CL. BERNARD
cours du seuieslre qui vient de s’écouler; nous pouvons les rassembler dans les proportions suivantes :
1° Il existe du sucre à l’état normal dans le sang et dans le foie.
La glycémie est un phénomène physiologique constant et inséparable de la nutrition.
Le fait avait été indiqué par moi-mème autrefois. Cependant il paraît que je n’y avais pas assez insisté, car il n’a pas encore passé dans l’enseignement. Un grand nombre d’ouvrages de médecine n’en font pas mention. Il est Vrai de dire que j’étais alors moins affirmatif qu’aujourd’hui, et que les examens cadavériques semblaient démentir mon assertion ou tout au moins atténuer sa généralité. Les raisons de ce désaccord nous sont connues maintenant. Nous avons démontré que le sucre se détruit si rapidement dans le sang après la mort que l’examen, pour être concluant, doit porter sur le liquide sortant tout chaud de la veine ou de l’artère.
De plus, j’admettais autrefois des circonstances morbides dans lesquelles le sucre pouvait disparaître complètement. Maintenant les faits étudiés dans des conditions plus précises me conduisent à affirmer que le sucre existe constamment et qu’il ne disparaît réellement du sang ou du foie qu’au moment de la mort ou immédiatement après, je ne veux pas dire pour cela que le sucre en lui-même joue un rôle tellement important que sa présence seule entretienne la vie et que son absence entraîne nécessairement la mort. Non ; je le considère seulement comme une résultante des phénomènes interstitiels, comme un témoin de la nutrition,