut emprunter à toutes les médic^itious les secoui's (lu'elles nous oifrenl.

Le second point (|ue je me propose de développer est reVàixi k salivation.

Le trmps n'est pas encore bien loin de nous, où l'on regardait la salivation ronmie utile, comme imtis/jensabli à la curation de la vérole, où le médecin la consultait « comme la boussole chi traitement (I), » la provoquait

•^1; A»iruc, liv. IV.

pour l'entretenir et la renouvelait à peine éteinte, dans celte pensée que le virus syphiliti(|ue était entraîné au dehors par la salive perdue (1). Ces croyances^ messieui^s, ces pratiques que nous ont laissées nos pères, funeste héritage trop complaisaniment recueilli par quelques modernes, ont certainement contribué à semer dans le peuple cette terreur du mercure qu'ont exploitée et qu'exploiteront encore, aux dépens des malades, les charlatans de tous les siècles. 11 faut donc attaquer de front ces vieilles doctrines.

Sachez-le bien, messieurs, et retenez ceci pour le répéter hautement et partout : Le mercure n'agit pas sur la vérole par les désordres (ju^un peut lui faire produire sur la constitution ; son iniluence médiratrice ne se mesure pas à ses elTels patliogr'niques. Loin de là, la proportion inverse serait plus prés de la vérité. H est d'observation, en effet, et (r*»bserva*ion rigoureuse, que Vaction curative du ineicure est yéfu'raie/Jieni suspendue dès que tes symptômes morbides qui nppartienuefH en propre (m médicament comtnencent ù se produire.

Quelle que soit la théorie (|u'on adopte sur l'action curative du mercure (et chaque école Ta expHquée A sa façon) (2), il est incontestable que son iniluence spécifique

(I; Cette pensée se retrouve dans une foule d'auteurs. Fracastor Tuvait exprimée l'un des premiers en disant :

(I Liqucfacta mali excrementa videbis,

Assidue sputo iinmundo lluitarc pcr ora

tt largum ante pedes tahi mirabcre flumen. »

Syphilis, lib. II.)

(2; Yoy. Uunter, ch. Ul, § 12; de Home {Obsorvaliuns ^ur Ui diffé^

sur la syphilis ne saurait jamais être attribuée à Texagération de certains de ses effets, tels que la fièvre, Taugmentation de la sécrétion urinaire, les évacuations alvines, les irritations cutanées, la salivation, etc... Hunter a proclamé cette vérité depuis longtemps (1). Que n*a-l-eUc passé, pour le bien des malades et l'honneur de notre art, dans Tesprit et la pratique des médecins qui sont venus après lui (2) !

Vous guérirez donc vos malades, messieurs, sans leur

rentes méthodes d'administrer le mercure, IntrodacUon, page 1 et suivantes), etc.

(1) • Comme le mercure produit généralement des évactuitions, par la bouche, par Tinlestin, par les sueurs, etc..., on a été porté naturellement i supposer que c'est par ce moyen qu'il guérit la maladie vénérienne ; mais l'expérience a appris que, pour celle maladie, ces évacuations, de quelque nature qu'elles soient, ne sont nullement nécessaires.... Au contraire, ellet retardent la guérison.., » — « C'est dans le cas où le mercure est domié de manière à produire des évacuations considérables que ses effets sur Tac* tion morbide sont le moins prononcés ; et les mêmes évacuations produites par d'autres agents thérapeutitiues n'exercent pas la moindre inflnenee sur la maladie. » (Hunier, Syphilis constitutionnelle , chap. IIl, § 3 et IS.)

Le mode d'administration du mercure qui a prévalu aujourd'hui est la méthode dite par extinction, qui consiste à n'agir que lentement sur la nutrition, sans produire de troubles appréciables, sans amener jamais la salivation, etc.... — Cetle méthode est généralement acceptée. On lui donne quelquefois le nom de méthode de AÊontpellier ou de Haguenot, (Voy. Trouaseau et Pidoux, Traité de thérapeutique, 1. 1, p. 210.)

(2) Il est remarquable que les auteurs qui ont présenté la salivatiOQ comme indispensable au traitement de la syphilis, n'aient pu cependant se dissimuler qu'on peut guérir sans provoquer le flux de bouche. Pour n'en citer qu'un soui, Astrlc, après avoir écrit « qu'on ne saurait se flatter de détruire la vérole sans un flux de bouche fournissant une ou deux livres de salive dans les vingt-quati e heures\ » dit ailleurs de la façon la plus formelle que » le mercure peut facilement guérir sans salivation. •

Voici du refte le texte même de ce savant auteur : a Sans un flux de bouche qui fournisse au moins une livre ou deux de salive dans les vingt-quatre heures, on ne saurait presque jamais se flatter

imposer le supplice de la salivation ; et vous les guérirez d'autant mieux que vous leur épargnerez les eflets pénibles et douloureux du mercure. — Que si, malgré vos soins, ces effets venaient à se produire, vous les combattriez aussitôt par une médication appropriée, surtout aujourd'hui que la thérapeutique vous a mis en main, contre le plus fréquent des accidents mercuriels, un agent nouveau, presque digne d'être élevé au rang d'un véritable spécifique^ le chlorate de potasse. — Je n'ai besoin que de vous rappeler, à ce sujet, les expériences dont vous venez d'être témoins cette année même dans mon service (1).

Toutefois, messieurs, puisqu'il n'est pas de mauvaises

de détruire la vérole, et surtout la vérole invétérée....; et avec un pareil flux de bouche, le malade ne peut jamais être dans le moindre danger, w (Li?. IV, ch. 7.)

Et ailleurs :

« L'expérience, qui est au-dessus de tous les raisonnements, a depuis longtemps appris aux médecins que le mercure j lors même qu'il ne fait point saliver^ produit néanmoins dans le sang les mêmes effets que s'il avait excité «M salivation régulière, et qu'il ne laisse pas d'extirper radicalement la vérole. » (Liv. II, ch. 10.)

Et de même, au chapitre 8 du livre IV, Astruc rassure les malades qui, n'ayant pu saliver, augurent mal du succès du remède, n comme si le virus ne pouvait pas être détruit sans être évacué. Ce qui est une grande erreur, etc. »

On pourrait multiplier ces citations à Tinflni pour démontrer que les auteurs qui ont le plus insisté sur la nécessité du flux de bouche, ont néan* moins été forcés de reconnaître que Ton guérissait de leur tempx et sous leurs yeux, et qu'eux-mêmes contre leur volonté guérissaient souvent la vérole sans salivation. A. F.

(1) J'ai expérimenté, cette année, le chlorate de potasse contre U salivation mercarieUe, dans des conditions toutes difTérentes de celles où ron

806 LEÇONS Sun le CIÎANCftE.

choses dont on ne |)uisse tirer parti, il est un des effets morbides du mercure dont vous pourrez profiljer, et, je dis plus, que vous devrez consulter en quelques circonstances pour diriger votre conduite. — Je m'explique.

Il n'est certainement pas, pour le mercure, non plus que pour tout autre médicament, de dose (ixe, invariable, absolue, qui intluence toutes les constitutions et qui guérisse dans tous les cas.

Or, sur (]ueiles indications étabiirez-vous, dans le traitement (fune syphilis, la dose du spécifique h administrer? Nul doute (]ue s'il existe queli|ue manifestation de la diathèse, i'iiilluence exercée sur le symplôme actuel vous servira de guide. Dans ces conditions, il est tout naturel de s'en tenir à la première dose prescrite, si elle guérit, de l'augmenter si elle parait iiisulTisante. Ici, vous avez une mesure. Mais soiij^'ez bien (]ue cette mesure vous fait souvent défaut. Vous ne donnez pas seulement le mercure comme curatif, contre des accidents que vous avez sous les yeux; vous le presci'ivez aussi comme préventif. Eh bien, dans ce dernier cas, alors que vous n'aurez aucune manifestation de la diathèse sur laquelle vous puissiez juger rintluence du remède, comment s«mrez-vous si la constitution de votre malade est ou non inlluencée par la médication; quelle sera votre règle pour la direction dti

s'était plarr juMiii'à ce jour pour a|>()r(*cier son action thtTa|»rutique. H ett ressorti, je crois, dt: cv* expt'ricntTit, avec une connaissance plus exacte de reflicacité rcelle «lu nirttic.uiK'iit, uiu> série «l'indications pratiques noatellei et véritabU'n.i nt inatlciiduo Mon iiitenic actuel, M. A. Kournicr, ■ recueilli et publié l<'^ rê>ultats de cette étude. Je renvoie à son mémoire. ^V. uoie XVI, Fiècei jusliflcaiivet.) RlOOAD.

CtlAKCBE INFECTANT. 307

doses? — Cette règle, messieurs, c'est à l'un des effets pathogéniques du mercure, le plus fréquent et le premier à se produire, que vous pouvez la demander. A la légère irritation buccale qui accompagne le plus souvent. Tune des premières doses administrées, vous reconnaissez d'une façon évidente que la constitution est touchée par le remède -, vous lisez en quelque sorte sur les gencives de votre malade la dose du médicament qui suffit à l'influencer, dose qui d'ailleurs est sujette à varier dans des proportions quelquefois considérables suivant les sujets, suivant le sexe, l'état de santé et ces raille idiosyncrasies toujours impénétrables. Dès lors, dés que vous avez constaté ce symptôme, votre mesure est connue, votre conduite est tracée. Baissez quelque peu la proportion du remède, pour vous tenir toujours en deçà de l'effet pa- Ihogénique, et continuez à l'administrer sur le même pied, en ayant soin toutefois d'interroger de temps à autre et de tâter en quelque sorte la constitution de votre malade par une légère augmentation du médicament, afin de juger par là si votre dose actuelle est toujours suffisante.

Notez bien, messieurs, je vous prie, que je parle seulement ici d'une légère irritatmi buccale. Ce n'est pas la salivation que je prescris de consulter comme mesure des doses mercurielles qu'il convient d'administrer aux différents malades. La moindre irritation gingivale est suffisante pour le but que je poursuis. Si bien que, du jour où je l'ai constatée, je baisse la dose du médicament, ou bien j'administre le chlorate de potasse d).

(I) Hu(iter a exprimé les rnémet idées et prescrit des règles analogues

308 LEÇONS SUR LE CnÂNCRE.

Voilà, messieurs, comment vous pouvez tirer un utile parti pour la médication de Fun des accidents mêmes qui peuvent en dériver.

Si le mercure est le spéciflque de la vérole, comme on le dit d'une façon trop générale, c'est surtout contre les formes initiales de la diathése qu'il exerce sa toute puissante influence. C'est contre les accidents secondaires francs qu'il est le plus actif. Au delà, contre les manifestations plus tardives, il perd, à n'en pas douter, de ses effets thérapeutiques. Si je pouvais suivre avec vous l'évolution de la syphilis dans chacune de ses phases, je vous montrerais que l'énergie du mercure diminue et s'épuise à mesure que l'on s'éloigne du début de l'infection; je vous le montrerais, merveilleusement efficace dans le premier stade de la vérole, déjà moins puissant contre les symptômes d'un Age plus avancé, puis devenant presque inerte, quelquefois même nuisible en présence

dans Tun de ses plus remarquables chapitres sur le traitemeiit de It syphilis :

• AAn d'obtenir du mercure la plus grande action possible a?ec técarité et de la manière la plus efllcace, il faut l'administrer jusqu'à ce qu'il produise des effets locaux quelque part Ses effets locaux sont les ÎDdieei

de ses effets spécifiques sur lu cunslilutioii ; la siisreplibiiité des parties malade» à être affectées par le médicament est en proportion de ses effets svr

la bouche C'est |»ourquoi il faut donner le mercure, s'il est possible, é»

manière à produire des effets sensibles sur quehiurs j)arties du corps^ et à la dose la plus élevée qui puisse être donnée |>our produire res effeta évu certaines liimies ; ces effets ^ensittles sont le moyen de déterminer juaqu*oè l'emploi du médiramcnt peut éirc poussé, afln d'en obtenir lt*s meilleurs effets possibles sur la maladie, sans danger pour la constitution. » (S'ppiki'u UUtmonneilêf chap. 3, $ 4.) A* P.

CnÂNCRE INFECTANT. 809

des formes ultimes de la diathèse. En sorte quele médecin ' resterait véritablement désarmé contre ces accidents tar- ^ difs ou tertiaires y regardés autrefois et à juste titre comme ' incurables y s'il n'avait pour les combattre un autre agent, ; nouveau-venu dans l'arsenal thérapeutique de la syphilis, • mais non moins admirable que son frère aine le mercure : j'ai nommé I'iodure de potassium.

Si le mercure trouve sa véritable application dans le traitement des symptômes précoces de la syphilis, c'est au contraire contre les formes plus tardives qu'il convient de réserver l'usage de I'iodure de potassium (1). De très nombreuses expériences comparatives m'ont, en effet,

(I) Voici sous quelle forme M. Ricord administre ce médicament :

y Sirop de gentiane 500 grammes.

lodure de potassium» ... 30 grammes. Mélei.

Prendre chaque jour trois cuillerées à bouche de ce sirop.

D'après notre mattre, la dote moyenne de I'iodure de potassium varie de 2 à 3 grammes par jour. Une dose moindre est presque toij^ours iusufQtinte.

Il est des cas où cette dose moyetine doit être de beaucoup dépassée. Tels font ces accidents qui compromettent en quelques jours l'intégrité d'un organe, et réclament une médication répressive des plus éneniiques. (Tumeurs gommeuses du voile du palais, exostoscs intra-crâniennes, etc.) —^ Dans ces circonstances, M. Ricord prescrit d'emblée, dès le premier jour, trois ou quatre grammes d'iodure de potassium ; puis, les jours suivants, il élève encore cette dose, suivant les indications, à cinq, six, huit grammes, et même au delà. — Cette thérapeutique hardie est couronnée de merveilleux succès.

On sait que l'administration de I'iodure de potassium a été portée expé' rimenlalement à des doses beaucoup plus élevées (vingt, quarante, cinquante et jusqu'à s ia-onte grammes par jour). Mais l'observation a démontré que, dans ces cas, 1 influence thérapeutique du médicament n'était point augmentée proportionnellement aux quantités absorbées par les malades ; les effets patbogéniques seuls se trouvaient exagérés. A. F*

démontré qu'ejerçanl une médiocre influence sur les accidents secondaires, ce médicament constitue en revanche Tagent le plus héroïque contre les manirestatioiis d'une époque ultérieure : à ce point qu'on peut aujourd'hui le considérer, sans crainte d'exagération, comme le spécifique de la vérole tertiaire (1).

L'iodure de potassium n'est pas seulement un merveil* leux agent curatif, c'est encore un médicament ;WtTn/i/ par excellence. Aussi ne devrez-vous jamais terminer le traitement d'une syphilis sans faire succéder à l'emploi du mercure la médication iodurée. C'est à ce prix seulement que vous pourrez, sinon éteindre la diathése, au moins l'arrêter dans ses manifestations éloignées; c'est à

(I) Quelque:» iiiAdocins ne prescment le traitement iodurc contre les accidents tertiaire» qu'uprès l'avoir fjît précéder d'un traitement mercariel, comme si l' iodurc no pouvait a^r (ju'au prix de cette médication préalable. M. Ricord proteste contre rette pratique. D'après lui, l'iodure agit d*emM<Y sur les accidents tertiaires. Non-seultMnenl le mercure est inutile dans ces conditions, mais il |>eut même devenir nuisible, en retardant remploi du seul médicament qui Jouisse d'une spéciftcité mcontestable contre les minifestations tardives de la diathése.

Il ne serait pas rare, d'après notre maître, de voir des accidents tertiaires se produire dans Le cours même d'un traitement mercuhel. — S'il eo est ainsi, conmu'nt espérer une action curative du mercure sur des lésions qu'A est impuissant à prévenir ?

Il est des cas o j 1«'$ mercuriaux doivent être prescrits en même temps que l'iodure de potassium : c'est lorsqu'il existe des accidentx de transitéom de la |>ériodc secondaire à la {>éi-iode tertiaire, tels que les syphdidef à forme profonde, ou bien encore lorsque des sympt4^mes secondaires acoHOpa(^ent des manifestations d'une é|>oque plus tardive. Dans ces cooditioiM toutes sjH'cialos, l'iodure do potassium seul ne saurait suffire, et M. Ricord a coutume de lui adjoindre le mercure. C'est r<issociation de ces deux médicaments qui i Miiistilue ce que l'on a appelé le traitement mixte de syphilis. X, F.

ee prix qu'après avoir assuré le présent, vous pourrez sauvegarder ravenir.

n me resterait, après vous avoir indiqué les médications applicables aux différentes périodes de la syphilis, à déterminer les conditions et la durée d'un traitement complel,*suffisant à la préservation la plus efficace et la mieux ajourée que notre art puisse fournir aux malades. Mais, hélas I messieurs, j'ai le regret de vous dire que toute règle absolue sur ce point est d'avance entachée d'erreur, par cela seal qu'elle est absolue.

n n'y a ni dose, ni forme pharmaceutique, ni durée de traitement qui donne toujours el à coup sûr l'immunité, quelles que soient d'ailleurs l'attention du médecin à diriger la médication et la docilité du malade à l'observer. Il faut ici, comme je l'ai écrit ailleurs, que la profession respecte la science : la science ne promet qu'une immunité probable y au prix du meilleur traitement ; le médecin ne doit pas s'engager au delà. Seulement, c'est à lui, dans ee calcul de probabilités, à mettre du côté de'son malade le plus de chances favorables.

Èh bien , quelles sont, dans ce but, les conditions i remplir î

Ne faire le traitement que jusqu'à la disparition des accidents, est sans contredit la méthode qui expose le plus le malade aux manifestations consécutives de la diathèse. — Insister sur la médication, après la gnérison des symptômes, autant de temps qu'il en a fallu pour Tobtenir,

812 LEÇONS SUR LE CnANCRE.

ne conduit pas à des résultats toujours satisfaisants : c'est trop ou pas assez, suivant les cas (1). — Il serait également dangereux de se confier aux indications mathémati^ çues de Hunter, qui mesurait les doses et la quantité totale de mercure nécessaire au malade d'après le nombre, retendue et la durée des ulcérations, d'après l'intensité des symptômes, etc., toutes données également et absolument fausses (2).

Mais il faut, en fin de compte, une mesure pratique. Eh bien, cette mesure la clinique seule peut la fournir, et c'est à la clinique que nous l'emprunterons.

Six mois de traitement mercuriel, à une dose journalière qui influence les accidents à combattre et qui indi* que, après qu'ils ont été détruits, que le médicament agit encore par ses effets physiologiques connus ; puis, trois mois d'un traitement ioduré, destiné à prévenir les accidents éloignés de la diathèse, telle est, messieurs, la médication qui donne les cures les plus soutenues, qui réussit, dans Tcnormè majorité des cas, à neutraliser véritablement le virus toxique, je dirais volontiers à guérir U véroUy au moins dans la généraHté de ses manifestations.

Voilà, messieurs, la seule règle expérimentale que je puisse vous donner. Vous comprenez qu'elle devra subir entre vos mains des modifications de toute sorte suivant les indications et les exigences variables des cas particuliers. Je ne fais, du reste, que vous la formuler ici dans sa plus grande généralité.

(t) Dupuytren faisait continuer le traitement, aa delà de rextiociion des accidents, pendant un temps égal à celui qu^avatt necûisUé la guérison» (2) Voy. ch. 3, considérations générales sur le traitement du chancre.

CnANGRE INFECTANT. 813

Cette règle, je vous le répète, messieurs, c'est Tobservation des faits, patiente et attentive, qui me Ta fournie. Puissiez-vous à votre tour, par l'observation, l'étendre et la parfaire si elle est juste, l'amender si elle est fausse, de façon à créer pour un avenir prochain ce qui nous manque encore aujourd'hui, un traitement sûr et complet de la vérole f

tiâ LEÇONS SDR LB CHAMGRB.

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