V* LEÇON
est mort avec des symptômes analogues à ceux du choléra , et dans l’espace de huit heures. Avec du sang tiré d’une personne saine, nous n’aurionsprobablement pas produit ce résultat. C’est donc à la qualité du sang qu’il faut attribuer la mort de l’animal. Je continuerai ces expériences; j’espère qu’elles pourront nous conduire à quelque chose d’intéressant sur l’influence du sang des individus^ cholériques.
Il reste maintenant un point de la question du. sang qui n’a pas encore été touché, je l’ai conservé en dernier lieu, afln de le traiter d’une manièret plus convenable ; c’est le phénomène de la coloration. Il est certain que chez des individus cholériques, le sang traverse les poumons, est en contact avec l’air, et cependant ne rougit pas. Chose incompréhensible dans la chimie et dans la physio-^ | logie actuelle, car ce sang exposé à l’air rougit, non' pas aussi rapidement que le sang ordinaire , mais.' enfin il rougit et devient plus rouge qu’il ne l’est:; dans les artères du malade, ce qui est d’autant plus- ' incompréhensible que la respiration n’est pas un i de ces phénomènes purement vitaux, soumis entièrement au système nerveux comme on le croyait autrefois; chacun sait que la section de la huitième paire de nerfs ne fait pas cesser la respiration. Aprèî la mort, le phénomène de la coloration a lieu ei mettant le sang en contact avec de l’air, même dans des flacons; le phénomène est très-apparen
avec de Toxigcne. Nous allons en faire 1 expérience devant vous.
Prenons seulement par exemple du sang de cholérique ; mettons-y un peu d’eau oxigénée : vous le voyez aussitôt rougir d’une manière tout-à-fait ' évidente. La faculté de rougir n’est donc pas perdue , elle existe au contraire d’une manière complète. Les circonstances physiques d’où dépend la coloration du sang existent dans le sang des cholériques, cepen- J dant le sang ne se colore pas. Quand nous aurons I découvert les causes de cette circonstance extraor- 1 dinaire, nous serons beaucoup plus avances dans la ] question du choléra. Pour cela il faudra pouvoir - étudier cette maladie autrement que je n’ai pu le M faire au milieu des soins et des difficultés de tous ~ genres qui naissent en foule dans un grand hôpi- . tal au moment d’une épidémie grave , et qui ne K permettent pas de s’appesantir sur les expériences. i Si l’épidémie continue quelque temps, et que nous 1 puissions suivre des recherches de cette nature ,
1 nous leur donnerions une grande attention , car ^ elle touche à un fait très -remarquable, qui est encore entouré d’obscurité, ou plutôt qui est un mys- * tère profond pour nous.
Voilà ce que je voulais vous dire sur le sang. Vous voyez que cette question présente quelques faits positifs, certains, sous le rapport de l’aspect, des qualités physiques du sang, et sous celui de sa composition chimique, mais qu’il y a plusieurs
points obscurs, en particulier le dernier dont j’ai parlé , ce défaut de coloration du sang dans les poumons, bien qu’il y ait dans cet organe contact avec l’air extérieur.
Mais nous n’avons pas terminé l’étude du sang chez les cholériques durant la période algide; nous continuerons cette importante question dans la séance prochaine.
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CHAIRE DE MÉDECINE
M. MAGENDIE
e^àeur.
(Second trimestre de 1832.)
Sixième leçon '